Le guide VICE de l'Europe 2014

Le guide VICE de Glasgow 2014

En dépit de son amour des saucisses et de la friture, Glasgow a finalement perdu son titre de capitale des maladies cardiovasculaires – c'est donc le moment idéal pour vous y rendre.

par VICE Staff
08 Août 2014, 8:00am

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(Photo : Patrick D Bortz)

À Édimbourg, ils ont peut-être un château, un parlement, des touristes japonais et un taux de criminalité plus faible – mais à Glasgow, les gens ont au moins le mérite de s'amuser. Oui, on boit beaucoup dans la première ville d'Écosse, mais on se défend aussi sur le plan culturel, avec une scène musicale dynamique, une des écoles d'art les plus emblématiques du monde, et quelques-uns des meilleurs pubs de Grande-Bretagne.

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OÙ FAIRE LA FÊTE
DROGUES ET LOIS LOCALES
POLITIQUE LOCALE, RACISME ET MANIFESTATIONS
OÙ MANGER
CE QUE LES GENS MANGENT ICI
OÙ BOIRE
OÙ DORMIR
LE GLASGOW LGBT
OÙ TRAÎNER EN ÉTAT DE SOBRIÉTÉ
COMMENT ÉVITER LES ARNAQUES
COMMENT NE PAS SE COMPORTER COMME UN TOURISTE INFERNAL
QUELQUES PERSONNES ET ENDROITS À ÉVITER
QUELQUES TRUCS À SAVOIR
UN PEU DE MUSIQUE LOCALE
NOTRE CARTE DE LA VILLE

(Photo : Patrick D Bortz)

OÙ FAIRE LA FÊTE

La beauté de la vie nocture de Glasgow constiste en la proximité de ses clubs, qui se trouvent tous à Sauchiehall Street, Union Street et Clydeside – en moins de 20 minutes, vous pouvez embrasser tous les genres musicaux en vous déplaçant d'un immeuble à un autre. Ce qui veut également dire que n'importe quel abruti peut vous gâcher la soirée — c'est pour cette raison que les programmateurs organisent des soirées dans les endroits les plus confinés possibles.

Dans le genre, vous devriez tenter La Cheetah. Ils ont beau dire que le lieu peut accueillir 200 personnes, ça leur arrive de faire entrer le double. Ils font venir des gens très respectables comme Theo Parrish, Moodymann et Legowelt. Aussi, les boissons sont à 2£.

Malheureusement, Sauchiehall Street n'est plus ce qu'elle était : le Garage est en déclin et l'ABC propose vraiment le minimum syndical côté musique. The Arches (253 Argyll Street), en revanche, est presque toujours un bon plan, tout comme le Vic Bar, le repère des étudiants en art qui a été rénové il y a peu — les obligeant à déménager sur Sauchiehall Street pendant ce temps. Maintenant qu'il a réouvert, il fait de nouveau partie des valeurs sûres de la ville.

Le Sub Club (22 Jamaica Street) a longtemps été incontournable le dimanche soir grâce à sa soirée hebdomadaire, l'Optimo. Aujourd'hui, la soirée n'existe plus ou presque, seuls Twitch & Wilkes y jouant occasionnellement ; mais cela n'empêche pas que le Sub Club a gardé un certain prestige, et qu'il s'agit encore de l'un des meilleurs clubs d'Europe, quel que soit le soir où vous y allez.

Le troisième samedi de chaque mois, le Bar Bloc (117 Bath Street) accueille une soirée du collectif féministe TYCI (« Tuck Your Cunt In », équivalent féminin de « porte tes couilles ») qui met en avant des DJ et des groupes de filles. (Ah, et les hommes peuvent entrer, bien entendu).

