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Vice Blog

REVIEWS - ON A ETE CONTACTE PAR 20 MINUTES NANTES

14.9.09

Un journaliste de 20 Minutes Nantes nous a envoyé un mail la semaine dernière, pour nous demander pourquoi « on détestait tellement le groupe d'electro comique Sexy Sushi. » Puisqu'on ne savait pas trop quoi dire pour défendre notre opinion plutôt arrêtée sur la question (on a parlé au téléphone avec le dit journaliste pendant quelques minutes en balbutiant des arguments moyennement pertinents, de type « c'est le contraire du drôle » et « c'est la définition parfaite de tout ce qu'on déteste »), on s'est adressés à notre collaborateur Félix Atari, l'auteur de la chronique. Il nous a répondu avec l'assurance d'un mec qui écrit un mémoire depuis trois mois (c'est le cas), et nous a exposé son point de vue sur le groupe français le plus déprimant de ce début de siècle. Il a même réussi à insérer un document annexe.

« Dis lui que c'est juste que la débilité et la vulgarité ça peut donner des morceaux hyper biens mais que la condition pour ça c'est que la musique ou le disque en question soient sincèrement débiles ou vulgaires, que ce soit premier degré, que ce ne soit pas joué.Dès que ça devient second degré et ironique il y a une forme de supériorité et de condescendance de la part du groupe qui s'installe. Là c'est un disque qui se moque de ses références, mais pas parce que celles-ci sont de grosses influences pour le groupe et que les pasticher est le seul moyen de s'en libérer ; c'est un disque qui a délibérément choisi des références dont il serait facile de se moquer. (Bonsoir imbuvable : c'est un groupe qui n'a pas saisi la différence entre le pastiche (Marcel Proust) et l'imitation (Laurent Gerra).) Du coup ça donne un disque qui a une esthétique dégueulasse "parce que c'est drôle", qui considère qu'intituler un morceau "Enfant de putain / Salope de ta mère" c'est régressif alors qu'en fait non c'est juste hyper embarrassant, et qui finit par avoir un public d'étudiants en école de commerce alors qu'il était censé être l'émanation d'une sorte d'avant-garde de la déconne. En gros je pense que c'est un disque auquel on aurait donné une bonne note si nos chroniques étaient écrites par Yann Barthès.

Tu peux lui envoyer ça aussi pour qu'ils comprennent bien ce que je voulais dire, c'est une interview du groupe :

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INTERVIEW Festi'Val de Marne : Cette année vous êtes programmé au Festi'Val de Marne, que vous évoque ce festival ?
Rebeka Warrior & Mitch Silver : La bataille de la Marne, la première, en 1914.

Festi'Val de Marne : Avez-vous un rituel avant de monter sur scène ?
Rebeka Warrior : Mitch récite des cantiques en Verlan (le langage des jeunes de Banlieue).
Mitch Silver : Reby frotte des pierres pour faire du feu. Festi'Val de Marne : Quel est l'artiste qui vous a le plus marqué ?
Rebeka Warrior : Sim dans sa reprise de « Grease » avec Patrick Topaloff.
Mitch Silver : Fabrice Linjean.

Festi'Val de Marne : Pouvez-vous définir votre album en quelques mots ?
Rebeka Warrior & Mitch Silver : Merdique (un seul mot suffira).

Festi'Val de Marne : Pour vous aujourd'hui qui représente la scène indépendante ?
Rebeka Warrior & Mitch Silver : Sexy Sushi !!!

 Putain, je serai cité comme Félix Atari ou pas ? Ce serait vraiment déconneur putain. »

FELIX ATARI