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jeux vidéo

En Inde, des joueurs « accros » à un jeu vidéo en ligne sont arrêtés

Qualifié de « démon dans chaque foyer », PUBG fait face à des mesures de répression au Gujarat, Etat situé à l'est du pays.

par Pallavi Pundir; traduit par Sandra Proutry-Skrzypek
26 mars 2019, 7:53pm

Des cosplayeurs à un salon de jeu à Chennai, en Inde. Photo : Sujay Kulkarni

Cet article a été traduit par VICE France.

Certaines choses mériteraient d’être interdites en Inde, comme, par exemple, ériger des statues à 580 millions de dollars, kidnapper des jeunes filles pour les épouser ou humilier des gens qui s’embrassent en public.

A priori, un jeu vidéo n’a rien à faire dans cette liste. Et pourtant, le monde ne cesse de nous surprendre. Player Unknown’s Battlegrounds (PUBG) est un jeu vidéo en ligne, dans lequel les joueurs sont parachutés sur une île et doivent éliminer les autres joueurs pour devenir les seuls survivants. Mais depuis son lancement sur mobile l’année dernière, le jeu est dans le collimateur des politiques et des moralistes de ce pays majoritairement hindou, et l'État du Gujarat est devenu le premier à interdire officiellement PUBG en janvier de cette année. Depuis, en réponse à la popularité du jeu et à la controverse qui a suivi, la police a arrêté seize jeunes au simple motif qu’ils jouaient à PUBG sur leur téléphone. Tous ont été libérés sous caution, mais l'affaire sera portée devant les tribunaux.

À cause de son caractère violent et addictif, le jeu est sous le radar de divers organismes gouvernementaux depuis six mois. Il y a peu, un ministre l’a même qualifié de « démon dans chaque foyer ». Alors certes, les jeux vidéo peuvent créer une dépendance et ruiner la vie des enfants, mais il en va de même pour la télévision, le sucre et les cigarettes.

En Inde, l’impact négatif du jeu a été constaté pour la première fois l’année dernière lorsqu’un garçon de 15 ans a été admis dans une clinique de Bangaluru pour addiction à PUBG. Cette année, un coach de fitness originaire de Jammu s'est retrouvé à l'hôpital pour s'être automutilé après avoir joué au jeu. Et le mois dernier, un adolescent de Mumbai s’est suicidé après que ses parents ne l’ont pas laissé jouer.

Pour l’instant, l'interdiction peut donner lieu à des poursuites en vertu de l'article 188 de la loi sur le gouvernement central. Toutefois, la police ainsi que les établissements d'enseignement et de recherche sont dispensés de suivre la loi afin de pouvoir jouer/utiliser le jeu dans le cadre d’une enquête. Un communiqué publié par la police de Rajkot accuse clairement le jeu d’être à l’origine d’un comportement violent parmi les joueurs, principalement des écoliers. Dernièrement, six autres personnes ont été arrêtées dans la ville de Rajkot, où elles auraient été surprises en train de jouer à un jeu dans une boutique tôt le matin. Les accusés étaient « tellement absorbés par le jeu » qu’ils n’ont même pas vu la police s’approcher. « Nous avons saisi leurs téléphones et autres effets personnels qui seront restitués après une procédure régulière devant le tribunal. Nous espérons que cela les dissuadera de jouer au jeu », a déclaré un officier de police à la presse.

Dans l’intervalle, PUBG a publié un communiqué officiel dans lequel il affirme que le jeu « sert uniquement à des fins de divertissement et doit être utilisé de manière saine et responsable ». De son côté, PUBG Mobile a annoncé vouloir toucher « plus de joueurs » en proposant PUBG Lite pour les ordinateurs bas de gamme.

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