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Sexe

Un amateur de culottes sales nous explique son fétichisme

« Quand il y a un peu d’urine, ça apporte ce petit parfum supplémentaire. »

par Helen Meriel Thomas; traduit par Sandra Proutry-Skrzypek
25 April 2019, 11:00am

Photo via WikiCommons 

Récemment, je scrollais mon fil Tinder à l’arrêt de bus lorsque j'ai reçu un curieux message sur Instagram. « Salut, j'ai eu ton Instagram grâce à ta bio Tinder. Je me demandais si je pouvais te proposer de l'argent en échange d’un de tes vêtements en particulier ? »

Grâce à la troisième saison d’Orange Is The New Black, dans laquelle Piper lance un commerce de culottes sales, je suis au fait du marché des sous-vêtements usagés d'Internet. Beaucoup de gens (surtout des hommes) prennent du plaisir à inhaler le parfum musqué d'une culotte sale pendant qu'ils se masturbent. Vous avez probablement entendu parler des distributeurs automatiques de sous-vêtements d'occasion au Japon, et le Royaume-Uni a son propre commerce florissant de « soiled-to-order » (« Souillé sur commande »).

Le fait que ce fétichisme des sous-vêtements se soit déplacé, comme tout le reste, sur Instagram, n'a pas été un choc pour moi. Mais jamais, même dans mes rêves les plus fous, je n’aurais pensé que mon profil Tinder puisse être si séduisant au point qu’un amateur de culottes souhaite prendre contact avec moi.

Que j'ai accepté ou non la proposition, je laisse libre cours à votre imagination. Tout ce que je peux vous dire, c'est que la vie à Londres coûte vraiment cher. Aussi, être contactée par un renifleur de culottes et ne pas répondre en demandant une interview quand on est journaliste, c'est un peu comme cracher dans la soupe. Je lui ai bien sûr envoyé des questions. Voici, mesdames et messieurs, le résultat de mon interaction avec mon généreux admirateur (appelons-le Woody*).

VICE : Bonjour, Woody. Quand as-tu acheté ta première culotte sale ?
Woody : Si je me souviens bien, c'était en 2012, quand j'avais 20 ans.

As-tu ce fétichisme depuis toujours ?
Quand j'étais jeune, je volais les culottes sales des sœurs de mes amis, donc oui, j’ai un intérêt pour ce genre de choses depuis le début. Mais ce n'est qu'à la fin de l'adolescence et au début de la vingtaine que j'ai vraiment commencé à acheter des sous-vêtements usagés.

Qu’est-ce qui te plaît autant dans les sous-vêtements sales ?
J'aime l'odeur et le fantasme que cela représente. J’aime imaginer ce que la fille a fait à cette culotte. J'aime aussi l’apparence des culottes, à quel point elles sont sexy et sales. Même une photo suffit à m’exciter.

À quelle fréquence achètes-tu des culottes sales ?
La dernière culotte que j'ai achetée remonte à novembre de l'année dernière. Je ne peux pas en acheter trop souvent car cela dépend de mes finances et de la fille – il faut qu’elle soit prête à me vendre une ou plusieurs culottes.

En supposant que tu les utilises pour te masturber, est-ce que l’excitation s'estompe après que tu les as « utilisés » une fois ?
J'utilise chaque culotte plusieurs fois, d’autres plus que d'autres. Cela dépend de la personne que j’ai envie de sentir à ce moment-là. Je les aime toutes, mais j'ai des favorites. Il y a quelques années, j'ai reçu trois culottes d'une jolie Américaine et elles étaient incroyables. L'une d’elles était tout simplement différente de tout ce que j'avais reçu ; je pense que c'était juste dû à l'odeur de la fille.

Ce que je préfère en ce moment, ce sont deux sous-vêtements que j'ai reçus l'an dernier de deux filles différentes. Il y a un string noir, que la fille avait agrémenté d'un peu d'urine avant l'envoi. Puis il y a un joli string rose qui n'a été porté que deux jours, mais qui comportait tout ce que je voulais. Il était sale et avait une odeur forte qui était encore fraîche au moment de la réception.

Quel est le prix le plus élevé que tu aies jamais payé pour une culotte sale ?
Je pense que le montant le plus élevé est d'environ 640 euros. Mais pour être honnête, je serais prêt à payer n'importe quel prix pour une belle culotte bien sale.

As-tu des préférences en termes de style de culotte et, euh, de contenu ?
Quand j'ai commencé, j'achetais n'importe quel style, mais maintenant, je préfère les coupes plus effrontées. J'aime la dentelle et les strings. Mais c'est le contenu qui importe vraiment. Je préfère quand elles ont été portées pendant quelques jours, voire plus longtemps si la fille est à l'aise avec ça, et il faut qu’elle se soit masturbée dedans une ou deux fois. Et quand il y a un peu d’urine, ça apporte ce petit parfum supplémentaire.

Si tu avais une copine, tu lui demanderais ses sous-vêtements usagés ? Ou l'anonymat fait-il partie du fantasme ?
Si j'avais une copine, je lui demanderais sûrement ses culottes, mais chaque fille a une odeur différente. Alors, sentir les dessous d'une autre fille que ma copine, c'est le frisson.

As-tu recours à d'autres formes de travail sexuel, comme des escorts, des cam girls, etc. ? Ou préfères-tu la distance dans ce genre de fétichisme ?
J'ai vu une escort, mais nous n’avons pas eu de relations sexuelles. Elle m’a fait une golden shower. Parfois, la distance est agréable, mais j'aime l'idée de pouvoir en obtenir plus en face-à-face.

Fais-tu des requêtes spéciales aux filles à qui tu achètes ?
Récemment, j'ai demandé à certaines filles si non seulement elles pouvaient ajouter du pipi à leur culotte, mais aussi si je pouvais en acheter une bouteille, car j'adore les golden shower. Parfois, je leur demande si je peux acheter des photos d'elles en culotte ou toutes nues. J'ai aussi demandé des vidéos d’elles en train de se masturber ou d’uriner. Certaines filles sont heureuses de le faire, d'autres pas.

Quand tu te masturbes avec la culotte, tu penses à la personne qui la portait, ou au sous-vêtement lui-même ?
Je pense aux deux. J'ai surtout demandé à des filles que je connais, ce qui n'était pas la meilleure idée que j'aie eue, mais j’ai aimé savoir d'où elles venaient. J'adore penser à la fille qui portait la culotte, surtout à son odeur.

Comment la plupart des filles réagissent-elles à la demande ? Celles que tu connais en particulier.
Certaines sont choquées et me demandent pourquoi. Beaucoup sont effrayées et me suppriment de leur contact. Celles que je connais sont celles qui m’inquiètent le plus, car je ne sais pas si elles vont le garder pour elles ou le dire à tout le monde.

Quelle a été la pire réaction, et la meilleure ?
On m'a dit que j'étais un pervers, un sale type, d’aller me faire foutre. Mais parfois, je suis surpris quand elles acceptent. Bien sûr, c'est surtout une question d'argent, mais parfois, c'est parce qu’elles sont prêtes à essayer quelque chose qu'elles n'ont jamais fait auparavant.

Ressens-tu beaucoup de stigmatisations autour de ton fétichisme ?
Pas vraiment, j'adore ça ! J'adore le sentiment et l'excitation que me procure l’achat de nouvelles culottes. Je ne peux pas résister.

Merci, Woody !

*Le prénom a été changé.

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Cet article a été initialement publié sur VICE UK.