Culture

Ces 25 chansons rendent hommage à Bruxelles, pour le meilleur et pour le pire

Des gens qui votent à droite, des durums, une terre en friche, de la Gordon 12%, la gueule de bois et des femmes en crinoline : bref, Bruxelles.

par Gen Ueda
12 September 2019, 9:06am

Bruxelles a toujours été un berceau, un foyer ou une terre d’accueil pour les artistes qui ont su l’aimer. À travers un texte entier, sinon par un titre pudiquement donné à une musique, beaucoup lui ont rendu hommage. Qu’on les aime ou non, voici la liste non-exhaustive, subjective et aléatoire des chansons qui parlent le mieux de la capitale belge. Spoil : « Bruxelles » de Bénabar n’y figure pas.

1. Ana Diaz – BX

Avec un nom espagnol et des premières chansons en anglais, on a jamais trop su géographiquement situer Ana Diaz – ce qui, en soi, n’est pas tellement un problème. Mais avec son dernier titre, chanté en français, elle fixe enfin certaines choses. Dans « BX », elle évoque d’abord une certaine idée de fuite, avant de se résigner. Une complexité émotionnelle également ressentie dans le refrain – « A BX on aime les gens, mais les gens votent à droite » – dont le propos ouvre la dimension politique de la chanson. Le dernier couplet en est d’ailleurs l’apogée : « Je compte pas partir, Bruxelles c’est ma ville. Faudrait que les fascistes crèvent. (...) et chaque jour, un peu, l’amour s’élève ». Le succès d’Ana Diaz est encore confidentiel, mais croyez-le ou non, elle est la prochaine représentante de Bruxelles. Vérifiez par vous-même lors de la release party de son prochain EP, le 18 septembre au Beursschouwburg.

2. Johan Verminnen – Brussel

Le 3 octobre 1976, accompagné par Toots Thielemans sur la scène du Sportpaleis d’Anvers, Johan Verminnen chante un Bruxelles un peu souffrant et lui adresse une lettre d’amour douce-amère : « Mon Bruxelles, bien que tu sois très malade, une taupinière, une terre en friche. En ruines, je ne te connais pas. Tu as étrangement changé. Bien que tu sois comme une maison laide, je me sens en sécurité ici, chez moi. Comme nulle part ailleurs ». Le changement étrange, c’est peut-être la première ligne de métro bruxelloise inaugurée deux semaines plus tôt.

3. Lucio Bukowski - Poème sur Bruxelles

En plus de ses deux recueils de poésie publiés aux éditions Les Gens du Blâme, le Lyonnais Ludovic Villard roule sa bosse dans le rap depuis presque quinze ans, dans l'ombre des plus médiatisés. Plutôt prolifique comme gars, il compte des albums et des collaborations à la pelle, soit des dizaines et des dizaines de textes. Parmi eux, une pièce assez courte mais chargée en références : « Récupère mes espoirs à la ramassette. Lis un poème de Michaux sur les âmes à sec. J'aime la pluie, bouffer une gaufre à Josaphat Park. La solitude et personnages de Chantal Akerman. ». Un siècle d’histoire en une minute trente.

4. Raymond van het Groenewoud – Brussels by Night

Comment prétendre connaître Bruxelles sans y avoir vécu ses nuits ? « Dansen, drinken, betalen » (« Danser, boire, payer ») n’est qu’un court extrait du portrait nocturne qu’en fait le Schaerbeekois Raymond van het Groenewoud en 1979. En errance dans la nuit, le musicien – qui a débuté en tant que guitariste aux côtés de Johan Verminnen – évoque, avec un charme saisissant, aussi bien les lumières, les coups de feu que la gueule de bois. « Brussels by Night » inspirera en 1983 le film de même nom, réalisé par Marc Didden, dont l’intrigue se concentre autour d’un meurtrier et de ses errances dans Bruxelles la nuit.

