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D’incessants pets puants en plein vol ont forcé un avion à atterrir

Mais allez, mec.
12 June 2018, 11:13am
Photo via Flickr/Terry Whalebone

Cet article a été initialement publié sur VICE UK.

Nous sommes en 2018 et les entrailles pourries d’un type ont à nouveau immobilisé un avion et fait se déplacer la police.

Et ça continue : en 2015, le fameux Poo Plane OG; en 2016, un type dans un avion pour Paris a pissé sur un autre et une bagarre générale a éclaté en plein air; En 2017, en plein mois d’août, un avion a quitté Oklahoma City pour faire demi-tour et atterrir en urgence parce qu’il y régnait une puanteur sans nom. Et ce week-end, alors que étiez juste en train de vivre, un avion reliant Dubaï à Amsterdam a été forcé d’atterrir parce qu’un des passagers ne voulait visiblement pas s’arrêter de péter.

Jetons un œil rapide sur ce qu’en dit presse, et arrêtons-nous ensuite plus en détails sur l’expression « ne voulait pas », utilisée dans la majorité des dépêches :

« Un passager anonyme d’un avion de Transavia Airlines a été évacué de force de l’appareil après un arrêt imprévu à Vienne, en Autriche. »

« Selon les rapports, deux personnes assises près de l’homme en question lui auraient demandé d’arrêter de péter, chose qu’il faisait depuis un certain temps. »

« On ne sait pas très bien si l’homme souffrait d’un problème de santé ou le faisait intentionnellement pour ennuyer les personnes aux alentours, mais l’odeur était à ce point désagréable qu’une bagarre aurait éclaté. »

« Après plusieurs avertissements du personnel de bord et du pilote lui-même, l’avion a été forcé d’atterrir afin que la police puisse monter à bord et traiter la situation. »

« Les policiers autrichiens ont répondu à l’appel embarquant avec des chiens pour évacuer l’individu souffrant de flatulences. Les images de l’incident ont été partagées sur les médias sociaux par Alfred Dekker. »

The Independent, ou du moins The Indy 100, Février 17, 2018

Deux sœurs d’une rangée adjacente ont également été sorties de l’avion dans le cadre de la mission Proutageddon, et les citations recueillies par De Telegraaf à ce sujet suggèrent plutôt qu’il se passait quelque chose de plus sérieux qu’un type qui pétait allègrement en rangée centrale pour contrarier ses voisins :

« C’était stupide de nous avoir inclus dans l’histoire, nous n’avions aucune idée de qui étaient ces types, on a juste eu la malchance d’être sur la même rangée qu’eux, nous n’avons rien fait. »

« Rien n’a été dit pour justifier le comportement bizarre de l’équipage de Transavia.»

« Nous avons été obligés de trouver nos propres vols retours avec une autre compagnie aérienne. »

« Tout ce que j’ai à dire, c’est que l’équipage était vraiment agressif et a empiré les choses. »

Voici les principaux points à soulever, et il n’y en aura que quatre pour que vous puissiez retourner à vos occupations :

