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Avec ces belges qui ont été circoncis à l’âge adulte

« J’ai l’impression que c’est plus propre, je n’ai plus jamais de parmesan de bite. »

par Louis Van Ginneken
31 May 2019, 7:17am

Toutes les images : Louis Van Ginneken

Les épaules se raidissent, les fesses se serrent et le visage grimace. C’est la réaction de beaucoup d’hommes lorsqu’on évoque une quelconque intervention chirurgicale sur leur membre adoré.

En Belgique, plus de 25.000 prépuces sont coupés chaque année, dont la moitié appartient à des enfants de moins de quatre ans. Dans le monde, 30% des hommes sont circoncis pour des raisons religieuses, culturelles ou médicales.

Naturellement, on s’est demandé ce que ça faisait de passer le cap. À quoi ressemble la vie après la circoncision ? Quels sont les détours de l’existence qui vous amènent, un jour, à dire adieu à votre petit bout de peau protectrice ? Pour en avoir le cœur net, on est allé parler de leur bite à des gars qui ont été circoncis à l’âge adulte. L’occasion de savoir ce que vaut la vieille légende urbaine selon laquelle les hommes circoncis tiendraient plus longtemps au pieu.

Alexandre (29 ans)

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VICE : Salut Alexandre, pourquoi t’es-tu faire circoncire ?
Alexandre :
J’ai été circoncis à 20 ans parce que je me suis rompu trois fois le frein en faisant l’amour en peu de temps. Je suis allé consulter un médecin et il m’a suggéré la circoncision.

Tu es sauvage au lit ?
Non pas tellement, mais c’est une partie du corps qui ne cicatrise jamais vraiment. Mon frein était devenu fragile après la première blessure, donc il avait plus de chances de se rompre à nouveau.

C’est donc toi qui as pris la décision de t’en séparer ?
Oui. Une rupture de frein, c’est pas si douloureux, mais c’est pas très agréable ni pour moi ni pour la personne avec qui je couche. Ça saigne beaucoup quand on se blesse dans cette région du corps. Puis, ça casse un peu l’ambiance.

Comment s’est passée ton opération ?
J’étais en anesthésie locale donc j’étais tout à fait conscient, y’avait que la région autour de ma bite qui était endormie. Un tissu m’empêchait de voir ce que le chirurgien faisait mais c’est jamais agréable de savoir qu’on se fait opérer les parties. Il a fallu que je fasse quelques blagues sur la taille de mon zizi avec l’équipe médicale pour évacuer le stress et détendre l’atmosphère.

Ton prépuce ne te manque pas ?
Non, pour rien au monde je ferais un pas en arrière. J’ai l’impression que c’est plus propre, je n’ai plus jamais de parmesan de bite et maintenant y’a aucun risque que je me rompe à nouveau le frein pendant mes rapports sexuels.

Alexis (23 ans)

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VICE : Hey Alexis, quel âge avais-tu quand tu as été circoncis ?
Alexis : C’était à la puberté, je devais avoir quinze ans. Mon prépuce est resté trop petit et à un moment, je n’arrivais plus à bien décalotter. Le médecin m’a dit que la circoncision était la seule solution. Donc j’ai été opéré rapidement. J’avais le choix entre une anesthésie locale ou générale. À refaire, je choisirais générale car c’était vraiment pas agréable, même si l’opération est sans douleur.

Et la convalescence, c’était comment ?
C’était vraiment horrible. Pendant tout un temps, le gland reste hyper sensible donc chaque mouvement dans ton caleçon est dérangeant, genre quand tu t’habilles ou que tu marches dans la rue. J’avais un bandage assez classique autour de la bite, avec une ouverture pour que je puisse pisser – un autre acte douloureux. J’ai gardé le bandage deux semaines. Tous les matins, je crevais de mal - certaines érections ne sont pas contrôlables, et le bandage les compressait.

Tu as eu une belle surprise en l’enlevant ?
Mon pénis était tout bleu et gonflé, avec des fils de suture tout autour du gland. Ça ne ressemblait pas à ce que je m’imaginais, évidemment. Ils sont tombés au fur et à mesure, pendant les deux mois qui ont suivi l’opération et ça a bien cicatrisé au final.

Comment se passe ta nouvelle vie sans prépuce ?
J’ai jamais eu l’impression qu’il me manquait quelque chose. Par contre, je ne l’assumais pas trop socialement à l’époque. Je me prenais la tête parce que quand t’es adolescent et que t’as une opération de la bite, tu le vois un peu comme une honte. J’avais inventé des excuses pour justifier mes absences à l’école et au sport. C’est con quand-même. Maintenant je m’en fous totalement, je suis même plutôt content.

