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Sexe

Qu’est-ce qu’un orgasme nocturne, et comment en avoir un ?

Environ trois fois par mois, je me fais réveiller par un orgasme – et j'ai pensé qu'il était temps de partager mon secret avec le reste du monde.

par Stevie Martin
17 May 2018, 11:36am

Cela se produit trois fois par mois environ. Je suis dans cette zone floue, à mi-chemin entre le sommeil et l'éveil, en train de m'accrocher à un rêve vaguement érotique que je n'arrive pas précisément à cerner et je sens que quelque chose se construit lentement. Le temps de me réveiller pour de bon, je suis en train d'avoir un orgasme.

C'est probablement le meilleur moyen de commencer la journée et il me faut toujours quelques minutes avant d'être bien sûre de ce qui vient de se produire. Est-ce que j'ai... ? Oui. Oui, je viens de jouir. High five intérieur. Puis je me lève, je jette un coup d'œil à mon téléphone et toute la satisfaction que me procurent mes étonnantes possibilités corporelles s'évanouit instantanément, noyée dans une mer de panique lorsque je constate que je suis vraiment, vraiment en retard au travail.

Mais c'est incroyable. Selon le Kinsey Report, environ 37 % des femmes auront des orgasmes nocturnes d'ici leurs 45 ans. Si vous avez la vingtaine ou la trentaine et que vous ne vous êtes jamais réveillée en jouissant, sachez que c'est peut-être bientôt votre tour. Les orgasmes nocturnes féminins arrivent le plus fréquemment lors de la quarantaine et à mi-chemin de la cinquantaine – contrairement aux hommes qui découvrent les rêves humides de l'adolescence au début de la vingtaine, avant de voir tout cela décroître rapidement à partir de la trentaine.

« C'est un cadeau de la part de ton cerveau », affirme Jade, 24 ans, qui n'a des orgasmes nocturnes que lorsqu'elle traverse une longue période de disette sexuelle. « Parfois le fait de ne pas avoir de rapports sexuels me plonge dans un tel ennui que je n'ai même plus envie de me masturber – mais mon cerveau me rappelle que, oui, je peux toujours avoir un orgasme ». Quand elle est au milieu d'une période d'abstinence subie, Jade peut avoir plusieurs orgasmes nocturnes par semaine – parfois de son plein gré, parfois sans la moindre intervention manuelle.

À l'époque où j'étais jeune et frustrée de ne pas être capable de jouir sur commande comme une pornstar, l'une des plus étonnantes statistiques que j'ai découvertes révélait que seulement 25 % des femmes ont systématiquement un orgasme au cours d'un rapport sexuel où seul le vagin est stimulé. Les femmes sont un peu plus complexes quand il s'agit de jouir. Tout se passe dans la tête, il ne s'agit pas uniquement de technique.

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Photo par Lumina via Stocksy

Quasiment toutes les femmes savent que les orgasmes – ou le manque d'orgasmes – sont étroitement liés à ce qui se passe sur le plan psychologique. « Nombre de facteurs dissuadent les femmes d'avoir des orgasmes au cours d'un rapport sexuel », explique Dr Debby Herbenick, professeur associé à l'université de l'Indiana, chercheur au Kinsey Institute et auteur du livre The Coregasm Workout. « Notamment le fait de ne pas avoir suffisamment d'informations sur la manière d'obtenir un orgasme, un partenaire désinvolte, des problèmes avec son image corporelle, et ainsi de suite. » Comme dans toute relation sexuelle satisfaisante, un orgasme ne se produit pas nécessairement sur commande.

Heureusement, et parce que c'est mêlé à ce point à la confiance, au sentiment de sécurité et à nos propres cerveaux, les orgasmes ont tendance à s'améliorer avec l'âge. « Il devient généralement plus facile de jouir avec l'âge et l'expérience, et quand les femmes couchent avec des partenaires réguliers dont elles savent qu'ils se soucient d'elles », déclare Dr Herbenick. « Nous constatons donc que les taux d'orgasmes les plus hauts se retrouvent chez celles qui sont au milieu ou à la fin de leur vingtaine, trentaine, et quarantaine ».

Il semble donc logique que la même chose se produise avec les orgasmes nocturnes. Et il se trouve que fait de pouvoir, ou non, jouir dans son sommeil n'a rien à voir avec sa capacité à jouir lorsque l'on est éveillé.

Tout d'abord, cela a plus de chances de se produire si vous avez eu un certain nombre d'orgasmes, suivis d'une longue période de disette sexuelle. »

« Il existe de bonnes raisons de penser que les orgasmes obtenus en dormant ne sont pas dus à une stimulation génitale mais créés par le cerveau », écrivent Barry R. Komisaruk, Berverly Whipple, et Saraj Nasserzadeh dans The Orgasm Answer Guide. Des études ont également montré que des personnes atteintes de lésions de la moelle épinière entraînant une absence de lien entre le cerveau et les organes génitaux peuvent encore avoir des orgasmes nocturnes. En gros, si vous avez un clitoris ou un vagin fonctionnel, vous pouvez rêver et jouir.