  1. Je suis assez polie, trou du cul-ment parlant. Je pense avoir un anus bien éduqué. On jouit d’une belle relation, mon anus et moi. Une relation qui se base sur la confiance, et cela veut fondamentalement dire que je ne me mets pas à chier ou à péter sans l’avoir décidé de mon plein gré. Je ne suis d’ailleurs pas du genre à lâcher des gaz devant quelqu’un, et quand c’est nécessaire, je me retire aux toilettes. (Beaucoup de personnes vous diront que je suis une phobique des pets et que je devrais me trouver une thérapie et/ou une aide médicale). Ça fait très longtemps que je n’ai pas lâché une boule puante dans mon froc. Je pense que si vous ressentez le besoin de péter, il est simplement possible d’éradiquer ce besoin et de faire comme si il n’existait pas. Nul besoin de lâcher un pet aussi dévastateur que Katrina dans un avion. Nul besoin de péter tout court dans un avion. Si vous avez laissé échapper tellement de perlouses que vos voisins en viennent à se plaindre de l’odeur, c’est que vous avez pété de façon exagérée. Point.
  1. Maintenant, mise en situation : combien de fois la personne à côté de vous dans un avion doit-elle péter avant que vous ne daignez en informer l’hôtesse ? Un pet : acceptable. Les accidents arrivent. Deux à trois pets : vous allez, dans votre tête, commencer à maudire la personne assise à côté de vous. Dubaï – Amsterdam dure 7,5 heures, et un être humain normalement constitué pète en moyenne 14 fois par jour, c’est à dire 1,7 fois par heure. Le vol en question permet donc un taux de pet moyen de 12,75 par personne et par anus. Mais deux forces mentales opposées entrent ici en jeu : le besoin de se plaindre, et votre bonne éducation. Combien de pets pourriez-vous tolérer avant de vous plaindre ? Six à douze verrait n’importe qui rouler des yeux et s’offusquer en silence. Si le nombre de pets dépasse douze, des envies de meurtre vont certainement commencer à germer dans votre esprit. Mais allez-vous réellement vous en plaindre ? A un autre être humain ? Au point que l’avion se trouve forcé d’atterrir en Autriche ? Je doute que la quantité de pets nécessaires pour atteindre cette limite soit physiquement faisable pour n’importe quel être humain, qu’importe le nombre d’assiettes de flageolets ingurgitées la veille.
  1. Je pense que si quelqu’un me demandait d’arrêter de péter, j’arrêterais de péter. Je ne refuserais pas d’arrêter de péter. Pouvez-vous imaginer le sentiment brûlant de honte dans votre poitrine quand quelqu’un – un inconnu ! – vous demande d’arrêter de péter parce que vous pétez trop ? Parfois, un être humain a besoin de péter : je peux comprendre ça. Mais si quelqu’un vous fixe dans le blanc des yeux en vous demandant directement « s‘il vous plaît, monsieur, arrêtez de péter ou je fais atterrir l’avion » – ou encore si le capitaine en personne prend l’interphone et demande à tout le monde d’arrêter de péter – croyez-moi, vous arrêteriez de péter. Je ne juge pas les gens qui pètent. J’ai pété, dans ma vie, avant. J’ai vécu des moments où je ressentais le pet roucouler dans mon bas-ventre, prêt à sortir, mais j’ai toujours choisi de ne pas le faire. Si un inconnu me demandait soudainement d’arrêter de péter, je ferais tout ce qui est en mon pouvoir pour me retenir, au point que mon corps se refermerait sur lui-même, s’inversant complètement, et que je mourrais de honte.
  1. Je pense qu’il est urgent d’admettre que nous autres, créatures humaines, ne sommes physiologiquement pas conçus pour le transport aérien. Il est temps de nous ancrer ça dans la tête. On continue à chier, à se battre, à pisser et à péter en plein vol jusqu’à l’absurde. On se déshydrate et on a mal aux oreilles. J’ai récemment pris un vol de 12 heures sur la côte ouest des USA et j’ai failli m’arracher les cheveux. L’esprit humain ne peut pas s’occuper pendant 12 heures d’affilée sans devenir fou. Elon Musk a récemment envoyé une voiture dans l’espace, et quand je vois ce faux astronaute enfermé là-dedans je ne peux m’empêcher de penser : et si c’était une vraie personne ? Exploserait-elle à cause de toute la pression accumulée via ses pets réprimés ? Ou bien serait-elle simplement en train de mater un épisode de New Girl, comme je suis maintenant occupée de le faire ? Mangerait-elle un gros plat de bœuf mariné qui la rendrait nauséeuse pour les 18 prochaines heures ? La majorité des hommes s’en sortent à peine quand ils voyagent à quelques kilomètres au dessus du sol. Autant vous dire que nous ne sommes, collectivement, pas prêts pour l’espace. L’Homme Prout d’Autriche-Dubaï est un simple avertissement pour l’avenir de l’humanité : ne passez pas cette immense et sombre frontière, mortels. Là-haut, vous allez péter jusqu’à en crever.

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