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LE NUMÉRO PÉNITENCE ET REPENTANCE

Reviews

Quand on a commencé à entendre parler du nouveau projet d’Ariel Pink, j’avais peur que sa dominante funk ne soit une porte grande ouverte sur le champ lexical de l’outrance, mais comme on pouvait le présager après...
14.6.10

ARIEL PINK’S HAUNTED GRAFFITI

INHUME

ADAM KESHER

HUNX AND HIS PUNX

SAGE FRANCIS

Li(f)e

Anti-/Pias

On a reçu la version promo du dernier album de Sage Francis, et, coup de théâtre, elle est watermarkée ! Et quoi de plus normal lorsqu’on connaît le nombre de fuites potentielles que cette grosse sortie pourrait générer ? Puis vous vous imaginez le bordel si DJ Mayonnaise le ripe en 320 et qu’il sort une version bootleg avec Slug, Sole et Dose One, au nez et à la barbe de Why et Odd Nosdam, qui seraient obligés d’aller se plaindre auprès de Radioinactive du manque de sérieux de la clique Shapeshifters qui avait promis à Sage Francis de faire un featuring avec lui s’il leur prêtait la version cassette de l’album jamais sorti de Log Cabin ? Vous imaginez les ­proportions que ça prendrait ? Vous vous ­imaginez ce que le MONDE SERAIT ???

KELLY SLAUGHTER

DON CANNON

& CURREN$Y

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Da Hot Spitta

Smokee Robinson Mixtapes

Imaginez le Lil’ Wayne des débuts, sans dreadlocks, bien sapé et connecté avec des skateurs, et vous obtenez Curren$y. Bon en réalité vous obtenez The Cool Kids, alors essayez de visualiser The Cool Kids, mais munis d’une paire de couilles. Dans sa vie, il a envoyé chier Master P puis Weezy, monté un label avec Terry Kennedy – le skateur

thugged out

de chez Baker –, lui a dit d’aller se foutre, est devenu chef d’entreprise, a créé un groupe avec Mos Def et a signé chez Roc-A-Fella. Il a 25 ans. Vous avez fait quoi, vous, à part obtenir votre bachot et vous plaindre ? Vous êtes en train de lire un putain de magazine. Perdants.

ISLAM ABBA (D)

Les grandes personnes reprochent chaque mois aux chroniques de ce magazine leur manque de rigueur, c’est pourquoi j’ai décidé, au nom de l’équipe de rédacteurs compétents dont je me fais le représentant aujourd’hui, d’écrire la première review qui nous permettra de dégoter un début de crédibilité dans le milieu, et peut-être même une carte de presse.

Introduction :

Trap or Die II

est la suite de l’une des meilleurs mixtapes des années 2000 (

Trap or Die I

, sortie en 2005 et mixée par DJ Drama), celle qui a transformé un simple rappeur enrhumé en trap star interplanétaire.

Plein de faits chiants et de semi-vérités dictées par ce fascisme qu’est la subjectivité :

il n’était pas évident de donner une suite au premier épisode, classique absolu qui avait à la fois participé aux fondations du nouveau marché de la mixtape (comprendre : les ghetto albums déguisés en tapes) et posé les bases d’un ­nouveau sous-genre de rap sudiste, la trap music – rap sombre venu d’Atlanta, lent et ­synthétique, dont les paroles se centrent essentiellement sur le commerce de substances illicites, et qui s’est manifesté en réaction à cette période de festivités grotesques (quoique rétrospectivement essentielle) qu’était le crunk. D’autant plus que le Snowman Jeezy, entrepreneur doué, a axé le buzz autour de ce second volet sur la nostalgie de la

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Trap or Die I

: phases copiées/collées, noms de morceaux identiques, même alternance parfaite entre beats déjà entendus ailleurs et vrais nouveaux morceaux. Il s’avère que le résultat est mieux qu’espéré. Voire même irréprochable. Là où l’on pouvait craindre un déferlement de beats pompés sur les travaux de Drumma Boy mais sans panache, on tombe sur un équilibre de productions analogiques martyrisées par les caisses de 808 (« Just Saying » en tête), de

street anthems

presque pompiers avec des gens vraiment pompiers (on retrouve, entre autres, le CEO de Cash Money Rec., Baby Birdman, et le débile floridien oublié, Trick Daddy), de reprises géniales (le «