5. Dick Annegarn – Bruxelles

De six à vingt, le Hollandais Dick Annegarn passe sa jeunesse dans une capitale à qui il offre une chanson sortie en 1974. Il est alors exilé à Paris et chante comme à une maîtresse, lui annonçant un retour proche : « Bruxelles, ma belle. Je te rejoins bientôt (...) Tu vas me revoir, mademoiselle Bruxelles. Mais je ne serai plus tel que tu m’as connu. Je serai abattu, courbatu, combattu ». Il tuera le mythe en 2009 lors d’un entretien : « Bruxelles » aurait été en réalité écrite pour Michel, un amoureux. Peu importe, on le connaît pas ce Michel, et cette chanson n’en demeure pas moins universelle. Intemporelle aussi ; la chanson est aujourd’hui connue des plus jeunes pour avoir été l’hymne dédié aux victimes des attentats du 22 novembre 2016 – et un peu aussi parce que Angèle en a fait une reprise.

6. Shay – BXL

Contemporaine de ses compatriotes Damso ou Roméo Elvis, Shay évoque pourtant Bruxelles à la manière de Verminnen, van het Groenewoud ou Annegarn : tristement et mélancolique. Le ton est maussade, le twerk est impossible : Shay se porte témoin de ses rêves qui « font les cent pas à la Gare du Midi » et veut « tuer la nuit qui n’en finit pas ». Comme Ana Diaz, la rappeuse évoque un possible départ, ce qui ne l’empêche pas pour autant de s’identifier aux “otages”, ces gens restés vivre à Bruxelles à mener une vie de galère, sans jours meilleurs à l’horizon.

7. Coma – Bruxelles

Coma est un groupe allemand basé dans cette grosse ville techno qu’est Cologne. Leur titre « Bruxelles » est issu de la compilation « Total 11 », produit par le label Kompakt, également colognais et spécialisé dans une techno minimale allemande dont il a d’ailleurs été le fer de lance au début des années 2000. On ne sait pas trop pourquoi ce titre s’appelle « Bruxelles », mais on imagine que ça part d’un bon sentiment.

8. Damso – BruxellesVie

Sans doute l’incontournable de la liste, celle qui garde encore la plus grande résonance à l’heure actuelle. Celle aussi qui a définitivement placé Bruxelles sur la carte du rap (en) français. « BruxellesVie » est un banger dont le refrain répétitif est non seulement une manière d’imprimer le nom de la ville dans les mémoires, mais aussi de donner à l’auditeur un léger répit avant de lui exploser au visage dès la reprise des couplets destructeurs. Posées sur une prod vrombissante, les lyrics sonnent comme un souffle glaçant et menaçant dans la nuque de celleux dont le regard ne serait pas tourné vers la capitale.

9. Underworld – Brussels

Après des débuts difficiles dans la techno underground, Underworld est propulsé sur le devant de la scène grâce à une apparition sur la bande originale de « Trainspotting » avec Born Slippy. Les projets successifs du groupe plus si underground que ça du coup confirment leur talent et les emmènent jouer dans les clubs du monde entier. Issue de la série « DRIFT », « Brussels » prend vie sur la voix de Karl Hyde qui répète inlassablement les deux seules phrases : « The art of conversation » et « No fail », ce qui rend le truc totalement hypnotique et séduisant. Hyde explique sur le site du groupe : « C'est en travaillant avec le son et l'image que nous avons développé la série “DRIFT”, en tissant et en cousant des sillons, des mélodies et des mots ensemble. » Une explication à peu près aussi évidente qu’inutile.

