Sexe

La stimulation du point A est jouissive

On n'enseigne pas ça à l’école. Mais il faudrait.

par Zoe Ligon
11 June 2018, 9:37am

Art by Zoe Ligon

Quand j’avais 19 ans, je n’utilisais pas mes doigts pour me masturber. À ce stade-là, j’avais compris que j’avais besoin de quelque chose de plus gros et de plus long. Quelque chose qui irait jusque… peu importe, jusque ce qui se trouvait au fond et que je ne pouvais pas atteindre. Je me suis donc procuré un long gode gélatineux. Il était mauve, luisant et veiné.

Ce gode était beaucoup plus gros que ce dont j’avais besoin – il faisait 22 centimètres de long et 5 centimètres de large – mais il ferait néanmoins l’affaire. Avec une bonne dose de lubrifiant, j’ai maladroitement essayé de m’asseoir dessus en mettant le plus de poids et de pression possible sur la base. Tout à coup, j’ai accédé à quelque chose de nouveau. C’était comme découvrir une porte inconnue dans une maison où j’aurais habité depuis très, très longtemps. C’était comme si une partie de mon canal vaginal s’était élargi à son plein potentiel. À cette époque, je comprenais à peine comment fonctionnaient mon clitoris, et encore moins le col de mon utérus et mon vagin. Je n’ai appris le nom de cet endroit que beaucoup plus tard, mais il en a bel et bien un : le cul-de-sac vaginal antérieur, ou le point A.

Image via Wikimedia Commons

Le point A est une cavité sensible située dans le col de l’utérus, du côté du ventre. Il se trouve entre la paroi vaginale et l’entrée du col de l’utérus. Le col de l’utérus bloque la stimulation dans cette zone, ce qui la rend particulièrement sensible. La pénétration ou même un léger toucher à cet endroit est inconfortable pour beaucoup de femmes, mais le cul-de-sac vaginal antérieur peut également produire un effet de plaisir immédiat. Si vous avez un col de l’utérus, vous avez nécessairement un cul-de-sac vaginal antérieur. J’aime les sensations que ces deux endroits me procurent, mais certaines personnes préfèrent l’un ou l’autre.

À moins de le chercher ou de s’enfoncer un objet énorme qui élargira le canal vaginal, il est très facile d’ignorer l’existence de ce point A. Mais en tant que personne dotée d’une chatte qui a toujours eu un penchant pour les gros formats, je trouve que le point A est aussi jouissif que le point G, peut-être même plus.

J’ai parlé à Kate Sloan, une éducatrice adepte du point A qui écrit également sur la sexualité, pour discuter de sa première expérience avec cette zone érogène. Elle a découvert son point A vers 19 ans, après n’avoir eu aucun plaisir lors de rapports sexuels impliquant la pénétration, comme ce fut le cas pour moi. Sloan a cherché différentes techniques pour rendre la pénétration plus agréable, comme la technique de l’alignement coïtal, une méthode qui propose une pénétration à la verticale et des coups de bassin pour maximiser la stimulation du clitoris. C’est à ce moment qu’elle a découvert son point A.

« Après plusieurs mois où je pratiquais la stimulation clitoridienne pendant la pénétration pour me permettre d’atteindre l’orgasme, j’ai commencé à remarquer que je ressentais un plaisir particulier lorsque mon partenaire me pénétrait très profond. J’ai réalisé qu’il s’agissait peut-être de ce fameux cul-de-sac vaginal antérieur dont j’avais entendu parler. Après cette découverte, j’ai commencé à expérimenter toute seule avec des sex-toys capables d’atteindre cette zone, et j’ai continué à me renseigner sur le sujet. »

Sloan indique que ce sont les recherches du docteur Chua Chee Ann qui l’auraient éclairée sur le sujet. Étant donné que les cours d’éducation sexuelle peinent actuellement à parler ne serait-ce que du clitoris et que l’existence du point G est encore débattue, il n’est pas surprenant qu’il soit rarement question des culs-de-sac vaginaux antérieur et postérieur. Elle soupçonne en outre que ce serait parce que le chercheur qui l’a découvert n’est ni Américain, ni Blanc.

Comme Sloan, l’éducatrice sexuelle et experte du plaisir Glamazon Tyomi a découvert son point A avec son partenaire. « J’ai commencé à réaliser que je mouillais beaucoup dans certaines positions où mon partenaire était loin en moi. Cette augmentation d’humidité s’accompagnait également d’une sensation de chaleur, de calme et d’euphorie dans mon corps, et j’ai remarqué que ça se produisait en cas de pénétration profonde près du col de mon utérus. Je savais qu’il s’agissait de quelque chose de rarement expérimenté ou discuté, et j’ai donc commencé mes recherches. »