Notre métro est assez spécial – il n'y a qu'une ligne circulaire qui fait le tour de la ville. Ceci a favorisé le développement du subcrawl, une nouvelle manière de faire la tournée des bars. On achète un billet illimité pour la journée, on descend à chaque station (il y en a 15), et on boit un coup dans le premier pub qu'on trouve. Les choses commencent généralement à devenir intéressantes quand on arrive dans les environs peu salubres de Ibrox, Govan et Kinning Park. La probabilité de vous faire recaler par un videur augmente au fil des arrêts, mais si vous avez une dizaine d'heure devant vous et que vous n'avez pas particulièrement d'affection pour votre foie, le subcrawl est peut-être pour vous.

Enfin, si vous cherchez quelque chose d'incroyable, le Grand Ole Opry propose les soirées les plus dingues de Glasgow. Situé au 2 Govan Road, il s'agit d'un club de musique country et Western. Il n'y a pas de dress-code, et les boissons y sont vraiment peu chères — un des avantages quand on fait la fête avec des vieux. Un club de tir y organise parfois des soirées, l'occasion de voir des septuagénaires essayer d'affirmer leur virilité en maniant un six coups. Une fois ce rite (nuptial?) terminé, tout le monde se met en cercle sous un drapeau sudiste et chante « Dixie » - une vision profondément étrange, mais également assez touchante.

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(Photo : Patrick D Bortz)

DROGUES ET LOIS LOCALES

Même si ça pourrait rapidement changer, Glasgow fait pour le moment encore partie du Royaume-Uni, et notre législation en matière de drogue est donc la même que dans toutes les villes de Grande-Bretagne. Techniquement, le cannabis est illégal, mais en dehors des agents de police personne ne s'offusquera de vous voir rouler un joint.

Autre chose à savoir : il arrive que les videurs soient très stricts, et si on vous chope en train de prendre de la drogue dans un bar ou une boîte — ou même si on vous suspecte d'en prendre — vous risquez d'être mis dehors. Même s'il y a régulièrement des chiens renifleurs à l'entrée de The Arches, pas mal de drogue y circulait, jusqu'à ce qu'une fille de 17 ans meure d'une overdose dans les locaux en février dernier. La salle avait failli perdre sa licence à l'époque. Au cours de l'été précédent, 6 personnes étaient mortes en l'espace de quelques mois après avoir pris de la fausse ecstasy. Faites donc attention à ce que vous prenez sur place.

Le crack et la meth sont rares, mais Glasgow a été pendant une époque réputée — je ne sais pas si le terme convient tout à fait — pour être la capitale britannique de l'héroïne. Ce titre était cependant lié au nombre de consommateurs plus qu'à la qualité du produit : l'autopsie d'un héroïnomane avait révélé qu'il était porteur de la bactérie de la maladie du charbon. Les Glaswégiens n'aiment globalement pas l'héroïne, et en prendre est mal vu. Et puis franchement, vous n'avez rien de mieux à faire pendant vos vacances ?

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POLITIQUE LOCALE, RACISME ET MANIFESTATIONS

Les pratiques religieuses sont sur le déclin en Écosse depuis quelques années — de 65% en 2001, on est passé à 54% de chrétiens aujourd'hui. Mais la religion est parfois si intimement liée au football et à la politique qu'il est difficile pour nous de ne nous débarrasser de certaines attitudes sectaires, alors même que protestants comme catholiques ne rentrent généralement dans une église que quand ils se marient ou sont enterrés.

L'exemple le plus évident, c'est cette tradition estivale pour les protestants, qui se réunissent pour commémorer la victoire de Guillaume d'Orange contre le roi catholique Jacques II. Cette victoire remonte à tant d'années qu'on se demande si les abrutis qui défilent savent compter jusque là. Ces défilés sont connus sont le nom de Orange walks, et en plus d'être offensants à l'égard des catholiques — en particulier quand ils passent dans des quartiers traditionnellement catholique — les participants font chier les habitants : ils bloquent la circulation et incommodent tous ceux qui se remettent difficilement de leur gueule de bois, avec leurs flûtes et leurs hymnes de bigots haineux.

