Culture

Pourquoi le rap belge est-il aussi pessimiste ?

Peut-être parce que la Belgique est un pays de gens malheureux.

par Gen Ueda
11 October 2019, 10:35am

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1 Belge sur 9 prend des antidépresseurs et près de 6 personnes se suicident chaque jour en Belgique. C'est le cinquième taux le plus élevé en Europe. Les jeunes figurent parmi les plus concerné·es par ces fléaux. Du coup de blues au suicide, trouvez ici nos articles sur la santé mentale.

Le rap belge est morose. Non pas qu’il soit nul, au contraire, mais il est triste, désabusé, au mieux nostalgique. Mais c’est cette noirceur qui a produit les talents actuels. De un, parce que confier ses peines force à trouver les bons mots et à affiner la plume ; de deux, parce que ça rapproche d’un public qui ne va pas forcément mieux. Et en soi, si le rap belge est aussi pessimiste, c'est peut-être parce que la Belgique est un pays de gens malheureux.

Les dernières études dressent effectivement un constat de merde : 13,1 % des Belges sont sous antidépresseurs. Quant aux suicides, un rapport classe la Belgique à la cinquième place en Europe. Ici, on se suicide plus qu’ailleurs, avec près de 2.000 cas par an. Sans compter les suicides maquillés ou les tentatives ratées. Ça dresse une carte plutôt pourrie de notre santé mentale.

73 % des musicien·nes iraient mal, et le suicide, la dépression ou la déprime (dans le meilleur des cas) ont toujours été des sujets récurrents dans la musique. En textes ou en vrai, la mort est omniprésente. En 2007, l’album "Projekt Terrror" du groupe de Black Metal belgo-néerlandais Stalaggh était fourni avec une lame de rasoir.

Loin du sordide, le rap a aussi ses raisons d’être une source inépuisable de pessimisme. Et à mille lieux des bangers de clubs, les vrai·es savent : la base n’a rien de folichon. En vrai, ce constat n’est pas vraiment négatif. On devrait même reconnaître au rap le mérite d’avoir brisé une barrière en offrant la possibilité de verbaliser les maux. Dans la forme, la parole est offerte aux textes les plus denses ; aucun autre genre ne permet une charge si importante de mots. Dans le fond, on parle d’une musique qui a émergé il y a trente ans dans les vides laissés par des fractures sociales. Le rap est né d’une forme de contestation politique et a exprimé une forme d’injustice sociale ressentie dans les quartiers, d’état de crise à réparer ; ce qui n’a déjà rien de jovial. Accessible des plus précaires, le rap est devenu la voix de la jeunesse et des démuni·es. Pour résumer vite fait, il s’est construit sur le pessimisme et la colère de ces gens.

Pessimistes et frustré·es, les jeunes figurent parmi les plus vulnérables face aux troubles mentaux. Selon l’OMS, le suicide est la deuxième cause mondiale de décès chez les 15-29 ans. Le rap a toujours été la musique de la jeunesse et la jeunesse a toujours broyé du noir.

En France, une grosse partie de notre génération s’est reconnue dans le méga spleen de PNL - qui mentent quand ils disent « ça va » -, mais en Belgique aussi, beaucoup ont ont mis leur égo de côté pour vomir leurs paroles noires et universelles. C’est le cas d’Isha par exemple : « Quand j'pleure, j'ai le nez qui coule, et c'est ma meuf qui sèche mes larmes. » Même Kobo avec son album "Période d’essai", dans lequel il arrive pourtant conquérant sur quasi chaque morceau, doute ouvertement dans "Succès" : « Je passe ma vie à affronter mes peurs. Parfois j'me demande si ça vaut la peine, si faire d'la musique est vraiment une aubaine. » Avec des textes du genre, les rappeur·ses investissent l’espace intime qu’iels arrivent à créer avec leur public de déprimé·es. Un espace partagé avec des peurs communes et les mêmes interrogations. Et personne ne s’est gêné pour dévoiler son âme torturée sur une prod.