Les orgasmes impliquent à peu près tout le corps mais sont contrôlés, en dernier lieu, par le cerveau. Pensez-y, un adolescent ne peut pas toujours contrôler ses érections – cela peut se produire au milieu d'un cours d'histoire comme au milieu de la nuit. L'excitation est dominée par leur cerveau plutôt que par un contact physique. Les orgasmes nocturnes incontrôlables diminuent alors que les hommes prennent de l'âge et apprennent à contrôler leurs orgasmes, éveillés comme endormis, et leur capacité à jouir devient davantage une réponse physique à un contact corporel. Pour les femmes, toutefois, les orgasmes restent ancrés dans le domaine du psychologique – la fréquence de nos orgasmes nocturnes augmente avec l'âge, et atteint son apogée passé la quarantaine.

« J'ai un gros problème », écrit une femme sur eHealth. « C'est le suivant : j'ai un peu plus de 30 ans et je n'ai jamais joui avec un homme, ni par moi-même. Mais lorsque je dors il suffit d'une pensée dans mon rêve et je peux jouir si intensément via mon clitorus [sic] ou mon intérieur, ou encore les deux, que je me réveille à deux doigts d'exploser et je me touche jusqu'à ce que cela se produise ».

Le plus proche équivalent masculin est probablement l'éjaculation précoce, dont les origines restent floues mais qui a été liée à l'angoisse, la culpabilité, ou la dépression. De manière similaire, l'anorgasmie chez les femmes est largement associée aux mêmes symptômes. À moins qu'il ne s'agisse d'un problème gynécologique ou que vous preniez un médicament spécifique qui vous empêche de jouir (coucou les antidépresseurs), il n'y a pas grand-chose à faire si ce n'est « se détendre ». Plus vous essaierez de jouir, plus cela vous échappera, ce qui est probablement aussi énervant à entendre que lorsque l'on vient vous expliquer que vous trouverez l'amour lorsque vous arrêterez de le chercher désespérément. « Je ne suis pas familier d'études systémiques ou à grande échelle concernant des groupes de femmes n'ayant que des orgasmes nocturnes, jamais d'orgasmes liés à la masturbation, au sexe d'un partenaire ou à la pratique », déclare le Dr Herbenick. « Donc personne, moi compris, n'est réellement en mesure d'expliquer cette différence, ou de proposer des solutions ».

Pour ceux qui peuvent avoir des orgasmes lorsqu'ils ne dorment pas et sont tentés par la chose, il y a deux ou trois moyens de faciliter le plaisir nocturne. C'est peut-être une zone insuffisamment étudiée, mais c'est heureusement une situation où ma propre expérience est aussi viable que celle de n'importe quel professionnel de la santé. Appelez-moi Dr Nokturnen Von Orgasm – ou un truc du genre.

Tout d'abord, cela a plus de chances de se produire si vous avez eu un certain nombre d'orgasmes, suivis d'une soudaine période de disette. La pénurie sexuelle peut durer quelques jours ou quelques semaines, le temps qu'il faudra pour que vous en arriviez à vous dire « Mmh, cela fait un moment que je n'ai pas joui » – et que cette pensée s'implante dans votre esprit.

Si vous êtes suffisamment chanceuse pour vous réveiller en jouissant, voici un dernier conseil : diffusez la bonne parole.

Ensuite il faut être allongé sur le ventre. Je sais, je sais, il y a des livres qui expliquent que cela n'a rien à voir avec la stimulation génitale, mais cela ne fait pas de mal d'avoir quelque chose qui appuie par là, non ? Et il a été prouvé que le fait de dormir sur son estomac provoquait des rêves érotiques (ce qui est apparemment lié au fait qu'il est probable que vous soyez essoufflée au bout d'un moment), donc ça ne fait définitivement pas de mal. Troisième point, vous devez être fatiguée. Genre, épuisée. Il n'y a pas de preuves scientifiques à cela, autre que le témoignage de Daisy Buchanan qui a écrit un article sur ses orgasmes nocturnes – mais sa propre expérience recoupe clairement la mienne.

Finalement, pensez à quelque chose de carrément sexy alors que vous vous déconnectez. C'est une évidence. Lâchez-vous, ce n'est pas comme si quelqu'un vous attendait au tournant pour faire votre procès.

Si vous êtes suffisamment chanceuse pour vous réveiller en jouissant, alors voici un dernier conseil : diffusez la bonne parole. Le fait que nous n'en parlions pas avec des amis, des petits copains, des grands-parents (je plaisante, n'en parlez pas à vos grands-parents, à moins qu'ils soient particulièrement ouverts) signifie que peu de gens sont au courant des généreux plaisirs que nos corps peuvent nous procurer. Il est possible que votre cerveau vous fasse jouir sans que votre corps ne fasse quoi que ce soit. Si ça, ce n'est pas un miracle de Noël, je ne sais vraiment pas ce que c'est.

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Cet article a été initialement publié sur Broadly.

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