VICEhttps://www.vice.com/fr_beRSS feed for https://www.vice.comfrThu, 13 Dec 2018 13:36:10 +0000<![CDATA[Photos très chaudes d'un festival portuguais]]>https://www.vice.com/fr_be/article/mbykqv/photos-du-waking-life-festival-au-portugal-de-la-photographe-stephanie-migerodeThu, 13 Dec 2018 13:36:10 +0000Mauvaise nouvelle: c'est l'hiver. Et on ne peut pas encore dire 'On se les pèle en ce mois de février, heureusement c'est bientôt le printemps.' Non. C'est plutôt: 'On se les pèle en ce mois de décembre. On est encore à une semaine de l'hiver officiel, pourtant j'ai déjà sorti tous mes vêtements les plus chauds et le pire reste à venir'.

Heureusement, Stephanie Migerode nous a envoyé une série de photos d’un festival portugais qu’elle a visité cet été. Waking Life a été organisé pour la première fois en 2017 par un groupe de potes, y compris des Belges qui ont su tirer leur épingle du jeu dans la vie nocturne de Gand, où la musique et les arts étaient officiellement célébrés. Mais ici, la véritable tête d'affiche, c'est l'environnement. Les plages, le lac et les eaux nues de Waking Life font penser à un paradis terrestre - ou à un plateau de publicité pour gel douche.

Stephanie dit qu'elle aime partager le bonheur des autres, et nous pouvons le percevoir au travers de ses photos. Tout le monde a l'air heureux et joyeux. Stephanie tente de nous décrire le festival: « Vous avez une Prom Night avec du punch, un après-midi français avec du champagne et des baguettes, et l'Ultra Top 50 qui tourne en boucle en version karaoké. »

Elle fait également référence à un bar qui crépite, un radeau avec des danseuses nues et un phare. « Rétrospectivement, vous pouvez uniquement dire: vous auriez dû être là », conclut Stéphanie. Vous pouvez également régler votre thermostat sur 36 degrés et vous recouvrir de crème solaire. Il vous faudra alors cinq minutes avec les photos de Stephanie avant d'avoir le sentiment d'être à Crato, au Portugal.

Trouvez plus de photos de Stephanie Migerode sur son site.

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<![CDATA[Dans les orgies secrètes de Manchester]]>https://www.vice.com/fr_be/article/jpn4ex/dans-les-orgies-secretes-de-manchesterThu, 13 Dec 2018 09:57:01 +0000Joseph Finegan est un type sans histoire, un gars qui bosse dans une boîte de nuit et prend des photos pendant son temps libre. Le truc, c'est que ces photos ont pour protagonistes des échangistes qui organisent des orgies secrètes dans des hôtels lugubres de Manchester – orgies organisées sur Craiglist, pour être précis.

Il y a peu, Joseph m'a contacté pour me signaler qu'il publiait un bouquin contenant nombre de ses clichés. Do Not Disturb est aujourd'hui disponible en librairie, et j'ai donc passé un coup de fil à son auteur pour en apprendre plus sur les milieux interlopes de la ville qui a vu naître les frères Gallagher.

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Tes proches ont-ils connaissance de ce passe-temps ?
J'ai montré mon livre à mes parents, qui n'en ont pas vraiment compris l'objectif. Ils se disent que les jeunes font tous ça aujourd'hui. Je les comprends. Après, j'insiste sur le fait que je suis avant tout un gars normal, qui bosse dans une boîte de nuit. Je ne passe pas mon temps à prendre des photos de gens en train de baiser !

C'est noté. Merci, Joseph.

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<![CDATA[Serais-je plus heureuse en étant de droite ? ]]>https://www.vice.com/fr_be/article/vba3db/plus-heureuse-en-etant-de-droite-ou-pasThu, 13 Dec 2018 09:23:54 +0000Vivre dans une grande ville peut s’avérer assez difficile pour la santé mentale de tout être humain normalement composé. À presque chaque coin de rue, sur chaque trottoir, dans chaque rame de métro, la misère des uns se confronte à l’indifférence ou à l’impuissance des autres. Ayant grandi avec une mère issue de la gauche-caviar, j’ai toujours revendiqué une appartenance « de gauche ». Mes aspirations plus radicales se sont complètement développées lors de mon entrée dans le monde adulte. Je me pare donc aujourd’hui d’étiquettes diverses : « féministe », « anti-capitaliste », « écolo », « alliée des communautés LGBTQ+ », ou encore « stéréotype de la journaliste gauchiasse » selon la qualité de mon interlocuteur. Ces étiquettes, et les valeurs et idéaux politiques qu’elles recouvrent, ne me permettent de trouver que très peu de satisfaction lorsqu’on aborde l’état général de la société française, et du monde. Je passe donc la plupart de mon temps en colère, révoltée, découragée, choquée ou triste lorsque je suis confrontée à la pauvreté d’autrui et à la vilenie humaine. En gros, je suis malheureuse.

Le fait que nos rapports sociaux soient dirigés par la notion de profit individuel, d’accumulation personnelle des richesses, par la peur et le rejet de l’autre, ou par une tradition suivie aveuglément me fout carrément les boules. Rejoignant les valeurs progressistes de ce qu’on appelle « la gauche », et constatant mon état semi-dépressif à chaque consultation de mon fil Facebook, j’ai tenté de savoir si mes aspirations gauchistes étaient à l’origine, en partie ou en totalité, de la récurrence de mon malheur. Afin de répondre à mon interrogation, j’ai fait appel à Simon Varaine, doctorant en Sciences et en psychologie politiques au sein du laboratoire de recherche PACTE de Grenoble.

« Ainsi, on a des personnes de droite qui se déclarent de façon générale plus heureuses que les personnes de gauche » – Simon Varaine

J’ai vite été soulagée d’apprendre que je n’étais pas seule à constater l’influence de mes convictions politiques sur mon moral global. « Plusieurs recherches ont été menées sur le « Happiness Gap », qui séparerait les personnes de gauche et de droite, ces dernières étant vraisemblablement plus heureuses que les premières. Ainsi, on a des personnes de droite qui se déclarent de façon générale plus heureuses que les personnes de gauche » m’explique Simon Varaine. À l’origine de cet écart de bonheur, on trouve différentes raisons potentielles, toutes examinées sous la loupe de scientifiques : la croyance en la méritocratie, tout d’abord, mais aussi la capacité des convictions politiques à répondre au “besoin de fermeture cognitive“ des individus, ou encore la stabilité émotionnelle de chacun.

Pour Simon, « Les valeurs politiques de droite recouvrent des notions comme la méritocratie, une croyance en le libre-choix et libre-arbitre de chacun, ainsi qu’une affection pour l’ordre, la tradition et l’autorité. À gauche, ces valeurs sont au contraire culturellement progressistes, avec un désir d’opposition à l’autorité. Les inégalités y sont également perçues non pas comme la responsabilité des individus, mais comme une responsabilité collective » En bref, croire dur comme fer en la qualité de notre méritocratie française permettrait aux personnes de droite de justifier la misère des autres autour d’elles par des actions individuelles.

C’est le fameux « si vous cherchez du travail, moi je traverse la rue je vous en trouve » de Macron, qui impute les échecs et succès de chaque individu à ses actions seules, sans considérer les structures sociales et rapports de pouvoir en place. Les oeillères individualistes des personnes de droite leur permettent donc un certain détachement de la misère d’autrui, ce qui engendre pour eux moins d’affects négatifs.

Les personnes de droite auraient donc davantage besoin d’être rassurées par un système de pensées et de valeurs plus rigides, du style « gentils contre méchants », « méritants contre bon à rien » ou encore « ceux qui réussissent contre ceux qui ne sont rien »

Affects négatifs, qui sont en revanche beaucoup plus présents chez les personnes de gauche, comme l’ont montré les études comparant la stabilité émotionnelle (ou neuroticisme) des deux côtés. « Les personnes de droite montrent aussi plus de fermeté dans leurs convictions et leurs choix que les personnes de gauche, ce qui a été montré comme un facteur participant au bonheur des individus (c’est en particulier vrai lorsqu’on aborde des notions fortes comme la religion). Une personne sûre d’elle et de ses convictions a plus de chances d’être heureuse qu’une personne qui doute en permanence. » Voilà donc pour mon incapacité récurrente à faire des choix, ou bien même à arbitrer fermement entre ce qui “mal” et ce qui est “bien”, cherchant toujours à comprendre pourquoi plus qu’autre chose.

