Drogue

Les pires endroits au monde où se faire arrêter avec de la weed

À lire avant vos prochaines vacances.

par Manisha Krishnan; traduit par Sandra Proutry-Skrzypek
14 February 2020, 12:02pm

Photo : Tom Dulat/Getty Images 

Pour les personnes qui fument de l'herbe, trouver où en acheter est essentiel pour passer de bonnes vacances. Personne ne veut être obligé·e de parcourir désespérément la plage à la recherche d'un dealer, pour ensuite dépenser 50 euros pour quelques grammes de mauvaise qualité.

C'est une tâche qui devient plus facile à mesure que les pays du monde entier assouplissent leurs lois sur le cannabis. Le Canada et l'Uruguay, ainsi que plusieurs États américains, ont complètement légalisé l’usage récréatif. Et des destinations comme Amsterdam et la Jamaïque, connues pour leur culture du cannabis, accueillent les touristes amateur·es de cannabis.

Mais de nombreux pays considèrent encore que la weed est aussi dangereuse que les méthamphétamines et l'héroïne, et les consommateur·ses sont vilipendé·es et traité·es comme des toxicomanes. Selon la quantité, une peine de prison sévère ou même la peine de mort peut être prononcée. L'Asie du Sud-Est, en particulier, dispose de certaines des lois les plus strictes sur le cannabis.

Voici quelques destinations qui comptent parmi les plus risquées au monde si vous vous faites prendre avec du cannabis.

En Indonésie

L'Indonésie, connue pour ses magnifiques plages, ses temples et ses volcans, est une destination touristique incroyablement populaire. Bali a attiré à elle seule plus de 6 millions de touristes en 2018. Mais s’y faire prendre avec de l'herbe pourrait facilement vous valoir une peine de prison, voire la peine de mort pour un trafic de haut niveau.

En Indonésie, le cannabis fait partie du groupe 1, au côté de l'héroïne, de la cocaïne et du crystal meth, ce qui signifie que le gouvernement le considère comme une substance dangereuse sans valeur thérapeutique. Mais des millions de personnes consomment encore du cannabis en Indonésie, la majorité étant produite dans la région d'Aceh, selon un rapport du Transnational Institute.

La peine pour s'être fait·e prendre avec du cannabis pour usage personnel est de quatre ans de prison maximum ou une cure de désintoxication obligatoire. Si vous êtes arrêté·e pour avoir cultivé plus d'un kilogramme ou cinq plants, vous risquez entre cinq et vingt ans de prison ou la prison à vie.

Le rapport du Transnational Institute note qu'en Indonésie, environ 26 personnes par jour sont condamnées à des peines de prison pour des délits liés au cannabis et que les consommateurs peuvent être accusés de trafic. Il faut parfois soudoyer pour éviter d'être arrêté.

Selon le gouvernement britannique, « la police fait souvent des descentes dans des lieux (en particulier à Bali) fréquentés par les étranger·es. Vous devrez peut-être passer une analyse d'urine ou de sang s'il y a des raisons de soupçonner que des drogues ont été consommées ».

Pip Holmes, un surfeur britannique de 45 ans, risque actuellement jusqu'à quinze ans d'emprisonnement dans la célèbre prison de Kerobokan à Bali pour avoir été pris avec 31 grammes d'huile de THC qu'il dit utiliser pour traiter son arthrite. C’est un ami qui lui avait envoyé l’huile par courrier. Il est accusé de contrebande.

Au Japon

Le Japon est très strict sur le cannabis. Lorsque le Canada l'a légalisé en 2018, le gouvernement japonais a averti ses citoyen·nes expatrié·es de ne pas en consommer au risque d’en subir les conséquences à leur retour au pays.

Selon la loi japonaise, la possession de cannabis peut entraîner jusqu'à cinq ans de prison, ou sept ans en cas d'intention présumée de faire du profit, et une amende potentielle pouvant atteindre 18 000 dollars. Les peines de prison pour la culture, l'importation et l'exportation de cannabis sont de sept ans, ou jusqu'à dix ans s'il y a intention de faire du profit, et une amende potentielle pouvant aller jusqu'à 27 000 dollars.

Selon The Diplomat, les arrestations liées au cannabis sont en hausse au Japon, passant d'environ 3 000 en 2017 à 3 578 en 2018. Le chanteur pop japonais Junnosuke Taguchi et sa petite amie Rena Komie ont été arrêté·es en mai dernier pour avoir eu seulement 2,2 grammes de cannabis dans leur appartement. Iels ont été libérés sous caution, en payant 27 000 dollars chacun. Iels ont tou·tes deux été condamné·es à des peines de prison avec sursis en octobre, ce qui signifie qu'iels ne risquent pas d'aller en prison.

En Thaïlande

La Thaïlande a récemment assoupli ses lois sur le cannabis en légalisant son usage médical en 2018 Il s'agit d'un changement radical par rapport à l'époque où des personnes étaient tuées pour possession dans le cadre de la guerre contre la drogue menée par le pays. Et tou·tes celleux qui sont passé·es par là peuvent vous dire que la drogue, des champignons à l'herbe en passant par l'opium, est largement accessible aux backpackers. Mais faites attention à qui vous en achetez.

