alcool

Des idiots nous montrent tous les trucs qu'ils ont volés dans des bars

On s'est tous réveillé avec un « hangover » et un objet non identifié posé à côté du lit – mais pour eux c'est un vrai passe-temps.

par Iris Bouwmeester; photos Rebecca Camphens; traduit par Jens van de Meulenhof
21 juillet 2017, 7:52pm

Cet article a été initialement publié sur MUNCHIES Pays-Bas.

Aussi absurde que cela puisse paraître, il y a deux semaines, un orteil momifié a été volé dans un bar d'hôtel – un fait divers sordide qui prouve encore une fois qu'il n'existe pas vraiment de limites à l'imagination humaine quand il s'agit de voler des choses quand on se trouve dans un endroit sous l'emprise de l'alcool. La kleptomanie est un effet secondaire bien connu de la consommation d'alcool, et accessoirement, ce qui explique en partie pourquoi vous vous êtes réveillé un matin avec un objet étrange dans votre sac à main, à côté de votre lit ou même sur votre tête.

En général, le « vol saoul » se résume à ces quelques rares soirées où vous avez fait un black-out, mais chez certaines personnes, cette petite manie s'installe et devient une vilaine habitude qui se reproduit, presque rituellement, à chaque sortie nocturne. On a demandé à des voleurs de nuit particulièrement fervents de nous en dire un peu plus sur le fruit de leurs récoltes.

David et Tim*

Tim : La plupart de notre déco intérieure est constitué d'objets volés. C'est parce qu'on voulait que nos meubles portent le souvenir de nos nuits arrosées . Chez nous, tous les objets ont une histoire.

David : Par exemple, cet éventail a été volé dans la boîte de nuit Studio K le soir de la fête pour le Nouvel An chinois. On l'a décroché du mur quand personne ne nous regardait et on l'a caché dans un coin. Quand il est complètement ouvert, ce truc a l'envergure d'un condor mais quand il est plié, on dirait un poteau. Je l'ai enfilé dans mon pantalon, il tenait entre ma cheville et mon nombril. Je suis sorti du club comme ça avec une jambe rigide. J'ai même lâché un « bye » au bouncer, qui n'a rien remarqué.

Tim : On n'imagine pas toutes les choses que l'on peut faire passer devant un bouncer, c'est incroyable. Une fois, on a enveloppé une chaise dans nos manteaux, puis on a juste marché vers la sortie [avec elle]. C'était excitant. C'est parce que les bouncers ne s'attendent pas à ce que quelqu'un puisse voler un truc si volumineux qu'ils font moins attention. On ne s'est jamais fait attraper jusqu'ici !

Tim et David ont un jour volé un morceau d'un ensemble de batterie qu'ils utilisent aujourd'hui comme pot à fleurs.

David : Un jour on a volé la porte du casier n°383 du Claire [une boîte de nuit à Amsterdam]. Elle tenait uniquement grâce à de petites charnières donc on a pu facilement l'enlever. J'avais un grand sac de sport avec moi, alors je n'ai pas eu de mal à sortir la porte.

Tim : Nos envies de vol deviennent de plus en plus démesurées. C'est comme un concours. La question, c'est : où est-ce que l'on va s'arrêter ? Quand on a volé cette porte de casier, c'était du vandalisme et j'avoue que, parfois, on se sent un peu coupables.

David : On prévoit de voler des choses plus fonctionnelles à partir de maintenant. Des assiettes, des ustensiles, vous savez, des choses qu'on peut mieux utiliser dans la vie de tous les jours.

Tapulanga

Avec des amis, on s'était retrouvé dans un bar où il y avait une soirée disco. On était saouls, on dansait et j'ai remarqué qu'il y avait une boule disco. J'en ai toujours voulu une – c'était l'occasion parfaite pour réaliser ce rêve. À la fin de la soirée, alors que tout le monde marchait vers la sortie avec son manteau, j'ai rapidement mis le mien sur la boule disco. La boule se trouvait juste à côté de la sortie, donc tout s'est passé très vite.

