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Cannabis

Les produits de la SQDC sont suremballés, juge une militante «zéro déchet»

Elle espère que des milliers de personnes manifesteront leur mécontentement auprès de la société d’État.

par Justine de l'Église
18 octobre 2018, 6:43pm

Crédit photo : EPA/Andre Pichette

Un sachet de un gramme de cannabis. Un gramme de cannabis dans un pot de plastique rigide, qui s’apparente aux pots de pilules de pharmacie. Un gramme de cannabis emballé dans un plateau de plastique, inséré dans une boîte en carton. Des joints préroulés, emballés dans du plastique, insérés dans une boîte en carton. Tels sont présentés les produits vendus par la Société québécoise du cannabis (SQDC), qui a lancé ses activités mercredi.

Cannabis
Du cannabis dans un pot de plastique dans une boîte.

L’engouement était notable : les consommateurs ont fait la file sans interruption devant la poignée de succursales desservant la province. On a enregistré plus de 42 000 transactions, en magasin et en ligne, pour la seule journée du 17 octobre.

Mais ce ne sont pas tous les consommateurs qui se réjouissent pour autant. Sur les réseaux sociaux, plusieurs pointent du doigt la quantité de plastique qui est employée pour emballer le cannabis.

C’est le cas de Coralie Laperrière, qui s’intéresse au mouvement « zéro déchet » depuis deux ans, et qui est une ancienne candidate du Bloc Pot. « C’est vraiment suremballé », s’exclame-t-elle, en soulevant du même souffle que les consommateurs sont obligés de quitter la succursale de la SQDC en emballant les produits dans un sac en papier.

« C’est niaiseux, un peu. Ça fait longtemps que le mouvement écologiste demande à la SAQ une consignation des bouteilles, et ils ne le font pas. Là, en plus, ils ouvrent une filiale qui va générer énormément de plastique qui ne sera pas réutilisé. C’est ça qui me fâche le plus. »

Coralie trouve la situation plutôt désolante, surtout que le discours environnementaliste se fait de plus en plus présent dans le débat public. « Je ne comprends pas pourquoi ils n’ont pas eu cette conscience-là, s’étonne-t-elle. Ç’a été le sujet de l’heure tout l’été, l’emballage de plastique, comment réduire nos déchets. »

La militante « zéro déchet » a contacté la société d’État pour lui demander de corriger le tir. Elle espère que des milliers d’autres citoyens lui emboîteront le pas; si le mouvement se mobilise suffisamment, peut-être que l’impact sera suffisant pour que changent les façons de faire.

Quelles solutions?

Ce que Coralie demande, c’est que la SQDC instaure une consigne sur les pots de plastique ou, du moins, qu’il y ait un endroit où aller porter les pots de plastique, et que ceux-ci soient réutilisés.

Le porte-parole de la SQDC, Mathieu Gaudreault, affirme que la société ne ferme pas la porte à discuter d’une solution qui impliquerait les consommateurs comme les producteurs, mais qu’il était trop tôt pour se poser ce genre de questions. « À l’heure actuelle, on n’en est pas là, a-t-il lancé. On a ouvert hier. On est dans le lancement. »

Sinon, la militante « zéro déchet » juge que des pots en verre seraient au moins plus écologiques que les pots de plastique et meilleurs pour conserver le cannabis. À ce sujet, la SQDC rétorque qu’il revient aux producteurs et à Santé Canada de choisir les contenants dans lesquels est vendu le cannabis, en respectant le cadre de la loi fédérale. Après vérifications, rien selon la loi ne semble empêcher l’utilisation de pots de verre, tant qu’ils sont « opaques ou translucides ».

Sinon, la vente de cannabis serait beaucoup plus écologique si on pouvait la faire en vrac, comme le font les dispensaires au Colorado ou à Washington, souligne Coralie. Mais cette manière de faire n’est pas permise selon la Loi sur le cannabis, confirme Santé Canada dans un courriel.

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Le pouvoir aux consommateurs

En attendant, les consommateurs peuvent faire leur part en adoptant des comportements plus responsables, explique Coralie. On peut se contenter d’acheter les produits qui se vendent en plus grosses quantités et privilégier les emballages en plastique rigide et blanc; le plastique teinté, comme le plastique noir, ne se recycle pas.

Elle suggère également de réutiliser soi-même les pots ou de les accumuler pour ensuite les proposer dans un groupe « zéro déchet » sur les réseaux sociaux; ça pourrait peut-être être réutilisé par une compagnie locale.

Coralie ajoute à la blague que son ancien dealer avait une meilleure conscience environnementale que la SQDC. « Avec son gros paquet de weed, il faisait juste me remplir mes sacs », s’esclaffe-t-elle.

Justine de l'Église est sur Twitter.

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