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drogue

Ce que l’école aurait dû vous apprendre au sujet des drogues

La vérité que l'on ne vous a jamais dite au sujet des substances que vous prenez à des fins récréatives.

par Joe Bish
03 février 2017, 2:37pm

L'école primaire? De longues et sombres heures à déguster des Ficellos, gribouiller des logos Slipknot et être infect avec toutes les personnes qui vous parlent.

Vient ensuite le secondaire. C'est le moment où la plupart des gens essaient ce truc : la drogue. Votre approche avec le démon varie selon votre environnement. Ça peut-être la pipe à eau de votre grand frère, ou pour certains enfants de riches, une ligne de coke offerte à une soirée où ils ne sont pas censés se trouver. Puis pour tous les autres : n'importe quelle mauvaise dope donnée par des fréquentations peu recommandables.

Les gens de l'école, professeurs, conseillers d'éducation, surveillants et autres, vous raconteront inlassablement les mêmes histoires, identiques à celles de vos parents : par pitié, ne touchez pas aux drogues, elles ne sont pas aussi cool qu'elles en ont l'air. Vous vous tromperez sur les bienfaits de ces substances pendant si longtemps que vous ne verrez même pas votre santé se dégrader, ni votre jolie peau rosée se faner, jusqu'au moment où vous vous retrouverez tout seul, triste, au chômage.

Néanmoins, on sait tous que les parents mentent à leurs enfants. Dans un but : les protéger. Une fois, un agent du métro m'a dit qu'un homme était mort parce que son manteau était resté coincé à la fermeture des portes. Le train aurait démarré et il aurait mystérieusement été projeté sur les rails. Cet incident ne s'est jamais produit, et ne se produira jamais pour des raisons que je ne peux évoquer ici. Mais il faut retenir une chose : les adultes ne respectent pas votre intelligence.

Du coup, je me suis senti investi d'une mission honorable : lever le voile sur toutes les conneries que vous ont racontées les adultes de l'école au sujet des drogues, et vous offrir gracieusement quelques astuces. Les gens se droguent et ne sont pas près de s'arrêter, peu importent les milliers d'heures passées par la police à chercher et arrêter des types. C'est pourquoi je me suis dit que j'allais offrir des leçons réalistes à destination de tous ceux qui auraient oublié leurs fastidieux cours de prévention aux drogues.

Photo : Ivy Dawned via Flickr.

Prendre du LSD ne vous arrachera pas la peau

Déjà, je vais faire dans le cliché mais c'est très sérieux : ne prenez pas d'acide si vous n'êtes pas sûr à 100 % de le vouloir et si vous ne savez pas si votre cerveau est capable de le gérer. Si vous n'êtes pas totalement près, oubliez. Tout de suite. Dans le cas contraire, allez-y. Si quelqu'un en met à votre insu dans votre verre, retrouvez-le et frappez-le aussi fort que vous le pourrez, puis posez-vous avec une bouteille d'eau froide dans un coin tranquille et bien aéré.

En général, une seule dose ne vous fera pas énormément d'effet. Vous n'allez pas vous entailler avec un couteau à steak ou vous jeter d'une fenêtre en pensant que vous êtes capable de voler. Les couleurs seront simplement plus vives et vous n'arrêterez pas de rigoler. Cela dit, faites très attention au dosage. Si vous voulez en prendre plus, attendez que le premier fasse effet et n'en prenez surtout pas plusieurs à la fois parce que c'est précisément dans ces moments-là que vous vous retrouverez à l'agonie dans un trip qui vous mènera directement vers une collecte de seringues usagées que vous aurez confondue avec un château gonflable.

À long terme, le LSD peut vous conduire à la dépression, à de longues et pénibles crises d'angoisse, à vous remémorer des souvenirs atroces, et tout ceci peut manifestement durer longtemps, genre un an. À moins d'être ami avec un gars se rendant chaque année au festival Burning Man et qui vante à tout le monde les bienfaits de ne pas se laver les cheveux – le tout, bien entendu, en hurlant –, la consommation régulière d'acide sera sûrement décevante. Personne ne veut faire de soirée avec quelqu'un qui passe ses journées à vouloir brûler son cerveau.