Mayor

» de Pharoahe Monch revu et corrigé par l’Homme Neige et Clipse) et d’

instant classics

de musique ­piégeuse (j’ai rarement eu autant envie de me battre qu’en écoutant l’hypnotique

Trap or Die II

avec le toujours génial vétéran Bun B). Le long des 23 morceaux, il n’y a aucun temps mort, aucun essoufflement. Et (j’en place une pour les épuisants puristes) aucune trace de R’n’B. C’est comme si Jeezy avait pressé le rap de 2010 avec ses gros doigts, en avait tiré l’essence même, viré l’ennui, y avait inséré les meilleurs punchlines, routines, gimmicks, et avait décidé de synthétiser tout ça en un peu moins d’une heure vingt. Et de laisser Don Cannon gueuler par-dessus pour niquer les débuts et les fins de tous les morceaux. C’est pas si grave, de toute façon. Et ça participe au sentiment d’invulnérabilité que dégage le plus tout jeune Jeezy sur ce disque – on a l’impression que même un featuring des Dilated Peoples ne serait pas chiant avec lui à leurs côtés.

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Conclusion :

Participez à l’accroissement de la collection de 4X4 Escalade du Snowman et ramenez vos fesses blanches sur un site qui vend cette drogue cristallisée. N’oubliez pas non plus de mettre un peu d’oseille de côté pour l’autre super suite et futur album de Jeezy,

Thug Motivation 103

.

Conclusion II :

Embauchez-nous dans votre magazine.

JIMMY MORE HELL

Je crois que le problème de Ratatat, c’est qu’en dépit du déclin de l’individualisme romantique du XIXe siècle et de l’humanisme à fanfares du siècle suivant, ils n’ont toujours pas compris qu’en fait c’était tout pourri d’être des virtuoses. Chacun de leurs morceaux est prétexte à un passage en revue de tout ce qu’ils savent faire, il ne se passe pas dix secondes sans qu’un changement de direction n’intervienne, que du glitch ou une guitare n’apparaisse ou qu’un éclair ne s’abatte sur la Rainbow Road, c’est vraiment fatigant, ça donne l’impression de garder un enfant qui vient de découvrir les balles rebondissantes et la notion de limites.

FÉLIX ATARI

DELOREAN

Subiza

4AD/Beggars

Vous êtes bourrés depuis Gaudi, les Espagnols ! D’abord des églises construites selon des principes antichrétiens, et maintenant de la musique vulgaire bâtie sur des synthés élégants ! Et quelle sera votre pro­chaine folie ? Un bon film d’Almodovar ? Une République ? Ou, plus simplement, votre premier philosophe ? On a hâte d’en savoir plus, nous qui vous avons abandonnés, le cœur au bord des lèvres, en plein milieu de la scène de guitare flamenco de

Vicky Cristina Barcelona

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JEAN-PIERRE MARIOLE

FUTURE ISLANDS

In Evening Air

Thrill Jockey/Pias

Future Islands fait une sorte d’electro-pop non electro non pop. Laissez-moi expliquer cette petite facétie : non electro : la production s’éloigne des standards du genre avec son côté cradingue et reverbé ; non pop : la froideur musicale et la déprime lyricale contrastent avec le côté

upbeat

des chansons. Le tout ressemble plus à de la synthpop gothique qu’à Lady Gaygay. Par contre, j’invite le chanteur à s’écouter : celui-ci gâche les très jolies musiques avec sa voix rauque d’écorché vif qui me fait penser à ce mec que l’on appelle familièrement Joe Cokehead.

JEAN ROUKASS

CRYSTAL CASTLES

Crystal Castles

Lies records/Polydor

Wow, The Knife qui compose un opéra inspiré par

L’Origine des espèces

de Darwin en double CD avec Mount Sims et Planningtorock, quelle idée ! En gros ça donne : une soprano chante et gazouille sur des triturations de synthés, quelques violons et des sons naturels. Ça m’a tellement décontenancé que j’ai cherché si je ne m’étais pas trompé d’album. 5 ça me paraît une note ­correcte quand on sait pas quoi penser, non ?