Les Rangers et le Celtic, les deux équipes de foot locales, sont le symbole de cette rivalité entre protestants et catholiques ; mais les clubs font des efforts pour mettre fin aux chants sectaires les jours de match. Les progrès tardent juste à se faire sentir : on peut encore trouver des supporters des Rangers prêts à chanter « up to our knees in fenian blood » [Les pieds baignant dans le sang des Féniens], et les membres de la « Green Brigade » répondent avec des chants à la gloire de l'IRA. Bon, ça entraîne parfois des situations assez marrantes : un Subway de Larkhall, quartier où les supporters des Rangers sont très présents, a dû repeindre sa façade en noir parce que le vert était vu comme une forme de soutien au républicanisme irlandais. Sérieusement.

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(Photo : Liam Turbett)

Glasgow a toujours été une ville très politisée : les communistes russes pensaient que la révolution britannique partirait de là, et ça a failli être le cas quand l'armée a dû intervenir, en 1919, face à 60 000 ouvriers qui parvinrent à hisser le drapeau rouge devant le parlement. À peu près autant de manifestants se sont réunis, 70 plus tard, pour protester contre une réforme de l'impôt proposée par le gouvernement Thatcher. Les Glaswégiens avaient d'ailleurs obtenu gain de cause. L'an passé, Glasgow a été l'une des premières villes britanniques où des soirées se sont spontanément organisées en pleine rue pour fêter la mort de Thatcher.

Les relations entre les manifestants et la police sont historiquement plutôt cordiales, mais l'érosion des libertés civiles au cours des dernières années a changé la donné. Les militants anti-austérité qui occupaient pacifiquement l'Université de Glasgow ont été expulsés et quelques semaines plus tard, une fête à Kelvingrove Park — officiellement, pour célébrer le mariage de William et Kate, officieusement, un pied-de-nez à la nouvelle législation sur les réunions publiques — a été gâchée par des actes de violence. La plupart des manifestations sont aujourd'hui organisées pour protester contre l'austérité budgétaire, les fascistes et le sexisme.

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(photo : Chris o'Neil)

IMMIGRATION

L'immigration est en hausse, mais le phénomène n'a rien de nouveau. La Grande Famine avait entraîné l'arrivée de nombreux Irlandais catholiques dans une ville très majoritairement protestante, ouvrant une ère de troubles entre habitants. Les tensions, on l'a dit, ont survécu jusqu'à aujourd'hui. Mais la vérité, c'est que l'histoire et la culture de la ville ont grandement bénéficié de cet apport, puisqu'Arthur Conan Doyle, Billy Connolly, Frankie Boyle et l'équipe qui a remporté la Coupe des clubs champions européens en 1967 sont tous issus de l'immigration catholique irlandaise.

Il y a également beaucoup de Pakistanais, dont la plupart sont issus de la vague d'immigration des années 1950, juste après l'indépendance. Les arrivants avaient connu les mêmes problèmes à l'époque : discrimination, xénophobie, chômage — comme partout au Royaume-Uni, en fait. Mais aujourd'hui, les Pakistanais de Glasgow jouent un rôle de plus en plus important, notamment dans les secteurs économique et politique. La plupart sont d'ailleurs devenus favorables à l'indépendance écossaise.

La ville compte également une dizaine de milliers de Chinois, arrivés suite à l'échec des politiques agricoles de Mao et installés dans le quartier de Garnethill, notre Chinatown local. Ne vous attendez pas à quelque chose d'exotique pour autant : c'est juste un grand marché avec une arche chinoise à l'entrée. Il y a à peu près autant de Polonais et d'Africains. La démographie future de Glasgow dépendra fortement du résultat du référendum sur l'indépendance, puisque le Scottish National Party prévoit de mettre en place une politique migratoire beaucoup plus souple en cas de victoire du Oui.