« On a trouvé que les valeurs proposées par la droite étaient plus à même de répondre au besoin des individus en “besoin de fermeture cognitive”, un besoin psychologique qui recouvre la nécessité d’être sûr de soi et de ses convictions. Les allégeances politiques ne sont donc pas le fruit d’un raisonnement pur, mais aussi une réponse à des besoins psychologiques », poursuit Simon. Les personnes de droite auraient donc davantage besoin d’être rassurées par un système de pensées et de valeurs plus rigides, du style « gentils contre méchants », « méritants contre bon à rien » ou encore « ceux qui réussissent contre ceux qui ne sont rien ». Simon Varaine continue : « Pour être plus précis, les études sur le besoin de fermeture cognitive montrent qu'il est particulièrement élevé chez les personnes de droite sur le plan culturel (favorables à l'ordre et au respect des tradition) mais pas particulièrement sur le plan économique (rapport à leur approche pro-méritocratique). »

Le « Happiness Gap » se creuserait également entre personnes de droite et de gauche en fonction du niveau des inégalités dans la société. Ainsi, plus les inégalités sociales et de richesse sont grandes au sein d’une société, plus l’écart se creuse entre les deux camps, laissant les gentils gauchistes tristes et désemparés. Il en est de même pour le niveau de menace expérimenté au sein d’une société (une explication, en partie, à la montée des idéologies de droite en cas de crise économique et financière). Et si l’on pourrait croire que les personnes de droite sont plus heureuse que les personnes de gauche simplement parce qu’elles bénéficient généralement d’un revenu plus élevé, et croient davantage au mariage et à la religion (deux notions qui participent également au niveau de bonheur), il n’en est rien. « Une autre étude a montré que toutes choses égales par ailleurs — revenu, croyances religieuses etc. — les personnes de gauche restent moins heureuses que les personnes de droite, » me confirme mon expert. « L'écart de bonheur entre personnes de droite et de gauche n'est pas dû à des facteurs sociaux (salaire, mariage, pratique religieuse, etc.) mais au bénéfice psychologique apporté par les idées méritocratiques portées par la droite. »

Adopter des convictions politiques dites “de droite”, au sein d’une société libérale individualiste inégalitaire, serait donc bon pour le moral. Des chercheurs ont également montré qu’il existe une différence tangible entre les cerveaux des personnes de droite et celles de gauche, ces dernières étant plus à même de ressentir, ou plus exactement, de vouloir ressentir, de l’empathie. Une étude réalisée en Europe et comparant les différents pays selon leur régime politique montre qu’au sein des pays social-démocrates comme la France (bénéficiant de la sécurité sociale, ayant un fort taux d’impôts, des retraites par répartition…), ce sont en réalité les personnes de droites qui sont le plus heureuses. L’étude nous dit que les pays comme la France, qui ont adopté des principes comme l’État-Providence, se sont construits sur des idéaux de gauche qui bénéficient aujourd’hui à tous, indépendamment de leurs convictions politiques.

Ces pays ont également été érigés par des individus décidés à combattre l’injustice et les inégalités… et par conséquent voués à ressentir une éternelle insatisfaction. En revanche, les personnes de droite, persuadées du bien-fondé du statu quo au sein de la société, profitent pleinement des droits ouverts par un État de gauche, « où ils peuvent avoir le sentiment que les pauvres n’ont que ce qu'ils méritent sans être eux-mêmes effrayés par la menace de la pauvreté. »

Maintenant, je sais.

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<![CDATA[L'assistante sociale qui a transformé un bar raciste en un café cosy]]>https://www.vice.com/fr_be/article/j5zawd/daringman-bruxelles-dun-bar-raciste-en-un-cafe-cosyWed, 12 Dec 2018 12:45:44 +0000 Bienvenue dans Last Call, notre rubrique qui s'occupe de récolter les souvenirs des tenanciers des bars du monde entier. Grâce à leurs histoires, vous apprendrez à surmonter les pires ruptures amoureuses et à passer les meilleures commandes qui soient.

En Belgique, la bière est sacrée et chaque café est un temple. Cependant, il n'est pas évident de trouver un café dans notre capitale où vous serez traité comme un habitué si vous n'y venez pas régulièrement. Le Daringman, situé dans la désormais très convoitée rue de Flandre, réussi ce paris. Classé dans la liste des meilleurs bars du monde par The Guardian, ce troquet n’a pourtant rien perdu de son authenticité. Son espace étriquée et ses néons rouges font de lui un lieu intimiste, réconfortant, où néerlandophones et francophones se mélangent et où il fait bon lire, échanger ou se serrer les uns contre les autres en soirée. Appelé affectueusement « chez Martine » par ses habitués, ce petit bar est le résultat de sa patronne.

Je me suis accoudé avec elle au comptoir pour discuter de son métier, de l’évolution du quartier et du secret de sa playlist toujours pointue.

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<![CDATA[Comment choper Amazon Prime gratuitement et pour (presque) toujours]]>https://www.vice.com/fr_be/article/gy7j4q/comment-choper-amazon-prime-gratuitement-et-pour-presque-toujoursWed, 12 Dec 2018 09:42:18 +0000Les révélations s'enchaînent depuis un an. Amazon traite ses employés comme des robots ou des bêtes, conçoit et commercialise des produits qui violent la vie privée de ses clients, enfume tranquillement le fisc... Forcément, la révolte enfle. Aux États-Unis, de plus en plus de gens résilient leur abonnement Amazon Prime en signe de protestation.

Malheureusement, Amazon a glissé ses tentacules dans tous les recoins de notre vie numérique. Son pouvoir est tel qu'il risque de ne même pas sentir le boycott de son offre Prime. Les services d'hébergement et de cloud computing d'Amazon Web Services sont des piliers d'Internet, il est presque impossible de leur échapper. Par contre, un compte Prime coûte 49 euros par an.

Aux États-Unis, 44% des ventes en ligne sont passées par Amazon en 2017. En Belgique, c'est le webshop le plus populaire. Jeff Bezos, le responsable de ce merdier, est l'homme le plus riche du monde : le groupe financier Bloomberg estime qu'il possède 138 milliards de dollars. Son plus proche concurrent, Bill Gates, pèse 40 milliards de moins.

Bref, vous ne ferez jamais de mal à Amazon ou Bezos en lâchant Prime. Mieux vaut gruger le système — ce n'est pas moins efficace et, au moins, c'est marrant. Aussi, permettez-moi de vous expliquer comment exploiter profiter de Prime pour toujours (ou presque) sans dépenser le moindre sou.

J'utilise la technique que je m'apprête à vous dévoiler depuis des années. Sachez que j'ai fait des erreurs en apprenant à la maîtriser. Respectez mon enseignement, soyez attentifs et ne les reproduisez pas.

Étape N°1 : Créez une nouvelle adresse mail

Vous avez sans doute déjà utilisé votre mail « habituel » pour gratter un mois d'essai gratuit sur Amazon Prime. Évidemment, cela signifie que vous ne pouvez plus l'utiliser pour ça. Il vous faut donc ouvrir une nouvelle boîte mail sur le service de votre choix : Yahoo, AOL, MSN... Je préfère éviter Google. Sachant que j'utilise beaucoup de ses services au quotidien, les choses pourraient vite devenir ingérables. Évitez seulement de créer une adresse jetable sur Email Fake, Guerrilla Mail ou apparentés. Ces services ne donnent pas accès à une boîte sécurisée, or c'est précisément ce dont vous allez avoir besoin pour confirmer l'essai gratuit et suivre le périple de vos colis.

Sachez que la plupart des services mail limitent le nombre d'adresses par numéro de téléphone. Comme vous allez connecter cette adresse et son futur compte Amazon affilié à vos informations bancaires, vous avez tout intérêt à utiliser l'identification à deux facteurs. Les zinzins de la sécurité peuvent acheter un téléphone prépayé pour recevoir leur code. Quand vous atteignez la limite d'adresses, changez de service mail. C'est aussi simple que ça.

Étape N°2 : Prenez un gestionnaire de mots de passe

C'est la partie la plus importante de la manip. Pas question de l'ignorer. Croyez-moi, vous allez avoir besoin d'un outil pour garder tous vos mots de passe quelque part. Aucun être humain lambda ne peut se souvenir de dizaines de logins comme ça. En effet, vous allez devoir conserver les informations de connexion de votre compte Amazon, mais aussi pour vos boîtes mail fantoches.

Utilisez Lastpass ou le gestionnaire de mots de passe de votre choix si vous n'en avez pas déjà un. En plus de vous permettre de douiller Amazon, cet outil renforcera votre sécurité sur Internet.

Étape N°3 : Commencez votre essai gratuit

Déjà, déconnectez-vous d'Amazon. Vous êtes forcément connecté dessus avec votre compte legit. Ouvrez ensuite un nouveau compte à l'aide de l'adresse mail que vous venez de créer. Enfin, cliquez sur n'importe lequel des liens qui vous invitent à essayer Prime. Vous ne pouvez pas les rater, il sont littéralement partout sur le site.