SPIP

V/A

Horse Meat Disco 2

Strut/La Baleine

C’est la deuxième compil que sortent ces DJ londoniens sur le label Strut. Ils ont sélectionné et mixé des titres de disco, classiques ou rares. Comme je n’y connais pas grand-chose, je peux juste vous dire à quoi ça me fait penser : à une meuf avec un cul ­d’enfer. Il est tout rond, enfermé – ou plutôt, asphyxié – dans un shorty de sport en mousse rose avec deux bandes sur les côtés. Les deux moitiés de cet objet d’ébène curieux entrent dans un rapport de balancier dont le mouvement régulier est guidé par la rythmique au dehors. Celles-ci sont dans un tel état d’affolement synchrone qu’elles semblent avoir une vie propre et un agir autonome. Disons même que ces sphères magnétiques ont acquis le statut de personne à part entière, et, pour qui veut bien se donner la peine de porter une oreille saoule à leur plainte imaginaire, elles émettront des chants délicats vantant les mérites du week-end et des caresses, comme des naïades qui charment les explorateurs fatigués et égarés. Vous voyez, les gens qui gravitent dans et autour du monde de la musique, particulièrement dans les « scènes », aiment montrer qu’ils savent beaucoup de choses en matière musicale, qu’ils s’y connaissent vachement dans leurs trucs si importants ; mais les meilleures descriptions d’une musique sont celles qui sont fournies par les données immédiates de la sensibilité d’un inculte, de quelqu’un qu’ils méprisent. Vanité ta mère.

DON TCARE

UFFIE

Sex Dreams and Denim Jeans

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Ed Banger/Because

Bon D.lir

PABLO REDAK

La mâchoire paralysée du côté droit, un goût amer au fond de la gorge, envie de rien, sinon de mâchouiller l’intérieur de sa joue ou de se masturber mécaniquement devant une scène lesbienne de

Skins

, un vague sentiment d’impuissance dans le langage ­compensé par la confiance dans les vertus apaisantes du cynisme, un dégoût de soi et le pressentiment du déclin vite amortis par un week-end clubbing à Londres ou un trajet ­nocturne en taxi, une fierté douloureuse ­sublimée dans un désir performatif de l’avenir, les enfants de la bourgeoisie médiatique et ­culturelle ont le romantisme qu’ils méritent.

MARCO POLIO

Sérieux c’est de la merde en barre. Déjà sur le papier ça a l’air horrible : un groupe de métal néerlandais sur un label basé à Weimar ? Des tongs avec un treillis ? Un mélange de death metal et de grindcore ? Une glace aux oursins et un cancer de la prostate ? Une œuvre d’art composée de carcasses humaines en guise de pochette et « Moulding the deformed » en guise de titre ? Se masturber quatre fois de suite sur

rotten.com

avant son rendez-vous au Pôle emploi, comme d’habitude ? Bref, après cette première forte impression, on découvre sans surprise que des riffs de death metal pour loser méchant servent de défouloir à un grindcoreux ténor qui fait chier au bout de deux nanosecondes. J’ai quasiment pas écouté en fait, j’ai autre chose à foutre que m’infliger des tortures d’Irak en pleine ­gueule. Quitte à écouter de la musique faite par des animaux, je préfère me tourner vers Hatebeak et Caninus.

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CHARLES MOREASS

Ces mecs n’ont pas eu une seule idée depuis qu’il ont monté leur groupe, mais j’aime bien. Ils font du rock traditionaliste, le même que celui qu’écoutait mon père avant qu’il ne découvre le téléchargement légal. Cet album me fait penser à ça, aux virées estivales en Chrysler Voyager, au goût du Coca light, aux plages du sud-ouest de la France qui sentent le chichi et la ­droite, et à Joe Cocker. C’est du son de chef d’entreprise SARL.

JIMMY MORE HELL

HUNX AND HIS PUNX

Gay Singles

Born Bad/Pias

Gay ?

Gay !

