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Broadly DK

Avec les féministes qui boivent de l’ayahuasca en Amazonie

Comment lutter contre le patriarcat à grand renfort de substances purgatives.

par Gabby Bess; traduit par Sandra Proutry-Skrzypek
08 Juin 2017, 5:00am

Illustration de Vivian Shih

Cet article a été initialement publié sur Broadly.

C'est dans une maloka – une cabane ronde avec un toit en feuilles de palmier – située en pleine jungle à trente minutes de la ville péruvienne d'Iquitos qu'Amy Love a craqué et s'est mise à pleurer.

Elle venait de boire de l'ayahuasca pour la première fois, au côté de plusieurs autres femmes. Après avoir déterminé son intention et s'être vu attribuer son propre icaros – ou chanson de guérison – par le chaman de la cérémonie, elle a plongé dans l'univers merveilleux de la plante médicinale.

Les visions d'Amy Love touchaient à la perte de liens qu'elle avait ressentie en reprenant le travail après son congé maternité. « Je suis revenue au temps qui a précédé la création de ma société, quand ma fille était encore un bébé, déclare-t-elle. Ça m'a brisé le cœur et je me suis mise à pleurer. J'ai pleuré pendant longtemps. J'ai pleuré à cause de l'éloignement entre ma mère et moi, entre sa mère et elle, entre mes sœurs, et ainsi de suite… »

En levant les yeux, elle s'est aperçue que toutes les femmes présentes dans la maloka pleuraient aussi. « J'ai pris conscience du lien qui unit toutes les femmes de la planète, de la solidarité féminine qui nous lie les unes aux autres », explique-t-elle.

Le soir suivant, elle s'est débarrassée d'un autre traumatisme : un homme l'avait attaquée chez elle un an auparavant. Ce soir-là, elle a éprouvé une catharsis profonde et physique. « Je portais ce traumatisme en moi et il a quitté mon corps au moment où j'ai vomi. On aurait dit que plein de petites têtes me fixaient depuis le fond des toilettes, se souvient-elle. J'ai immédiatement reconnu le regard dans leurs yeux brillants – c'était le regard qu'il avait ce jour-là… J'avais désormais le pouvoir de tirer la chasse et d'éliminer cette chose pour toujours, ce que j'ai fait aussitôt. »

Puis elle a passé le reste de la soirée à écouter « tous les bruits de la jungle qui communiaient en une grande symphonie. C'était l'euphorie, au-delà de ce que j'avais jamais vécu auparavant. »

Amy Love fait partie des nombreuses personnes qui, ces dernières années, se sont tournées vers la modeste plante venue d'Amazonie dans l'espoir de dénicher la panacée. Toxicomanes luttant contre leur dépendance, célébrités à la recherche d'un sens à leur vie ou encore employés de la Silicon Valley obsédés par l'accomplissement de soi – tous ont trouvé leur bonheur dans l'ayahuasca.

Zoe Helene, militante en faveur des psychédéliques, espère que les féministes en feront de même. Après avoir fondé son organisation Cosmic Sister, elle a mis en place le Plant Spirit Grant, une subvention accordée aux femmes souhaitant « trouver le chemin de la guérison et de la conscience lors d'une cérémonie d'ayahuasca en Amazonie péruvienne ». Depuis 2013, elle a déjà emmené 13 femmes, en plus d'Amy Love, sur la terre natale de la fameuse plante.

Elle prône ce qu'elle appelle le « féminisme psychédélique », un mouvement qui cherche à mettre en avant les femmes dans l'étude des psychédéliques. Mais ce n'est pas tout. Selon Zoe Helene, la plongée introspective que provoque l'ayahuasca permet de développer pleinement le potentiel féminin.