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J'ai appris à la dure ce qui se passe quand on n'annule pas immédiatement sa souscription. Il m'est arrivé d'oublier d'interrompre un essai gratuit et de me retrouver à payer plusieurs mois d'Amazon Prime sans m'en rendre compte — sans savoir sur quel compte. J'ai dû retrouver la bonne adresse mail en me connectant à chacune de mes boîtes fantoches et leur compte Amazon associé pour retrouver la coupable. Bien sûr, j'avais oublié la plupart de mes logins car je n'utilisais pas encore de gestionnaire de mots de passe. Ne soyez pas comme moi, je tiens à ce que vous évitiez cette erreur stupide.

Étape N°5 : Profitez de la vie en toute quiétude

Vous voilà libre d'exploiter tous les bénéfices d'Amazon Prime pendant les 30 prochains jours, ce qui devrait être bien commode en cette période de Noël. Je pousse le vice jusqu'à mettre une alerte sur mon agenda pour me préparer à renouveler l'essai gratuit. Sachant que vous avez annulé l'essai alors qu'il commençait à peine, vous n'êtes pas obligé de faire ça. Amazon se chargera de vous rappeler que vos « avantages » vont s'envoler chaque fois que vous vous connecterez. Il n'est d'ailleurs pas nécessaire de renouveler l'opération chaque fois qu'un essai arrive à son terme. Libre à vous d'opter pour un nouvel essai gratuit seulement quand le besoin s'en fait sentir.

Étape bonus : Faites un peu d'introspection

Vous utilisez Amazon Prime pour vous faire livrer gratuitement des choses que vous pourriez acheter dans un commerce du coin, pas vrai ? C'est dommage. De toute façon, Amazon risque de durcir ses règles vis-à-vis des essais gratuits d'ici peu. Peut-être aujourd'hui, peut-être demain. D'ici là, vous pouvez commandez autant de paquets de M&M's avec livraison gratuite qu'il vous chantera.

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<![CDATA[La méditation est un outil puissant et peut être une vraie descente aux enfers]]>https://www.vice.com/fr_be/article/vbaedd/la-meditation-est-un-outil-puissant-et-peut-etre-une-vraie-descente-aux-enfersWed, 12 Dec 2018 09:24:12 +0000En novembre dernier, le lundi d’après Thanksgiving, David* rentre chez lui en voiture après le travail, comme d’habitude. Tout d’un coup, il est submergé par une sensation étrange : le monde autour de lui semble entièrement subjectif. Tout est comme filtré par son cerveau, tout n’est qu’une fabrication.

« Ce n’est pas un scoop, c’est sûr, me dit-il. Mais j’ai senti le sol se dérober sous mes pieds, j’ai commencé à paniquer. J’ai réalisé que si je le voulais, je pourrais devenir fou sur-le-champ ». Il baisse la vitre, allume la radio et rentre chez lui avec précaution.

Cette nuit-là, il ne parvient pas à trouver le sommeil. Très fatigué, à chaque fois qu’il s’apprête à s’endormir, un électrochoc le réveille. « Je tremblais, j’éprouvais une tension au niveau de la poitrine et j’avais des nausées, assure-t-il. Cet état a perduré pendant six jours. J’ai dû dormir six heures au total. Un dimanche soir, j’ai même été forcé de me rendre aux urgences. »

David pense savoir ce qui a provoqué sa crise d’angoisse : la pratique de la méditation.

Il commence à méditer en août 2017. C’est un ouvrage de John Yates, The Mind Illuminated puis Mastering the Core Teachings of the Buddha, de Daniel Ingram, qui l’introduit à cette pratique. David prend rapidement le pli. La première semaine, il parvient à méditer 30 minutes par jour, et un mois plus tard, il pratique régulièrement avec deux séances de 60 minutes par jour - une le matin et l’autre l’après-midi.

« J’ai remarqué – et c’est encore plus clair rétrospectivement – que je me renfermais sur moi-même, dit-il. J’ai commencé à perdre goût à la vie. J’ai arrêté de jouer de la guitare, d’écouter de la musique. Faire la cuisine pour ma famille était devenu une corvée. »

David arrête de méditer presque instantanément, mais ça n’arrange pas les choses. Les médicaments parviennent à peine à le guérir de ses insomnies et il est anxieux toute la journée.

Pour une minorité de gens, la méditation peut provoquer des transformations durables de la personnalité et de l‘humeur

« J’avais des nausées, des douleurs à l’estomac et à la poitrine. J’éprouvais un sentiment général de terreur existentielle, raconte-t-il. Mon univers émotionnel s’est complètement bloqué. J’étais brisé. J’avais un boulot, une femme et deux enfants merveilleux, et pourtant, je pensais ne plus jamais retrouver le bonheur. »

La méditation n’est-elle pas censée être une pratique ancestrale capable de soigner tous nos maux contemporains ? Et en plus de faciliter une porte d’entrée séculaire à la spiritualité, la méditation repose sur des bases scientifiques. Les preuves empiriques de ses bénéfices sur notre santé ont été maintes fois apportées. On trouve des pratiques de pleine conscience pour soulager le stress, se débarrasser d’une addiction, de douleurs chroniques, de troubles de l’humeur, de pathologies psychiatriques et d’autres affections médicales. Toutes ces pratiques ont en outre des résultats prometteurs. iTunes est truffé d’applications de méditation et de pleine conscience. Méditer pourrait même améliorer notre vie sexuelle.

Mais au milieu de tout ce battage médiatique, la méditation manque parfois sa cible. Pour une minorité de gens, elle peut provoquer des transformations durables de la personnalité et de l‘humeur. Comme la méditation en pleine conscience et ses variantes diffusent dans bien des aspects nos vies, surtout depuis que les gens la pratiquent seuls, un petit groupe d’experts et de pratiquants signalent qu’elle n’est pas toujours bénéfique pour la psyché humaine.

Willoughby Britton est directrice du laboratoire de neurosciences affectives à l'université de Brown aux États-Unis. Elle supervise un groupe de parole pour les personnes comme David. Des gens pour qui la méditation a provoqué une crise psychologique et physique sans précédent. Chaque semaine, elle reçoit un nombre grandissant de messages provenant de personnes en détresse à la recherche d’une bouée de sauvetage. « Les victimes sont nombreuses », observe-t-elle.

Le groupe de parole se réunit en ligne, où des personnes de tous âges et de tous milieux se rencontrent pour trouver refuge auprès d’autres personnes souffrant également des effets négatifs de la médiation.

Plus de 75 % des études portant sur la méditation ne se penchent pas sur ses effets secondaires, affirme Britton. L’année dernière, elle a publié la plus grande étude à ce jour sur les problèmes liés à la pratique de la méditation. Elle a interviewé plus de 100 professeurs de méditation dotés d’une connaissance approfondie du sujet.

Dans cette étude comme dans l’étude de suivi sur laquelle elle travaille actuellement, elle affirme avoir mis au jour des symptômes prévalents. Il y a l’hyperstimulation : une augmentation de l’anxiété, de la peur, des insomnies, des flash-backs traumatiques et une instabilité émotionnelle générale. Il peut aussi y avoir une hypersensibilité générale ou plus particulièrement à la lumière et au bruit. Ces effets peuvent s’avérer plaisants au début, les couleurs deviennent plus vives, l’individu se met à remarquer plus de choses. « Si ces effets perdurent, le bruit devient énervant, on n’arrive plus à sortir de chez soi parce qu’on entend tout et que c’est gênant », me dit-elle.

Ou bien le contraire peut se produire, et le sujet développe une hyposensibilité. On peut alors croire à une expérience de dissociation corporelle. La personne a l’impression d’être en dehors de son corps, ou elle ne ressent plus rien. Elle peut même avoir la sensation de ne plus avoir de corps du tout. « Les gens disent avoir perdu leurs sensations au-delà de leur besoin de départ. Ils perdent la motivation et le plaisir de faire certaines choses », explique Britton.

Il y a dix ans, elle a mis en place le projet Cheetah House qui se donne pour objectif d’aider les personnes méditantes en difficulté (le nom provient du pali et du sanskrit citta qui signifie « esprit »). Britton reçoit des patients en provenance de centres de méditation adressés par des professeurs. Désormais, les applications lui envoient également leurs utilisateurs. Pour elle, il s’agit là « d’un nouveau support de méditation sans aucune supervision, pourtant disponible au plus grand nombre » (les applications Headspace et Calm n’ont pas répondu à nos nombreuses sollicitations pour les besoins de cet article).

