Publicité
sexe

Est-il plus dur d’arrêter la porno que le Pepsi diète?

Cette semaine, notre collaborateur Hugo Mudie s'attaque à une autre de ses dépendances

par Hugo Mudie
15 mars 2017, 11:00pm

Après avoir réussi le défi d'arrêter le Pepsi diète haut la main, je devais m'attaquer à quelque chose de plus tough. 2017 est l'année où je deviens le meilleur humain que je suis capable d'être ou peut-être au contraire je me rends compte que c'est trop tough et que je ferais mieux de me laisser aller à mes instincts naturels. Jim Carrey avec le crisse de masque. Le Pepsi diète a été un défi de taille et, pour l'instant, j'ai gagné. Je n'en ai pas rebu, sauf une fois, au chalet (sans jokes de mononcle), mais c'était un petit verre de Coke normal pour célébrer le début de la semaine de relâche de mes kids.

Je me disais que l'autre affaire la plus tough à arrêter, c'est la porno.

J'y ai pensé souvent. J'ai même essayé d'arrêter en début d'année, mais j'ai toughé quatre jours. Encore une fois, je ne pense pas que je sois addict à la porno. Je ne sens pas qu'elle a vraiment une incidence sur ma vie sociale ni sur ma vie sexuelle et certainement pas sur ma santé physique ou mentale. C'est juste que je sais que c'est un peu cave de checker ça.

Je suis totalement conscient de l'exploitation de la majorité des actrices et des conditions de marde dans lesquelles elles performent. J'ai vu des documentaires là-dessus. Je sais aussi qu'il y a des exceptions et qu'il existe un certain mouvement féministe qui existe dans la pornographie moderne, mais je ne pense pas que 90 % de ce qui circule sur Pornhub en fasse partie.

J'ai aussi remarqué que quand je checke de la porno avant d'aller jouer au hockey, je joue moins bien et j'ai moins de jambes. Je dirais que c'est d'ailleurs la raison numéro un qui fait que je veux arrêter. Je sais que ça sonne fake, mais no shit. Je veux arrêter la porno, surtout pour être plus rapide sur mes patins.

En lisant un peu sur le sujet, je me suis rendu compte que je n'étais pas le seul à penser ça. Il y a vraiment des centaines de témoignages d'athlètes qui s'abstiennent de toute relation sexuelle la journée ou même la veille d'une compétition. Au football, par exemple, on parle de la « Wednesday rule », selon laquelle il faudrait éviter de fourrer après le mercredi précédant un match du dimanche.

Mais la science ne leur donne pas vraiment raison. Une revue exhaustive de toutes les études sur le sujet a conclu que l'idée voulant que l'activité sexuelle nuise aux performances sportives est un mythe. Au contraire, les témoignages individuels suggèrent même que de baiser serait une bonne idée, tant qu'on le fait plus de dix heures avant la compétition.

Au moment d'écrire ces lignes, ça fait maintenant deux semaines que j'ai arrêté de regarder de la porno en me masturbant — oui, oui, je l'avoue : je me branle quand je checke de la porno — et je trouve ça beaucoup plus facile que prévu. Je dirais qu'en moyenne, je devais m'adonner à ce plaisir semi-charnel cinq ou six fois par semaine.

Selon une étude de l'Université de Montréal, tous les hommes regardent de la porno. Toute la gang. Même ton petit frère super nerd. Sorry. En essayant de faire une recherche pour trouver des hommes dans la vingtaine qui n'avaient jamais consommé cette forme d'art, ils se sont vite rendu compte que c'était justement impossible d'en trouver. Ils ont quand même étudié les habitudes de cette tranche d'hommes pour en conclure qu'en moyenne, ils checkaient 40 minutes de porno à raison de trois fois par semaine si célibataires, et 20 minutes à raison de 1,7 fois par semaine si en couple.

Je suis donc probablement un peu au-dessus de la moyenne dans mes habitudes. Mais, un peu comme le disait si bien Chris Rock au sujet de la fidélité, «  you're only as faithful as your options ». Même shit pour la porno. C'est facile de ne pas s'adonner à ce plaisir perso quand tu travailles de 9 à 5 à côté de 19 personnes, mais c'est plus tough quand tu es tout seul chez vous toute la journée à écrire des chansons.

Ceci dit, est-ce que je ressens quelque chose de différent depuis que j'ai arrêté? Pas vraiment. Peut-être un peu plus de vitalité. Certainement plus de jambes au hockey. Sinon, je dirais que ma victoire est totalement éthique. Je sens que participe un peu moins à une industrie qui traite non seulement les femmes, mais les humains, un peu trop comme des objets. Ça me fait du bien de ne pas voir de filles avec des implants de fesses (sérieux?!) rebondir sur des graines grosses comme mon avant-bras.

Un peu comme il y a quelques années quand j'avais arrêté de regarder des films d'horreur (pendant un bon dix ans, jusqu'à ce que je recommence cette année) après avoir vu Hostel et la crisse de drill qui spin direct dans le chest d'un dude. Je me disais juste : « Pourquoi je me mets ces images-là dans le cerveau. Pourquoi? » Un peu la même affaire avec les images un peu too much dans la porno. Je suis loin d'être pogné du cul ou politiquement correct de façon générale, mais je ne suis pas certain que j'ai tant besoin de voir une fille que je ne connais pas pentoute recevoir une décharge de sperme dans les yeux cinq ou six fois par semaine.

Après, il faut se demander ce qu'on va chercher en checkant ça. Se donner des idées pour l'appliquer dans notre vie sexuelle à nous? Je pense qu'on est tous pas mal au courant des passes possibles dans un lit. J'imagine que c'est correct pour les gens qui malheureusement n'ont pas le plaisir d'avoir des relations sexuelles sur une base régulière et ont besoin de le voir à défaut de le vivre.

Pour ma part, je pense que c'est juste une habitude que j'ai commencé sans m'en rendre compte en trouvant ma première revue un peu humide, un peu écrasée par des pneus de Taurus dans le parking d'une cabane à sucre en 1989. Je l'ai cachée sous mon matelas comme si c'était un chèque de 25 000 piasses. Après, there's no turning back. C'est dur de retourner aux bonnes vieilles images de fesses dans des jeans de la fille en avant de toi dans la classe quand tu as vu une amazone black en doggy style sur papier ondulé.  

C'est ce que je fais pourtant. Je continue le combat. Je ne sais pas trop quelle est la différence que ça peut faire, mais je suis pas mal certain qu'à la longue, je vais être capable de recréer des images érotiques dans ma tête qui sont belles pour vrai. Qui m'excitent pour vrai. Sans drill dans le chest.

Tagged:
porn
Porno
Hugo Mudie
pepsi
dépendance
pornographie
Art de vivre