Zoe Helene et Estella, chamane. Photo de Tracey Eller pour Cosmic Sister

« Explorer l'esprit de la plante sacrée psychédélique implique, par nature, de rompre avec le conditionnement et les récits autodestructeurs, m'explique-t-elle par téléphone. Il s'agit d'amour et de compassion, d'accorder le pardon aux autres et à soi-même. Il s'agit également de panser les blessures et de résoudre les problèmes qui affectent les femmes, à savoir les traumatismes, la dépression, l'anxiété, la colère, la peur, le manque d'estime de soi, les dépendances ou encore les troubles de l'alimentation. »

Et pour preuve, Zoe Helene affirme que l'ayahuasca l'a aidée à aboutir à cette révélation lors d'une période charnière de sa vie. À 42 ans, elle a quitté son fiancé ainsi que la société de technologie qu'elle avait fondée avec lui. Il lui fallait trouver un nouveau but et, deux ans plus tard, elle a épousé l'ethnobotaniste Chris Kilham. Elle avait pourtant toujours l'impression de ne pas « suivre sa propre voie ». C'est un voyage au Pérou en 2008, à l'occasion d'une conférence où Chris Kilham devait intervenir, qui a chamboulé tout cela.

Quand elle a bu de l'ayahuasca pour la première fois, elle a été prise de visions intenses et a compris ce qu'elle devait faire pour avancer dans sa vie. La plante lui aurait transmis son message sous la forme d'une femme – un symbole courant qui apparaît à ceux qui absorbent le breuvage, souvent appelé Mère Ayahuasca. « J'ai été mise au défi par cette déesse guerrière, cette figure divine féminine. Je ne l'ai pas vraiment vue. Elle n'a fait que palpiter dans l'obscurité, explique Zoe. Je l'avais déçue, mais elle continuait de croire en mon potentiel. Elle m'a fait comprendre que je devais faire quelque chose de ma vie et de mon privilège. »

Elle a également eu la sensation d'avoir été « meurtrie par le patriarcat à bien des égards ». Elle s'est souvenue d'un professeur qui l'avait harcelée au lycée parce qu'elle avait refusé de coucher avec lui ; plus jeune, quand elle étudiait le théâtre, on lui proposait également des rôles en échange de faveurs sexuelles. Quand ses visions se sont arrêtées, elle s'est mis en tête de former un réseau dédié aux femmes travaillant à l'intersection du féminisme, de l'écologie et de la défense des psychédéliques.

« Nous n'avons aucun pouvoir car nous sommes exploitées par la culture du patriarcat. Il est partout. On ne peut pas s'en sortir. Nous vivons littéralement dans un monde qui nous inflige une violence psychologique permanente, et ça nous détruit », avance-t-elle.

Depuis, Zoe Helene croit fermement que les psychédéliques peuvent aider les femmes de bien des manières. En plus du Plant Spirit Grant, elle finance une association, Women of the Psychedelic Renaissance. « Avec Cosmic Sister, l'idée était de créer une structure où les femmes pourraient s'entraider autant que possible, déclare-t-elle. La déesse [dans ma vision] m'a poussée à agir. »

Katie Bain. Photo de Tracey Eller pour Cosmic Sister

Selon le féminisme psychédélique, il est important de guérir soi-même avant de guérir les autres. L'ayahuasca – une concoction à base de Banisteriopsis Caapi, de liane et de DMT provenant des feuilles de chacruna – est de fait bien plus efficace qu'un bain moussant ou qu'une bonne nuit de sommeil.

Ce qui est à la fois déroutant et fascinant au sujet de la médecine végétale, c'est l'immense gamme de ses propriétés curatives : après une cérémonie d'ayahuasca, les gens parlent souvent d'éveils profonds, de nouveaux points de vue et même de réapparition des souvenirs refoulés. Cela peut prendre une forme banale chez les privilégiés – comme ce banquier d'affaires qui, après s'être rendu compte de sa cupidité grâce à l'ayahuasca, est devenu réalisateur de documentaires. Les anciens combattants, quant à eux, affirment que l'ayahuasca les a énormément aidés dans leur lutte contre leur syndrome de stress post-traumatique.

Dennis McKenna, frère cadet de Terrence McKenna et ethnopharmacologue, a déclaré dans une interview pour le Guardian que « [les plantes] existent pour nous fournir une orientation et de la sagesse – j'en suis certain ». La première fois qu'il a bu de l'ayahuasca, il a pu observer la photosynthèse au niveau moléculaire.

