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environnement

Pendant que le monde parle de changements climatiques, Trump fait la promo du charbon

En marge de la COP24, les États-Unis en profitent pour vanter les mérites du charbon en Pologne.

par Marie Boule
12 décembre 2018, 2:55am

Photo Tyler Evert, AP

Les États-Unis se sont retrouvés sous le feu des critiques à la COP24, réunion des Nations unies sur les changements climatiques qui se tient depuis le 3 décembre jusqu'au 14 décembre en Pologne dans la ville de Katowice. Lundi, en marge des négociations, les États-Unis ont organisé une conférence habilement nommée «Les innovations technologiques et le développement économique» pour promouvoir les énergies fossiles, ennemies jurées du réchauffement climatique. «Cette présentation [des États-Unis] en Pologne serait risible si les conséquences sur le changement climatique n'étaient pas sérieusement mortelles», a déploré Dan Lashof, directeur du think tank World Resources Institute.

Les ONG étaient déjà passablement énervées par le choix du pays hôte de la réunion, la Pologne, pays du charbon où 80% de l'électricité est produite par l’or noir. Sur les 50 villes les plus polluées en Europe, 33 sont polonaises. Mais c’est le choix de la ville de Katowice qui était encore plus difficile à digérer: le simple fait de vivre dans cette ville équivaut à fumer passivement 2500 cigarettes par an, selon l’OMS.

Les ONG ont crié à la provocation: « Et [que va-t-il faire] après? Ignorer la science sur le tabac et le promouvoir dans une conférence mondiale sur le cancer ? » a déploré Michael Bloomberg, envoyé spécial de l’ONU pour l’action climatique.

Pour rappel, la combustion des énergies fossiles (gaz, pétrole, charbon) est le principal facteur du dérèglement climatique. Selon l'Agence internationale de l'énergie (AIE) le charbon est responsable de 44 % des émissions de CO2 liées à l'énergie, soit à lui seul près de 30 % des gaz à effet de serre émis dans le monde.

Mais depuis le début de son mandat, le plan de Donald Trump est de remplacer le «Clean Power Plan» de Barack Obama, qui aurait imposé de strictes normes antipollution aux centrales au charbon, et qui a été suspendu par la Cour suprême puis annulé dès son arrivée au pouvoir.

La communauté minière, il la chouchoute depuis sa campagne présidentielle en 2016. « Nous rendrons leur travail à nos super mineurs de charbon. Des gens super (...) On adore le beau charbon propre », disait encore Donald Trump en août 2018, lors d'une rencontre en West Virginia. Un calcul électoral évident, puisque les villes minières sont principalement situées dans les États du Midwest, où un tiers des électeurs pensent qu’il devrait être réélu en 2020.

Et les énergies fossiles n'inquiètent pas Donald Trump, qui déclarait fièrement cet été: « Nous avons actuellement le pays le plus propre de la planète. Il n'y a personne de plus propre que nous.»

C’est complètement faux. Les États-Unis se classent 27e sur 180 pays dans une performance environnementale établie par les chercheurs des Universités de Yale et de Columbia en 2018. Ce lundi 10 décembre, les États-Unis ont été classés avant-derniers de la liste des 60 principaux pays qui mettent en œuvre des stratégies pour limiter le réchauffement de la planète ( Classement des organisations non gouvernementales Germanwatch, Climate Action Network et NewClimate Institute)

La Chine est le pays qui émet le plus de gaz à effet de serre sur la planète. En volume d’émissions de CO2, la nation chinoise a donc dépassé les États-Unis, mais rapporté à la population, un Américain émet beaucoup plus en moyenne qu’un Chinois. On compte 16 tonnes par an et par habitant aux États-Unis contre 7,2 tonnes en Chine. Donald Trump est donc un climato-sceptique à la tête du deuxième pays le plus pollueur du monde.

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Mais comme à son habitude, Donald Trump est le meilleur pour casser le discours de Donald Trump. «J’adore les mineurs », répétait-il en août 2018. Il ne tenait pas le même discours en 1990. Dans l’entrevue du fameux Playboy où il prête gentiment sa veste à une jeune femme sur la couverture, Donald Trump avait déclaré: « Si j'avais été le fils d'un mineur de charbon, j'aurais quitté ces fichues mines. Mais la plupart des gens n'ont pas l'imagination - ou autre - de quitter leur mine.»

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