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Une leçon de realness avec Zwangere Guy

On a parlé nouveau mainstream, Fire is Gold et rappeurs élitistes avec Zwangere Guy

par Carole Poncin; photos Marine Payez
21 June 2018, 12:17pm

On rencontre Zwangere Guy dans son habitat naturel: le magasin de vinyls Crevette Records Rue Blaes à Bruxelles. Dans les Marolles tout le monde connaît ce ket. Et pour ceux qui ne le connaissent pas, il porte un T-shirt de sa propre collection avec son nom d’artiste inscrit à l’arrière. ZG nous fait grimper un peu plus haut, devant le Palais de Justice, pour profiter d’une vue magnifique sur cette ville pour laquelle il est devenu, contre toute attente, un exemple. Quelques heures plus tôt, il était encore dans les rues de New York avec son crew Stikstof pour les Brussels Days qui avaient pour noble but de promouvoir notre capitale.

VICE : Hello Guy, comment s’est passé ton voyage aux États-Unis ?
Zwangere Guy : Super bien. Le public a été agréablement surpris. Ils étaient vraiment contents de ce qu’ils ont vu et entendu. Les gens dans la salle nous ont respecté et étaient super positifs. J’ai eu la chance et le luxe de pouvoir voyager à Tokyo et New York en très peu de temps. New York est beau, mais fatalement très Américain, et l’Amérique ne m’intrigue pas plus que ça. À Tokyo, là il y avait un vrai choc culturel.

Devant quel public préfères-tu rapper ?
Devant un public pas trop sérieux, et devant des gens qui ne se prennent pas trop au sérieux non plus. Quand je donne un concert à Gand par exemple, les gens deviennent fou. À Louvain aussi d’ailleurs. Mais à Bruxelles, ça reste encore autre chose, c’est vraiment spécial. Les fans bruxellois francophones et néerlandophones deviennent dingues dès la première seconde. Juste un beat et on danse. Les flamands sont plus dans la retenue. Mais j’aime jouer partout.

Tu es à l’affiche de Fire Is Gold le 23 juin, t’es chaud pour ce festival ?
Ouais, clairement. C’est la première fois que Zwangere Guy retourne sur scène pour un show solo depuis le Japon. J’ai rappé quelques tracks ici et là, mais ça sera mon premier set complet depuis huit mois. Ça va être un truc de malade.

Quels autres artistes irais-tu voir ce jour-là ?
Je pense que les dj-sets de Hakim, Faisal et Black Mamba valent le détour. Dans les concerts live, je conseille d’aller voir Blu Samu et Isha. Je crois que Kalash va être une tuerie. Je trouve la musique de Jacin Trillassez bizarre, mais je suis impatient de voir ce que ça donne en live.

Depuis l’année passée, la scène hip-hop belge fait un carton. Tu n’as pas peur qu’elle devienne mainstream ?
Je crois qu’on y est déjà. Certains rappeurs font de la musique très commerciale, du rap pas très perso. Sur le disque de Caballero & JeanJass – Double hélice 2 – il n’y avait qu’une chanson que je trouvais vraiment real, celle où Caba rappe en Espagnol au début. Je pense que Roméo Elvis essaie de se réinventer en ce moment avec le disque qui arrive sans Le Motel. Je crois en la sincérité d’un artiste, et tant qu’il est bon dans ce qu’il fait, je m’en fous qu’il soit mainstream ou pas. Ce que je ne vais surement pas faire, c’est copier les autres, parce que tout commence déjà à se ressembler. Le hip-hop n’est plus underground, mais il est important que les artistes locaux continuent à être mis en valeur. Actuellement, c’est le cas avec le genre hip-hop alors qu’avant ça, c’était surtout le rock, la dance et la techno. Au final, on verra bien dans quelques années qui sera resté authentique et qui ne le sera plus.

Tu as été à l’école jusqu’à tes quatorze ans, alors que d’autres rappeurs viennent d’un milieu d’artistes et de célébrités. Le rap ne deviendrait-il pas un peu élitiste ?
Oui, j’ai aussi cette impression, mais le vrai fan de hip-hop qui cherche de la realness saura faire la part des choses. Je ne pense pas qu’il faut être black, latino, beurre ou venir du ghetto pour faire du rap, mais il faut connaître sa place. Ça ne sert à rien de juger les autres si tu sais que dans quelques années, ça sera fini pour eux. Certains percent, d’autres disparaissent. Je m’en fous en fait, tant que t’es honnête envers toi-même tu feras de la musique honnête. Moi aussi je dois trouver ma place, ça va devenir plus clair avec mon nouveau disque. Dans Outfit van me Daddy je lâche quelques mots sur mon histoire, mais maintenant il va vraiment y avoir des tracks là-dessus. Le premier disque de Zwangere Guy était un peu de la rime pour rimer, le deuxième va être beaucoup plus honnête, avec plus de contenu.

Quels talents conseilles-tu pour les fans qui recherche cette « realness » ?
Il y a un gars à Gand qui fait de chouettes trucs: VLB. Je pense aussi à Berry Bart. Il a sorti une tape avec Berry x Sham, mais Berry Bart doit sortir quelque chose en solo. Je suis aussi fan de Jay MNG et de Venlo. Écoutez aussi Luie Louis. Il a du talent à revendre.

Envie de voir Zwangere Guy en concert ? Facile. VICE vous offre 2 tickets duo pour le festival Fire is Gold le 23 juin. Envoyez un mail à becontest@vice.com avec ‘Fire is Gold Tickets ’ comme objet et dites-nous pourquoi vous devez absolument y être. Le concours se cloture le vendredi 1er juin à 23h59.

Pour plus de Vice, c’est par ici.

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