Tu as remarqué une différence dans ta vie sexuelle ?
À quinze ans, je n’avais pas encore de relations mais je me masturbais déjà. Je m’étais demandé si ça allait changer quelque chose, au niveau des sensations ou de la façon de faire. Mais pas du tout.

Jean-Marc (54 ans)

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VICE : Salut Jean-Marc, pour quelle raison t’es-tu fait circoncire ?
Jean-Marc : J’ai des origines juives par mon père, mais comme mes parents n’étaient pas pratiquants, je n’étais pas circoncis. À 28 ans, j’ai décidé de me rapprocher de la religion et j’ai suivi les démarches de conversion.

La circoncision était une étape importante pour toi ?
Il y a plusieurs justifications bibliques à la circoncision mais c’est surtout le symbole d’un passage. Dans le judaïsme, on circoncit les enfants huit jours après leur naissance. Ça marque l’entrée dans une pratique; une culture. Dans mon cas, je trouvais que l’ablation d’un petit morceau de peau était très anodine mais que c’était quelque chose qui me rappellerait la voie que j’avais choisie. On fait tous de promesses qu’on ne tient pas, moi le premier. Celle-là, je ne peux plus l’oublier. Et surtout, c’est un acte très personnel, puisque la circoncision est cachée, elle ne s’impose à personne.

C’est une étape obligatoire ?
Non, il y a d’ailleurs une tendance chez certains juifs laïcs à ne pas faire circoncire leurs enfants. La question est surtout de savoir si ça a du sens pour toi. J’entends souvent des personnes dire que c’est inutile ou que c’est une mutilation. Ou encore que l’excision a pour objectif de diminuer le plaisir. Je ne suis pas d’accord et je trouve la comparaison stupide et violente. D’abord, c’est se réduire à l’idée que modifier son corps, c’est mal. Je pense qu’on est capables d’un peu plus de subtilité. Quelle est la différence avec le tatouage, par exemple ? De plus, l’hygiène médicale suggère souvent la circoncision et la plupart des gens aux États-Unis sont circoncis.

Sinon, l’opération ça a été ?
C’était inconfortable pendant deux semaines mais ça s’arrête là. Les points de suture, pisser, etc. Tout ça est un peu douloureux mais bien moins que d’autres opérations. Je le sais parce que j’en ai eu un paquet.

La question cruciale : est-ce que ça change les performances sexuelles ?
Si mes souvenirs sont exacts, ça n’a fait aucune différence. Je ne pense pas que mon gland soit moins sensible maintenant, ça m’aurait marqué sinon.

Jacques (29 ans)

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VICE : Salut Jacques. Qu’est-il arrivé à ton prépuce ?
Jacques : En fait, j’ai eu un rétrécissement du prépuce. Petit à petit, je n’arrivais plus à décalotter et ça m’a vraiment stressé. Au début, j’ai pensé que c’était une MST mais je ne voyais pas comment j’aurais pu en choper une.

C’était le cas ?
Non, c’était lié à une maladie de la peau, un lichen scléreux pour être précis. Pour éviter de rester coincé et ne plus savoir retrousser mon prépuce, j’ai dû être opéré au plus vite. J’avais déjà 29 ans. C’était circoncision, point barre. Donc le médecin a tout coupé, frein y compris. Ça se fait super rapidement, en une matinée c’était bouclé.

Et après l’opération ?
Je pensais que j’allais avoir mal mais en fait ce n’était pas le cas. C’était un peu désagréable, mais c’est tout. Mon pénis était surtout très moche, bleu et plein de fils. A ce moment-là, tu espères vraiment que ça va reprendre une gueule normale. Avec ma copine, on prenait nos douches séparément pendant un moment, parce que pour moi c’était impossible de la laisser voir ça. Puis j’avais peur que les fils craquent avec un érection. Sans que ça fasse mal, je sentais que ça tirait. Résultat : abstinence sexuelle pendant un mois.

Ça a changé ta vie sexuelle ?
Ça met du temps avant que le gland devienne moins sensible. Au début, j’éjaculais vraiment plus vite. Ensuite, les sensations deviennent très différentes; y’a plus le prépuce pour ralentir la montée du plaisir, on y est plus vite confronté et elle est inévitable. Je dirais que c’est le seul point négatif pour l’instant. Ça et le fait que je ne maîtrise plus aussi bien mon jet de pisse, étonnement.

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