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Food by VICE

La recette de ma grand-mère est meilleure que la vôtre : La blanquette de veau de Liliane

Pendant le mois d’avril, quatre mamies fort sympathiques nous invitent chez elles afin de redécouvrir certaines spécialités belges parfois injustement oubliées.

par Carole Poncin; photos Carole Poncin
14 June 2018, 2:54pm

Pour la quatrième et dernière grand-mère de cette série, je prends le train pour Jambes, une commune près de Namur. Ma vraie grand-mère n’est plus de ce monde, malheureusement, mais j’ai pu compter sur Liliane, 71 ans, la compagne de mon grand-père. Elle va me préparer un plat typiquement belge : de la blanquette de veau.

Quand j’arrive sur place, je la vois déjà qui m’attend dans le couloir avec pépé Pol pour m’accueillir. Ils ont enfilés leurs plus beaux vêtements. Pendant que Liliane me parle de la quantité de viande qu’elle a prévue pour pouvoir également en donner aux voisins et m’en encombrer à mon retour, ledit voisin Christian fait son entré. Il n’en revient pas à quelle vitesse j’ai grandi. Je souris poliment, mais je n’ai absolument pas la moindre idée de qui il est. Une fois l’intru reparti, Liliane pose tous les ingrédients sur la table de la salle à manger parce que d’après elle, il n’y a pas assez de place sur celle de la cuisine.

VICE : Qu’est-ce que tu me prépares de bon, Liliane?
Liliane : Une blanquette de veau à la façon dont je l’ai appris, pas comme dans les bouquins. Le veau avec les boulettes de viande hachée et les champignons, j’adore.
Pol : Heureusement qu’elle sait faire ça. Moi, je ne saurais même pas faire cuire un oeuf.

C’est plutôt rare de mettre deux sortes de viande dans un plat.
Liliane : En effet. Le veau coûtait cher autrefois, alors pour pouvoir en faire de plus grandes quantités quand on était pauvre, on y ajoutait des boulettes de viande hachée.
Pol : Plus il y a de viande, plus c’est bon, non ?

Qui t’a appris à faire ça?
Liliane : Bobonne, la grand-mère de mon ex-mari. Elle-même avait appris cette recette lorsqu’elle elle était servante dans des familles riches. Là-bas, on lui a appris à très bien cuisiner, et elle adorait ça. À la fin de sa vie, elle avait quand même plus de difficultés à le faire et ça l’attristait.

Tu prépares souvent ce plat-là ?
Au moins tous les deux mois. J’en prépare alors de très grosses portions, pour pouvoir en surgeler une partie et le réchauffer par la suite.

Que conseilles-tu comme accompagnement?
Liliane: Ce que j’adore, moi, c’est de manger ça avec des pommes de terre bien cuites que j’écrase dans la sauce. Mais bien entendu on peut aussi manger ça avec des frites ou de la purée. J’en ai même une fois mangé avec des macaronis.
Pol: Moi ce que j’aime le plus c’est les frites. T’aurais dû en prendre avec en passant par la gare !
Liliane: Tu sais très bien qu’elles auraient été froides, enfin bref. Pour les boissons, aujourd’hui on va opter pour de l’eau pétillante, mais pour d’autres je conseille un bon vin blanc bien frais ou une petite bière. Ça va parfaitement avec le jus de citron que j’ajoute aux champignons.

Y a-t-il d’autres plats typiquement belges que tu aimes manger ?
Je suis folle de chicons gratinés au jambon et au fromage. En fait, je ne suis pas difficile. Un morceau de viande, des légumes et des pommes de terre me suffisent. Vu que Pol et moi ne sommes que deux, je ne cuisine pas tous les jours mais plutôt une fois tous les deux jours. Le premier jour je cuis des légumes frais, des patates et de la viande et le deuxième jour, j’en fais un stoemp de légumes accompagné des restes de viande.

Qu’est-ce que tes petits-enfants disent de ta cuisine ?
Pour autant que je sache, mes petit-enfants n’attendent que des plats simples et sains de ma part. Pour être tout à fait honnête, je ne suis pas la reine des fourneaux, ils ne doivent pas s’attendre à des sauces ou à des entrées ultra sophistiquées.

Quelle est ta recette pour une longue vie heureuse ?
À mon âge, c’est vivre au jour le jour, prendre la vie comme elle vient et écouter ses besoins sans causer de dommages à autrui. Pour l’instant je suis heureuse, parce que j’ai de l’importance pour d’autres personnes. De par mon travail en tant que volontaire ou en cuisinant pour toi et ton grand-père. Être heureux est relatif, on doit vouloir l’être et on doit apprendre à être heureux avec les choses qui sont réalisables. Si on met la barre toujours plus haut et qu’on n’est jamais satisfait de ce qu’on possède, on ne pourra pas être heureux.

La recette de Liliane (pour 8 à 10 personnes)

– 1,5 kg de viande de veau
– 1 kg de champignons
– 800 grammes de haché de veau
– 4 cubes de bouillon
– 2 citrons
– 1 bocal de fond brun
– Huile d’olive, poivre, sel, thym et laurier
– Maïzena

Coupez la viande de veau en parts égales et faites les roussir dans la poêle avec l’huile d’olive, le sel et le poivre. Transférez la viande dans une grosse casserole, en retirant la graisse de cuisson. Ajoutez-y un bocal de fond brun et de l’eau de façon à ce que la viande soit entièrement recouverte de jus. Jetez-y du thym et du laurier et laissez mijoter le tout pendant une heure et demie.

Nettoyez vos champignons et coupez-les en quatre. Pressez les citrons et versez-en le jus sur les champignons. Ajoutez-y du poivre et du sel. Laissez les champignons cuire doucement dans le jus de citron, sans les faire chauffer.

Faites des petites boulettes de haché et faites-les cuire avec les cubes de bouillon. Quand la viande de veau est cuite, mettez les champignons sans leur jus dans la casserole et ajoutez les boulettes. Tout doit être recouvert de sauce, éventuellement ajoutez-y le jus des boulettes. Laissez cuire le tout pendant dix bonnes minutes. Laissez ensuite reposer pendant quelques heures. Pendant que vous attendez, épluchez et cuisez déjà les pommes de terre. Remettez la casserole sur le feu et ajoutez-y la maïzena afin de rendre la sauce plus épaisse.

Petite astuce : si vous avez surgelé une portion comme Liliane, ajoutez-y encore de la maïzena lorsque vous la réchaufferez pour que la sauce ne soit pas trop liquide.

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