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amour

Pourquoi vous devriez y réfléchir à deux fois avant de laisser votre partenaire

L'Enfer est pavé de bonnes intentions, même quand il s'agit de rupture libératrice.

par Wlada Kolosowa
14 février 2018, 12:00pm

Photo d'Andrea Rose/Flickr

Cet article a été traduit par VICE France

Rien ne fait plus mal qu'une séparation. En plus des douleurs physique et émotionnelle débilitantes, tout notre quotidien s'en trouve affecté – nos projets d'avenir, notre cercle d'amis, notre bail locatif et notre foi en un monde juste et équitable. D'après l'échelle de mesure du stress établie par les psychiatres Thomas Holmes et Richard Rahe, seul le décès d'un conjoint peut causer un plus grand stress qu'une séparation. Pourtant, nous avons déjà connu, ne serait-ce qu'à vingt ans, plus de ruptures que nos grands-parents en toute une vie. Mais ce n'est pas forcément pour le pire, n'est-ce pas ? Après tout, contrairement à eux qui restaient ensemble parce que la société le leur dictait, nous avons le luxe de prendre le temps de trouver le partenaire idéal.

La psychiatre allemande Adelheid Kastner n'est pas de cet avis. Le mois dernier, cette quinquagénaire a publié Tatort Trennung, que l'on peut traduire par « Scène de crime de rupture ». Elle dirige le département de psychiatrie de l'hôpital universitaire de Kepler, à Linz. Elle s'est fait connaître en tant que témoin de la cour dans l'affaire d'inceste de Josef Fritzl. Dans son livre, elle explore plusieurs cas dans lesquels des ruptures ont endommagé ou détruit des vies. Elle affirme que ces ruptures auraient pu être évitées.

VICE : Si l'on en croit le titre de votre livre, vous pensez que rompre revient à commettre un crime ?
Adelheid Kastner : Les ruptures peuvent exercer une énorme pression sur les gens – elles peuvent faire profondément souffrir. Si vous étudiez le bien-être des gens fraîchement séparés, il est clair qu'ils ne sont pas plus heureux dans leurs relations suivantes. Les sites de rencontres nous font croire que l'on peut changer de partenaire comme de chemise et beaucoup de gens pensent qu'un nouveau partenaire rendra leur vie meilleure. Mais il est fort probable que vous ne trouviez personne qui soit capable de la rendre meilleure.

Même si vous rompez pendant votre vingtaine ou votre trentaine ?
Les chances de trouver une personne qui vous correspondra sont plus élevées à cet âge, c'est évident, mais ça ne veut pas dire que cela arrivera à la majorité d'entre vous.

Adelheid Kastner par Rudolf Gigler

L'idée de sortir encore aujourd'hui avec le copain que j'avais à 16 ans m'est insupportable. À l'époque, mon copain idéal devait avoir de beaux cheveux, jouer de la guitare et rouler des joints. N'est-il pas vrai que pour comprendre ce qu'on veut vraiment dans une relation, il faille passer par des ruptures afin d'apprendre à mieux se connaître soi-même ?
Eh bien, je pense que vous connaissez vos attentes vis-à-vis d'une relation dès le début de votre vingtaine. Que pensez-vous de la fidélité ? Quel genre de famille voulez-vous fonder ? Les circonstances peuvent changer, mais vos opinions sur ces questions changent rarement de façon spectaculaire. Et rappelez-vous que, pour qu'une relation fonctionne, il faut apprendre à s'adapter. Votre partenaire ne restera pas la même personne pendant les dix, vingt prochaines années. Une relation stable repose sur le fait que vous partagez les mêmes valeurs et êtes prêts à surmonter les difficultés. Il faut arrêter de croire que vous allez trouver la personne qui s'adaptera comme une clé dans une serrure.

Mais n'y a-t-il pas des situations où il vaut mieux rompre ?
Bien sûr qu'il y en a : si l'un des partenaires ne respecte ou n'accepte pas l'autre, s'il l'humilie ou ne le prend pas au sérieux. Tout ce que je veux dire, c'est que les ruptures ne devraient pas être motivées par la certitude que vous pourriez trouver quelqu'un de mieux. La motivation doit être : je serai plus heureux tout seul qu'avec cette personne. Si vous changez de partenaire tous les ans, il vous sera difficile de vous sentir à l'aise avec quelqu'un.

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Vous pensez que nous renonçons trop facilement à nos relations ?
De nos jours, les gens trouvent qu'il est plus simple de se séparer de leur partenaire que de se séparer de leurs idéaux et fantasmes romantiques. Bien souvent, ce n'est pas nécessairement le petit ami ou la petite amie qui ne convient pas, c'est juste que leurs attentes vis-à-vis d'une relation sont changeantes.

Mes grands-parents ont vécu ensemble pendant quarante ans, jusqu'au décès de mon grand-père. Quand j'ai interrogé ma grand-mère sur leur longue relation, elle m'a répondu : « Le secret pour qu'une relation dure, c'est de ne pas rompre. » Mais à l'époque, les mariages duraient non seulement par amour, mais aussi à cause des circonstances économiques et sociales.
Bien sûr, mais il n'y avait pas que ça. Je pense que l'important était d'être là l'un pour l'autre et de prendre soin de l'autre. Aujourd'hui, il est beaucoup plus facile de remplacer les choses que de les réparer – votre smartphone, votre ordi, votre machine à laver, votre copain. Mon conseil est le suivant : ne vous engagez pas dans une relation pour la simple raison que vous voulez expérimenter quelque chose d'émotionnellement différent. Et rompez avec le moins de gens possible.