10. Taco Hemingway – BXL

Né en Egypte et passé par la Chine, le rappeur polonais Taco Hemingway connaît aussi Bruxelles, puisqu’une partie de sa famille y vit. Inconnu ici, Taco est une star en Pologne : ça fait trois ans qu’il enchaîne les succès et décroche des prix qui ont l’air prestigieux. Si on en sait peu à son propos, on lui devine une certaine affection pour Bruxelles puisqu’en 2018, il sort l’EP « Flagey » et l’album « Café Belga ». Deux ans auparavant, il sort « BXL » : « J'avais l'habitude de prendre le métro autour de Bruxelles. Et que s'est-il passé ? Jusqu'à ce que ces coups de feu soient tirés à Maelbeek. Le monde est en train de changer. Je conduis la voiture de ma mère à Bruxelles. J'écoute les vieux messieurs. L'avenir est incertain. »

11. Zwangere Guy feat. Jan Paternoster – BXL Finest

Le présent et le futur de Bruxelles sont représentés par le G, chef de file du rap flamand. Il est aussi celui qui crée le lien avec les francophones à travers de nombreuses collaborations avec ses potes du 77, par exemple et rend enfin légitime le foutu dicton « L’union fait la force », dont on ne savait plus trop quoi faire. Zwangere Guy défend ferme son territoire et son identité à travers ce son et décline celle des gars de sa trempe : « On vient de BX boy, tu ferais mieux d'en savoir plus : ne jamais douter, être fou, nager à contre-courant. » On aurait pu aussi citer « Brussels state of mind », toujours dans le champ lexical de la mer : « La vida loca, j'ai cet état d'esprit bruxellois. Faire cuire des saltimbocca comme si j'étais un Italien. (...) BXL à mort, et ça compte pour tout l'équipage. »

12. Jacques Brel – Bruxelles

1962, alors que les tensions linguistiques du pays voient l’introduction d’une loi qui divise définitivement le pays en deux régions unilingues, Brel chante son amour pour Bruxelles. C’est le classique parmi tous. Le maître de cérémonie belge plus célèbre y narre la capitale comme personne ne le fera après lui. Question d’époque. Les paroles dressent un portrait d’un Bruxelles plutôt joyeux et laissent deviner un paysage que l’on retrouve plus que sur des cartes postales des puces de la place du Jeu de Balles. La nostalgie d’une époque qui nous restera inconnue.

13. Alix Perez – BXL

Né à Charleroi, Alix Perez s’exile assez tôt à Londres, la capitale de la drum and bass. Il y enchaîne les collaborations avec Foreign Beggars, Ivy Lab, Spectrasoul et beaucoup, beaucoup d’autres. Ce virtuose ne fait pas qu’enflammer les clubs, mais présente aussi l’audace de s'aventurer dans plusieurs directions différentes tout en restant cohérent. Ses albums, « 1984 » et « Chroma Chords », sont acclamés par la critique. « Enchiridion EP » sort sur son propre label en 2018, et la première piste s’intitule « BXL ». En réalité, on a aucune preuve qu’il s’agisse d’un hymne à Bruxelles. Mais aucune preuve du contraire non plus.

14. Djubay – BXL Zoo

En 2008, la mode est encore au snapbacks, à la streetwear XL et aux vestes en cuir de la galerie Agora ; pas encore au rap belge. Pourtant, ça n’empêche pas Djubay de crier fort son amour pour les 19 communes avec « BXL Zoo », portrait d’une ville où « les anges planent tous d’une aile ». Bruxelles n’a jamais été une ville parfaite, et cet hymne sauvage assume la jungle urbaine qu’elle constitue. En espaçant ses phrases par des pauses assez longues à une époque où il était plus fréquent de débiter un max en trois minutes, Djubay étonne par un flow frais pour l’époque. Aujourd’hui, il est surtout actif en tant que dessinateur, sous le nom de K-Zadi et plus personne ne porte de baggys.

15. Judah Warsky – Bruxelles, capitale de l’Europe

Étonnament, « Bruxelles, capitale de l’Europe » n’est ni le titre d’un documentaire télé français ni le titre d’une brochure du Parlement Européen, mais un single de Judah Warsky, musicien électro-réaliste : « Je fais de l’électro, hypnotique, répétitive pour s’échapper. Mais les paroles sont crues. Enfin, elles sont poétiques, mais elles parlent de vrais trucs ». Son amour pour notre ville est notoire, si bien que l’album s’appelle « Bruxelles ». Le clip n’est pas à regarder en fin de soirée.

