Identité

Au cœur de l'une des plus grandes populations de réfugiés au monde

La photographe Sara Hylton documente le déplacement d'enfants afghans dans un camp pakistanais. Ils ont peu de droits et ne savent pas combien de temps ils peuvent y rester.

par Sara Hylton; traduit par Sandra Proutry-Skrzypek
30 August 2019, 11:48am

De jeunes garçons afghans posent pour un portrait à la périphérie d'Islamabad. 60 % des Afghans au Pakistan ont moins de 24 ans. Toutes les photos sont de l'auteur.

Juillet 2018, Islamabad, Pakistan. Le soleil brille, la poussière tourbillonne dans l'air, les poulets gloussent et l’appel à la prière résonne. Des enfants jouent avec des pneus de voiture. Pour beaucoup d’entre eux, le camp I-12 est le seul foyer qu'ils aient jamais connu.

Le Pakistan abrite l'une des plus grandes populations de réfugiés au monde, dont la plupart viennent d'Afghanistan. Officiellement, 1,4 million de réfugiés afghans sont enregistrés, mais selon la plupart des estimations, il y aurait jusqu'à un million de réfugiés et de migrants sans papiers supplémentaires. Bon nombre des personnes âgées du camp I-12 sont au Pakistan depuis qu’elles ont fui l’Afghanistan en 1979 à cause de l'invasion soviétique. Depuis, elles ont donné naissance à de nouvelles générations. Les réfugiés officiellement enregistrés bénéficient d'un statut juridique temporaire, mais ne sont pas autorisés à acheter des propriétés, des véhicules et des cartes SIM, ni à fréquenter les écoles publiques et les universités.

Pendant ce temps, les réfugiés vivent dans la crainte persistante d'être expulsés de force du pays, comme plus de 600 000 d’entre eux l'ont été en 2016. Quand Imran Khan est devenu président l'été dernier, il leur a promis qu’il leur accorderait la citoyenneté, mais sa proposition a rencontré beaucoup d’obstacles du point de vue de l’administration et de la discrimination ethnique. Un an plus tard, la citoyenneté n'est plus à l'ordre du jour et les réfugiés n'ont obtenu que le droit d'ouvrir des comptes bancaires.

Les enfants, en particulier, vivent une vie coupée en deux : ils ne viennent ni du Pakistan, ni d'Afghanistan. Même s'ils traversaient la frontière poreuse entre les deux pays, le concept de « chez soi » ne s'applique pas à eux – c'est un luxe qui est pour l'instant largement hors de leur portée.

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Selon l'UNHCR, le camp loge environ 505 familles.
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Des fillettes devant une école, où elles étudient le Coran.
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Vue du camp de réfugiés afghans isolé I-12, situé à la périphérie d'Islamabad, au Pakistan.
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Un père pose avec son fils.
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Une fillette du camp afghan I-12 joue au petit matin.
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Une petite fille dort dans une colonie à Islamabad destinée aux Pakistanais sans-abri. Comme les Afghans, les Pakistanais vivant dans ces camps informels sont vulnérables à la discrimination et aux abus, et ces dernières années, plusieurs zones abritant à la fois des Pakistanais et des Afghans ont été démolies pour faire place à des immeubles d'habitation.
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Une mère et son enfant, du camp I-12, posent pour un portrait. Selon un rapport récent de l'Unicef, le Pakistan a l'un des pires taux de mortalité néonatale au monde, avec près d'un enfant sur 20 qui meurt avant l'âge d'un mois. si une femme est une réfugiée ayant peu accès aux soins de santé, devenir mère est encore plus dangereux.
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Des maisons en terre abritent les milliers de réfugiés afghans qui se sont installés à I-12.
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Des garçons de la colonie I-12 montent à dos d'âne dans un attelage traditionnel utilisé pour le transport de marchandises.
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Le Coran est enseigné aux jeunes filles de la colonie I-12. Selon l’UNHCR, il n'y a qu'une seule école publique a I-12, où 71 afghans et 79 Pakistanais sont inscrits.
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À l'approche des élections nationales, des affiches politiques étaient éparpillés partout dans les rues. Ici, celles du Mouvement du Pakistan pour la justice (PTI) et du Muttahida Majlis-e-Amal (MMA) sont accrochées devant la mosquée Wasir Khan dans la ville fortifiée de Lahore. La légende du cricket pakistanais Imran Khan est devenu le premier ministre du Pakistan et a conduit le PTI à devenir le plus grand parti au parlement l'année dernière.

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Cet article a été publié sur VICE US.