Direct après ça, on est allé au McDo mais j'étais quand même hyper suspecte à marcher comme ça avec mon énorme boule disco. Heureusement, deux ouvriers travaillaient sur les rails du tram à côté. Ils ont accepté de surveiller ma boule disco en échange de deux grands coca de chez McDo. Je pense que les gars ont compris qu'il était en train de se passer un truc un peu louche, mais ils n'ont pas cherché à comprendre.

Laurens

Il y a quelques années, mes colocs et moi avons créé une règle selon laquelle seules des décorations de Noël volées pouvaient être accrochées à notre sapin de Noël – c'était juste pour la blague et pour qu'il y ait une histoire derrière chaque élément. On a dévalisé des bars et des restaurants pour la déco, et on a volé notre sapin dans une pépinière. Finalement, on s'est retrouvé avec une belle collection.

Une fois, je me suis réveillé à Terschelling (une île dans le nord des Pays-Bas) avec un didgeridoo dans ma tente. Je ne sais toujours pas comment il s'est retrouvé là. La seule chose dont je me souviens, c'est que je l'ai vu accroché au mur d'un bar dans lequel j'étais la veille et qui m'avais servi beaucoup de cocktails bons et pas chers. Je me sentais vraiment coupable parce que le propriétaire était très sympa. C'est une petite île, donc tout le monde a probablement entendu parlé de la « disparition du didgeridoo » assez vite, alors je l'ai laissé au camping en partant.

Jolien et Maxine

Maxine : Avec mes amies, on s'était lancé un pari pour savoir qui pourrait voler le plus de rouleaux de papier toilette. Ça a duré environ un an et demi. On venait de se jeter dans la vie d'adulte, on était pauvres et on se disait qu'on ne voulait surtout pas dépenser de l'argent sur du papier-cul.
Jolien : On a dévalisé des cafés, des restaurants, des écoles, pour ne nommer que quelques endroits. On savait exactement quels cafés avaient le plus de stock. Dans les écoles, on arrivait à mettre la main sur plusieurs paquets de papier toilette d'un coup. C'était le vrai jackpot.

Photo : Eva Vlonk

Maxine : Il y avait pas mal de concurrence entre nous. Le vol de PQ était présent dans notre esprit, tout le temps, quoi qu'il arrive.
Jolien : Tous les mois, on désignait un gagnant et on l'écrivait sur un tableau.
Maxine : On a fait de la place dans un grand placard pour accueillir tout notre papier toilette. On l'a rempli en un rien de temps – on se disait que notre plan fonctionnait super bien. On n'a pas eu à acheter de papier toilette pendant trois ans !

Nele

Quand j'étais étudiant, j'étais super pauvre. Quand je buvais, j'étais super turbulent. J'ai souvent, très souvent, volé les choses pour subvenir à mes besoins. J'ai volé dix grands verres au Chicago Social Club, quatre plus petits et quelques-uns en cristal. Au Westergasfabriek (un lieu culturel à Amsterdam), ils ont des verres à gin tonic très précieux avec une belle base verte – j'en ai quatre comme ça. Le but du jeu, c'était de rassembler un tas de verres comme ça sur différentes nuits et de créer une belle collection. Je les mettais dans mon sac rapidement, puis je me rendais dans la salle de bain et les enveloppais dans du papier toilette pour éviter de les casser. Aujourd'hui, chaque fois que j'ai des invités, je reçois toujours des compliments sur ma collection de verres.

J'ai également volé une poubelle dans une boîte de nuit un jour. Quand je l'ai vu comme ça, debout, je me suis dit : « Je crois que j'ai besoin d'elle aussi. » Alors je l'ai mis dans mon sac et je suis sorti par la porte d'entrée. J'ai aussi volé un tableau pendant un voyage scolaire, et pas mal de moulins à poivre et de salières. J'ai toujours un petit sac en lin avec moi, c'est super utile, car je peux faire entrer tout un tas de choses dedans. J'ai longtemps eu un tapis volé dans mon ancien appart' : mon coloc' l'avait tiré dans un club en l'enroulant bien et en sortant avec par la grande porte.

* Certains noms ont été modifiés pour assurer l'anonymat.