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OÙ MANGER

Sarti
42 Renfield Street, 121 Bath Street & 133 Wellington Street
Difficile de choisir entre les trois Sarti, tous tenus par les membres d'une même famille d'Italiens, et qui proposent tous de délicieux plats, un service agréable, et plein de trucs qui vous feront croire que vous êtes au pays de la langue de Dante.

The Squid & The Whale
372 Great Western Road
Il tire son nom [Le Calmar et la Baleine] d'un film indépendant et se désigne comme une « cantine », mais ce sont les seules choses qu'on pourrait lui reprocher. Leurs plats (un mélange de cuisine mexicaine, nord-américaine et créole) et leur grand choix de bières en font un endroit vraiment cool et en plus, ils ont de bons DJ.

Stereo
22 Renfield Lane
Il y a trois restaurants exclusivement végétariens à Glasgow. Le 78 et le Mono, annexe du Stereo, sont les deux autres, mais le Stereo l'emporte grâce à son menu de tapas.

The Ubiquitous Chip
12 Ashton Lane
De la cuisine traditionnelle écossaise qui vaut le coup. Comme tous les établissements situés sur Ashton Lane, il se remplit malheureusement très vite.

Hanoi Bike Shop
8 Ruthven Lane
Ce restaurant vietnamien devient incroyablement populaire. Il n'est pas trop cher, a un style affirmé, et Beyoncé l'a posté en photo sur son compte Instagram. C'est sans doute la chose la plus sexy qui soit jamais arrivée en Écosse.

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(Photo : John Beck)

CE QUE LES GENS MANGENT ICI

Fish & Chips
Glasgow a enfin perdu son titre de capitale du Royaume-Uni des maladies cardiovasculaires. Ce n'est certainement pas grâce à un changement de nos habitudes, puisqu'on a continué à faire frire tout ce qu'on avait de comestible sous la main. Les fish & chips à l'ancienne sont de plus en plus rares de nos jours, la faute à l'essor inévitable de concurrents street food, mais des établissements comme le Blue Lagoon ou le Philadelphia continuent de vous offrir des plats suffisamment gras pour que vous sentiez vos artères se boucher petit à petit.

Buckfast
Telle la miction visqueuse de Belzébuth, le Buckfast, un vin tonique à haute teneur en caféine, est accusé de tous les maux en Écosse. Préparé par des moines du Devonshire, pointé du doigt par les hommes politiques, on continue à en boire malgré sa mauvaise réputation. Pourquoi ? Parce que comme on dit en Écosse : Buckfast gets you fucked fast. Une autre manière de faire la fête.

Les square sausages
Pour une raison inconnue, les non-Écossais voient toujours la square sausage ou Lorne sausage, son vrai nom, comme un outrage innommable aux principes euclidiens de la géométrie charcutière. Pour nous, ça a pourtant toujours été très simple : une tranche de saucisse carrée dans du pain brioché, un œuf frit, du ketchup et... Tadaa ! Un burger pour le petit-déjeuner.

Munchy Box
Vous avez déjà connu ce moment délicat où vous voulez un fast-food mais ne savez pas lequel ? « Des frites ou des nuggets ? De la pizza ou un kebab ? ». Les Glaswégiens ne connaissent pas ce dilemme. En matière de fast-food, la seule conjonction valable n'est pas « ou » mais « et » — et c'est là que la munchie box entre en jeu. Une boîte à pizza, remplie à ras-bord de tous les aliments « fast-food » imaginables, et qui contient donc environ 3 000 calories. En général, il y a également une quantité dérisoire de salade, histoire de se donner bonne conscience. Mais je vous préviens : c'est vain.

Irn-Bru
Il y a une règle à connaître quand on s'apprête à boire le soda national écossais. Les canettes sont acceptées si elles sortent du frigo, et seulement si vous n'avez pas d'autre choix. La bouteille en plastique, est revanche, n'est jamais tolérable — ça n'a pas le goût que ça devrait avoir. Une bouteille en verre de 75cl, voilà le contenant idéal pour l'Irn-Bru, qui a l'avantage d'être un remède quasi-miracle en cas de gueule de bois.