La peine pour possession de faible niveau est d'un an de prison et/ou d'une amende de 320 dollars, pouvant aller jusqu'à cinq ans de prison pour la possession de 10 kg d'herbe maximum.

Mais le plus gros risque pour les voyageur·ses est de se faire avoir par des « dealers » qui travaillent en réalité avec la police. Les fêtes de la pleine lune sur les îles thaïlandaises sont également connues pour avoir des agents infiltrés se faisant passer pour des dealers, qui exigeront un pot-de-vin en échange de votre liberté.

À Singapour

Singapour est connu pour être très stricte : il est illégal de jeter des déchets, de cracher, de fumer en public et de mâcher du chewing-gum dans les transports en commun. Il n'est donc pas surprenant que les lois du pays sur le cannabis soient parmi les plus sévères au monde.

La possession de cannabis peut entraîner une peine maximale de dix ans de prison ou une amende de 20 000 dollars. Si vous êtes pris·e avec plus de 500 grammes de cannabis, vous pouvez être accusé·e de trafic, et les peines vont de la raclée à la prison à vie, voire à la peine de mort.

En 2016, un Nigérian, Chijioke Stephen Obioha, 38 ans, a été pendu à Singapour après avoir été pris avec 2,6 kg d'herbe.

Après que le Canada a légalisé le cannabis, le gouvernement canadien a averti ses citoyen·nes que les autorités de Singapour peuvent exiger un test de dépistage de drogue à l'entrée du pays. Si le test est positif, vous pouvez être arrêté·e et poursuivi·e, même si la drogue n'a pas été consommée à Singapour.

En Malaisie

La Malaisie envisage d'abolir la peine de mort pour les trafiquant·es de drogue, ce qui comprend les personnes arrêtées avec plus de 200 grammes de cannabis, et de dépénaliser la possession pour usage personnel.

Mais la possession reste illégale et est passible d'au moins cinq ans de prison si une personne est prise avec 50 grammes ou plus. Cultiver ne serait-ce qu'un seul plant peut signifier la prison à vie.

Aux Émirats arabes unis

Dubaï est devenue une destination extrêmement populaire, tant pour les affaires que pour les loisirs. Elle a attiré près de 16 millions de touristes en 2018, ce qui en fait la quatrième ville la plus visitée au monde, les touristes dépensant en moyenne 550 dollars par jour, selon un rapport de Mastercard. Mais dépenser une partie de cet argent pour acheter de la drogue serait probablement une erreur.

Aux EAU, même le fait d'avoir de la drogue dans son organisme peut être considéré comme de la possession, ce qui est passible d'un minimum de quatre ans de prison ou d'une amende de 2 700 dollars.

Keith Brown, travailleur social britannique et père de trois enfants, a été condamné à quatre ans de prison en 2008 après qu’on a trouvé 0,0003 gramme (la taille d'un grain de sucre) de cannabis collé à sa chaussure à l'aéroport de Dubaï.

En 2017, un autre Britannique, Connor Clements, a été condamné à deux ans de prison après avoir déménagé à Dubaï et avoir subi un test de dépistage de drogue qui a révélé qu'il avait consommé du cannabis. Clements a déclaré aux journalistes qu'il avait dû dormir sur le sol d'une cellule avec 25 autres personnes et que son audience au tribunal avait duré « moins d'une minute ».

En Turquie

Bien que la Turquie soit actuellement en train d'augmenter sa production de cannabis médical, l'usage récréatif reste illégal. La possession à petite échelle est passible d'une peine de prison pouvant aller jusqu'à deux ans.

Quant aux personnes qui « encouragent ouvertement la consommation de drogues addictives ou excitantes » peuvent être condamnées à une peine pouvant aller jusqu'à cinq ans de prison.

Aux États-Unis

De nombreux États américains ont du cannabis légal, notamment la Californie, l'Oregon, Washington et le Colorado. Mais il reste illégal au niveau fédéral, ce qui signifie que les étranger·es sont en danger s'iels choisissent d’en consommer.

Si vous entrez aux États-Unis, le simple fait d'admettre que vous avez déjà fumé de l'herbe pourrait vous valoir une interdiction de territoire à vie. Il en va de même si on vous trouve avec du cannabis sur vous.

Même si vous consommez de l'herbe qui est légale dans l'État que vous visitez, vous pourriez avoir des ennuis. L'été dernier, le podcast sur le cannabis On Something a présenté l'histoire d'une Chilienne qui s'est vue imposer une interdiction de territoire à vie parce que les douanier·es américain·es ont trouvé dans son téléphone des photos d'elle visitant un dispensaire de cannabis à Denver.

Vous pouvez demander une dérogation pour contourner une interdiction à vie, mais cela peut coûter jusqu'à 1 000 dollars et prendre jusqu'à 18 mois.

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Cet article a été publié sur VICE US.

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