« Les traditions zen ont aussi admis depuis longtemps que certaines approches peuvent donner lieu à des troubles prolongés que l’on appelle "la maladie du zen" » – Willoughby Britton, directrice d'un laboratoire de neurosciences affectives

Inutile de préciser que Britton ne voit pas d’un très bon œil la tendance grandissante à la prescription de méditation comme remède miracle. « Je n’ai pas l’impression que les programmes, les applis ou les professeurs de méditation se sentent responsables de leurs clients, dit-elle. Si les gens m’appellent, c’est qu’ils ne reçoivent pas l’aide dont ils ont besoin de la part des enseignants. »

Pratiquer la méditation peut provoquer des sensations étranges, c’est un fait bien documenté : les traditions bouddhistes font souvent référence aux différents effets de la méditation. « Dans cette approche, les nyams recensent un large panel d’expériences méditatives. Cela va d'un état de béatitude accompagné de visions à des douleurs physiques intenses, des désordres psychologiques, des épisodes paranoïaques, de la tristesse, de la colère ou encore de la peur », écrit Britton dans un article datant de 2017. « Les traditions zen ont aussi admis depuis longtemps que certaines approches peuvent donner lieu à des troubles prolongés que l’on appelle "la maladie du zen". »

Certains praticiens en méditation l’appellent « la nuit noire de l'âme », même si, selon Shinzen Young, consultant en neurosciences et professeur de pleine conscience, le terme provient de la tradition méditative chrétienne. « Il est certain que quiconque atteint un certain niveau en méditation passera par des phases de ressentis négatifs : de la confusion, une certaine désorientation et une sensibilité accrue aux évènements extérieurs », pouvait-on lire sur son blog en 2011. « Dans la tradition bouddhiste, ce phénomène, on l’appelle "tomber dans le puits du vide". Cette expérience procure la sensation inoubliable de la vacuité et de l’absence de soi. Le problème, c’est que la personne interprète cet effet de la méditation comme un bad trip. Au lieu d’être une expérience épanouissante comme le veut la tradition bouddhiste, c’est le contraire qui se produit. C’est en quelque sorte le côté obscur de l’éveil de la conscience. »

Young soutient que pour la plupart des gens, c’est une sensation tout à fait gérable avec l’aide d’un professeur compétent. Et même s'il faut parfois des mois ou des années pour en venir à bout, le résultat est « presque toujours très positif ». Mais pour ceux qui pratiquent la méditation à un niveau plus modeste, tomber dans « le puits du vide » n’est pas forcément l’idée de départ.

Patrick, 31 ans, a lu Où tu vas, tu es de Jon Kabat-Zinn et emprunté les séquences de méditations enregistrées qui vont avec à la bibliothèque de son quartier. Il a écouté les CD, qui l’ont guidé tout au long de ses séances de respiration et de méditations par balayage corporel.

« Je dirais que je méditais de 30 à 45 minutes, quatre à cinq jours par semaine. Il n’y a pas un jour où je ne méditais pas au moins un peu, explique-t-il. J’ai médité chaque jour pendant sept semaines. »

Parfois, alors qu'il médite, il ressent comme des vertiges, mais il affirme s’être senti globalement beaucoup moins stressé. « C’est comme si j’avais réussi à contourner le poids de la vie et de mes soucis quotidiens. Donc au début, c’était vraiment positif. »

Mais quand sa compagne lui parle de ses problèmes au boulot, il l’entend « en direct du septième ciel », comme il l’explique. Intérieurement, il se dit : « je ne vois pas du tout de quoi elle parle. » Peu à peu, il commence à avoir peur de se transformer en zombie s’il continue à méditer. « Est-ce que je vais encore réussir à comprendre les gens et leurs angoisses ? », se demande-t-il.

Vers mars 2018, une rupture se produit. Il se sent très émotif, il pleure souvent, il a des pensées intrusives. Il commence à devenir obsédé par l’idée qu’il réprime des traumatismes passés. Il se dit que s’il se sent aussi mal, c’est qu’un souvenir enfoui essaie de sortir.

Il se met à recenser toutes les choses honteuses qu’il a pu faire jusque-là, à révéler tous les secrets qu’il a gardés pour lui. « Je cherchais une explication à mon état désastreux, dit-il. Mais pourquoi est-ce que j’étais tellement loin de moi-même ? Pourquoi est-ce que je me sentais si triste, si coupable, si pessimiste ? »

Ces pensées ne lui ressemblent pas. Pourtant, il n’arrive pas à s’en débarrasser. Il se rend chez un médecin après avoir trouvé le groupe de parole de Britton. Le premier thérapeute qu’il voit affirme que la méditation ne peut pas être la cause de ses troubles. Il se met en quête de solutions alternatives, et plus de 1 000 dollars plus tard, il trouve un peu de soulagement grâce aux thérapies cognitivo-comportementales. Il est actuellement suivi par un acuponcteur et s’est complètement détourné de la méditation.


Nick* a 25 ans. Il a commencé la méditation après avoir lu l’ouvrage Pour une spiritualité sans religion de Sam Harris. Il a téléchargé l’application Calm et débute les séances de méditation guidées chez lui. À l’automne 2016, il prend part à une retraite de dix jours. « J’ai tenu bon pendant les dix jours, et l’expérience a transformé ma vie », affirme Nick. L’été dernier, il devient bénévole au centre de méditation, pratiquant trois à quatre heures par jour. En mars de cette année, il prend part à une nouvelle retraite de dix jours. « Je ne voyais pas comment les choses auraient pu mal tourner, parce que je connaissais déjà la formule », explique-t-il.

Mais, très vite, quelque chose s’enraye. Nick a eu un grave accident à l’âge de 13 ans et pendant la méditation, des souvenirs lui reviennent tout à coup. Une fois rentré chez lui, le sentiment est toujours présent.

C’est comme s'il avait à nouveau 13 ans. Il n’arrive plus à trouver le sommeil. « Mon esprit se fixait sur certaines zones de mon corps. C’était une sensation vraiment intense. Je somatisais, comme avec un trouble obsessionnel du comportement. Par exemple, à chaque fois que j’avalais, j’entendais un claquement dans mon oreille. Je me mettais à avaler compulsivement juste pour entendre le claquement. Pour moi, c’était un vrai problème. C’était très angoissant. »

Au bout d’un mois, il commence à avoir des pensées suicidaires. C’est là qu’il trouve les coordonnées de Britton, qui l’encourage à chercher de l’aide. Il se rend aux urgences et reste hospitalisé pendant une semaine.

« La méditation m’avait tellement apporté depuis plusieurs années. J’étais vraiment passionné, dit-il. Ça avait donné énormément de sens à ma vie et voilà que maintenant, cette pratique me faisait beaucoup de mal. Je ne me suis jamais senti aussi déprimé de ma vie. C’était très difficile d’affronter cette vérité à propos de la méditation. »

Il dit n’être qu’au début de sa guérison. Il a perdu son emploi à cause d’absences répétées. Et ce n’est pas évident pour lui d’en retrouver un, car il suit toujours un traitement à l’hôpital. Nick est suivi par un thérapeute et prend part au groupe de parole de Britton. Quand je lui demande ce qu'il pense de la méditation aujourd'hui, sa réponse est étonnamment généreuse :

« Si c’est pour essayer un peu, quelques minutes par jour, ou en suivant un de ces programmes guidés, je recommanderai la méditation sans hésiter à tout le monde. Mais il faut faire attention en cas de pratique intensive. Si vous remarquez quelque chose d’inhabituel, même après quelques minutes seulement, arrêtez et allez consulter. »

De nombreux mécanismes à l’origine des bénéfices de la méditation pourraient également être la cause de ses effets négatifs. La méditation renforce le cortex préfrontal, une zone du cerveau en charge de l’attention et des fonctions exécutives. C’est lui qui garde le système limbique et l’amygdale (deux centres émotionnels du cerveau) sous contrôle. « Vos réponses émotionnelles seront effectivement plus faibles », explique Britton.

Pour celles et ceux d’entre nous qui sont très émotifs, ça peut être une bonne chose. On est plus calmes et moins réactifs dans notre vie quotidienne. Mais selon Britton, le problème, c’est que pour certaines personnes, le processus peut s’emballer.

L’amygdale n’est pas seulement responsable des émotions négatives, mais aussi des émotions positives. Si l’une des deux se trouve réduite, l’autre peut suivre. « Les sujets de nos études se plaignent souvent de ne pas ressentir d’émotions, même positives, de ne plus ressentir d’affection pour leurs familles, dit Britton. C’est comme un trop-plein d’effet bénéfique. »

Il existe plusieurs sortes de méditations et Britton estime que chacune développe des compétences particulières. Pour elle, la méditation est un ensemble d’activités qui produisent intentionnellement un certain nombre d’effets corporels, mentaux ou comportementaux. Mais elle admet volontiers que cette définition pourrait s’appliquer à quasiment n’importe quoi.