16. Arno – Brussels

« Lets sing this song for Linda, Mustapha Jean-Pierre, Fatima, Michel and Paul. The brain of God, les Flamands et les Wallons. You and me and Mr Nobody, dancing in the streets of Belgium. Brussels, where they eat sprouts and raw mussels » : Arno, c’est le mec comme tout le monde mais qui ne ressemble à aucun autre, qui chante comme personne et qui s’adresse à chacun·e. Et ça donne une chanson qui ne ressemble à rien.

17. Yellowstraps x Le Motel – Bruxelles Ma Belle

En travaillant ensemble, les frères Murenzi de Yellowstraps et Fabien “Le Motel” Leclercq ont produit un son universel mais unique tant il est reconnaissable dès les premières notes. C’est ici l’une des collaborations les plus ingénieuses que la ville ait vu naître. Déjà bien installés à Bruxelles, les trois Brainois sont assez solides pour la suite ; en témoignent le Colors Show pour Yellowstraps, et le double disque de platine décroché avec Roméo Elvis pour Le Motel.

18. Bakr – Bruxelles

En 2015, le Molenbeekois Aboubakr Bensaihi est à l’affiche du film « Black ». Avec talent, il y interprète Marwan, un membre des 1080 qui drague dans un Quick une fille issue d’une bande rivale de Matonge. La suite du film est un violent bordel, et c’est bien l’intention du scénario. Deux ans plus tard, il se fait connaître sous le nom de Bakr avec le clip de « Elle a ». Quelques millions de vues plus tard, il sort le titre « Bruxelles ». Un morceau autotuné à souhait, mais dont le fond est si sincère qu’il ne peut que nous attendrir : « Dans ma ville, tout est passionnant, à BX, le coeur de mon pays. C'est l'histoire de ma vie ». Faut dire que Bakr est un vrai jeune de la ville, comme en témoigne son deuxième couplet, dans lequel on choisira de se reconnaître ou non : « Et cet aprèm, j'ai fait un petit tour au centre-ville. Et quelque part, je vois ma team, je fais des selfies (...) J'avoue, Bruxelles est à nous. Je vais graille un sandwich, c'est le moment. »

19. Karen Novotny X – 3 minutes over Brussels

Presque aucune information ne circule à propos de Karen Novotny X. Le groupe aurait été fondé par un certain Cy Levene en 1978. Alors que l’Angleterre se bute au punk, le trio londonien se serait lancé dans une aventure synth-pop progressive. Pourtant, le groupe n’a rien sorti à l’époque. En 2012, le label Great Pop Supplement publie leurs enregistrements pour la première fois. La musique, faite de synthés purs et de voix fantomatiques filtrées au vocoder, sonne si actuelle que certains doutent qu’il s’agisse d’archives, et croient à un projet actuel. « Free RAdio » n’est pas loin de trahir le mythe ; peu de chances que le clip qui peine à dépasser les 3.000 vues ait été filmé en 1979 comme le prétend la description YouTube. Peu importe l’histoire qui le soutient, ce projet musical reste parmi les plus innovants. Le single « 3 minutes over Brussels » est dévoilé en 2014. Bien entendu, aucune info à ce propos non plus. Le titre pourrait éventuellement renvoyer au chaotique « 23 minutes over Brussels » de Suicide, datant de 1978.

20. Roméo Elvis feat. Caballero – Bruxelles arrive

Fini la galère de caissier, Roméo affirme son ambition de conquérir la France avec « Bruxelles arrive » et évoque la liaison Bruxelles-Paris avec l’envie claire de débouler avec les siens pour s’imposer dans l’hexagone. Après deux disques d’Or décrochés en France, on peut dire que c’est chose faite, et qu’il a, par extension, ouvert la voie à tous ses comparses. On aurait pu également citer “Bruxelles c'est devenu la jungle”, tiré de son premier projet du même nom, sorti en 2013.