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(Photo : Patrick D Bortz)

OÙ BOIRE

L'Ouest de Glasgow n'est pas le meilleur coin pour aller en boîte. Ça peut être vraiment casse-couilles de rentrer au Queen Margaret Union si vous n'êtes pas avec un habitué. Idem pour le Glasgow University Union. De toute façon, il n'y a que des rugbymen misogynes là-bas. Le Viper est vraiment votre seul espoir. En revanche, il y a de bons pubs dans le coin.

Au Halt Bar (160 Woodlands Road), vous trouverez des vieux pochetrons et des jeunes qui boivent ensemble joyeusement. Vous pourrez assister à des concerts car le bar accueille souvent des groupes. Le Stravaigin (28 Gibson Street) est ouvert jusqu'à une heure du matin, ce qui vous donne donc une heure de plus pour picoler que dans les autres pubs. Au cas où vous en auriez besoin.

L'Oran Mor est une ancienne église située sur Byres Road. C'est un peu cher, il y a souvent du monde, mais il faut essayer leur formule : « une pièce de théâtre, un plat, une pinte ». Pour moins de 15€, vous aurez très exactement droit à une pièce de théâtre, un plat, et une pinte. Comme annoncé.

De l'autre côté de Kelvingrove Park, le quartier des Finnieston a connu une gentrification accélérée. Il y a 10 ans, c'était le quartier des vendeurs de sommeil et des épiceries ouvertes 24h/24. Maintenant, on y trouve des boutiques et des bistrots branchés, comme le Big Slope (36 Kelvingrove Street), Lebowskis (1008 Argyle Street) et le 78 (10 Kelvinhaugh Street), ce dernier faisant aussi restaurant végétarien et accueillant le mercredi soir quelques-uns des meilleurs musiciens folk de la ville.

Quand au centre de la ville, Sauchiehall Street est inévitable. Autant vous familiariser avec les lieux rapidement. Déjà, ça se prononce Sow-ki-haul, et la moitié de la rue est avant tout dédiée au shopping. Mais l'autre moitié, du côté de Charing Cross, est remplie de bars et de boîtes. Les meilleurs sont le Nice 'n' Sleazy — une institution pour les Glaswégiens, connu pour son jukebox, ses musiciens indie et les quantités de Buckfast qu'ils servent — et le Broadcast, qui n'ouvre que du Jeudi au Samedi mais propose de la musique live, des DJ, et de la super bouffe.

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(Photo : Jonathan Tollan)

OÙ DORMIR

Les grandes chaînes d'hôtellerie sont présentes dans le centre de Glasgow, mais si vous cherchez quelque chose d'abordable, de bien placé et qui ne donne pas l'impression que deux employés de bureau sont venus satisfaire leurs désirs d'adultère une heure plus tôt, mieux vaut chercher ailleurs. Le citizenM (60 Renfrew Street) est super et il arrive qu'il y ait une chambre libre à 70€ la nuit. Si c'est trop cher pour vous, l'Euro Hostel (318 Clyde Street) est le genre d'endroit où les gens doivent payer pour disposer d'une prise électrique. Mais aussi basique que soit cette auberge de jeunesse, on peut y dormir en dortoir pour une dizaine d'euros et dans une chambre individuelle pour le double.

Le Art House (129 Bath Street), le Grand Central Hotel (99 Gordon Street) et le Blythswood Square Hotel (11 Blythswood Square) sont aussi de bonnes adresses mais qui demandent un plus gros budget. Si vous voulez vous poser dans l'ouest de Glasgow, le Hilton Grosvenor donne sur des jardins botaniques et est bien situé. Si vous êtes pété de thunes, l'Hotel Du Vin est le lieu le plus classe de la ville.

