Ce nouveau docu sur Björk a l’air aussi fou qu’elle

On a rencontré la légende de la musique pour parler de transformation corporelle, de rêves et de ses solutions anti-stress.

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juin 13 2018, 2:54pm

« La musique, c’est tellement plus que du travail, » assure une voix islandaise pour le moins familière dans le premier épisode de Work in Progress, nouveau documentaire magnifique sorti chez WeTransfer. « Quand je collabore avec quelqu’un, je veux que nos connexions soient sincères, authentiques. » explique Björk. Dans un premier épisode, le documentaire suit l’iconique chanteuse ainsi que son ami, collaborateur et incroyable artiste visuel, le japonais Jesse Kanda. C’est ensemble qu’ils ont réalisé la couverture de l’album Utopia, le clip très intimiste de « Mouth Mantra » et surtout l’extraordinaire vidéo d’« Arisen My Senses ». C’était il y a peu, souvenez-vous : des organes reproducteurs, de la chair bien rose, du sexe, la naissance et la mort, le tout en un. Un cycle de la vie complet, aussi beau que surréaliste.

Le documentaire s’ouvre en Islande, où Björk explique qu’il n’y a aucune séparation entre la nature et les humains ; ils sont la nature. Elle revient sur son enfance à Reykjavik au sein d’une petite communauté de musiciens où tout le monde s’entraidait, partageait son matériel et réalisait des vidéos en équipe, le tout raconté sur des images d’archives de groupes punks des années 1980 ; Vonbrigði et Tappi Tíkarrass (la première formation de Björk). « Le clip musical est une des plus belles expressions artistiques qui existe, continue-t-elle. Jesse, Nick Knight ou Chris Cunningham sont de grands artistes visuels. Au milieu de ça je ne suis que curatrice. »

C’est Jesse, maître de la manipulation corporelle, qui a rêvé les images d’organes évoquées plus haut, et qui est parvenu à donner vie à ce monde si étrange, transformant Björk et Arca en créatures mythiques et magnifiques. Regardez un premier extrait du documentaire juste en dessous, et lisez la conversation qui suit, forcément charmante et perchée, avec Björk elle-même.

Bonjour Björk ! Dans « Arisen My Sense » vous prenez plusieurs formes. Si vous pouviez modifier une partie de votre corps, ce serait laquelle et pourquoi ?
Quand on a commencé à discuter de la vidéo avec Jesse, je lui ai dit que j’avais comme image en tête des fleurs bourgeonnant sur chaque beat de la musique. Avec James Merry, on a beaucoup parlé d’orchidées. Ça me plaisait d’être une plante et une humaine mutante, une sorte d’hybride optimiste après l’apocalypse. C’est peut-être un peu perché, mais quand même assez joyeux. James et moi, on a beaucoup bossé là-dessus, et ça a fini en photos et vidéos. Puis Jesse a amené la chose à un autre niveau et a transformé les chrysalides en papillons.

Le clip d’« Arisen My Senses » représente une sorte de cycle de la vie. Quand la vie devient trop dure à supporter, que faites-vous pour vous sentir mieux ?
Je me tourne toujours vers la musique. C’est la clé. J’essaye de trouver le bon morceau à mettre le matin, et si je trouve la combinaison parfaite – ni trop vif ni trop passif – ça élève toute ma journée. Mais honnêtement, c’est un exercice d’équilibriste très compliqué.

Quelle œuvre d’art faite par un ou une autre auriez-vous aimé réaliser ?
Je ne pense pas vraiment comme ça. C’est un piège, ça vous détourne de votre propre mission. Mais si je dois citer quelqu’un qui m’inspire, je dirai Meredith Monk, qui vient juste de livrer une œuvre formidable pour BAM, à 75 ans. C’est une très bonne amie à moi, elle a pavé la voie à beaucoup de femmes, dans sa manière de vieillir, de grandir en restant artistiquement fertile. C’est une pionnière, qui a visité des continents artistiques encore désertiques. Il y a plus d’humains qui sont allés dans l’espace ! Meredith marche sur la lune.

Quel est le dernier rêve que vous avez fait, dont vous vous souvenez ?
En ce moment je prépare ma tournée et ce matin je rigolais d’avoir eu le rêve le moins Jungien du monde, comme d’habitude : perdue dans une banlieue lointaine et inconnue et incapable de dire au chauffeur Uber la rue où je me trouve. Mais peut-être qu’en fait c’est super deep… Qui sait ?!

Cet article a été initialement publié dans i-D UK.

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