ÉTIENNE ZAHO

Le séminaire « Aux origines du chama­nisme Mo-So » organisé l’été dernier par le musée du quai Branly et le label Disque Primeur a débouché sur une collaboration inattendue entre Adam Kesher, Dave One et Martin Heidegger, et même si tout le monde était un peu gêné quand ce dernier insistait pour entonner avant chaque séance le chant traditionnel : «

Nous allons danser de nouveau et terrasser les démons. Si l’on ne sait d’où vient la danse, on ne doit pas en parler. Si l’on ignore l’origine de la danse, on ne peut pas danser

», le résultat est vraiment très bon. Les Kesher vont au bout de pas mal d’idées déjà présentes sur leur premier album, tout en intégrant très bien à certains de leurs morceaux les obsessions de Dave One concernant les synthés, la batterie et le chant. Si on ajoute à ce disque ceux de leurs side projects A Fight For Love et Beatmark, ça fait trois albums très réussis pour eux en un an, ce qui devrait largement suffire à convaincre les ­derniers sceptiques de la nécessité de s’ouvrir à l’Être et aux vertus du régime café/cognac.

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MICHEL ROCKHARD

HOLIDAY FOR STRINGS

Favorite Flavor

Seayou records/Cargo

Avec leur production étouffée qui claque comme un coup d’épée dans l’huile et leur infatigable base rythmique electro-pop qui ne dévie de son métronome que pour de timides incursions dans des registres minutieusement identifiés comme cool par la blogosphère 2009-2010 (krautrock de bébé, disco lente de rate, new wave hédoniste), ces mecs sont à la musique indépendante ce que Darren Aronofsky est au cinéma expérimental, l’étendard des p’tites meufs qui s’intéressent à rien.

MARCO POLIO

HERZFELD ORCHESTRA

Herzfeld Orchestra

Herzfeld/La Baleine

Ce disque est une création collégiale conçue par tous les artistes d’un jeune label pop strasbourgeois qui fait office de manifeste, de pétition de principe, d’entrée dans ce monde malhonnête et consanguin qu’est l’oligopole du secteur musical français où des mécos à barbe molle se renvoient des ascenseurs et des ^^ sur BBM entre deux virées en scooter à la vitesse du buzz en continu dans le triangle Opéra-Madeleine-Citadium. Ils ont plutôt bien négocié leur rite de passage grâce à la combinaison de sincérité, de qualité, de patience et de bande de potes qui a fait le succès (discret) et la fierté (modeste) du milieu popeux français depuis le cyclone (discret) Syd Matters.

JULIEN CRACK

THE AVETT BROTHERS

I and Love and You

Columbia/Sony Music

J’ai comme l’impression de m’être fait avoir en beauté. En regardant la cover à dominante noire et en voyant la mention « Produced by Rick Rubin », je m’attendais à un album de stoner vénère pour mecs qui fument des cailloux dans le Nevada, alors qu’en fait, c’est de la country toute naze produite comme un album des frères Hanson. Y’a des morceaux au piano. Putain, y’a même des morceaux au banjo. Pas de dérespect envers Rick (et respect à sa barbe), mais il devrait revenir à ses premières amours : la musique avec des guitares en X et des poils sur le bide.

KELLY SLAUGHTER

KARAOCAKE

Rows and Stitches

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Clapping Music/

Abeille Musique

Il fut un temps, mes enfants, où le label Warp sortait exclusivement des albums que 97 % des gens n’étaient pas en mesure de comprendre et qu’un journaliste sur trois faisait semblant d’écouter. C’était il y a longtemps. Ah, je me souviens si précisément des ateliers Tangerine Dream en pleine nature, des révisions de biomécanique au centre Pompidou, des sets de Black Dog au Batofar et des ­catogans pour homme. Qu’a-t-il bien pu se passer, mes enfants ? Pourquoi votre génération a-t-elle délibérément fait table rase des convictions sur lesquelles nous avions bâti un empire ? Qui a eu cette idée saugrenue de faire communier les ­guitares et les machines ? Qui est Ed Banger ?

