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Il pourrait y avoir plus d'un milliard de réfugié·es climatiques d'ici 2050

Les nouvelles conclusions de l’Institut pour l'économie et la paix établissent un lien entre le changement climatique, les troubles politiques, la pénurie des ressources et la migration.
16 September 2020, 6:31am
réfugiés climatiques
Des réfugiés somaliens déplacés par les inondations traversent une rivière à Dadaab, dans le district de Garissa, dans la province nord-orientale du Kenya, le 22 novembre 2006. Photo : Brendan Bannon/AFP (Getty images)

Selon un nouveau rapport, plus d'un milliard de personnes vivant dans 31 pays à travers le monde risquent de se déplacer en masse d'ici 2050 parce qu'elles ne pourront pas faire face aux chocs écologiques, aux conflits et aux troubles civils aggravés par la crise climatique.

Selon l’Institut pour l'économie et la paix (IEP), qui publie également un indice mondial de la paix et du terrorisme, l'incapacité à gérer les catastrophes climatiques entraînera également une aggravation de l'insécurité alimentaire, une concurrence accrue autour des ressources et un afflux de réfugié·es dans des pays plus résilients. « Au cours des 30 prochaines années, sans une coopération mondiale urgente, le manque d'accès à la nourriture et à l'eau ne fera qu'augmenter, affirme Steve Killelea, fondateur et président exécutif de l'IEP. En l'absence d'action, les troubles civils, les émeutes et les conflits vont très probablement s'intensifier. »

Le Moyen-Orient, l'Asie du Sud, l'Afrique du Nord et l'Afrique subsaharienne sont confrontés aux pires menaces écologiques au niveau mondial, selon le rapport. Dix-neuf pays confrontés à certaines des pires crises écologiques, dont l'Afghanistan, la Syrie et le Pakistan, sont également parmi les pays les moins pacifiques du monde, toujours selon le rapport.

« D'ici 2050, environ 3,5 milliards de personnes dans le monde pourraient être confrontées à une situation d'insécurité alimentaire, soit une augmentation de près de 50 % par rapport au taux actuel »

Au Pakistan, en Éthiopie et en Iran, pays qui compteraient le plus grand nombre de personnes à risque, « même les petites menaces écologiques et les catastrophes naturelles » ont le potentiel de créer de provoquer des déplacements massifs.

L'Europe et l'Amérique du Nord seront confrontées à un afflux de réfugié·es, selon le rapport. Ces deux régions sont moins exposées aux menaces liées aux crises climatiques et sont mieux armées pour gérer celles qui se présentent.

D'ici 2050, environ 3,5 milliards de personnes dans le monde pourraient être confrontées à une situation d'insécurité alimentaire, soit une augmentation de près de 50 % par rapport au taux actuel. Le nombre de personnes souffrant de stress hydrique passera probablement de 2,6 milliards aujourd'hui à 5,4 milliards en 2040, et considérant que la plupart des cas de violence liée à l'eau ont eu lieu au Yémen et en Irak, le rapport indique qu'il existe un lien entre le stress hydrique extrême, la résilience et la tranquillité.

Seuls 16 pays, dont la Suède, l'Irlande et l'Islande, ne sont confrontés à aucune menace écologique à l'heure actuelle, selon le rapport.

À partir de données provenant de l'ONU et d'autres organismes internationaux, le rapport a évalué la capacité de 157 pays à résister à huit chocs écologiques, comme la hausse des températures, la croissance démographique et l'insécurité alimentaire.

Ce n'est pas la première étude à exposer l'interaction entre le changement climatique, les troubles politiques, la pauvreté et la migration. Le ministère américain de la défense a qualifié le changement climatique de « multiplicateur de menace » parce qu'il exacerbe les conflits et l'instabilité, et l'université de Stanford a constaté que le fossé entre les pays riches et les pays pauvres est 25 % plus grand qu'il ne l'aurait été sans la crise climatique.  Le changement climatique devrait créer 1,5 million de migrant·es et personne ne sait où iels iront ; selon le droit international, aucun pays n'est tenu d'accueillir des réfugié·es climatiques.

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