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musique

Lunice nous parle de Montréal, la ville de son cœur

Bien qu’il fasse le tour du monde et collabore avec certains des plus grands artistes de la planète, c’est ici, chez lui, que le producteur est le plus à l’aise.

par Billy Eff
17 mai 2019, 9:11pm

La réputation de Lunice n’est plus à faire. Le producteur montréalais a collaboré avec des artistes comme Kanye West, Diplo et Rick Ross, en plus d’avoir formé le célèbre duo TNGHT avec le producteur écossais Hudson Mohawke.

En 2017, l’artiste originaire de Lachine, de descendance haïtienne et philippine, a sorti CCCLX, un album studio haut en couleur qui lui a permis de cimenter sa place dans les hautes sphères de la scène électronique internationale. Multipliant les allers-retours entre Montréal et Los Angeles pour plancher sur de nouveaux projets, Lunice est de retour à la maison ce week-end pour une performance en tant que tête d’affiche au festival Santa Teresa.

VICE a donc saisi l’occasion de l’appeler pour savoir ce qui se passe de bon avec lui, et l’a invité à se remémorer ses premières expériences dans le nightlife montréalais.

VICE : Salut Lunice! Ça fait longtemps que tu n’as pas fait de spectacle officiel à Montréal. Qu’est-ce qui t’excite le plus?
De pouvoir jouer à la maison, surtout! Mais aussi de jouer dans un coin que je ne connais pas très bien. Je me suis déjà rendu près de Sainte-Thérèse pour aller pêcher, mais je ne sais pas si je suis vraiment rentré dans la ville. C’est toujours excitant de découvrir de nouveaux endroits.

Tu viens de Lachine, qui n’est pas tout à fait à Montréal. Te rappelles-tu de tes premiers souvenirs du centre-ville?
Oui, je me souviens même assez clairement de chaque fois qu’on allait à Montréal, quand j’étais enfant, parce que c’était un big deal pour ma famille et moi, même si on n’était qu’à 20 minutes du centre-ville.

Je me souviens du sentiment d’apercevoir au loin les grands bâtiments, de mon émerveillement en sortant de la voiture. De voir tous les passants, vraiment toute la palette sonique de la ville me fascinait. Donc de partir de la banlieue et de venir au centre-ville était vraiment pour moi presque un voyage.

Te souviens-tu de ta première expérience dans un bar, ou un club, lorsque tu es devenu majeur?
J’ai toujours été quelqu’un d’assez casanier. En général, j’étais plutôt du genre à rester à la maison et jouer aux jeux vidéo, donc je ne sortais pas vraiment, même lorsque je commençais le cégep. En fait, ma première expérience de bar était aussi mon premier DJ set!

C’est Jacques Greene qui m’avait trouvé sur MySpace, il y a plus de 10 ans. Il m’a demandé si je pouvais faire un DJ set. Je planchais sur ce qui devait être mon premier set, pour une house party, et je lui ai dit que je pouvais faire celui-là. Il m’a dit oui, et je l’ai fait. Donc c’était ma première expérience de bar ou de club, et ma première performance musicale à la fois!

Et c’était comment?
C’était vraiment le fun. C’était presque surréel, mais aussi familier en même temps, vu que je faisais du théâtre, de la danse et beaucoup d’autres arts performatifs. Donc j’étais déjà à l’aise avec l’équipement de son et de lumière, et même avec le simple fait de présenter quelque chose sur scène.

À partir de ce moment-là, tout a déboulé très vite pour toi. Pas longtemps après, tu te mettais à parcourir le monde pour faire des shows. Comment as-tu vécu l’expérience d’être adopté par le reste du monde avant de devenir connu dans ta propre ville?
C’était mon plan initial, en termes d’où je voulais mener ma carrière. Je remarquais certaines tendances, dans les carrières d’autres artistes, et un pattern qui se répétait était que beaucoup d’entre eux expliquaient que ta propre ville est souvent la dernière à reconnaître ton talent. Donc, lorsque j’ai commencé la musique, le premier truc que je me disais, c’était de ne pas trop se produire dans ma propre ville, sans quoi tu deviens le gars local à ces shows-là.

En même temps, c’était un avant tout un hobby pour moi. Ce n’était pas un truc dans lequel j’étais prêt à me lancer à 100 % à ce moment-là. Donc le fait que je ne faisais pas tant de shows ici me permettait de jouer avec la fréquence à laquelle je me produisais et donner l’impression que j’étais souvent à l’extérieur de la ville, et je l’étais, mais ça me donnait l’opportunité de créer des connexions à travers le monde et de les ramener ici, ce qui était important pour moi.

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Je n’ai jamais déménagé de Montréal, même après toutes ces années, parce que Montréal est ma ville, c’est mon ancre qui me permet de garder les pieds sur terre après avoir fait le tour du monde et fait plein de shows. Je ne pourrais pas me présenter comme étant authentique si j’oubliais ma ville. C’est ici que je puise mon énergie, et je veux présenter au reste du monde comment ma ville m’a inspiré et élevé. C’est pour ça que j’ai misé mes efforts à l’international avant tout.

Tu es souvent en studio ces jours-ci. Est-ce que ça veut dire qu’on peut s’attendre à du nouveau matériel bientôt?
Oui, certainement. L’an dernier, je suis parti sur la côte est quelque temps, juste pour relaxer, avec ma fiancée et la famille. En revenant, j’étais tellement inspiré que j’ai produit énormément de musique en peu de temps. J’aime beaucoup faire ça, créer plein de trucs et oublier ce que j’ai fait pour mieux y revenir plus tard avec une nouvelle perspective. C’est presque comme collaborer avec différentes versions temporelles de moi-même! Donc oui, ça devrait voir le jour bientôt.

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