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(Photo via Spider.Dog)

LE GLASGOW LGBT

En janvier dernier, le président de la section écossaise de l'UKIP a déclaré que Glasgow était une ville de « gays, de catholiques et de communistes », remarque si pertinente qu'on hésiterait presque à en faire notre nouveau slogan. En vérité, même si de gros progrès ont eu lieu au cours des dernières décennies — l'homosexualité n'a été dépénalisée qu'en 1980 — le milieu gay de Glasgow est assez peu fourni et tourne principalement autour de quelques institutions anciennes.

Le Polo Lounge et l'AXM sont les deux plus connues, et sont situées juste à côté l'une de l'autre, au sud de George Square. Le Polo est un peu plus chic, et on y trouve la Riding Room, où sont organisés des concerts et des spectacles de magie. Delmonica’s fait aussi partie des adresses à connaître, mais il s'agit cette fois plus d'un bar que d'un club. il est réputé pour ses soirées karaoké.

Si on ajoute à cela Speakeasy & FHQ, le premier (et jusque-là, le seul) bar pour femmes, et le collectif Lock Up Your Daughters qui publie des magazines queer et organise des projections et des soirées, il est vrai que le milieu gay apparaît actif. Mais pour autant, il est plus question de s'amuser sans se faire emmerder que de participer à une orgie. On précise, parce qu'il y a quelques années, des policiers s'étaient rendus à The Arches (c'est toujours là-bas qu'il se passe des trucs) pour une inspection de routine, et étaient tombés sur une trentaine de partouzeurs qui les avaient pris pour des chippendales. Mais ce genre de soirée reste rare.

L'homophobie n'est pas très marquée : les bars gays font partie de la vie nocturne de Glasgow depuis plus de 30 ans, si ce n'est plus pour certains comme le Waterloo. Même les plus idiots des Glaswégiens savent tenir leur langue et éviter de chercher des embrouilles aux gays de la ville.

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(Photo : Patrick D Bortz)

OÙ TRAÎNER EN ÉTAT DE SOBRIÉTÉ

Kelvingrove Park
L'été, les Glaswégiens s'y réunissent pour manger, boire et faire la fête. La police est un peu chiante pour ce qui est de boire, puisque c'est interdit depuis 1996 dans les lieux publics. Mais si vous pouvez trouver un coin un peu à l'écart, il n'y a pas de meilleur endroit pour passer une journée avec un peu de soleil.

Le West End
L'enclave bohème de Glasgow est le deuxième centre de la ville, l'architecture gothique de l'université et la gallerie d'art de Kelvingrove remplaçant les bureaux et les centres commerciaux. Même s'il y a toujours des étudiants bourrés et des bourgeoises dans les rues, ce côté-là de la ville ne perd jamais de son charme.

Le South Side
Les gens vont par défaut dans l'ouest ou dans le centre, mais le sud vaut aussi le détour. On y trouve la collection d'art Burrell, la « Maison pour un amateur d'art » de Charles Rennie Mackintosh, et le quartiers des Shawlands, où il y a d'excellents bars et restaurants.

Glasgow School of Art
Les milieux artistiques de la ville attirent beaucoup les étudiants américains (qui viennent dépenser les sous de leurs parents), et malgré l'incendie récent de la Glasgow School of Art, les musiciens et les artistes glaswégiens sont plus actifs que jamais. La School of Art est d'ailleurs un bon point de départ, puisque vous y trouverez de tout : des génies, des gens bizarres, des marxistes, des hippies friqués, des théoriciens du complot, et occasionnellement des gens normaux. Pas besoin d'y étudier pour y entrer, et il arrive que des personnes se sentent profondément attachés aux lieux alors même qu'elles n'y ont jamais suivi le moindre cours. C'est un bon endroit où traîner si vous voulez être au courant des soirées ou expositions à venir.