« Ce qu’il faut retenir, c’est qu’il s’agit d’un processus intentionnel doté d’un but précis et que cet objectif est favorisé par la répétition », précise-t-elle.

Rebecca Semmens-Wheeler est maître de conférences en psychologie à l'université de Birmingham au Royaume-Uni. Elle s’intéresse à l’hypnose et à la méditation. Selon elle, l’engouement contemporain pour la méditation conduit à adopter une vision « à la carte » de cette tradition ancestrale. La raison d’être de la pleine conscience n’est pas de créer de la dissociation, explique-t-elle. Le fait que nous nous concentrions sur un seul type de méditation explique peut-être nos difficultés.

« C’est déroutant pour les clients, mais ça l’est encore plus pour les chercheurs qui veulent étudier les effets de la méditation sur le cerveau, affirme Britton. Plusieurs types de pratiques vont parfois jusqu’à partager le même nom. »

Richard Davidson est professeur de psychologie et de psychiatrie à l’université de Madison-Wisconsin et dirige le Center for Healthy Minds. Il a beaucoup travaillé sur les bénéfices de la méditation et d’autres pratiques contemplatives. Au téléphone, il précise d’emblée qu’il a beaucoup de respect pour les recherches scientifiques et de terrain de Britton. « Je pense qu’il est très utile d’attirer l’attention sur ces troubles potentiels. Son équipe fait un travail précieux. »

Au septième jour, elle commence à se sentir bizarre, elle a des vertiges. L’enseignant lui assure que c’est un processus normal en méditation, qu’elle ne doit pas s’inquiéter

Mais il estime que les personnes qui ressentent des effets négatifs étaient porteuses d’une vulnérabilité préexistante que la pratique de la méditation n’a fait qu’exacerber. « Ces études minorent le rôle des individus, qui ont souvent bataillé contre une maladie mentale auparavant. Ces personnes devraient être suivies par un praticien également intéressé par la méditation. Malheureusement, il en existe très peu. »

Si vous souhaitiez acquérir une nouvelle compétence complexe, comme jouer du violon par exemple, me demande-t-il, est-ce que vous ne chercheriez pas un professeur ? Sans doute. Mais on vit à une époque où tout le monde se tourne vers Internet pour toutes sortes de choses. Je pourrais sûrement apprendre le violon grâce à YouTube ou à une appli. Mais quand il s’agit de méditation, une pratique qui modifie notre psyché, il faut faire attention.

« Je comprends qu’on ait envie d’un raccourci, qu’on veuille aller plus vite, mais la réalité, c’est que lorsqu’on veut maîtriser une compétence complexe, un guide s’avère essentiel. »

Selon Davidson, lorsque les gens ressentent des effets négatifs après avoir médité seuls, il n’est pas évident de savoir ce qui les a provoqués. « Pour le dire brutalement, je pense que les personnes dont les soucis sont exacerbés par la méditation ne méditent pas correctement, avoue-t-il. Pour certaines, elles ne sont même pas vraiment en train de méditer. Elles pensent que si, mais ce n’est pas le cas. »

Pour Britton, la position de Richard Davidson, selon laquelle seules les personnes déjà vulnérables sont touchées, est courante. Peut-être que David était trop assidu, qu’il pratiquait de façon incorrecte ou que Patrick n’était pas assez suivi.

« J’entends cet argument sans arrêt, même à propos de mes recherches, me dit-elle. Je vais être très claire : ce ne sont pas les conclusions auxquelles nous sommes parvenues. Nous avons trouvé des exceptions à chacun de ces arguments. Les sujets de nos études étaient professeurs de méditation eux-mêmes et pratiquaient correctement, supervisés par des maîtres reconnus. Plus de la moitié n’avaient aucun antécédent psychiatrique ou traumatique. »


Toutes les personnes qui m’ont contactée via Britton m’ont demandé de préserver leur anonymat. Elles n’ont pas souhaité que leurs pairs, leurs chefs, professeurs ou familles sachent qu'elles avaient souffert d’effets négatifs en pratiquant une technique censée leur faire du bien. « La pleine conscience est réputée être la panacée à tous nos maux, me dit Sophia**. Tous ceux qui la pratiquent s’extasient sur ses bénéfices. Si les gens apprenaient que la méditation a exacerbé mes symptômes, ce serait une grande source de honte pour moi. Je me sentirais ostracisée. »

Sofia a 22 ans lorsqu'une amie lui parle d’une retraite qui va « changer sa vie ». Elle s’était déjà un peu essayée à la méditation, et pratiquait régulièrement le yoga. Elle décide de s’y rendre à l’été 2016.

« J’en suis rentrée complètement détruite et instable », me confie-t-elle. Les premiers jours de la retraite sont magnifiques. Mais au septième jour, elle commence à se sentir bizarre, elle a des vertiges. L’enseignant lui assure que c’est un processus normal en méditation, qu’elle ne doit pas s’inquiéter.

Peu de temps après, elle subit deux graves crises d’angoisse. Son corps est entièrement paralysé. « Je n’avais jamais fait de crises de panique avant dans ma vie. J’ai toujours été une excellente élève, tout était parfaitement maitrisé. Tout à coup, j’étais complètement diminuée. J’ai mis un an à guérir. »

Au cours de l’année, elle traverse de multiples crises de dépersonnalisation (la perte du sentiment de sa propre réalité psychique) et de dissociation corporelle (la sensation d’être en dehors de son corps). Les crises d’angoisse se succèdent. « Je ressentais aussi des fourmillements inexplicables sans arrêt. J’étais anxieuse. Le matin, je me réveillais avec un sentiment de terreur incompréhensible. »

Sofia explique que lorsqu’elle parle des symptômes qu’elle a ressentis, les gens s’imaginent immédiatement qu’elle avait des troubles préexistants. Elle admet qu’elle n’avait pas eu une trajectoire de vie particulièrement sereine. Alors était-elle une proie facile ?

« Je viens du Proche-Orient, j’ai vécu la guerre. J’ai aussi survécu à des relations de couple très violentes. Mais je n’avais jamais connu de tels symptômes, me dit-elle. J’ai toujours été capable de faire face à mes traumatismes passés. Mais soudain, pendant la retraite, j’ai perdu tous mes moyens, ce qui m’étonne d’ailleurs encore aujourd’hui. »

Ce n’est pas que les antécédents des personnes ne jouent aucun rôle, m’assure Britton. C’est que ces difficultés peuvent surgir même dans des conditions optimales et pour n’importe qui.

Mike* a 24 ans et est étudiant à Boston. Il s’est penché sur la question d’une vulnérabilité préexistante. Il est persuadé que certaines personnes qui commencent à méditer aggravent par là des troubles déjà présents. Mais il a aussi rencontré des gens pour lesquels ce n’est pas le cas. En vérité, nous nous situons peut-être tous sur une courbe en cloche, estime-t-il. Il n’existe pas de distinction claire entre les personnes vulnérables et les autres. Un type bien particulier de méditation à un moment précis de notre vie pourrait provoquer des troubles, qui que nous soyons.

Mike découvre plusieurs ouvrages de Jack Kornfield et commence à méditer dès l’âge de 18 ans, grâce à ses lectures et à des amis. Il finit par assister à des cours et à se rendre à des retraites. Au départ, il éprouve une forme de distance inédite entre son « moi » et ses pensées. Il se sent libéré de vieilles boucles de pensées auxquelles il s’était accroché.

« J’avais beaucoup de croyances à propos de ce dont j’étais capable, qui je devais être, ce que les gens disaient de moi. C’était très éclairant d’identifier ces mécanismes et d’en prendre note. »

Mais doucement, une forme de dépression nihiliste s’installe. « Je me souviens que c’était très progressif, parce que je sentais ma personnalité se transformer lentement, explique-t-il. Mes raisons d’agir devenaient de plus en plus floues et sans importance. »

C’était comme être au bord de la folie. « Mon système nerveux était complètement sclérosé, je n’étais plus moi-même, j’avais perdu la notion de la réalité. Je me sentais pris dans un genre de désillusion sans limite, dit-il. J’avais peur de me confier à mes proches, parce que j’étais terrifié à l’idée de découvrir ce qui m’accablait. Je craignais de finir interné si je me livrais en toute honnêteté. »

« Je trouve inquiétant qu’on démocratise une technique mentale qui a été conçue pour déconstruire le concept d’identité » – Mike, 24 ans, étudiant à Boston

Quand Mike tombe sur les recherches de Britton, il voit enfin les choses sous un nouveau jour. Au lieu de percevoir ses symptômes comme un pas vers un éveil ultime de la conscience, il se demande plutôt comment son système nerveux réagit à sa pratique de la méditation. Comme il est étudiant en sciences, cette démarche lui parle. Elle lui permet de se rendre compte qu’en réalité, les relations interpersonnelles sont essentielles pour lui.

