société

À Montréal, le « kidnapping virtuel » est la nouvelle arnaque qui cible les étudiants chinois

Plusieurs cas ont été rapportés dans les derniers mois par le SPVM.

par Billy Eff
19 février 2019, 9:54pm

Photo via Pixnio

L’internet est une source inexhaustible d’escrocs et de malfaiteurs sans scrupules, prêts à tirer avantage de victimes potentielles peu suspicieuses. Selon un communiqué émis lundi par le Service de police de la ville de Montréal, une arnaque quelque peu saugrenue se serait frayé un chemin jusqu’au Québec : le « kidnapping virtuel ».

Selon le SPVM, le phénomène est déjà présent à Vancouver et d’autres villes canadiennes, mais Montréal a été touchée plusieurs fois dans les derniers mois. Cette arnaque vise les étudiants internationaux, surtout d’origine chinoise, qui ont encore de la famille en Chine.

Les arnaqueurs opèrent ainsi : ils trouvent une victime potentielle et l’appellent en se faisant passer soit pour un officier de police ou un fonctionnaire du gouvernement chinois. Ils font croire à la victime qu’un membre de sa famille est en danger. La victime est sommée de s’isoler ou de se cacher, et de simuler son propre enlèvement le plus rapidement possible, afin de secourir le membre de la famille qui n’est en fait pas du tout en danger. La vidéo du faux enlèvement est ensuite utilisée par les malfaiteurs pour soutirer de l’argent de rançon à la famille de l’étudiant, en Chine, qui débourse les sommes demandées pour libérer la «fausse» victime.

« D’habitude, on indique à la victime de quitter leur lieu de travail, leur maison ou leur classe sur-le-champ, de préparer leurs bagages, sans donner d’explications à qui que ce soit, et de simplement quitter sans dire à une âme ce qu’ils font », explique à la CBC la sergente-détective Maya Alieh. Tel qu’expliqué dans le communiqué du SPVM, la victime « doit alors louer une chambre d'hôtel en argent comptant, s'y rendre et éviter toute interaction sur les médias sociaux ou avec la police, sous peine de représailles envers sa famille en Chine. La victime reste en contact permanent avec les suspects. »

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Selon le SPVM, il y a quelques signes suspicieux pour lesquels il faut rester alerte. Entre autres, si les interlocuteurs refusent que vous raccrochiez et vous gardent au téléphone pour le plus longtemps possible, méfiez-vous. Idem si on vous demande de ne parler de cette conversation à personne, ou encore de préparer vos bagages et louer une chambre d’hôtel sans explication.

Si vous recevez un appel suspicieux censé venir d’un corps gouvernemental étranger, vérifiez-le en ligne. « Si vous recevez un appel, faites-moi confiance, la police ne vous demandera jamais d’aller où que ce soit sans avertir un être cher », rassure Sgt Alieh.

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