La solitude, la rancune et la misanthropie

Si personne en Belgique n’a rappé le fait qu’iel n'avait pas d’ami·es, beaucoup ont défié les absent·es des moments difficiles. Le « T’étais où quand je galérais ? », un classique du rap ; de Hamza : « Y'avait qu'ma mère et ma conscience pour me consoler quand j'étais seul », à Neshga : « Vous étiez où quand le stress, la peur d’la mort me rendaient fou allié », en passant par Isha : « J'me souviens encore. J'avais l'moral ratatiné ; les trois quarts de mes potes n’en avaient rien à cirer. » Et comme Green Montana ou VIK, on fait aux autres ce qu’on a subi : « Plus jamais je leur tendrai la main » et « Ils nous ont pas donné de coups de main, ça a pas de sens de tendre le bras à d’autres. » Ce besoin de revanche devient quasi maladif quand la déception du genre humain se transforme en misanthropie, comme pour Damso dans "Amnésie" : « Je ne me construis plus dans le regard des autres. J'suis ni des leurs, ni des vôtres, ni des nôtres. » Son rejet de l’être humain s’étale aussi dans "J respect R", "Baltringue", "Soliterrien" ou "Humains".

« J'voulais refaire le monde mais au final, j'ai vu l'humain. Et puis, j'ai pensé à ma gueule et c'est devenu plus simple », balance Senamo dans "Die". Se défaire des autres pour se protéger est un mécanisme de défense qui semble séduire, et la solitude devient un choix libérateur, comme pour JeanJass : « J'ai compris qu'en cherchant la solitude, je retrouve un peu de liberté. » La solitude n’est pas qu’un fléau, mais peut être un bienfait, et Krisy en fait son choix dans "Aucune émotion" : « J'suis isolé, très loin d'une vie de chien. Je fais mon taf, je vois plus trop les miens. J'connais mon chemin. » Deux ans plus tard, dans "Hors de ma vue", il répétera son envie de rester seul. Jones Cruipy, qui a toujours positivement rappé la rue, la drogue et l'amour qu'il a pour les siens, se déleste des opportunistes dans "Pas la peine" : « Combien d'fois t’es tombé pour eux ? Combien sont tombés pour toi ? Tous ce que t'as fais pour eux, est ce qu'ils le feront pour toi ? (...) Non, ils n'en valent pas la peine. » Et parfois, même malgré l’amour porté aux siens, la solitude est un besoin ; Lous : « Si je pouvais je vivrais seule, loin de mes chaînes et des gens que j'aime. »

On commence à pénétrer une complexité mentale plus marquée chez les rappeur·ses lorsque le paradoxe suivant s’impose : « Mon corps est là mais mon esprit est ailleurs », rappe Scylla, pour qui le pessimisme est une réalité constante. C’est à peu près la même posture qu’adoptent Damso : « Ça crie, ça rit autour. J'suis là sans être présent » ou Ruskov (du groupe Les Alchimistes, dont l’album s’appelle "Antisocial") : « Je fais semblant d'aller, mais je garde tout en moi. Regard dans le vide, une clope à la bouche et ma teille de Beluga. » Ce comportement antisocial, qu’on pourrait lier à la dépersonnalisation dans les cas les plus extrêmes, est une triste porte d’entrée pour évoquer certaines addictions, comme c’est le cas pour Ruskov avec l’alcool.

Les addictions

Niveau alcool, ça coule à foison. Venlo entame son premier single par : « Je bois quand je me perds. Pété dans le tro-mé, je regarde les gens droit dans le reflet », puis dit plus loin que : « rien ne passe crème quand t’es pas skren. » Pour son pote Le Dé, l'alcool « sert à soigner mes blessures ». Damso, lui aussi, a rappé sa peur d’être sobre tandis que son comparse Lio Brown confie avoir recours à « L'alcool brun pour oublier les soucis. » Rizno des Alchimistes évoque quant à lui les propriétés antalgiques de la codéine dans "Docteur".