« Voilà l’important pour moi. La connexion privilégiée entre deux altérités », explique-t-il. Les symptômes se résorbent quand il arrête la méditation. Il prend au sérieux son besoin d’interactions sociales de qualité.

On m’a prescrit des séances de méditation et de pleine conscience en réponse à presque chacun de mes soucis de santé : anxiété générale, insomnies, troubles gastro-intestinaux, TOC ; et dans d’autres sphères de ma vie : manger ou courir en pleine conscience, par exemple. Et dans bien des cas, ça m’a aidé. Je médite avant d’aller me coucher. Repérer mes pensées anxieuses pour mieux les laisser filer m’apporte une aide précieuse. Mais comment savoir si ces pratiques vont fonctionner ou pas ? Comment savoir si elles vont nous causer du tort ?

« Je sais bien que ces techniques sont bénéfiques pour la plupart des gens, me dit Mike. Certaines personnes méditeront toute leur vie avec des effets essentiellement positifs sans s'aventurer du côté obscur de la force. Mais je trouve inquiétant qu’on démocratise une technique mentale qui a été conçue pour déconstruire le concept d’identité. »

L’idée qui peut rassembler chercheurs et professionnels de la méditation, et qui est souvent négligée par les applis et les conseils à la volée, c’est que la méditation est un outil très puissant. C’est une véritable compétence qui n’est pas à prendre à la légère. Bien exécutée, elle peut apporter de nombreux bénéfices. Mais elle peut aussi se révéler dangereuse.

Les différentes sortes de méditations sont souvent regroupées, ce qui ne nous permet pas d’analyser chaque type et ses effets sur le cerveau avec assez de précision. « Il y a des centaines de façons de méditer, explique Davidson. Seul un petit nombre a été étudié scientifiquement, puis adopté dans notre culture occidentale. L’un des défis les plus importants de la recherche est de préciser quelles pratiques sont les plus adaptées selon les personnalités et les trajectoires de vie. »

Pour Britton, dans un monde idéal, la pleine conscience serait un outil utilisé par nous tous et toutes pour connaître nos limites. Je lui explique que je souffre de troubles obsessionnels compulsifs et qu’une de mes obsessions me pousse à une conscience accrue de mon corps. Je n’ai pas envie focaliser mon attention sur ce qui se passe à l’intérieur. Est-ce que ça veut dire que je ne dois pas méditer ? Pas du tout, me rassure-t-elle. Mais cela signifie que si je pratique un type de méditation qui augmente ma faculté d’introspection, comme celui où un balayage corporel permet de détecter chaque microsensation physique, je pourrais ressentir des effets secondaires gênants. En revanche, je pourrais me tourner vers une pratique qui favorise l’attention aux signaux extérieurs.

« Ce serait un programme de pleine conscience idéal, à mon avis. On utiliserait de multiples dimensions propres à chaque processus. On pourrait se servir de notre conscience pour comprendre où on en est, puis choisir de façon éclairée quelle serait la pratique la plus adaptée, explique Britton. Après tout, nous sommes toutes et tous différents. »

*Seul le prénom est utilisé.

**Le nom a été modifié.

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<![CDATA[En Inde, des activistes tentent de maintenir les « sorcières » en vie]]>https://www.vice.com/fr_be/article/7xywvq/en-inde-des-activistes-tentent-de-maintenir-les-sorcieres-en-vieTue, 11 Dec 2018 10:08:02 +0000Lors d’une nuit pluvieuse en 2003, dans un village du district de Kokrajhar, dans la région de l’Assam, en Inde, l’activiste social Raju Narzary a eu le choc de sa vie en voyant une vingtaine de jeunes garçons sur le pas de sa porte. « Ils m'ont dit qu’ils avaient l’intention de tuer un vieil homme qu’ils soupçonnaient de pratiquer la sorcellerie, mais ils voulaient avoir ma permission avant de commettre le meurtre », déclare Narzary.

« Ils avaient espionné la fille du vieil homme qui priait toute nue chez elle, raconte-t-il. Ils l’ont confrontée et elle leur a avoué que c'était une pénitence pour son père, qui, selon elle, pratiquait la magie noire. » Au risque d’être lui aussi tué par le groupe, Narzary leur a refusé la « permission » de commettre le meurtre. « Pour leur montrer que j’étais de leur côté, je leur ai dit d'attendre jusqu'au matin, en gardant le bhoot en captivité. Je leur ai promis que si les accusations étaient prouvées, je tuerai l'accusé de mes propres mains. » Le lendemain matin, son organisation a informé la police, qui a sauvé l'homme. Sa fille était atteinte d'une maladie mentale.

Dans une grande partie de l’Assam, il n’est pas facile de soutenir un homme ou une femme accusé de sorcellerie. Cette superstition répandue a coûté la vie à au moins 193 personnes entre 2001 et 2017, presque toujours à l'instigation des guérisseurs et des charlatans, appelés ojha, bez ou deodhani. Les activistes comme Narzary marchent sur la corde raide. Ils doivent coopérer avec les villageois pour ne pas devenir des ennemis à leurs yeux, tout en essayant de comprendre les raisons complexes de cette chasse aux sorcières et en s'efforçant de les abolir.

Selon Narzary, le problème ne peut être résolu du jour au lendemain, car la plupart des villageois ont été socialement conditionnés à croire en ces coutumes. Il pense toutefois que cette chasse aux sorcières est motivée par des intérêts économiques. « Je n’ai jamais vu quelqu’un de riche être accusé de sorcellerie. Ce sont toujours les personnes les plus marginalisées qui deviennent des cibles faciles : les hommes âgés, les femmes dépendantes, les mères célibataires et les veuves ».

Dans la majorité des cas, les victimes de la chasse aux sorcières sont des femmes. Chitralekha Baruah, chercheuse, écrivaine et consultante indépendante sur les droits des femmes dans l’Assam, affirme que les femmes du nord-est de l’Inde n’ont pas plus d’autonomie que celles du reste du pays. « Elles peuvent assister aux réunions de village aux côtés des hommes, mais toutes les décisions sont prises par des hommes, dit-elle. En général, elles sont mal vues si elles prennent la parole lors de réunions publiques. »

Selon elle, ce sont surtout des femmes indépendantes et économiquement autonomes qui sont qualifiées de sorcières. Les femmes qui possèdent des biens constituent une cible majeure. « Une fois, une femme a hérité des biens de ses parents, au lieu du plus proche héritier, son cousin. Lors d'une réunion de village, elle a été qualifiée de sorcière et ses terres ont été saisies par la communauté », explique Baruah.

D’après Narzary, ce sont surtout les communautés villageoises qui décident de marquer un homme ou une femme au fer rouge. « Ils sont devenus très malins avec le temps, dit-il. De nos jours, ils ne les traitent pas directement de dainee (le terme assamais pour sorcière), mais vont s’appuyer sur des incidents inexpliqués comme la destruction d'une récolte ou la mort d'une vache ». Les activistes qui luttent contre la chasse aux sorcières prennent le risque de voir les villageois se retourner contre eux. « Quand ils vont parler aux villageois pour sauver une présumée sorcière, ils disent souvent à leurs chauffeurs de garer le véhicule dans un endroit proche pour qu'ils puissent facilement s'enfuir si le besoin s'en fait sentir », ajoute Baruah.

Selon le docteur Natyabir Das, médecin et militant anti-chasse aux sorcières de la ville de Rangjuli, ce sont souvent des membres de la famille qui qualifient une personne de sorcière pour régler des différends, un conflit amoureux, ou tout simplement par jalousie. « Souvent, les sorcières sont considérées comme telles dans le cadre d'un complot planifié, dit-il. D'après mon expérience, il faut entre trois et quatre ans de propagande acharnée pour prouver que quelqu’un est une sorcière. » Das est membre de Mission Birubala, une organisation dirigée par Birubala Rabha, une militante des droits de l’homme de renommée internationale qui a apporté son soutien et sa protection à des centaines de « sorcières » dans l’Assam.

