Etats-Unis

Augmentation des fouilles des appareils électroniques à la frontière américaine

Depuis l'arrivée de Trump au pouvoir, les douaniers américains fouillent de plus en plus dans les téléphones des personnes qui arrivent aux États-Unis.
14.4.17

Depuis que Donald Trump est parvenu au pouvoir, les douaniers américains de la Customs and Border Patrol (CBP) fouillent de plus en plus dans les téléphones des personnes qui arrivent aux États-Unis.

L'agence a publié des nouvelles données ce mardi. On note une hausse de 79 pour cent des examens d'appareils électroniques à la frontière américaine. Entre octobre 2015 et mars 2016, la CBP dit avoir fouillé 8 383 appareils électroniques. Un an plus tard, on compte 14 993 fouilles.

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En mars, NBC News faisait état de cette hausse des fouilles à la frontière, précisant que la CBP ciblait en priorité les voyageurs musulmans – dont des citoyens américains – et que les fouilles de téléphones s'accompagnaient souvent d'interrogatoires hostiles. John Wagner de la CBP a indiqué dans un post de blog que ces fouilles « touchaient moins d'un centième d'un pour cent des passagers au niveau mondial, » et qu'elles ont contribué « à des enquêtes concernant la sécurité nationale, à arrêter des pédopornographes et à recueillir des preuves dans le cadre d'enquêtes pour trafic d'êtres humains. »

Un groupe parlementaire bipartite du Congrès américain s'oppose à ce nouveau phénomène. Au début du mois d'avril, des républicains et des démocrates ont déposé des projets de lois au Sénat et à la Chambre des représentants pour mettre fin aux vides juridiques qui permettent à la CBP de fouiller les téléphones de citoyens américains à la frontière.

Neema Singh Gulyani, conseillère juridique à l'American Civil Liberties Union (ACLU), a confié à VICE News que l'ACLU était vivement préoccupée par l'augmentation des fouilles de téléphones à la frontière.

« Avant même cette augmentation des fouilles, on s'inquiétait de la position prise par la CBP, qui leur permettait de fouiller les téléphones, ordinateurs portables et autres appareils électroniques sans soupçon, ni mandat, » a dit Singh Gulyani. « On a reçu beaucoup de plaintes, ce qui correspond aux chiffres publiés par la CBP. »

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Plus largement, la CBP semble être sérieuse en matière de contrôle et de surveillance du monde numérique. En plus des fouilles de téléphones, l'agence a essayé d'obliger Twitter à révéler l'identité de la personne qui gère le compte « @ALT_USCIS » (qui critique régulièrement le Département de la Sécurité intérieure, maison mère de la CBP). Twitter a déposé plainte au motif qu'une telle demande violait le Premier amendement. Le lendemain, la CBP a laissé tomber l'affaire.

« Je peux vous dire qu'on a de plus en plus de témoignages de gens à qui on a demandé les mots de passe de leurs comptes Facebook, Twitter et compagnie, » a ajouté Singh Gulyani, estimant que ces décisions font partie d'un plan plus large de l'administration Trump, visant à renforcer les frontières américaines.


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