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drogues

Des chercheurs ont trouvé des drogues psychotropes millénaires

Une fouille archéologique en Bolivie a permis de retrouver ce qui pourrait bien être un ancien mélange d'ayahuasca.

par Billy Eff
08 mai 2019, 12:54am

Préparation de l'Ayahuasca, province de Pastaza, Équateur. Photo via Terpischore sur WikiCommons

Au cours d'une fouille archéologique dans une grotte bolivienne en 2010, le chercheur José Capriles a trouvé ce qu'il croyait d'abord être une petite chaussure. La grotte de Cueva del Chileno, où des indices d'activité humaine remontant jusqu'à il y a 4000 ans ont été trouvés, a aussi servi de lieu de sépulture pour certains groupes ayant vécu dans la région. Bien que les corps aient été pillés, certains éléments y ont été laissés, dont cette « chaussure » en cuir.

À la surprise de M. Capriles, il s'agissait plutôt d'une pochette qui d’après lui aurait appartenu à un shaman de la région, faite des museaux de trois renards. À l'intérieur, l'anthropologue a trouvé des plantes et herbes séchées, ainsi qu'un petit plateau et un tube en bois, utilisés pour inhaler les substances.

Comme il le rapporte dans un récent article, M. Capriles et son équipe n'ont pas encore été en mesure de déterminer exactement le type de plantes contenues dans le sac, mais une analyse de la signature chimique des plantes leur a permis de déterminer qu’il y avait entre autres des traces d'hallucinogènes. Comme le rapporte National Geographic , parmi les substances trouvées, il y a entre autres de la « bufotenine, du benzoylecgonine (BZE) et de la cocaïne (probablement des feuilles de coca), de la diméthyltryptamine (DMT), de l'harmine, et possiblement de la psilocine, un composé chimique trouvé dans les champignons psychédéliques. »

Les traces d'harmine, une substance qui provient de plantes qui ne poussent que des centaines de kilomètres au nord, dans des régions tropicales, ainsi que la DMT, qui proviendrait de la chacruna, une plante amazonienne, lui donnent à penser que le chaman aurait soit beaucoup voyagé, soit le sachet serait venu de loin.

« C'est aussi un cas documenté d'une combinaison rituelle d'harmine et de diméthyltryptamine, les deux composés principaux de l'ayahuasca. La présence de diverses plantes venant de régions distantes et disparates d'Amérique du Sud indiquent que les plantes hallucinogènes ont été déplacées sur des distances importantes et qu'une connaissance botanique complexe était intrinsèque au rituels pré-colombiens. »

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La consommation d'ayahuasca s'inscrit dans une tradition spirituelle ancestrale, qui procure aux utilisateurs un puissant et parfois violent high. Combinés, la DMT et l'harmine provoquent des nausées avec vomissements, mais aussi de puissantes hallucinations.

Bien que les préparations d'ayahuasca diffèrent largement de l’une à l’autre, les substances trouvées dans le sachet par M. Capriles pourraient, selon d'autres experts, très bien avoir servi à sa préparation à l'époque. Ce sachet contient aussi, selon le chercheur, le plus grand nombre de substances psychotropes trouvées dans un seul artéfact au monde, jusqu'à maintenant.

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