Les choses prennent une tournure plus grave lorsque les ojhas ou bez (les guérisseurs) sont impliqués. Les charlatans travaillent souvent pour les riches et puissants et ont la capacité de mobiliser une communauté entière contre une seule personne en quelques heures. « Ces ojhas, qui sont très respectés dans les sociétés tribales, ne donnent jamais directement le nom de quelqu'un, mais font des allusions afin d'éviter la persécution. » Das, qui essaie d’éduquer les gens sur les problèmes de santé, pense que c’est justement le manque de structures de santé qui maintiennent la pratique en vie. « Il n'y a pas d'hôpitaux ou de cliniques médicales dans ces villages. Où iraient les gens sans les charlatans et les guérisseurs ? »

Pour sensibiliser les gens aux infrastructures de santé et combattre les rumeurs de chasse aux sorcières, Das continue de recruter des activistes parmi les villageois. Gopen Basumatary est l'un de ces activistes. Dans une communauté très unie du village de Nabagram à Goalpara, il gère et dirige un petit jardin de thé. Avec d'autres habitants « rationnels », il aide les villageois à se faire soigner pour des maladies et des accidents, tout en organisant des manifestations religieuses et des activités de bien-être social. Si la plupart des villageois font preuve beaucoup de bonne volonté, d’autres se moquent de lui.

« Beaucoup pensent que c’est à cause des gens comme nous que les sorciers qui leur apportent des maladies prospèrent, déclare Basumatary. Les gens disent souvent que l'éducation a corrompu notre esprit. Ils estiment que les étrangers ne peuvent pas comprendre leurs traditions religieuses et que les sorciers sont des criminels qui devraient être tués. Ici, la loi et l'ordre sont principalement gérés selon les vieilles traditions et les superstitions. »

Pour sauver l'accusé, il faut faire preuve de tact. « Soit on retarde leurs projets, soit on demande aux gens d'attendre que les dieux les punissent. Si une foule est sur le point d’attaquer une sorcière, nous allons souvent chez l’ojha qui l’a désignée et nous le menaçons d’une peine de prison s’il ne retire pas son accusation. »


Pour mettre fin à la pratique de la chasse aux sorcières, Basumatary suggère d'appliquer de manière stricte la nouvelle loi contre la chasse aux sorcières qui a été approuvée en juillet plus tôt cette année. « Si les accusés sont punis, les gens auront peur avant de prendre des mesures extrêmes. La plupart des agresseurs sont libérés de leurs obligations en raison de leur influence. » Il suggère également de sensibiliser et d'éduquer les enseignants à la lutte contre la superstition, tout en inculquant des notions scientifiques aux écoliers. « Il est essentiel de combattre la culture de la violence qui s'est infiltrée dans le nord-est de l'Inde pendant les périodes d'insurrection. Ce n'est que depuis 20-25 ans que des soi-disant sorciers sont assassinés. Avant ça, la peine maximale était le boycott social. »

Selon Baruah, il faut également sensibiliser les agents de police dans les zones rurales. « La nouvelle loi qui a été adoptée est vraiment progressive, mais sa mise en œuvre ne sera pas facile. Souvent, les policiers ne veulent pas s’immiscer dans ce que d’autres considèrent comme des coutumes. Mais ils doivent être tenus pour responsables si quelqu’un est tué pour sorcellerie sous leur surveillance. »

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<![CDATA[Voici ce qui arrive si vous ne mangez pas pendant trois jours]]>https://www.vice.com/fr_be/article/evwwnp/voici-ce-qui-arrive-si-vous-ne-mangez-pas-pendant-trois-joursTue, 11 Dec 2018 09:51:06 +0000Le petit-déjeuner est le repas le plus important de la journée. Du moins c’est ce qu’on a fait croire à la plupart d’entre nous en grandissant. Mais un corps de recherche de plus en plus important est en train de sérieusement discréditer cette idée. Le jeûne, sous toutes les formes, fait fureur, comme le prouvent les masses des « ripped bros », des youtubeurs démangés par l’idée de révéler les secrets de jeûne qui leur ont permis de surmonter un épisode difficile au lycée.

Pour beaucoup de gens, un jeûne équivaut à louper le petit-déjeuner. Ils rompent leur jeûne plus tard dans la journée. D’autres choisissent de sauter le dîner à la place. Chacune des tactiques aura pour conséquences un jeûne 16/8. Cela veut dire que toutes les 24 heures, on jeûne pendant 16 heures et on mange tout pendant une période de 8 heures. Une autre variante populaire est le jeûne intermittent, dans lequel on ne prend en général aucune calorie pendant une journée, et on mange tout ce que l’on veut le jour d’après.

Certains des bénéfices présumés des régimes de jeûne incluent une réduction des inflammations, des taux de sucre dans le sang, et même une prolongation de la durée de vie – même ça n’a été prouvée que sur les rats. Ça n’a pas mis longtemps pour que les gens commencent à se demander si des jeûnes plus longs entraîneraient des résultats plus prononcés. Je dois vous rappeler, si vous considérez de faire ça, d'analyser vos intentions dans la mesure où toute période étendue avec une volonté de sauter des repas peut être un signe de trouble des conduites alimentaires.

J’ai essayé de faire concilier tous les témoignages de jeûne avec des discussions que j’ai eues avec des médecins et des diététiciens afin de savoir ce qui se passerait dans mon corps si je m’engageais dans ce régime de plus en plus à la mode en ne mangeant rien pendant 72 heures de suite. Bizarrement, je n’ai pas essayé ça personnellement, mais par rapport à ce qui va suivre, il se pourrait que je le fasse.

Vous allez être affamé. Et ensuite, plus tellement

Pour beaucoup d’entre nous, sauter le petit-déjeuner n’est pas très grave, surtout quand on est suffisamment occupé par quelque chose d’autre et qu’on descend un litre de café durant la matinée. En revanche, sautez le déjeuner, et d’ici le milieu de l’après-midi, votre cerveau vous suppliera de refaire le plein. Bien sûr, il ne vous supplie pas littéralement. C’est simplement qu’il vous fait vous comporter comme un bambin grognon et irritable jusqu’à ce que quelqu’un reconnaisse les symptômes caractéristiques de ce mélange de colère et de faim et vous jette un donut à la figure.

Une étude récente s’est intéressée aux raisons de l’existence de la faim et a conclu qu’une interruption de l’homéostasie du cerveau peut provoquer une réponse émotionnelle complexe qui implique une interaction de la biologie, de la personnalité et des signaux de l’environnement. Ce joyeux bordel, ajouté à un niveau d’énergie qui fléchit et à un abdomen loquace peut rendre et rend effectivement la première partie d’un jeûne de 72 heures très difficile.

Mais si vous arrivez à la surmonter, les choses tendent à grandement s’améliorer au jour 2 ou au jour 3. « La baisse graduelle de la faim est bien documentée dans les études physiologiques qui montrent la baisse graduelle de la ghréline sur plusieurs jours de jeûne », dit Jason Fung, néphrologue basé à Toronto et co-auteur du Guide Complet du Jeûne. La ghréline, explique-t-il, est une hormone qui vous fait avoir faim. Elle est sécrétée en grande quantité quand l’estomac n’est pas étiré. Fung poursuit son explication en disant qu’une baisse de la faim arrive la plupart du temps pendant un jeûne étendu.

Je devrais probablement mentionner ici le fait que 72 heures, c’est une période de temps beaucoup plus courte que celle qu’il faudrait à une personne en bonne santé pour qu’elle meure de faim. Un éditorial publié dans le British Medical Journal qui passe en revue la documentation pertinente à ce sujet conclut que les humains peuvent survivre 30 à 40 jours sans nourriture s’ils s’hydratent correctement.

Comme le dit Alan D. Lieberson au Scientific American, la durée pendant laquelle une personne va survivre sans nourriture dépend vraiment de « facteurs comme le poids, la diversité génétique, les autres questions de santé et surtout, de la présence ou de l’absence de déshydratation ». Mourir de soif, en revanche, peut se produire en quelques heures. Dans un autre article du Scientific American, Randall K. Packer, professeur de biologie à l’université George Washington dit qu’un adulte dans un milieu confortable pourrait tenir jusqu’à une semaine sans liquide.

Vous allez puer de la gueule

Quand Fung dit que votre corps utilise votre matière grasse comme un carburant, il parle de la cétose. Pour être dans un état cétogène, il ne faut donner à son corps aucun de ses carburants préférés (c’est-à-dire principalement le glucose) et le forcer ainsi à trouver des alternatives. Quand rien n’arrive dans votre gosier, le corps commence à puiser dans les cellules adipeuses pour trouver de l’énergie. C’est pourquoi tous ces « ripped bros » sont à fond dans le jeûne : ils recherchent l’état cétogène que cela procure. Ils vous diront que c’est grâce au jeûne et à la cétose que leur corps a atteint des taux de matière grasse aussi bas et des études ont montré qu’ils ont peut-être raison à ce propos. Ce dont ils ne parlent pas beaucoup, c’est le prix à payer pour faire ressortir ces abdos.