The Barras
Ce marché aux puces est l'un des derniers éléments authentiques du passé de la ville. La qualité des objets qu'on y trouve a sensiblement baissé depuis quelques années mais on peut encore y faire de bonnes affaires et y dénicher quelques pépites. Et puis le Barrowland Ballroom, juste à côté, est l'une des principales salles de concert d'Écosse.

Le Mono
Bar, salle de concert, restaurant végétarien, mais aussi l'un des meilleurs magasins de disques de la ville, le Mono est prisé des artistes et musiciens de Glasgow. Un des coins les plus cools pour descendre quelques pintes.

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COMMENT ÉVITER LES ARNAQUES

Glasgow a le taux d'homicides et de crimes avec violence le plus élevé du Royaume-Uni, mais il faut nuancer : les agressions au couteau, qui passaient presque pour un hobby comme un autre pendant une époque, ont chuté de 67% depuis 2007, et le nombre d'homicides diminue beaucoup plus vite que dans le reste du pays. Certes, il y a des coins plus risqués que d'autres, mais la probabilité pour que vous vous retrouviez tout seul à errer dans Govan, Possilpark ou Castlemilk est faible.

Il arrive qu'il y ait des bagarres dans le centre-ville, mais on ne peut pas vraiment dire que l'insécurité y règne. Sauchiehall Street a par exemple mauvaise réputation en la matière, mais en réalité, même le week-end, le principal risque est de vous faire toucher les fesses par une bande de femmes hystériques qui célèbrent un enterrement de vie de jeune fille à bord d'une limousine de location. Un fait plus troublant, en revanche, est l'augmentation des agressions sexuelles subies par les femmes, principalement dans le sud de la ville. Les habitants y ont même organisé une manifestation pour attirer l'attention des autorités sur ce problème. Certains coupables n'ont toujours pas été arrêtés, alors évitez de vous promener seule dans les environs.

Enfin, un des problèmes de longue date à Glasgow est la pauvreté. Vous croiserez forcément des mendiants si vous vous promenez dans le centre. C'est à vous de voir si vous voulez leur donner quelque chose, mais il ne faut pas se sentir menacé ; si vous avez l'impression que quelqu'un devient trop insistant ou agressif, il vous suffit de poursuivre votre chemin.

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(Photo : Jonathan Tollan)

COMMENT NE PAS SE COMPORTER COMME UN TOURISTE INFERNAL

L'année où Glasgow a remporté le titre de ville la plus violente du Royaume-Uni, elle a aussi été élue ville la plus sympathique. Et en effet, les touristes sont plutôt bien accueillis, même si nous nous demandons secrètement s'il est vraiment raisonnable de partir en vacances dans un pays réputé pour avoir un temps de merde 350 jours par an. La vie est trop courte (littéralement – l'espérance de vie dans certains quartiers est inférieure à celle de la Corée du Nord) pour qu'on perde trop de temps à se poser ce genre de questions ou à nous interroger sur le comportement des touristes. Néanmoins, certains stéréotypes tenaces sur les Écossais ont tendance à nous énerver. Si vous venez à Glasgow, faites donc un effort pour éviter d'aborder les sujets suivants : les Mars frits ; le fait qu'Édimbourg est une ville plus jolie ; le fait que votre équipe de football est supérieure à la notre ; le nombre d'heures qui se sont écoulées depuis le dernier verre que l'on a bu... Ce genre de choses.

N'espérez pas comprendre grand chose au « Glesga patter », le dialecte local ; mais sachez que si le terme « cunt » est une insulte dans à peu près tous les autres pays anglophones, il peut être utilisé affectueusement en Écosse. Inutile de vous vexer.

