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Cannabis

Je n’ai mangé et bu que des produits au CBD pendant une semaine

Si le cannabidiol (CBD) est si bon, pourquoi ne serait-il pas très bon de ne consommer que des produits au CBD?

par Justin Caffier
18 septembre 2018, 2:11pm

Toutes les photos sont de l’auteur.

L’article original a été publié sur VICE Canada.

Le cannabidiol (CBD) est l’une des étoiles de la florissante industrie du cannabis. Beaucoup l’utilisent contre la douleur, la dépression, l’insomnie et l’anxiété, et la Food and Drug Administration (FDA) des États-Unis a même récemment approuvé un médicament à base de CBD pour traiter certaines formes d’épilepsie. La substance, qui n’a pas les effets psychotropes du THC, commence à être vue comme une panacée.

En Californie, où le cannabis est plus populaire maintenant que sa consommation récréative est légale, le CBD s’infiltre dans l’énorme marché des aliments et boissons à base de cannabis, où déjà il y a une abondance de produits au THC. Voyant de plus en plus de produits au CBD sur les tablettes du dispensaire, je me suis demandé ce qui arriverait si je ne mangeais et buvais que des produits au CBD pendant une semaine. Si le CBD est si bon, pourquoi ne serait-il pas très bon de ne consommer que des produits au CBD?

Pour m’assurer que je n’allais pas par inadvertance me plonger dans le plus joyeux coma de l’histoire, j’ai consulté Allan Frankel, médecin expert en cannabis médical et fondateur de Greenbridge Medical Services, afin de passer en revue les risques potentiels de ce régime.

« Il n’y a vraiment aucun risque là-dedans », m’a-t-il assuré après que je l’ai informé de mon projet. « Vous devriez simplement éviter les produits à base de chanvre en provenance de Chine et de Slovénie, car ils contiennent des métaux lourds. »

Mes provisions

Heureusement, comme je me suis procuré mes produits au CBD pour la semaine par l’entremise de contacts du monde étonnamment vaste des relations publiques de l’industrie du cannabis, je n’ai pas eu à m’inquiéter de la pureté de la panoplie de produits cultivés et préparés aux États-Unis qu’ils m’ont fait parvenir pour m’aider à réaliser mon projet.

Le premier matin de ma semaine a commencé comme n’importe quel autre : en sautant le petit-déjeuner sain et en buvant assez de boisson très caféinée pour tenir jusqu’au dîner. J’ai toutefois remplacé le café ou la boisson énergisante par des Cannabis Quencher Sips aux baies d’açaï et à la grenade, une boisson énergisante qui s’apparente aux 5-Hour Energy. Ne tenant pas compte de l’indication de les boire par petites gorgées, j’en ai calé deux comme des shooters et j’ai attendu de voir si ce seraient les stimulants ou les dépresseurs qui l’emporteraient. En fin de compte, il n’y a pas vraiment eu d’effet, si ce n’est que je me sentais un peu moins fatigué. Quoique je suis à peu près sûr que je me sentais comme je me sens toujours à cette heure de la journée. Un succès?

Huile de CBD sur des tartines à l’avocat.

À mon premier repas, j’ai versé quelques gouttelettes d’huile de CBD de La Vida Verde sur des toasts à l’avocat que je m’étais préparés, comme tous les milléniaux. Vu qu’en dehors des collations, il n’y a pas assez de produits au CBD sur le marché pour répondre à mes besoins en calorie, et encore moins pour composer un régime équilibré, l’huile de CBD versée sur mes repas a constitué la part du lion de ma consommation. Lorsque l’huile ne convenait pas à ce que je mangeais ou si j’avais envie de changement, je saupoudrais plutôt de la poudre de CBD de Mondo Goods sur mes repas.

Dans le jour, je me suis réhydraté avec de la bonne vieille eau, mais en version infusée au CBD vendue par Root Origins. J’ai constamment eu du mal à faire la distinction entre mon état ensommeillé naturel et les effets possibles du produit.