Contrairement au rap américain, les mentions d’autres drogues que le cannabis sont quasi inexistantes en Belgique. Ici, beaucoup sont plutôt conscient·es de leur dépendance à la beuh et de ses conséquences, à l'image de Roméo Elvis : « Peut-être que c'est moi qui suis parano. J'ai trop fumé de pétards et je vais me finir à l'alcool. » Peet, analyse factuellement : « Ces faiblesses, tu vas les soigner avec de la drogue ». Une évidence connue, mais qui n’a aucun pouvoir préventif. Au contraire, beaucoup anesthésient leur malheur et leurs doutes derrière un épais nuage de fumée. JeanJass : « Je voudrais que mes proches soient fiers. Je voudrais que mes poches soient pleines. Mais il est trop tard, ou trop tôt, je ne sais plus. Je suis trop stone, je ne sais plus. » ; ou Caballero : « J'ai besoin de plein de blunts, pour que pendant quelques heures mes doutes échouent. »

Si beaucoup la glorifient, d’autres - parfois les mêmes - reconnaissent le côté nocif de l'herbe. Caballero par exemple : « La fumée grise fait que je vois pas le ciel » avant de réitérer un couplet plus tard : « Je brûle mes chances en cramant ce gros cierge. » Dans "Côté obscur", il avoue : « Tout va mal, la beuh nous hypnotise. » Damso s'avoue aussi stoner dans "Isolé" : « Je veux faire autre chose que de fumer avec mes potes. J’suis blasé. » Le lien entre consommation régulière et baisse de motivation, voire troubles dépressifs a récemment été prouvé. C’est chez les 15-24 ans qu’il serait aussi le plus important.

Les éternels regrets

Les couplets qui parlent d’herbe introduisent aussi, parfois, un constat d’échec. La Smala en sont les spécialistes : « Trop de fois, j'ai perdu pied à force de fumer ». En 2009, à leurs débuts, ils paraissent déjà cuits, fatigués par la vie et rappent sans pudeur les opportunités gâchées : « J'ai trouvé que l'échec après la tempête. » ou les tourments : « À vrai dire, à l'intérieur j'me sens vide. Sans mentir, ce n'est qu'à sa douleur qu'on se sent vivre. » Le groupe est alors le portrait d’une jeunesse en décrochage et dont le futur part en fumée de beuh. Cinq ans plus tôt, James Deano couchait les mêmes doutes sur papier : « L’adolescence et ses pulsions rebelles m’ont poussé vers l’échec, j’ai rien su faire (...) Aujourd’hui j’ai des regrets parce que je suis perdu. »

La peur de l’avenir

Ces constats sont encore plus cruels quand ils s’accompagnent d’un futur incertain : « Des idées noires et des pleurs à partager à côté des rats qui ont raté leurs vies et qui espèrent que je foire la mienne » pour Caballero, « J'ai peur du futur c'est stressant, parce que j'veux pas qu'il ressemble au présent », pour Rizla ou encore « Plus je vis et plus cette life m'effraie » pour Hamza. L'exercice introspectif qu’est l’écriture voit les rappeur·ses se remettre constamment en question. C’est le cas d’Isha : « La seule question qu'j'me pose, c'est : "Qu'est-ce que j'vais faire de moi ?” », ou de Damso : « Y a des gens comme moi qui ne savent plus trop ce qu'ils sont. »

Cette perte de repères commune, propre à la jeunesse, est parfois redirigée en une forme de violence manifeste. Rizla encore : « J'fuck l'état vu que je sais pas à qui m'en prendre », Hatif : « C'est par les coups que l'affection est traduite. L'amour, ça coûte ; une pipe c'est court, la violence est gratuite », ou Gandhi : « Le regard dans le vide, les bras ballants, c'est parce que nos poches sont vides qu'on est plus violents qu'avant. Peut-être que le destin est prometteur mais on y croit plus. Peut-être qu'il y a de l'amour sous la haine, mais on ne le voit plus. »

