La Wallonie mélancolique de Sebastiaan Franco

L’histoire d’un photographe belge qui tombe en amour devant l’ambivalence esthétique de la Wallonie.

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juin 19 2018, 8:01am

Sebastiaan est un jeune photographe de 25 ans qui réside actuellement à Gand. Quand ses études à l’Académie des beaux-arts de Gand lui laissent un peu de temps, il le passe à voyager afin de ramener des images : expéditions au Kenya, en Irlande, mais aussi dans la petite ville belge de Seraing.

Si les deux premières destinations semblent idylliques, la troisième l’est un peu moins. Quand on lui demande pourquoi Seraing, le jeune homme nous explique qu’il s’est retrouvé là-bas un peu par hasard, afin d’accompagner un ami pour un projet. « Pour des raisons que je ne m’explique toujours pas sept années après, je suis tombé amoureux de l’endroit, de l’atmosphère et des gens que j’y ai rencontré. »

D’après Sebastiaan, Seraing possèderait cet aura mélancolique des villes de Wallonie où le déclin des industries de charbon et d’acier a laissé derrière lui de vieux bâtiments en ruine et toute une population qui a dû se reconstruire. Mais pas seulement. « Quand vous mentionnez la Wallonie, les gens pensent directement à des villes comme Charleroi, et à tous les aprioris qui vont avec. Ils oublient qu’il y a plus d’un siècle, ces villes ont joui d’une économie très riche. À première vue, la détérioration des bâtiments accentue la tristesse de la région, mais ce qui est intéressant, c’est que derrière chaque vitre brisée et chaque sourire fissuré se cachent une beauté et une poésie brutes. Et ça vaut pour toutes les villes industrielles, pas seulement pour Seraing. »

Au fil de ses images, vous pourrez voir apparaître le potentiel esthétique des lieux et de ses habitants. Dans le regard de ces derniers d’ailleurs, impossible de ne pas y déceler la fierté d’y vivre, malgré tout.

Vous pouvez retrouver la série complète ici , et le reste du travail de Sebastiaan sur son site.


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