21. Jaune toujours – Ici Bruxelles / Brussel Hier

« C'est pas New-York, c’est pas Tokyo, c’est pas Paris, c’est pas Rio, Bruxelles ici. Ici Bruxelles ». Entre ska, folk, rock et reggae, le groupe bruxellois chante, dans les deux langues, un hymne entraînant et accueillant. Sortie au milieu des années 2000, « Ici Bruxelles / Brussel Hier » n’a pas trop pris de rides, mais c’est pas un truc de fou non plus.

22. Stikstof – Brussel Bruisend

Le groupe néerlandophone porte depuis sa formation le message de celleux dont la voix reste trop discrète, car minoritaires à Bruxelles. Jazz tisse son couplet autour de son éducation linguistique, et pose une situation qui ne peut exister que dans sa ville : « Les mots français dans une phrase néerlandaise : ma langue maternelle est un méli-mélo depuis le début. » Le deuxième couplet, celui d’Astro, est davantage teinté d’un message politique : « Voyez ces néerlandophones stupides qui agitent un drapeau et voient la région de Bruxelles comme un foyer de peste étrangère. Je vois pas l'intérêt de diviser le plus petit pays du monde en parties individuelles. » En intro, on peut entendre le début de « Bruxelles » de Dick Annegarn. Tout est lié.

23. Hatif – BXL Criminelle

Quelle déception. Hatif était l’un des rappeurs les plus talentueux de la ville, avant de disparaître des ondes. « Avertissement », une carte de visite de 4 titres sortie en 2007 avait mis tout le monde d’accord. Réputé pour ses textes et son aisance verbale, le type avait une maîtrise hors pair de la rime. Il savait aussi poser les jeux de mots là où ça faisant sens, sans lourdeur. Le titre phare du projet, « BXL Criminelle », dresse un portrait glaçant du côté sombre Bruxelles : « Plus rien d'honteux, les frères n'ont plus froid aux yeux. Regards glacés entre eux, divisent Bruxelles en deux ».

24. Charlotte de Witte – Brussels

Depuis quelques années, la DJ gantoise enchaîne les sets, y compris dans les plus gros festivals belges tels que Tomorrowland, Dour, Pukkelpop ou Werchter. Sa techno épurée (et un peu sombre) séduit au plus grand nombre. Lancée sur l’autoroute du succès mondial, elle n’en oublie néanmoins pas une petite dédicace à la capitale, avec « Brussels », un EP sorti en 2017 chez NovaMute.

25. Scylla – BX Vibes Remix

Pas trop chaud qu’on fasse de lui le nouveau Sinik et vexé par les directeurs artistiques qui lui conseillent de masquer le fait qu’il soit belge afin d’être crédible en France, Scylla écrit « BX Vibes » dès son retour chez lui. Le clip sort en juin 2009 et, quinze jours plus tard, il balance la vidéo du remix avec des invités assez costauds. En guise d’ouverture, Convok dégaine sec : « Ah putain que j'aime ce trou, j'suis pas venu faire le clown. Ma ville sait se lever moi je suis là pour qu'elle reste debout. » B-Lel, 13Hor, Kaz Robio, Sidéral, ZA, Psmaker (désormais Isha), Rival et Gandhi (désormais G.A.N.) suivent avec plus ou moins de réussite. Scylla clôture le son de sa voix grave et conclut sur une note bienveillante à l’égard des autres talents de la ville : « Le tonnerre a son prix, ceci n'était que le prélude. Y'a plein d'autres vraies plumes inspirées par le déluge. » Dix ans plus tard, Scylla dont la réputation n’est plus à faire revient sur scène avec son cinquième album “BX Vice”.

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