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(Photo : Patrick D Bortz)

QUELQUES PERSONNES ET ENDROITS À ÉVITER

Les ivrognes
Les junkies se contentent de venir vous demander si vous avez de la monnaie et s'éloignent calmement si vous dites que non. Les alcooliques de Glasgow — plus vieux, plus défoncés et plus relous que les junkies – veulent à tout prix que vous deveniez leur meilleur ami. Ils vous raconteront des blagues de merde, vous taxeront des cigarettes, vous expliqueront leurs exploits éthyliques de la veille et feront des commentaires bien intentionnés mais profondément dégradants sur le physique des membres féminins du groupe. Après tout ça, et après seulement, ils demandent de la monnaie. Du coup, si vous voyez un vieil homme tituber dans votre direction, criez lui quelque chose comme « ICH KANST NICHT SPRECHEN SIE ENGLISCH! » et prenez la fuite.

Les « neds »
On en trouve partout à Glasgow. Le jogging rentré dans les chaussettes, ils errent en groupe dans les rues, urinent dans les jardins, font des tours du quartiers en écoutant du Avicii à fond, écrivent « BITE » sur votre pare-brise quand il a neigé, etc. Ceux du centre-ville ont cependant été en contact avec les populations étudiantes et gays, ce qui semble les avoir rendus plus tolérants que leurs homologues provinciaux. S'ils vous abordent, ce sera le plus souvent pour se foutre de votre gueule,  mais rarement pour vous agresser. Il suffit de ne pas répondre aux provocations.

Les supporters des Rangers ou du Celtic
« L'armée Tartan », les supporters de l'équipe nationale, sont géniaux. Ceux de Partick Thistle sont assez calmes. Mais les fans du Old Firm — terme qui désigne les deux principaux clubs de Glasgow et d'Écosse — sont un véritable cauchemar. Les supporters de chacun de deux clubs ne se définissent qu'à partir de leur haine pour le camp d'en face. Les problèmes financiers des Rangers ont entraîné leur relégation, et cela fait donc deux ans que le derby n'a pas eu lieu. Mais il y en aura d'autres, et le centre-ville redeviendra alors un champ de bataille.

Le North Side
En dehors de quelques quartiers, le nord de la ville est une poche de pauvreté et de chômage. Anciennement industriel, il est aujourd'hui déprimant et peuplé de gens déprimés.

Merchant City
Le quartier s'est développé autour du trafic d'esclave, et survit aujourd'hui en vendant des boissons et des repas trop chers à quelques célébrités Écossaises et à ceux qui espèrent les apercevoir. Si vous n'y allez pas pour les boîtes gays qu'il abrite, évitez ce quartier.

Le Savoy Centre
D'un côté, tout Glaswégien se réjouit que le Savoy existe encore, parce qu'il fait partie du patrimoine historique de la ville. Mais en même temps, il est difficile de vouloir vraiment y passer du temps : il abrite avant tout des vieux qui dépensent leurs ronds dans des salons de beauté sordides et des boutiques de médecine chinoise.

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(Photo : Jonathan Tollan)

QUELQUES TRUCS À SAVOIR

Les pourboires

Les pourboires sont les mêmes qu'à Londres et dans le reste du pays — 10% dans les restaurants ou taxis — sauf que nous avons tendance à donner de l'argent aux SDF, parce que nous avons un coeur, à la grande différence des Anglais. 

 

Quelques phrases utiles
Salut – Hawl
Au revoir – Catch ye after
S'il te plaît – Gies it, fuck sake
Merci – Sound
Idiot – Dafty
Oui, je suis très saoul – Aye, I were mad wae it
Une gentille personne – Goodcunt
Quelqu'un – Somecunt
Tout le monde – Everycunt

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UN PEU DE MUSIQUE LOCALE

Cette playlist devrait achever de vous convaincre de lâcher Édimbourg pour venir nous voir.

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NOTRE CARTE DE LA VILLE

Et voilà ! Ne m'en voulez pas si vous passez un très mauvais séjour ici, j'ai vraiment fait tout ce que je pouvais.

Bisous,

– le seul membre de la rédaction de VICE Glasgow

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