La kétamine est une énorme perte de temps

Écoutez, je ne suis pas en train d'établir une quelconque sorte de fascisme des drogues. Néanmoins, sachez-le : la plupart ne sont rien d'autre qu'une belle et rapide montée, suivie invariablement d'une longue descente. Objectivement, la kétamine ne sert vraiment à rien. Sniffer un tranquillisant pour chevaux n'est pas seulement extrêmement mauvais pour la santé, c'est aussi l'une des drogues de club les plus dangereuses en termes de blessures causées par ses consommateurs, ce même genre de personnes adeptes de soirées drum and bass horrible, et qui passent leur vie à dessiner des cœurs avec des paillettes sur vos visages en tentant de vous convaincre de délaisser le savon sous prétexte que c'est toxique (avant de sniffer la moitié d'un gramme d'une substance extrêmement chimique).

Votre école vous mentirait si elle vous disait que la K est semblable à toutes les autres poudres narcotiques, c'est-à-dire mauvaise et uniquement destinée aux losers qui ne perçoivent pas de salaire. En fait, l'école devrait aller encore plus loin. Parce que ouais, c'est vraiment de la merde. La preuve : des tas de gens en consomment régulièrement, ce qui finit par distendre leur vessie. Ce qui veut dire que vous vous retrouverez à passer vos examens avec une poche sortant de votre vagin/pénis, laquelle ne manquera pas de se déverser sur les pieds du surveillant.

Certaines drogues peuvent vous tuer, mais la majorité ne le feront pas – si vous n'êtes pas trop con

L'école vous dira que les drogues conduiront rapidement à votre mort. En moins d'une minute, vous vous faites un para de MDMA puis vous ne voulez plus vous habiller qu'avec des fringues roses, vertes, et bleues et dès le lendemain, vous vous retrouvez en première page du Point avec une image de vous prise lors de votre dernière photo de classe et une légende disant « Votre nom : une nouvelle pathétique victime de la drogue ».

C'est pourquoi : soyez raisonnables. Le secret est de toujours modérer sa consommation, que ce soit en termes de drogues dures, de clubs, de weed que d'alcool – qui seront, à coup sûr, vos premières drogues.

Par exemple, prenez l'ecstasy. Dans la rue, on vous vend des cachets qui contiennent plus de PMA que de MDMA. Ses propriétés hallucinogènes sont beaucoup plus importantes que la MDMA, mais son temps d'action est aussi beaucoup plus long, c'est pourquoi de nombreux usagers multiplient les doses avant même que les véritables effets ne se fassent pleinement ressentir. Ils finissent par s'effondrer quand tout leur arrive dans la face, une heure plus tard.

Pour ce qui est du crack, du GHB et de l'héroïne, les dommages seront beaucoup plus rapides, et d'après le Addiction Blog, neuf intoxications sur dix en sont dues à des overdoses. Alors voici un conseil d'ami : évitez la meth, le crack, le GHB, et tout ce qui ressemble de près ou de loin à de l'héroïne. Toutes les craintes autour des drogues sont généralement contre-productives mais elles ne sortent pas non plus de nulle part, et c'est plutôt une bonne chose si cela peut vous retenir de vous injecter une dose fatale d'opiacés dans les veines. Par exemple.

Photo : Chris Bethell

L'addiction à la cocaïne se développe plus facilement si vous êtes aussi alcoolique

À moins que vous soyez un baron de la drogue millionnaire qui sniffe régulièrement de la coke dans sa maison sur les plages des Bahamas, votre consommation de cocaïne ira de pair avec votre taux d'alcoolémie. Vous serez crevé, vaseux et partirez à la rencontre d'un dealer qui se ramènera en vitesse dans une voiture sombre pour vous livrer votre gramme.

Mais attention, ce mélange – appelé la cocaéthylène – provoquera en vous un sentiment intense d'euphorie mais se révélera aussi extrêmement toxique pour votre petit cœur, selon certaines études. En plus ça vous reviendra à très cher : il n'est pas raisonnable de payer 100 dollars et d'avoir le nez bousillé dès que vous entamez votre quatrième pinte.

Ce point est très important, même s'il faut s'enfiler un nombre considérable de lignes pour physiquement défoncer votre cloison nasale (beaucoup de grammes, tous les jours, pendant plusieurs mois), vous n'êtes pas un banquier ou une star d'une série HBO, alors vous ne voulez pas gâcher votre argent dans une opération chirurgicale. En théorie.