Pour me récompenser à la fin d’une fastidieuse première journée, pour m’aider à m’endormir et parce que je n’avais pas encore ressenti le moindre effet, j’ai décidé de manger une demi-barre de chocolat au CBD de Blank Brand en guise de dessert tardif. Contrairement aux autres produits, elle contenait aussi du THC, mais juste assez pour s’allier au CBD et non pas le dominer. Du moins, c’est ce que m’avaient assuré mes collègues et mes amis qui connaissent mieux que moi l’interaction entre ces deux cannabinoïdes. Après, en me couchant, je me suis senti à peu près comme toujours, mais, en m’endormant, je suis devenu absurdement gelé. Tellement qu’au milieu d’un rêve, je suis passé par des phases de lucidité croissante pendant lesquelles j’ai d’abord pris conscience que je rêvais, ensuite que j’étais gelé dans mon sommeil, puis je me suis souvenu pourquoi et enfin je me suis demandé si les rêves lucides étaient un effet collatéral du CBD que j’étais l’un des premiers à exploiter, et tout ça sans jamais me réveiller. Au matin, je me suis senti moins reposé que je l’aurais souhaité, mais j’étais heureux d’avoir enfin ressenti quelque chose dans cette expérience.

Les trois jours suivants ont été semblables au premier : j’ajoutais de l’huile ou de la poudre de CBD sur mes repas en augmentant constamment les doses. Lorsque j’avais un creux, je buvais un peu de soda au CBD de Sprig ou une pâte aux fruits qui ressemble à des Fruit Roll-Ups. Si bons soient ces produits et tous les autres, ils ont commencé à être un fardeau, en particulier parce que je n’avais encore ressenti aucune amélioration de mon bien-être. Je me suis dit que je devais adopter une approche plus drastique si je voulais parvenir aux glorieux bénéfices du CBD.

Le quatrième jour, en plus de ma routine habituelle, j’ai donc traîné dans ma poche un vaporisateur de CBD de Botanika, et je m’en suis vaporisé périodiquement dans la bouche comme si c’était un produit pour rafraîchir l’haleine. Je n’avais pas meilleure haleine, mais j’ai senti un léger picotement dans la bouche. C’était un effet, mais, dans mon cœur, je savais qu’il était superficiel. J’ai commencé à m’inquiéter. Mes résultats étaient jusque-là peu concluants.

Le cinquième jour de ma semaine, me disant que ma méthodologie pouvait être le problème, j’ai demandé de l’aide. Je suis allé chez Moon Juice, une boutique de bien-être New Age de Los Angeles, et j’ai pris un jus à 10 $ auquel j’ai fait ajouter une dose de CBD à 6 $. Malheureusement, je n’ai ressenti aucune différence par rapport à mes mélanges habituels, en dehors de la diminution de l’épaisseur de mon portefeuille. Ironiquement, à cause du risque grandissant que mon expérience soit un échec, je devenais anxieux.

Au jour 6, je suis revenu à mes doses autoadministrées normales, et il n’y a rien eu à signaler, comme lors des jours précédents. J’ai décidé que, pour le dernier jour, je jouerais donc le tout pour le tout, même si ça voulait dire faire ce que n’approuve pas le Dr Frankel et les entreprises à l’origine des produits. J’allais ressentir quelque chose ou mourir en essayant.

En route vers une surdose de CDB

Ce dernier jour, j’ai mangé mes repas sans ajout, mais j’ai après chacun avalé des cuillerées de poudre de CBD. Comme ça n’a toujours fait aucun effet, si ce n’est d’une vague apathie, j’y suis allé avec la dose extrême : j’ai bu la bouteille de teinture de CBD en entier d’un trait. Là, ma résistance surhumaine a cédé et j’ai été sonné brutalement. Ma tête est devenue lourde, mon estomac bouillonnait de colère et j’ai été plongé dans une profonde dysphorie qui s’est poursuivie longtemps après la sieste à laquelle je me suis rapidement livré. Un succès?

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En dépit du déprimant résultat de ma semaine, je ne suis pas prêt à me joindre à ceux qui disent du CBD que c’est de la poudre de perlimpinpin. Après tout, je n’avais pas de problème de santé à traiter. Et, de toute évidence, il y a bel et bien des gens qui ont rapporté beaucoup d’effets positifs du CBD. C’est seulement qu’en ce qui me concerne, il n’y a pas eu d’amélioration de mon bien-être. Son cousin le THC, en revanche, reste dans mes bonnes grâces.

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