Mais quels sont les bienfaits de l'ayahuasca sur les femmes ? Celles qui ont accompagné Zoe Helene à des retraites ont pu se remettre du sexisme dont elles avaient été victimes. « Beaucoup de gens, les femmes en particulier, sont freinés par la timidité et le doute », déclare Faye Sakellaridis, qui s'est rendue au Pérou avec Zoe Helene plus tôt il y a peu. « L'ayahuasca nous aide à devenir nos meilleures alliées plutôt que nos pires ennemies. »

Selon Faye Sakellaridis, « l'ayahuasca permet de se confronter à soi-même. Au début, mes démons m'ont frappée de plein fouet – c'était terrifiant, se rappelle-t-elle. Quand je suis sortie de ma position fœtale et que je les ai affrontés, la plante a commencé à agir avec moi de manière incroyable – elle m'a redonné du courage. »

Cette année, les autres bénéficiaires du Plant Spirit Grant comprenaient une médecin, une journaliste, une musicienne et une chercheuse en psychédéliques, Neşe Devenot. L'ayahuasca aurait aidé cette dernière à surmonter son divorce avec son ex abusif. « Je me suis débarrassée de ma douleur émotionnelle et de l'attachement persistant que j'avais pour mon ex, déclare-t-elle. L'aspect solidaire de l'expérience a été un facteur important, étant donné que le partage de nos expériences en tant que groupe fonctionnait de manière synergique avec l'ayahuasca, permettant à chacune d'entre nous de se libérer des émotions qui la freinaient. »

Au total, sept femmes se sont rendues au Pérou au cours de la deuxième semaine de décembre, chacune avec ses propres intentions, afin de participer à quatre cérémonies d'ayahuasca consécutives. Rachael Carlevale, militante en faveur de la culture durable du cannabis et professeure de yoga, s'est également jointe au groupe. C'était sa deuxième excursion au Pérou avec Zoe Helene ; elle avait été la première à bénéficier du Plant Spirit Grant en 2013, après qu'on lui a diagnostiqué une tumeur utérine.

Quelques jours après son retour aux États-Unis, j'ai pu discuter de ses expériences. Je m'attendais à ce qu'elle me dise que la plante avait amélioré son humeur ou lui avait fait prendre conscience d'une chose précise, mais pas qu'elle avait réduit sa tumeur. « Ça a été très utile pour ma guérison. Je peux en attester. Depuis la cérémonie, j'ai eu recours à la médecine végétale, au yoga et à la méditation et j'ai réduit ma tumeur de 20 millimètres », affirme-t-elle.

Son voyage le plus récent l'aurait peut-être même aidée à s'en débarrasser entièrement. « Les médecins voulaient me faire subir une hystérectomie d'urgence, a-t-elle déclaré. Je me suis toujours dit que si ma maladie empirait, je considérerais les méthodes allopathiques telles que la chirurgie. Mais heureusement, je n'en ai pas eu besoin, et depuis, je me sens en meilleure santé chaque jour. La dernière fois, j'ai eu une vision accompagnée du sentiment de m'être complètement débarrassée de la tumeur. Je suis donc très excitée. J'attends les résultats de l'échographie pour savoir si elle a effectivement disparu, étant donné que c'est ce que j'ai vu et ressenti lors de la cérémonie. » L'ayahuasca l'aurait également aidée à vaincre sa phobie des araignées.

L'incroyable histoire de Rachael Carlevale montre à quel point de plus amples recherches sur l'ayahuasca sont nécessaires. Des preuves suggèrent que la substance hallucinogène présente dans l'ayahuasca, le DMT, « peut fonctionner comme antioxydant indirect » et atténuer le stress cellulaire – qui est associé aux tumeurs cancéreuses – en tant qu'agoniste du récepteur sigma-1. La pharmacologie de l'ayahuasca, en revanche, n'est pas encore entièrement comprise et les études réalisées jusque-là ne sont fondées que sur des observations. Les autorités de santé américaines recommandent aux personnes « envisageant d'utiliser l'ayahuasca dans un contexte thérapeutique, spirituel ou religieux d'évaluer attentivement les risques et les avantages et de veiller à avoir une assistance médicale à proximité ».