Un résultat annexe de cette transformation du bide en énergie disponible est la production de corps cétoniques. « Le corps humain peut sécréter des corps cétoniques par l’expiration et ainsi, l’haleine est douce et fruitée », dit Amy Shapiro, une diététicienne basée à New York, qui présente donc l’odeur sous un jour favorable. Les chercheurs ont montré qu’une haleine qui sent l’acétone est une indication fiable pour montrer qu’on est passé dans un mode où l’on brûle des matières grasses. On sécrète des corps cétoniques à travers l’haleine - et l’odeur est souvent suffisamment désagréable pour que, du fait de la colère et de la faim, les gens à qui vous avez menacé de faire la peau parce qu’ils ont fait de l’oeil à votre yaourt gardent leurs distances par peur que leur visage soit attaqué par les saintes horreurs que sont vos expirations buccales.

Vous allez perdre du poids

Gardez à l’esprit que Shapiro ne considère pas le jeûne de 72 heures comme un moyen de parvenir à une perte de poids significative. « Vous allez sûrement perdre plus de poids en eau que de vrai gras car votre corps va utiliser son glycogène comme carburant avant de tremper dans le vrai gras », dit-elle. « En libérant du glycogène, on perd de l’eau et c’est généralement la raison de la rapide perte de poids. Perdre du gras prend plus de temps ». Fung, partisan du jeûne, n’est cependant pas d’accord et soutient qu’on peut perdre 700 grammes de gras en 72 heures. C’est pour cette raison qu’il dit que les gens avec un Indice de Masse Corporelle (IMC) inférieur à 20 pourraient se soumettre à un risque de malnutrition. « La plupart des gens ont beaucoup plus de gras que ça », dit-il

Votre corps passera en mode urgence

Si on est un peu vieux jeu, ne pas manger pendant 3 jours n’est pas perçu comme une super décision. En fait, dans une époque ou un lieu de pénurie alimentaire, ce serait sûrement vu comme un bel acte de stupidité. Mais si vous êtes sûrs d’avoir quelque chose à manger le jeudi, fermer votre estomac à double tour le lundi pourrait bien améliorer le fonctionnement de votre cerveau, du moins si on se réfère aux études menées sur les rongeurs.

Des chercheurs de Yale ont injecté de la ghréline dans des souris et se sont rendu compte que leurs performances dans les tests d’assimilation et de mémoire étaient meilleures qu’auparavant de 30 %. Une autre étude, conduite par l’université de Swansea au Pays de Galles, a injecté l’hormone à des cellules de cerveau de souris dans un bocal. L’injection a mis en évidence un gène connu pour déclencher la neurogenèse, un processus dans lequel les cellules du cerveau se divisent et se multiplient.

Comme je l’ai mentionné précédemment, la production de ghréline diminue après quelques jours sans manger. Entre-temps, l’estomac en sécrète beaucoup. Shapiro dit que cela pourrait être une adaptation d’un temps où les pénuries de nourriture étaient fréquentes et où les surmonter dépendait autant de la capacité cognitive que de savoir lancer le javelot. « Pendant les moments de grande faim, le corps préserve deux organes et tasse ensuite le reste », explique-t-elle - les organes préservés sont le cerveau et, chez les hommes, les testicules. « Biologiquement, c’est sûrement lié au besoin de clarté mentale pour sortir des moments de grande faim ou pour survivre à de longues périodes sans nourriture et pour continuer à faire grandir les espèces ».

Vous allez peut-être atteindre une état de conscience supérieur

« On dit que le jeûne, c’est se remettre à zéro mentalement, physiquement et spirituellement », dit Jim White, diététicien basé à Virginia Beach. Il explique que les gens qui jeûnent pendant 3 jours signalent souvent que cela leur fait affronter des émotions qu’ils refoulent et qu’ils sont du coup plus stables mentalement une fois que le jeûne est terminé. « De plus, ceux qui jeûnent apprennent à apprécier des petites choses de la vie qu’on a tendance à considérer comme acquises, comme boire un verre d’eau fraîche ou dormir dans un lit l a nuit. En se concentrant sur les connexions mentales et spirituelles pendant le jeûne au lieu des inconvénients de la nourriture et de la vie, on peut atteindre la clarté mentale, la pleine conscience ».

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<![CDATA[Avec les militants queers qui ont rejoint les « gilets jaunes »]]>https://www.vice.com/fr_be/article/vbap9m/avec-les-militants-queers-qui-ont-rejoint-les-gilets-jaunesTue, 11 Dec 2018 09:27:11 +0000Une coalition inattendue mais potentiellement historique : samedi 1er décembre, le CLAQ, Comité de libération et d’autonomie queer, se joignait à l’appel lancé par le comité « Vérité pour Adama », l’Action Antifasciste Paris-Banlieue, la Plateforme d’Enquêtes militantes et les cheminots de l’intergare à manifester aux côtés des « gilets jaunes » à Paris. Rejoint depuis par des étudiants de Tolbiac et des organisations féministes dans cette alliance qui prend de l’ampleur, le groupe queer, connu notamment pour ses actions dénonçant la politique migratoire de Macron, invitait de nouveau à protester ce samedi 8 décembre.

« On a appelé à manifester parce qu’on estime que c’est important de se battre pour notre visibilité dans ces espaces, de porter nos revendications et de ne pas laisser le gouvernement se poser en héros des minorités face à une bande de casseurs violents qui seraient associés aux "gilets jaunes" », explique No*, membre du collectif. Pour Louise*, militante trans du CLAQ et proche des luttes autonomes, il était également essentiel de ne pas laisser les fascistes noyauter le mouvement : « C’est très critiqué dans la communauté queer, mais on pense que c’est notre devoir, en tant que queers, de ne pas céder la place aux fachos, de revendiquer des principes d’extrême gauche, et de ne pas laisser les "transpédégouines" et les femmes de côté comme chaque fois lors des mouvements sociaux. »

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*les prénoms ont été modifiés

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<![CDATA[Les meilleurs tweets de Pamela Anderson sur les gilets jaunes]]>https://www.vice.com/fr_be/article/ev3m5a/meilleurs-tweets-de-pamela-anderson-sur-les-gilets-jaunesMon, 10 Dec 2018 13:00:08 +0000Maillot une pièce échancré jusqu’à la taille, crinière blonde volant au vent, pieds dans le sable et bouche en cœur : à quelques variantes près, il y a fort à parier pour que ce soient ces images qui vous viennent spontanément à l’esprit à l’évocation du nom de Pamela Anderson. Totem de la culture des années 1990, sa personnalité s'est vue réduite aux courbes de sa silhouette sensuelle, privée de parole et de capacité de réflexion – là où, on serait justement bien inspirés de l'écouter.

« Je suis dans l'activisme depuis très longtemps, et j'ai parlé à plusieurs gouvernements qui m'ont tous pris très au sérieux. Sauf peut-être en France ! La France a toujours eu cette attitude effrontée avec moi. Déjà au moment d'Alerte à Malibu, les Français aimaient bien se moquer gentiment de moi. Ça ne va certainement pas m'arrêter de défendre les causes auxquelles je crois. » confiait-elle à i-D en 2016, peu de temps après son incursion à l’Assemblée Nationale pour appuyer un projet de loi contre le gavage des oies et des canards – dans une robe noire qui aura suscité plus de commentaires que la teneur de ses propos.

Mais ses prises de position ne se limitent pas au sort des animaux. Pamela Anderson manifeste régulièrement sa colère face au traitement inhumain réservé aux réfugiés, à Calais et sur l'Aquarius, exhortant les gouvernements européens à réagir et protéger les migrants. Dernièrement, c’est sur le mouvement des gilets jaunes qu'elle a pris la parole. Sur Twitter, la star a dénoncé la violence structurelle des élites françaises et son effet, bien plus dévastateur sur la société, que les quelques Porsche brûlées en marge de la manifestation du 2 décembre.

Française d'adoption, l'ancienne Playmate a enfoncé le clou sur Instagram dans un long texte résumant sa vision du mouvement. Incitant à réfléchir au-delà des images incandescentes, elle y met en cause la violence dont fait preuve l'État français à l'encontre de sa population.

« Je n'aime pas la violence. Mais je sais aussi que lorsque les manifestations se terminent dans la violence, c'est trop souvent à cause de la défaillance et de la responsabilité de l'État. Sa défaillance à faire en sorte que les gens puissent être entendus. » Du Michel Foucault dans le texte résumé par Pamela Anderson. On en recommande chaudement la lecture au Président Macron et on vous laisse, sur l'image de ce poney magique.

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