Voici Jair Bolsonaro, le nouveau président d’extrême droite du Brésil

Balles, Bible et boeuf: c'est un Brésil ultraconservateur, profondément raciste et misogyne qui entre au pouvoir.

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oct. 29 2018, 8:49pm

Photo via Agência Brasil, sur WikiCommons

Des camions de l’armée et des militaires armés sillonnent les rues du Brésil pour célébrer la victoire du candidat favori des forces de l’ordre, Jair Bolsonaro. L’ancien soldat de 63 ans a été élu président, dimanche dernier, avec 55,1 % des voix. Cette victoire de la droite marque un virage politique important pour le pays, qui a été dirigé par des gouvernements de gauche pendant près de deux décennies. L’enjeu principal sur lequel a porté sa campagne électorale a été d’abord et avant tout la lutte contre le crime, qui fait des ravages partout au Brésil.

Jair Bolsonaro est parfois décrit comme étant l’équivalent brésilien de Donald Trump. Sa candidature était fortement endossée par ce qui est appelé le « caucus BBB » : balles (d’armes à feu), bœuf et Bible. Le nouveau président est en faveur du port d’armes à feu, opposé aux lois environnementales qui limitent l’industrie agroalimentaire et est un fervent chrétien dont le slogan de campagne a été « Dieu au-dessus de tout, le Brésil au-dessus tout ».

Ses partisans voient en lui une chance de sauver le Brésil du crime et de la corruption qui ronge le pays depuis plusieurs années. Parmi eux, les plus âgés étaient nostalgiques du gouvernement dictatorial militaire qui était en place au Brésil jusque dans les années 80. Ayant lui-même été capitaine dans l’armée nationale, le président désigné souhaite voir les forces armées prendre plus de place, de manière à contrer le crime. Sceptique au sujet des changements climatiques, M. Bolsonaro promet également d’éliminer des mesures de protection de l’environnement. Entre autres, il n’exclut pas l’idée d’ouvrir les forêts amazoniennes à l’exploitation.

Ce qui inquiète beaucoup de Brésiliens et d’experts, c’est aussi le fait que Jair Bolsonaro représente un Brésil ultraconservateur, profondément raciste et misogyne. Notamment, il a dit d’une députée qu’elle était si laide qu’elle ne valait même pas le coup d’être violée, que les Noirs ne faisaient rien, et qu’il était un « fier homophobe », allant même jusqu’à affirmer en entrevue avec le magazine Playboy : « Je préférerais que mon fils meure dans un accident plutôt que de le voir avec un moustachu ». Son mépris des droits de la personne est aussi une source de tension. Il a entre autres affirmé qu’il tirerait ses opposants et que « les hors-la-loi gauchistes » devraient quitter le Brésil, sans quoi ils seront emprisonnés.

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Bien entendu, devant cette victoire du fascisme dans la quatrième plus grande démocratie au monde, une résistance s’organise. Depuis l’annonce de sa candidature, ses opposants se sont ralliés autour de la phrase « Ele não! », qui signifie « Pas lui! » M. Bolsonaro est si détesté qu’il a été poignardé lors d’un rallye, en début de campagne. Plusieurs manifestations sont prévues pour décrier son élection, mais des personnes craignent que les forces de l’ordre usent de brutalité pour les arrêter. Depuis la semaine dernière, plusieurs universités ont été la cible de l’armée et de la police, qui auraient confisqué du matériel sur le fascisme et fait annuler des cours en raison de leur « contenu idéologique », en plus d’avoir menacé d’emprisonner des enseignants et des étudiants.

Des médias ainsi que des personnalités publiques se sont aussi prononcés contre Jair Bolsonaro et ses positions idéologiques. Le président français, Emmanuel Macron, l’aurait averti de respecter les principes démocratiques. Mais chez nous, la CBC semble voir son élection comme étant « une occasion » pour des entreprises canadiennes, et aux États-Unis, le président américain Donald Trump aurait appelé le président désigné pour le féliciter.

Billy Eff est sur internet ici et .

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