FYI.

This story is over 5 years old.

Vice Blog

L'AUSTRALIE EST DANS LA MERDE - PART 2

19.1.11

Cette photo a été prise derrière le Suncorp Stadium, le stade principal de Brisbane.

On a reçu cette photo la semaine dernière. De toute évidence, elle montre les inondations à Brisbane et les conséquences du fait d'avoir été enfermé chez soi pendant trop longtemps. On a appelé le photographe pour qu'il nous décrive un peu ce qu'il pensait de tout ça.

Vice : Comment ça va là-bas ?

Tom Cole : C'est assez fou, parce qu'on vit dans un endroit plutôt sec, mais à 200 mètres, il n'y a plus que de l'eau. Là où on a pris la photo, tout était immergé sous l'eau alors qu'on était surélevés et complètement secs. Brisbane est une ville très vallonnée, avec beaucoup de vallées, donc forcément, les maisons se font inonder. C'est terrible.

Publicité

C'était comment quand la rivière a débordé ?

Il a plu pendant toute la semaine qui a précédé. Des pluies torrentielles, tous les jours. Puis le barrage Wivenhoe est arrivé à 112% de sa capacité, donc ils ont dû lâcher un peu d'eau. Hier, on était tous en train de boire des bières à côté en attendant que l'eau sorte. Selon les infos, il y avait deux fois le volume d'eau du port de Sydney.

Merde. Tu flippais ?

Oui. Mais notre voisine est une vieille qui a vécu la dernière grande inondation de 1974. Elle vit dans sa maison depuis genre, 50 ans, donc elle nous a un peu préparés psychologiquement aux évènements à venir. Elle m'a expliqué que la dernière fois, le niveau de l'eau avait atteint le troisième poteau téléphonique de notre rue mais que tout allait bien dans sa maison, le rez-de-chaussée avait juste été légèrement inondé.

L'eau a monté aussi haut cette fois-ci ?

Je crois que le niveau de l'eau était inférieur de deux mètres par rapport aux inondations de 1974.

Ça fait quoi de vivre dans une ville immergée ?

Hier, c'était bizarre parce que c'était la première journée ensoleillée qu'on a eue en deux mois. On voyait la ville inondée sous un ciel magnifique, avec des gens qui se promenaient, complètement ahuris. Et tout est si calme. On se fait vite à une ville très active, mais en ce moment il y a très peu de voitures et encore moins de gens. Et c'est très bizarre.

J'imagine que tu ne travailles pas, en ce moment.

Publicité

Ouais, je bosse dans un restaurant mais il est fermé depuis plusieurs jours. Ça a été un des premiers endroits touchés.

Quand est-ce que tu y retournes ?

Samedi, je pense. Je ne sais pas trop comment ça va se passer, car tous nos produits viennent du nord.

Justement, comment ça se passe chez toi pour l'approvisionnement en bouffe ?

On a de grosses réserves de clopes et de spaghettis. Je me suis pointé au supermarché un peu tard, des heures après le premier rush. Quand je suis arrivé, il était presque vide. Je me suis contenté de prendre plein de paquets de pâtes, histoire de subsister quelques jours.

Vous avez de la bière ?

Ouais, on en a, donc c'est OK.

Les gens boivent beaucoup pour amortir le truc, non ?

Un peu, ouais. J'ai pas mal d'amis qui font beaucoup la fête. J'ai des potes à Balinga qui ont mis plein de sacs de sable devant leur maison avant que l'inondation ne commence, et ils ont fait une fête. Vers cinq heures du matin, l'eau a monté, mais ils ont vu qu'elle n'atteindrait pas la maison et se sont dit que dormir serait une excellente idée.

Et ta famille va bien ?

Mes parents vivent à une heure et demie de la ville, vers l'est. Leur maison n'a subi aucun dégât, mais tout est inondé. Ils vont bien, mais ils attendent que l'eau redescende avant de se déplacer. Ce serait chouette de pouvoir leur rendre visite ou de sortir aider les autres, mais on nous dit gentiment de rester chez nous. Un homme est mort en essayant d'aller voir sa mère à la nage hier, il s'est fait entraîner dans les égouts. On pourra beaucoup plus s'impliquer quand le niveau de l'eau aura baissé.

Et c'est pour quand ?

Apparemment, il y a des chances qu'on ait le droit à un cyclone aussi. Je ne sais pas si c'est vrai, mais si ça arrive, on risque d'être profondément dans la merde.

ROYCE AKERS