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FRANCE

À quoi servent les élections régionales ?

Ce dimanche aura lieu le premier tour des élections régionales. Plus de 1 600 conseillers régionaux vont être élus entre autres dans les 12 nouvelles régions que compte désormais la France métropolitaine.

par Lucie Aubourg
02 Décembre 2015, 2:50pm

Etienne Rouillon / VICE News

Ce dimanche aura lieu le premier tour des élections régionales. Plus de 1 600 conseillers régionaux vont être élus, entre autres dans les 12 nouvelles régions que compte désormais la France métropolitaine. Ce sont les dernières élections nationales, avant l'élection présidentielle de 2017.

Dans les compétences de la région, on trouve par exemple : les lycées (leur construction, leur entretien et leur fonctionnement), les transports régionaux (comme les trains régionaux ou les transports scolaires), la formation professionnelle (apprentissage, alternance), la protection du patrimoine, le développement des ports et plus largement le développement économique.

Où ont lieu les élections régionales de 2015 ?

Le premier tour des élections régionales aura lieu ce dimanche 6 décembre dans toute la France métropolitaine, ainsi qu'à la Réunion et en Guadeloupe, soit dans 14 régions au total.

Ces élections seront les premières organisées selon le nouveau découpage des régions en France métropolitaine, adopté il y a un an par le Parlement. En métropole, le nombre des régions est ainsi passé de 22 à 12.

Cinq régions n'ont pas été modifiées par ce redécoupage : l'Île-de-France, la Bretagne, les Pays de la Loire, Provence-Alpes-Côte d'Azur et Centre Val-de-Loire.

Les sept autres régions sont issues de la fusion de deux ou trois anciennes régions, que les conseils régionaux seront chargés de renommer. Il s'agit de l'Alsace-Champagne-Ardenne-Lorraine, l'Aquitaine-Limousin-Poitou-Charentes, l'Auvergne-Rhône-Alpes, la Bourgogne-Franche-Comté, le Languedoc-Roussillon-Midi-Pyrénées, le Nord-Pas-de-Calais-Picardie et la Haute-Normandie-Basse-Normandie.

La Corse, qui conserve un statut particulier, élira quant à elle le même jour les 51 membres de l'Assemblée de Corse, selon un mode de scrutin spécifique. En Martinique et en Guyane, les électeurs voteront également, mais pour élire les représentants d'une nouvelle collectivité territoriale unique, qui résultera de la fusion entre le département et la région.

Comment va se dérouler le scrutin ?

Les électeurs voteront au premier tour ce dimanche 6 décembre pour une liste de candidats commune à toute la région, bien que composée de sections départementales. Le bulletin de vote pour la liste d'un parti donné sera identique dans tous les départements d'une même région.

Pour chaque liste, chaque parti a désigné un candidat « tête de liste » par région : c'est lui qui sera élu président du conseil régional si son parti remporte la majorité des voix.

Les listes sont paritaires (elles doivent faire alterner un candidat homme et une candidate femme), toutefois les têtes de liste sont des hommes à 79 pour cent, notre France TV Info.

Si une liste remporte la majorité absolue (soit plus de 50 pour cent des suffrages exprimés) lors du premier tour, elle remporte alors un quart des sièges qui étaient à pourvoir, et les autres conseillers sont répartis proportionnellement au nombre de voix recueillies par leur liste, pour celles qui ont obtenu au moins 5 pour cent des suffrages.

Si aucune liste ne remporte la majorité absolue, un deuxième tour sera alors organisé le 13 décembre. Peuvent y participer toutes les listes qui ont obtenu plus de 10 pour cent des votes exprimés lors du premier tour. Les listes qui ont obtenu moins de 5 pour cent des suffrages peuvent fusionner avec d'autres encore en lice.

À l'issue du second tour, la liste qui a remporté le plus de votes obtient un quart des sièges, et les sièges restants sont répartis proportionnellement entre les listes qui ont obtenu au moins 5 pour cent des suffrages exprimés au second tour, dans l'ordre d'apparition des candidats sur les listes. Plus un candidat est placé bas sur une liste, moins il a donc de chances d'être effectivement élu.