Le temps de merde

La météo n’est pas en reste. En 2011, Krisy tentait le jeu mots : « Tant de suicides en Belgique, normal il pleut des cordes », et pour bon nombre d’entre nous, le premier truc qu’on a entendu de Scylla, c’était : « Ça vient de BX, tu sens la pluie ? » Le lien entre les symptômes dépressifs et les pays pluvieux est d’ailleurs prouvé. Comme le dirait Senamo : « Bruxelles c'est plus qu'un gars qui pisse et un atome de fer : il pleut tellement que j'habite sous l'eau, putain d'bordel de merde. »

Le manque d’argent (ou le travail)

Comme le rappelle GAN, l’argent - et son manque surtout - est bien sûr une cause importante de mal-être. Damso toujours : « Factures, courriers et rappels poussent à faire du sale », ou Swing : « Le fisc nous fist sans vergogne, je frise l'asphyxie à force. »

Solitude, joint, doutes, argent, Convok résume tristement tout ce qu’il s’est dit jusqu’ici : « Les erreurs coûtent chères, il y'a plein de gens bien que je vois plus. Je me remets constamment en question. J'essaye de ne pas craquer sous la pression. J'ai 30 ans, je suis endetté (...) Je m’évade en fumant des pètchs. »

Parce que le rap n’est pas toujours un job à plein temps, du côté de celleux qui ont su décrocher un travail, la situation n’est pas meilleure : « Je bâille au boulot, tout ce béton me fait péter un boulon » pour Swing, ou salaire de merde pour Shay. Parfois, ce n’est pas qu’une question de thunes : « Aujourd'hui j'emballe des cartons, j'me suis bien fait entuber », rappe Seyté, qui a lâché l’école en cinquième.

Par contre, et c’est la contradiction des pays développés, l’aisance financière ne protège pas du mal-être. Scylla pose la situation : « Puisqu'ici j’ai tout ce qu’il me faut, qu'il ne me manque que des poussières (...) Pourquoi est-ce tellement difficile d’être heureux ? » Il ouvre une piste quelques mesures plus tard : « C’est vrai que j’ai une belle montre (...) qui ne s'arrête pas de me rappeler toutes les heures que je n’ai pas l’temps. On me dit que j’ai de la chance, qu'au moins je suis libre de mes gestes. Avec le recul, je dirais plutôt que j’ai pu choisir mon esclavage. » Venlo, qui doit avoir quinze ans de moins, est face à la même peur du choix : « J'dois remplir les cases pour n'pas en péter une, j'dois faire des tubes mais je dois faire des études. Des choix, des choix, des choix. »

Le racisme

On pourrait aussi citer le racisme, omniprésent en Belgique : Damso introduit son album "Lithopédion" avec cette phrase : « C'est rien de bien méchant, il m'a juste traité de nègre des champs. » Isha lui, à neuf ans, demande à sa mère : « Mais qu'est-c'que c'est qu'un bamboula ? »

L’amour, ses doutes et ses désastres

L’amour est aussi une inépuisable source de souffrance et d’inspiration, même si c'est pas super original. Gandhi en a fait des jeux de mots : « Ceux qui s'aiment n'écouteront pas cette chanson. L'amour rend aveugle, ils ne verront pas que j'ai raison. » Starflam, quelques années plus tôt, sort le single « Donne-moi de l'amour » dans lequel Akro pose : « l’amour est mort, ta haine l’a emporté. »

Après une rupture, Roméo Elvis écrit : « L'amour est un idéal, le bonheur est une idée fausse. » Il dira à Clique : « C’est l’un des morceaux qui est le plus attendu en live. C’est la force de ces morceaux un peu sentimentaux qui parlent aux gens. »

Cet équilibre à trouver avec l’amour est une question sensible pour JeanJass : « Des fois, j'accuse le coup ; je me dis que ma petite femme aime un moins que rien plus que tout. » Dans son dernier album, Shay personnifie son cœur et en fait le deuil : « Tu t'es fait piétiner, à battre pour n'importe qui (...) Tu t'es fait calciner par la flamme que tu tenais pour lui. » Le jeune Frenetik cherche aussi son cœur qu'il a « perdu quelque part dans la ville ».

