environnement

Des militants se sont enchaînés aux portes des bureaux de François Legault à Montréal

Les activistes d'Extinction Rebellion veulent envoyer un message d’urgence au premier ministre.

par Marie Boule
17 avril 2019, 10:13am

Photo Lysandre Leduc-Boudreau

Six activistes du groupe Extinction Rebellion se sont enchaînés ce matin vers 5 h aux portes de l’immeuble où se trouvent les bureaux de François Legault à Montréal. Jean-Pierre Tremblay, Paul Kennedy, Elza Kephart, Louis Ramirez, Luke Woodyard et Serge Mongeau ont bloqué les portes des deux entrées de l’immeuble, une sur la rue Sherbrooke et l’autre sur la rue McGill. Ils veulent faire passer au premier ministre un message d’urgence face à l’environnement.

Ils ont tous très peu dormi la nuit dernière.

« On s'enchaîne au bureau de François Legault pour symboliser à quel point la catastrophe est à ses portes, a dit le militant Louis Ramirez. On espère qu'il écoutera. »

« On veut vraiment dire à François Legault que c'est grave, que l'humanité va disparaître. On est radicaux parce qu'on n'a plus le temps », a ajouté Benjamin, un militant venu en renfort.

« Je ne suis pas inquiet d'une potentielle arrestation parce que je sais que ce qu'on fait, c'est juste et important », a dit Luke, en réajustant la chaîne autour de ses hanches.

À 5 h 32, pour les déloger des portes des deux entrées, une sur la rue Sherbrooke et l’autre sur la rue McGill, les policiers ont dû briser les chaînes avec lesquelles les activistes s’étaient attachés.

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Le propriétaire de l'immeuble a déposé un avis d'expulsion. Même si les policiers ont détaché les militants des portes de l'immeuble, ils sont restés enchaînés les uns aux autres, et ont continué à bloquer l'accès à l'immeuble.

Voyant les portes bloquées, un homme qui travaille dans l'immeuble s'est énervé contre les militants : « Vous bloquez mon travail! » Un policier lui a montré le chemin vers une porte de l'autre côté de la rue. Il est reparti en grommelant.

Un autre homme qui se rendait aussi au boulot s'est approché pour discuter avec les militants. « Pourquoi vous faites ça? » Après avoir écouté Louis lui parler du message d'Extinction Rebellion, il a serré la main de chacun des activistes. « Je comprends leur combat », a ensuite dit l'employé à VICE. « Je respecte ça. C'est l'avenir. On ne peut que comprendre et ils sont peaceful en plus. Moi non plus, je ne suis pas rassuré par le réchauffement climatique. »

Les militants ont pris la décision de retirer eux-mêmes leurs chaînes. « Notre objectif a été atteint. On a fait passer le message, a expliqué Elza. Notre but, c'était pas de provoquer la police. Extinction Rebellion dit "Tell the truth", et c'est ce qu'on a fait ici aujourd'hui. »

La police n'a pas fait d'arrestation.

Cette action coup de poing s'inscrivait dans la « Semaine internationale de rébellion » lancée lundi par le groupe dans 80 villes de 33 pays. Des milliers de militants du monde entier occupent des rues, des ponts ou bloquent la circulation. À Londres hier, plus de 200 militants ont été arrêtés. Ils ont tous un même objectif : mener des actions de désobéissance civile non violentes pour protester contre l’inaction politique face à l’urgence climatique.

Formé en octobre 2018 au Royaume-Uni, le groupe Extinction Rebellion (ou XR) prône des actions coup de poing non violentes à travers le monde. Ses militants n’ont pas peur d’enfreindre les lois, de se faire arrêter ou emprisonner, et le groupe organise des formations de désobéissance civile pour former des « légions d’activistes prêts à l’action radicale ».

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