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Culture

« Dick run Claire », la joggeuse qui suit des itinéraires en forme de bites

« J'adore courir, c'est mon exercice préféré. Et dessiner une bite géante à travers une ville, c’est vraiment un bonus. »

par Gavin Butler; traduit par Sandra Proutry-Skrzypek
21 January 2019, 10:05am

Images : @dick_run_claire

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Depuis un peu plus de trois ans, Claire, 33 ans, originaire du New Jersey, parcourt les rues de façon à former desbites. Tout a commencé par hasard en 2015, lorsqu'elle a rendu visite à son frère à Kansas City pour Thanksgiving. Elle est allée faire un jogging et s'est perdue. Elle a finalement retrouvé le chemin du retour mais, en regardant son GPS, elle a remarqué quelque chose d’étrange. Sur la carte, sa trajectoire esquissait les contours d’un phallus en érection – avec les boules et tout. Claire avait sans le vouloir fait son premier « dick run ». Ainsi est né @dick_run_claire.

Claire's first ever dick run
Le tout premier « dick run» de Claire. Images publiées avec son aimable autorisation.

« J'adore rechercher des itinéraires en forme de bite, m'a expliqué Claire par mail. Je sais que c’est une addiction étrange… Mais honnêtement, j'adore courir, c'est mon exercice préféré. Et dessiner une bite géante à travers une ville, c’est vraiment un bonus. »

Le compte Instagram de Claire est remplie de bites de formes et de tailles variées : longues, courtes, fines, épaisses. Certaines présentent même des veines, des couilles fripées ou une main enroulée autour du manche. Après des années d'expérience, Claire se définit comme une véritable experte. « Je planifie toujours les dick runs et je suis la route que j’ai enregistrée sur mon téléphone, dit-elle. C’est assez difficile, en fait. Il m’arrive de rater un virage, de ruiner le dessin et de devoir tout recommencer. »

Il faut dire que cette course à la bite est un loisir prenant, comme le démontre le portfolio impressionnant de Claire. Heureusement, il semble y avoir un véritable marché pour ces dessins. Au moment de la rédaction de cet article, la page Instagram @dick_run_claire compte un peu plus de 36 000 abonnés. « Dans la vie réelle, je dois avoir trois amis à tout casser, et l'un de mes abonnés est mon chien, admet-elle, donc, en gros, tous les autres viennent des dick runs ».

Il semble qu’un membre extrêmement mal dessiné parle vraiment aux gens. Toutefois, une artiste ne doit jamais se reposer sur ses lauriers et Claire a récemment élargi ses horizons créatifs pour y inclure également des « twat trots », son hommage esthétique et personnel aux organes génitaux féminins. Elle essaye de perfectionner son vagin « depuis des lustres », mais a toujours eu du mal à le représenter correctement. Comme elle le fait remarquer, « peu de routes convergent vers une forme de vagin. » Puis, en juillet dernier, elle a réalisé sa vision – et en a créé plusieurs autres depuis. Maintenant, « tout le monde demande des seins ».

Depuis ce fameux Thanksgiving à Kansas City, Claire a lentement mais sûrement fait du dick running un phénomène mondial. Des gens lui envoient « tout le temps » des captures d’écran de leurs propres routes phalliques, ce qui la pousse à s’interroger : « Combien existe-t-il de routes en forme de bite dans ce monde ? » En concevant son plus grand pénis à ce jour, Claire a effectué un parcours de 22 km dans le Vermont tout en s’entraînant pour un marathon. Maintenant, son objectif est de « dessiner une bite dans chaque État américain ».

Aussi, elle encourage tout le monde à essayer ce sport. « C’est amusant de planifier les itinéraires et ça me pousse à courir, même les jours où je n’en ai pas envie, dit-elle. Vous pouvez le faire partout. Tout ce dont vous avez besoin, c'est d'un œil attentif ! » Elle ajoute que certaines routes semblent être faites pour être transformées en pénis sur une carte. « Dans certains cas, les chemins sont si évidents et si riches que je me dis parfois que quelqu'un a planifié la ville avec cet objectif précis en tête. »

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Cet article a été initialement publié sur VICE Australie.