Comment sera administrée la région et de quoi s'occupera-t-elle ?

Les conseillers régionaux élus siégeront au sein d'un conseil régional, qui se trouvera dans le chef-lieu de la région. Les noms des villes choisies ont été annoncés fin juillet, mais certaines sont encore provisoires et leur choix devra être entériné définitivement par décret au 1er octobre 2016, après avis des conseils régionaux élus.

Le conseil régional se réunit au complet au moins une fois par trimestre. Les conseillers élisent également une commission permanente, qui le représente hors de ces séances plénières. Ils élisent le président et les vice-présidents du conseil régional, qui en sont le pendant exécutif. Enfin, chaque conseil régional peut mettre en place des commissions thématiques sur des sujets précis.

Le conseil régional est par ailleurs conseillé par le conseil économique, social et environnemental régional (CESER), une assemblée consultative qui entend les « forces vives de la région », et au sein duquel sont nommés des représentants d'entreprises, de syndicats et d'associations.

Les compétences de la région ont été fixées par la loi NOTRe (pour Nouvelle organisation territoriale de la République) adoptée à l'été 2015, et qui précise : « Le conseil régional a compétence pour promouvoir le développement économique, social, sanitaire, culturel et scientifique de la région. »

Qui sont les candidats ?

En France métropolitaine, 1 671 conseillers régionaux seront élus, pour 19 283 candidats au premier tour, répartis en 171 listes. Toutes les régions n'élisent pas le même nombre de conseillers, en fonction de leur population : l'Île-de-France en comptera ainsi 209, tandis que la Bretagne, par exemple, n'en élira que 83.

L'âge moyen des candidats est de 49 ans, et les catégories socioprofessionnelles les plus représentées sont les employés du secteur privé. Toutes les listes et les noms des candidats pour chaque région sont disponibles sur ce site du ministère de l'Intérieur.

158 parlementaires (députés ou sénateurs) sont candidats, dont 31 sont têtes de liste, a constaté le journal Libération. Ils sont autorisés — au moins jusqu'en 2017 — à cumuler leur mandat de conseiller régional ou de président de conseil régional avec celui de représentant de la nation s'ils n'ont pas, par ailleurs, un troisième mandat local (conseiller municipal, par exemple).

Plusieurs membres du gouvernement sont candidats. C'est le cas de Jean-Yves le Drian, candidat à la présidence de la Bretagne (il a annoncé qu'il démissionnerait de sa fonction de ministre s'il était élu). La ministre de la Justice Christiane Taubira est quant à elle présente sur une liste en Guyane, mais elle est placée en avant-dernière position, ce qui rend son élection quasi-impossible.

Parmi les autres têtes de liste connues : l'actuel président de l'Assemblée nationale Claude Bartolone (PS) fait face à l'ancienne ministre Valérie Pécresse, pour les Républicains (LR). La présidente du Front national (FN) Marine Le Pen est candidate dans le Nord-Pas-de-Calais, face à l'ancien ministre Xavier Bertrand (LR).

Le député européen et vice-président du Front national Florian Philippot est candidat en Alsace-Champagne-Ardenne-Lorraine. La député Marion-Maréchal Le-Pen (FN), quant à elle, affronte le maire de Nice Christian Estrosi (LR) en Provence-Alpes-Côte d'Azur.

Quel estl'impact des attentats sur les élections régionales ?

Après les attentats du 13 novembre à Paris, les principaux partis ont suspendu leur campagne durant quelques jours.

Difficile de mesurer l'impact de cette trêve, tout comme celui des attentats eux-mêmes, sur le vote des Français.

Une semaine après les attentats, et à deux semaines du premier tour, un sondage BVA prévoyait que le FN allait remporter deux régions : le Nord-Pas-de-Calais-Picardie et la Provence-Alpes-Côte-d'Azur.

Ce mardi, un autre sondage donnait quant à lui le FN gagnant dans une troisième région : l'Alsace-Lorraine-Champagne-Ardenne (Elabe pour Les Echos). Si ces sondages se vérifient dans les urnes, Marine et Marion-Maréchal Le Pen, ainsi que Florian Philippot, pourraient donc devenir présidents de régions, une première pour le parti.

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