
George Nickels : J’étais dans un café, dans un village à 75 kilomètres de Phnom Penh, lorsque j’ai entendu un homme qui parlait d’aller voir ses proches dans la jungle. Deux heures plus tard, nous étions potes, et il m’invitait à l’accompagner dans sa famille, des gens très pauvres. Pour eux, tout ce qui bouge est source de nourriture – surtout les tarentules, qui pullulent. Comment ils s’y prennent ?
Je me souviens de cinq enfants, chassant de 10 heures à 17 heures sans s’arrêter. Ils n’avaient aucune protection, pas même des chaussures. Pour eux, chasser des tarentules, c’est comme cueillir des fruits – la devise des parents, c’est : « Dès que tu as l’âge de marcher, tu as l’âge de nourrir ta famille. » Comment font-ils pour cuisiner les araignées ?
Une fois capturée, ils placent l’araignée encore vivante dans une vieille bouteille d’eau en plastique, qu’ils ramènent dans leur hutte. Ensuite, ils noient et lavent la tarentule dans un bol d’eau, en l’embrochant avec un bâtonnet. Enfin, ils la salent et font frire l’animal dans de l’huile brûlante. Quel goût ça a, la viande d’araignée ?
Mes hôtes ont tenu à me proposer des araignées enceintes, pleines d’œufs ; les manger a été une épreuve. Quand vous mordez dedans, l’abdomen éclate dans votre bouche. C’est une expérience étrange.
