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Santé

L’anxiété et la dépression guettent les milléniaux souffrant de solitude

Une étude montre que la solitude, ça vient souvent avec un manque de satisfaction par rapport à sa vie.

par Justine de l'Église
24 avril 2018, 6:18pm

Photo : Edu Lauton via Unsplash

Le sentiment de solitude chez les jeunes adultes est associé à une moins bonne santé mentale, à de mauvaises habitudes de vie et à moins d’optimisme envers l’avenir, révèle une étude menée par une équipe de chercheurs du Royaume-Uni.

Les chercheurs sont allés puiser dans un bassin de données sur des jumeaux britanniques nés entre 1994 et 1995, soit 2232 personnes. Ils ont mesuré le sentiment de solitude chez les jeunes lorsqu’ils avaient 18 ans, qu’ils ont ensuite comparé avec leur état de santé et leur comportement.

Environ 7 % des participants ont admis se sentir seuls « souvent », tandis qu’environ 30 % disaient se sentir « parfois » exclus, seuls ou en manque de relations amicales.

Chez ces participants, on a observé certaines corrélations négatives. Les jeunes souffrant de solitude étaient deux fois plus susceptibles de souffrir de dépression et d’anxiété. Ils étaient aussi plus susceptibles d’avoir un trouble de comportement, un trouble déficitaire de l'attention avec ou sans hyperactivité (TDAH), de se mutiler ou de tenter de se suicider.

On remarque aussi que les jeunes qui se sentent seuls mais ne sont pas en mauvaise santé physique pourraient l’être plus tard; ils sont en effet plus susceptibles de fumer et de ne pas faire d’exercice.

Les personnes seules se sentent d’emblée moins satisfaites de leur vie et utilisent la technologie compulsivement, au détriment de leurs responsabilités. On perçoit chez eux des mécanismes d’adaptation négatifs : ils ont tendance à s’isoler et à ruminer leurs problèmes plutôt que d’aller chercher de l’aide ou de tenter de corriger la situation.

Sur le plan professionnel, les jeunes seuls issus de différents milieux socioéconomiques étaient plus susceptibles de ne pas avoir d’emploi et de ne pas aller à l’école.

C’est ce dernier point qui intéresse particulièrement la chercheuse Louise Arseneault, professeure de psychologie du développement au King’s College de Londres, qui a participé à l’étude.

« Contrairement à plusieurs facteurs de risque pour la santé mentale, la solitude affecte également les hommes et les femmes, et ne touche pas disproportionnellement les personnes provenant de milieux pauvres », a-t-elle écrit dans un courriel à VICE.

Elle précise que, si l’étude souligne des corrélations, elle ne montre pas que la solitude est la cause de tous ces problèmes. « La solitude peut aggraver les symptômes de certains troubles de santé mentale, et, inversement, un trouble de santé mentale peut être la raison pour laquelle on se sent seul, nuance Mme Arseneault. Notre étude est plutôt un aperçu descriptif de la vie des jeunes solitaires. »

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Elle souligne qu’il est important de briser le cycle de la solitude à long terme, « pour que la jeunesse solitaire d’aujourd’hui ne devienne pas les aînés seuls de demain ».

Effectivement, chez les personnes d’âge mûr, la solitude est associée notamment aux maladies cardio-vasculaires, à une haute pression sanguine, à la déficience cognitive et au déclin de la forme physique. Il s’agit également d’un facteur de mort prématurée.

Les résultats de la présente étude ont été publiés en ligne dans le journal Psychological Medecine, de la Cambridge University Press.

Justine de l'Église est sur Twitter.

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