MAÎTRE VIEUX

ARIEL PINK’S HAUNTED GRAFFITI

Before Today

4AD/Beggars

Quand on a commencé à entendre parler du nouveau projet d’Ariel Pink, j’avais peur que sa dominante funk ne soit une porte grande ouverte sur le champ lexical de l’outrance, mais comme on pouvait le présager après la sortie du single « Round and Round » en mars, cet album est finalement hyper propre et parfaitement maîtrisé. Bien que les morceaux soient loin de tous se ­ressembler,

Before Today

laisse une impression d’homogénéité, d’équilibre et d’unité rare, surtout dans une période où pas mal de groupes invoquent un prolongement contemporain de l’esthétique de l’inachevé pour justifier la fainéantise et le manque d’imagination qui les ont conduits au tout lo-fi. C’est sûrement mon disque préféré de l’année pour l’instant, et le lien strict et nécessaire qu’il établit entre la sobriété et la confiance en soi n’y est sans doute pas pour rien.

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MICHEL ROCKHARD

LILLY WOOD AND THE PRICK

Invincible Friends

Choke industry/

Wagram Music

Des sons électroniques dans un album de folk c’est comme un discours politique dans un roman qui serait comme un coup de feu dans un théâtre.

JULIEN CRACK

BUGGY

Diagrams

Herzfeld

C’est un des groupes figurant sur la bonne compilation du label strasbourgeois dont j’ai dit du bien dans une autre chronique qui doit pas être très loin de celle-ci selon la mise en page. Celui-là me gonfle gentiment même si ça reste OK, limite j’aime pas du tout, limite j’ai envie d’arrêter d’écouter et de me faire un

Mario Kart

en attendant les Assedic ou la fin du monde. Habituellement, quand je suis face à ce genre de situation, et pour éviter tout soupçon de contradiction, soit je surmonte l’écueil par un raisonnement dialectique de mauvaise foi, soit je change de pseudo et par là, de routines syntaxiques et de registre de vannes. Là je choisis de rien faire, c’est pas à moi d’assumer les contradictions des popeux.

JULIEN CRACK

Un univers lo-fi qui projette aléatoirement des souvenirs d’enfance de banlieue molle sur une pellicule 8 mm floue et cramée, à l’intérieur d’une chambre imaginaire dessinée aux crayons de couleurs avec une maladresse naïve, voilà autant d’affects qui composent la charte esthétique de la mélancolie contemporaine sur magnéto 4 pistes et organisent la direction artistique du beau dans la franc-maçonnerie silencieuse des esthètes solitaires sur Tumblr.

MARCO POLIO

EMERALDS

Does It Look Like I’m Here?

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Éditions Mego/La Baleine

Ces bâtards d’Emeralds sortent un CD sur Mego, label d’intellos par excellence, alors que leur son a continuellement évolué vers une accessibilité plus grande. Pour étayer ce paradoxe, je me propose de faire une étude comparée de trois de leurs disques :

Allegory of Allergies, What Happened

et celui-ci ; en ­faisant varier trois dimensions indicatives de cette tendance : la longueur des morceaux, le degré de structuration et les sons utilisés. En effet, si on les compare à ces deux premiers disques, les morceaux sont nettement plus courts, structurés d’une manière progressive et non par variations, voire suivant une mélodie d’ensemble, et l’usage des effets est moins ­présent au profit de l’utilisation d’arpégiateurs. Les imbroglios bruitistes puis cosmiques des disques précédents laissent place à des petites plages composées de strates superposées mais distinctes. Bref, ça défonce toujours autant.

FIFRELIN

DOLPHINS INTO THE FUTURE

The Music of Belief

Release the Bats/Import

J’ai toujours un peu de mal avec Dolphins into the Future car je ne vois pas vraiment où ils veulent en venir avec leurs boucles, cela dépasse rarement la catégorie de l’anecdotique pour moi. Pas de grosse surprise sur ce disque : le premier track est une longue méditation sur l’au-delà de la matière – je présume – à partir de sons naturels et de boucles musicales. Les autres pistes sont des fragments prenant l’une ou l’autre orientation. C’est bien pour lire (ou faire vos devoirs si vous êtes des mioches).

BOUDDHASS