Rachael Carlevale. Photo de Tracey Eller pour Cosmic Sister

L'usage traditionnel de l'ayahuasca chez les indigènes de la région amazonienne de l'Équateur, de la Colombie, du Pérou et du Brésil était quelque peu différent ; pendant des milliers d'années, ils ont utilisé ce breuvage dans leurs pratiques magiques et leur vie quotidienne. Persuadés que les maladies étaient un phénomène surnaturel, les patients allaient voir un curandero – ou chaman – qui buvait lui-même la plante médicinale afin de se débarrasser de l'origine de la maladie.

À la fin des années 1960, alors que les recherches occidentales sur le breuvage en étaient à leurs balbutiements, l'anthropologue Marlene Dobkin De Rios a passé cinq mois à Iquitos, au Pérou, afin d'observer cet usage traditionnel de l'ayahuasca et de comprendre sa fonction dans la société péruvienne.

Elle est repartie avec l'impression que son travail était inachevé : elle n'avait pas encore essayé l'enthéogène. « Je dois avouer que j'étais terrifiée à l'idée d'imaginer tout ce que la connaissance de moi-même pourrait m'apporter », a-t-elle écrit dans Visionary Vine, son livre paru en 1971 – premier récit d'une prise d'ayahuasca racontée par une femme.

De Rios s'est alors résolue à « faire le grand saut » et s'est retrouvée dans une cabane en bois sur le fleuve Amazone avec un collègue, un chaman et deux autres personnes. Dix minutes après avoir bu le « liquide à l'odeur pas très agréable », une sensation étrange s'est emparée de son corps. Elle ne pouvait bouger ni ses bras, ni ses jambes. Au bout de vingt minutes, elle a commencé à avoir des visions « et a été prise d'une certaine anxiété qui n'était pas si difficile à gérer. Elle voyait des démons rouges, verts et bleus qui grandissaient et rétrécissaient. » Elle voyait également des motifs de feuillages et une femme péruvienne inconnue qui la regardait. Puis elle a vomi et a eu la diarrhée pendant trois heures.

Ça n'a pas été, semble-t-il, une expérience très agréable. Quand De Rios a parlé à ses amis de ce qu'elle avait fait au Pérou et de la femme qu'elle avait imaginée, ces derniers ont pensé que la plante essayait de lui révéler qui était responsable de la maladie parasitaire qu'elle avait attrapée en travaillant dans l'Amazone. Cela l'a amenée à penser que les propriétés révélatrices de l'ayahuasca étaient spécifiques à la culture du consommateur. « Si j'avais grandi dans une société donnée et que j'avais été conditionnée à croire en une source magique de la maladie, il est fort probable que j'aurais interprété cette vision comme étant une révélation de l'identité de la personne qui m'avait rendue malade », a-t-elle écrit.

Cependant, le breuvage a eu un effet positif sur De Rios : plusieurs mois plus tard, elle a ressenti « un sentiment de bien-être général ». Le rôle de la plante dans la promotion du bien-être a proliféré ces dernières années et entraîné la publication d'innombrables articles dans les médias. Dans les années 1960, De Rios avait observé que l'aspect thérapeutique de l'ayahuasca avait déjà éveillé la curiosité des segments les plus riches de la population péruvienne, ceux qui n'étaient pas liés aux populations autochtones. C'est dans les années 1980, quand la classe cosmopolite émergente s'est rendu compte des prétendues propriétés du breuvage, que le tourisme de l'ayahuasca a décollé en Occident.

Dans un article paru en 1994 et intitulé « Drug Tourism In the Amazon », De Rios a décrit « la recherche de drogues étrangères dans un cadre étranger » comme étant « un phénomène postmoderne, où le capitalisme mondial passe de la production à la consommation et répond aux besoins des consommateurs – quels qu'ils soient ». De Rios, décédée en 2012, considérait que la plante n'était qu'une énième façon de combler « le vide en soi » et a rejeté tous les avantages introspectifs qui pouvaient en découler.