Les envies suicidaires

Les réelles envie d'en finir quant à elles sont sans doute souvent tues. Parfois, elles prennent la forme de fiction ou de métaphore, comme dans « Moins de stress » de Moka Boka : « J'peux pas rester sur terre j'me sens à part », ou chez Damso encore : « Haine et peine, anything again. Et je la joue Kurt Cobain : bang bang. » Un peu moins fictif dans « William » quand même : « Je supplie la vie de me laisser partir quand ça va très mal. »

Un disque de diamant et cinq de platine plus tard, Damso est devenu le roi des êtres torturés et est aussi l’un des premièr.es à faire de ses faiblesses une force, aidé par la symbolique forte de « Lithopédion ». Il explique dans Libération : « Lithopédion, c’est un mort dans un corps en vie, un fœtus qui atteint la maturité mais qui est mort dans le corps de la mère et qui n’a jamais été extrait. Pour pouvoir l’extraire, il faut mourir. J’aime cette métaphore parce qu’elle est actuelle pour moi : je me sens mort dans un corps en vie. »

« Aucunement intéressé par l'avenir, à part pour la musique », Roméo Elvis résume cet état d’esprit, celui de n’avoir foi en rien, mais d’être déterminé dans le son. Dans "Malade", il dit vouloir casser sa tête pour pouvoir mieux se sentir et réussit à faire d’une souffrance un hit radiophonique (qu’il entame par un timide : « J'veux être tout seul »).

La Flandre compte également un bon nombre d'artistes avec le moral en berne. Cette année, Safi (du duo Safi & SPreej) a sorti un EP appelé "Bleu", dont le premier single s'appelle "Bang". Le projet tourne essentiellement autour de sa dépression et du syndrome d'Asperger dont il est atteint. En 2016, après une longue pause, Castro, l'un des fondateurs de la scène rap flamande, est revenu avec un album intitulé : "Antidepressiva". Du côté de la nouvelle génération, Glints a récemment rappé sur ses attaques de panique, en feat avec Dvtch Norris.

Opprimé·es par la solitude, les addictions, la peur de l’avenir, les mauvais choix ou l’amour ; les rappeur·ses dressent un tableau fidèle à ce qu’on pourrait imaginer comme fléaux belges, au regard des statistiques alarmantes.

Le danger serait de s’en réjouir. Car si on attend toujours plus des artistes (plus de clips, d’albums, d’interviews), on oublie que ces textes sont parfois autant de messages parfois sérieux. Et pourtant, on se mue en spectateur·ices du malheur des autres. « C'est ma manière à moi d’appeler au secours », disait Caballero en 2011. Peut-être plus que dans d’autres domaines, les artistes sont vulnérables : pression des fans, de l’industrie, concurrence, glorification puis oubli, entre autres. En Angleterre, l’association Help Musicians UK aide matériellement, psychologiquement et socialement les musiciens. En Belgique, il n’existe pas encore d’équivalent.

On peut toutefois se rassurer en se disant que quand les rappeur·ses vont bien, iels ne le diront pas forcément ; le rap reste un exutoire. Caballero encore : « Quand je rappe, j'adore la vie. Je peux libérer la bête interne enfermée dans ma cage thoracique ». Senamo lui, confie : « Quand j’ai des idées noires, j’ai besoin d’écrire. Quand ça va, j’en ai rien à foutre de la musique. » Pareil du côté du public : on écoute de la musique triste principalement quand on est triste. Et quand ces douleurs en musique rencontrent leur public, comme pour Moka Boka, tout prend enfin du sens : « Quand t'écoutes mes pistes, j'me sens fort, j'me sens plus qu'optimiste. » Le premier album de Moka Boka s’appelle "Pas de pluie, pas de fleurs" et résume pas mal de bonnes choses : « J’ai choisi ce titre pour son équilibre. » Autrement dit, pour que la fleur pousse, faut de la pluie. Et Dieu sait comme il pleut des cordes en Belgique.

Regardez aussi notre vidéo : On a demandé aux Belges ce qui leur remonte le moral quand ça va pas trop

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