Si vous testez l'héroïne, vous ne deviendrez pas instantanément accro

Près de 23 % des consommateurs d'héroïne ont développé une forte dépendance. Comme je l'ai dit précédemment, ne touchez pas à cette merde, à moins d'être déjà totalement accro, le corps trempé de sueur, prêt à vendre père et mère pour quelques dollars.

Les junkies ne sont pas FORCÉMENT des gens minables

Il y a toujours ce cliché insupportable du junkie, de ce gars qui n'arrête pas de se gratter les bras et gît sur le trottoir en lançant des imprécations au tout-venant. En vérité, l'addiction revêt de multiples aspects. Les alcooliques sont des accros, ceux qui fument plus de 20 grammes de weed par semaine aussi, et d'ailleurs, la plupart de mes musiciens préférés sont également des junkies impénitents.

Cela étant dit, l'école réussira l'exploit de vous enseigner l'addiction de manière chiante et forcément ridicule. Il y a des gens très vulnérables parmi nous, et il est préférable de ne pas se moquer d'eux lorsqu'ils ont mal tourné. On devrait plutôt leur demander s'ils vont bien, par exemple.

Parler des « dangers de la drogue » n'a jamais été et ne sera jamais cool

C'est comme ça, et il n'y a rien à y faire. En revanche, sera toujours considéré comme cool votre cousin, aussi appelé votre cousin fou, ce même gars horrible qui a réussi à fumer un joint dès l'âge de 12 ans mais qui est évidemment devenu un adulte ridicule qui tente d'impressionner ses amis sur Tinder en disant qu'il peut sniffer un gramme de coke en une ligne. Mais contre toute attente, ta-da : personne ne peut l'endurer non plus. Alors OK, dire que la drogue n'est pas cool est en effet tout sauf cool, mais pensez à votre cousin. Lui, est objectivement pire.

Photo de Sreebot via Wikipedia

Allez-y doucement avec la weed

Ne vous jetez pas la tête la première dans le weed le plus puissant que vous pouvez trouver. Ne commencez pas par le dabbing. Vous serez complètement défoncé et incapable d'avaler quoique ce soit sans l'aide de liquides, et vous aurez l'air d'un gros con. Encore une fois, la modération est la clé. 

Maintenant qu'on est là, voyons si la weed peut réellement vous conduire vers les drogues dures. Réponse péremptoire : non. Parmi les drogués britanniques, 93 % ont fumé de la marijuana. Doit-on nécessairement en déduire que ces mêmes personnes se tapotent sur les bras pour préparer leurs doses d'héro ou rampent sur leur tapis à la recherche du moindre caillou de crack ? Pas du tout. La weed ne vous conduira pas plus vers les drogues dures que ne le fait déjà l'alcool ou les clopes. Regardez juste vos fréquentations, et vous saurez si vous vous retrouverez ou non dans les limbes de l'Enfer d'ici quelques années.

Les cachets possèdent le meilleur ratio effets/risques

L'ecstasy ne creusera pas de trou dans votre cerveau. En réalité, la majorité des victimes de l'ecstasy sont mortes à cause de la PMA, cette substance à combustion lente que j'ai mentionnée auparavant. Sur l'échelle des dommages, mise en place par le professeur David Nutt – ancien conseiller en drogues du Gouvernement britannique –, l'ecstasy se place derrière la plupart des autres substances comme l'alcool, la nicotine, mais aussi les champignons ou le LSD.

Je ne suis pas en train de vous dire de prendre des pilules. Il est toujours plus dangereux de prendre de l'ecstasy que de ne pas en prendre, et la consommation implique nécessairement son lot de danger. Mais en réalité, beaucoup en prendront pour tester et vivront presque automatiquement une douce euphorie, une épatante sensation sans égal avec un stimulant non-chimique. Faites très attention lorsque vous prenez des drogues, surtout au dosage. Ne faites pas des choses stupides comme boire trop et ne pas boire assez d'eau, ou vouloir vous baigner tout habillé dans une fontaine.

Voilà, je tenais juste à rappeler que les médias et le gouvernement – soit deux institutions qui ne savent pas toujours de quoi elles parlent – ont parfois des discours disproportionnés quant à la mauvaise réputation des drogues. C'est tout. Forts de ces connaissances nouvellement acquises, vous pouvez désormais vous défoncer et finir, nu et hilare, dans n'importe quelle fontaine si ça vous chante.

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