Katie Bain et Sandra Garcia en train d'interviewer Jobanna, une artiste issue de la tribu Shipibo. Photo de Tracey Eller pour Cosmic Sister

Zoe Helene et les défenseurs actuels de la plante médicinale ont une vision bien plus positive que celle de De Rios. La jeune femme espère que l'ayahuasca va devenir plus largement accessible et que les femmes vont être plus nombreuses à pouvoir étudier la plante. « C'est vraiment cool de voir la plante à la source, mais il serait préférable qu'elle soit accessible dans la vie quotidienne américaine. »

Contrairement aux psychédéliques synthétiques comme la MDMA et le LSD, qui sont étudiés pour leurs propriétés thérapeutiques, l'ayahuasca est liée à une culture riche et à un espace physique. La mondialisation de l'ayahuasca a déjà eu des effets négatifs sur les groupes indigènes en Amazonie : les cérémonies sont devenues une vaste industrie touristique et la plupart des retraites au Pérou sont désormais dirigées par des Occidentaux, excluant ainsi les populations autochtones de leurs propres modèles commerciaux. À cause de l'exportation, la plante, qui pousse exclusivement en Amazonie, se raréfie et les tribus indigènes craignent de voir leur culture disparaître.

Que ce soit pour le meilleur ou pour le pire, le tourisme de l'ayahuasca constitue désormais une source de revenus cruciale pour les indigènes, puisqu'ils peuvent se former et trouver du travail en tant que chamans. « Ce qui est triste, c'est qu'il y a très peu de professions décentes pour les indigènes en Amazonie. Le niveau de pauvreté à Iquitos est élevé et la destruction des forêts tropicales et des rivières amazoniennes est terrible », explique Zoe Helene.

« Nous ne tolérons pas l'exploitation et la surexploitation. Il est de notre devoir de lutter contre de telles choses, déclare-t-elle. [Nos retraites] sont respectueuses de la culture indigène et y contribuent, en quelque sorte. » Tous les chamans qu'elle embauche viennent de la tribu Shipibo.

Selon elle, les voyageurs les plus consciencieux entretiennent une relation symbiotique avec les peuples indigènes ; les femmes de Shipibo, par exemple, gagnent également de l'argent en vendant aux touristes des textiles brodés et peints à la main, liés à leurs visions sous ayahuasca. « L'un des meilleurs moyens de soutenir les membres de Shipibo est d'acheter leurs broderies directement auprès d'eux, ou aussi directement que possible, afin de les aider à préserver leur tradition », me précise Zoe. Sandra Garcia, traductrice, a aidé Helene à s'entretenir avec les femmes de la tribu dans le cadre d'un projet plus vaste visant à mettre en avant le lien entre les femmes autochtones et leur art.

Zoe Helene envisage de lancer une nouvelle association permettant aux femmes autochtones de suivre la formation dont elles ont besoin pour devenir chamanes, ce qui requiert généralement des mois d'études, sinon des années. Par le passé, les femmes n'avaient pas le droit de manipuler les plantes enthéogènes, mais c'est en train de changer.

« Il y a des femmes chamanes, mais il n'y en a pas assez. J'adorerais que les femmes chamanes puissent en former de nouvelles. C'est un savoir que [les chamans] possèdent déjà, mais surtout les hommes, se plaint-elle. Une petite somme d'argent peut mener très loin. Je ne pourrai pas aider mille femmes par an, mais deux ce serait déjà bien ».

« Si vous aidez une femme et qu'elle devient plus avertie, elle est libre de faire quelque chose de nouveau. Elle va retourner chez elle, intégrer ses nouvelles connaissances dans sa propre vie et aider d'autres femmes, ajoute Zoe Helene. Elle va renvoyer l'ascenseur, en somme. Je ne contrôle pas le processus et je ne veux pas le contrôler ; ça, c'est une idée patriarcale. Ces femmes sont libres de faire ce qu'elles veulent. »

De l'ayahuasca en train de bouillir. Photo de Tracey Eller pour Cosmic Sister

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