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environnement

Les États-Unis font la promotion de leur « gaz de la liberté »

Et on roule tous les yeux à s’en faire mal aux paupières.

par Marie Boule
30 mai 2019, 7:54pm

Montage photo La Presse canadienne et Wikicommons

Entre le gouvernement Trump et les énergies fossiles, c’est une véritable histoire d'amour, et ce, depuis l’arrivée au pouvoir du président en 2016. L’administration américaine a défendu à plusieurs reprises son attachement au nucléaire, au charbon, au pétrole et au gaz de schiste.

On passe à une nouvelle étape de cette idylle avec le nouveau petit nom que le département de l’Énergie a affectueusement – et très sérieusement – donné au gaz de schiste américain : freedom gas, « le gaz de la liberté ».

C’est dans un communiqué du département de l’Énergie, publié ce mardi, que le terme est utilisé. Mark Menezes, le sous-secrétaire américain à l’Énergie, déclare : « Hausser la capacité d'exportation du projet Freeport LNG est critique pour propager le gaz de la liberté partout dans le monde en donnant aux alliés des États-Unis une source diverse et abordable d'énergie propre. »

Un peu plus bas dans le communiqué, Steven Winberg, adjoint au secrétaire à l’Énergie s’emballe carrément : « Je suis heureux que le département de l’Énergie fasse tout ce qui est en son pouvoir pour promouvoir un système de réglementation efficace permettant l’exportation de molécules de liberté américaine. » Des molécules de liberté américaine. On reste sans voix.

Le gouvernement américain, qui veut une plus grosse part du marché européen, approvisionné principalement en gaz russe, souhaite ainsi montrer que son « gaz de la liberté » devrait être exporté partout dans le monde, et qu’il est propre, très propre, vraiment très propre. L’expression « clean energy » est utilisée à huit reprises dans le communiqué.

On imagine la publicité pour ce « gaz de la liberté » : une gracieuse fumée bleue vient danser autour d’une famille épanouie lors d’un pique-nique, dans une forêt avec du faux gazon. Il vient chatouiller le nez des enfants et des parents, qui rient de bon cœur. Ils se lèvent tous pour dire au revoir avec de grands saluts de la main, quand la jolie forme bleue s’envole au-dessus d’une cascade avant de rejoindre les nuages. Le narrateur, de sa voix douce, conclut : « Le gaz, aussi américain que vous, aussi libre que vous. »

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Mais on parle bien ici du gaz naturel produit sur le sol américain, par fracturation hydraulique, un procédé qui consiste à injecter du sable, de l’eau et des produits chimiques dans un puits sous pression, pour fracturer une couche rocheuse et libérer du gaz naturel ou du pétrole.

En janvier 2019, une étude scientifique nous apprenait qu’il serait possible d'enrayer les changements climatiques si l'on commençait immédiatement à abandonner graduellement toute consommation des énergies fossiles, pardon, de gaz de la liberté.

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