Tyomi juge qu’on ne parle pas assez du point A. « Il y a de nombreuses zones érogènes à l’intérieur du vagin qui ont été décrites dans des textes anciens inspirés de la philosophie orientale. Mais puisque personne ne parle du point A, il est rare que les gens le recherchent. Les éducateurs sexuels évitent le sujet parce qu’il y a peu de littérature scientifique et de recherche sur le sujet. Mais nous savons qu’il existe. »

Puisque le point G se trouve à seulement quelques centimètres devant le point A, il est facile de les confondre si on ne connaît pas leurs différences. Les sensations des différentes zones du canal vaginal sont généralement considérées comme étant agréables, mais distinctes. « Les positions qui raccourcissent le vagin (en ramenant les jambes vers l’abdomen ou la poitrine) peuvent aider un partenaire à le trouver plus facilement lors de la pénétration », explique Tyomi. « Je recommande également la position de la planche afin de trouver cette zone plus facilement. »

Comme pour tout ce qui a trait au sexe, il est très important de dire à son partenaire ce qui est agréable et ce qui ne l’est pas. « J’ai eu des partenaires qui pensaient que c’était mon point G, même après que j’aie insisté pour qu’ils aillent plus loin lors de nos ébats », remarque-t-elle. « J’ai même eu des partenaires à qui j’ai expliqué qu’il s’agissait de mon point A et qui m’ont demandé si je n’avais pas tout simplement un point G particulièrement « long ». Puisque je stimule les deux zones régulièrement, je connais très bien les différentes sensations qu’elles produisent en moi. Je peux clairement les différencier. »

Alors, comment stimuler le point A ? Sloan recommande l’utilisation du sex-toy le plus polyvalent au monde : les mains ! « Les doigts peuvent fournir la pression et la cadence régulière qui aident à stimuler mon point A. Je trouve ça incroyablement sexy quand mon partenaire utilise ses doigts de cette manière pour me faire jouir. Ça démontre une connaissance de mon corps que je trouve incroyablement excitante. »

Remarquant que plus de 75 pour cent des femmes n’atteignent pas l’orgasme avec la pénétration seulement, Tyomil indique qu’elles ne sont pas susceptibles d’atteindre l’orgasme uniquement à l’aide du point A. « Celles d’entre nous qui ont vécu ce genre de stimulation adorent ça à cause des vagues d’orgasmes que cela produit et de l’humidité accrue. Nos partenaires aiment sentir que notre vagin devient plus mouillé et plus serré tandis qu’il frémit de plaisir. La texture glissante du point A en fait une surface contre laquelle il est agréable de se frotter. » La sensation est d’autant plus plaisante lorsqu’elle est combinée à la stimulation clitoridienne, alors songez à stimuler le clitoris en même temps.

Les jouets courbés comme le Abby G sont également très utiles pour atteindre le point A. Et si vous aimez l’épaisseur, vous pouvez essayer un jouet large pour élargir tout le canal et accéder simultanément aux cavités antérieures et postérieures.

L’auteure avec le jouet Eleven de njoy.

Mais si vous tentez de stimuler le point A avec un vrai pénis ou un gode ceinture, ça peut s’avérer moins intuitif. « Une fois à l’intérieur, essayez de trouver l’endroit glissant sur la partie antérieure du canal vaginal. Le vagin deviendra presque immédiatement mouillé et la détente et l’excitation mèneront rapidement à l’euphorie », explique Tyomi. « Le partenaire qui pénètre pourrait devoir bouger un peu vers la droite ou vers la gauche, ou même déplacer les jambes de sa partenaire d’un côté ou de l’autre pour accéder à l’endroit plus facilement. La patience est de mise. »

Il se peut aussi que vous connaissiez déjà votre point A et que vous n’aimiez pas les sensations qu’il procure, tout comme toutes les femmes n’apprécient pas forcément la stimulation du point G. « Je connais beaucoup de gens qui aiment ça, et je connais aussi beaucoup de gens pour qui ça ne fait ni chaud ni froid », remarque Sloan. « Je crois que, comme toute chose, ça fonctionne pour certaines personnes et d’autres pas. » Il est également important de ne pas enfoncer un pénis, un jouet ou des doigts au fond du canal vaginal en pensant que ça va mener à un orgasme. « La pénétration trop profonde peut être douloureuse ou désagréable à cause du col de l’utérus », ajoute-t-elle. « On ne devrait jamais pénétrer quelqu’un profondément et avec force à moins de savoir que la personne aime ça. »

Mais si vous êtes comme moi et que vous frissonnez juste à l’idée des sensations que cette zone sensible peut provoquer, il y a de bonnes chances que vous aimerez explorer les sensations magiques qu’elle peut offrir en solo ou avec un partenaire. « La stimulation du point A est une technique qui facilite l’atteinte d’un orgasme simultané chez les deux partenaires », explique Tyomi à l’intention de ceux qui cherchent à synchroniser leurs énergies orgasmiques. « Vous voulez venir en même temps? Stimulez le point A. »

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