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Les bénéfices perçus et réels de ne pas se masturber

La chasteté, je connais. Plus d'une fois au cours de mes précédentes relations amoureuses, pour des raisons purement sexuelles, des périodes d'abstinence ont été décrétées.

par Ed Jones
10 juin 2016, 2:00pm

Chastity, I know. More than once during my previous romantic relationships, for purely sexual reasons, periods of abstinence have been decreed.

The longest lasted three weeks. No sex or masturbation, so no orgasm for 21 days. It changed my life: I was more efficient at work, I finished personal projects that, by procrastination, I rejected for a long time, my apartment was always tidy. I realized that this self-inflicted torture has much more positive effects on the mind, body and soul than I thought.

Par contre, il va de soi qu'un petit tête-à-tête avec l'entre-jambes une fois de temps en temps, c'est une habitude très saine, même encouragée par des experts. Par exemple, Jim Pfaus, professeur de neuroscience à l'Université Concordia :

« La masturbation est un excellent moyen de diminuer le stress. Il est prouvé que les relations sexuelles et la masturbation peuvent ralentir le rythme cardiaque au repos pendant 12 heures. En plus, c'est infiniment bénéfique pour la vie sexuelle de découvrir notre bonne fréquence. Par la masturbation, on se connecte à des actions qu'on retrouve dans les stimuli visuels érotiques ou pornographiques, ce qui nourrit les fantasmes et la créativité. »

En d'autres mots : faire sortir la pression de temps en temps, c'est bon. Mais quelques semaines d'abstinence ont aussi leurs bénéfices. Bénéfices personnels que je vais vous présenter, appuyés par l'avis scientifique du professeur Pfaus.

VOUS DEVENEZ UNE VERSION PLUS PRODUCTIVE DE VOUS-MÊME

Dans mes trois semaines d'abstinence, j'ai rédigé 20 articles et le début d'un livre, assemblé un lit et commencé à manger de la salade, comme n'importe quel adulte normal et fonctionnel vivant dans la peur de souffrir de problèmes cardiaques. Dès que j'ai recommencé à me branler, cette belle productivité est disparue dans le gouffre du potentiel perdu.

Je ne connais pas grand-chose dans le domaine, mais j'ai pensé qu'il devait y avoir une sorte de lien de cause à effet : le sperme contient de la testostérone, je garde toute cette testostérone pour moi plutôt que de l'expulser dans des Kleenex, donc je gagne de la puissance, non? Plus ou moins.

« Conserver le sperme en soi n'augmente pas les chances de retrouver l'une de ses composantes dans le sang, explique le professeur Pfaus. Cependant, si on le conserve, c'est qu'on s'abstient de relations sexuelles et de masturbation, ce qui pourrait favoriser une hausse de l'excitation. À mon avis, c'est de cette "énergie" que parlent les adeptes du sexe tantrique. Apprendre à maintenir une érection et à retarder l'éjaculation rend l'orgasme plus jouissif. Mais je pense que la source de cette augmentation d'énergie est plus psychologique qu'autre chose. »

C'est cette augmentation d'énergie que j'ai ressentie. Après m'être lancé le défi de ne pas me masturber, j'ai vite découvert qu'il faut trouver autre chose pour s'occuper l'esprit. Rien de mieux pour chasser les pensées « impures » que d'essayer d'assembler un lit Ikea, inventé exprès pour détruire la vie de couple.

VOUS VOUS RÉVEILLEREZ DANS LE BONHEUR

Avant, il y a environ un millénaire, je me réveillais tôt le matin et le monde me semblait rempli de promesses. Maintenant que je suis adulte, avec chaque matin reviennent les douleurs au dos, 20 nouveaux courriels et des gens qui mettent un temps inexplicablement long à retirer de l'argent au guichet.

Toutefois, au cours de mes trois semaines d'abstinence, ce calvaire a peu à peu disparu. Les matins me semblaient moins pénibles. Comme une légèreté retrouvée, une renaissance.

« Chez certains hommes, la masturbation provoque un sentiment de culpabilité, explique le professeur Pfaus. Mais d'autres la pratiquent plusieurs fois par jour de façon obsessive. Peut-être trop souvent, car ils provoquent une période réfractaire chronique de leur mécanisme d'érection et d'éjaculation. »

Et si on n'arrive pas à contrôler son pénis, ou si on a le sentiment de ne pas pouvoir le contrôler, on se sent plutôt misérable. Émasculé précisément par la partie du corps à la base de la masculinité. Quand on reprend le contrôle de son pénis, on se catapulte hors de ce petit monde minable où on était constamment à la recherche d'une occasion de se branler. C'est objectivement bien.

VOUS ÊTES PRATIQUEMENT TOUT LE TEMPS EN ÉRECTION

C'était prévisible, mais pas toujours positif. Un phénomène physique que l'on doit endurer. Sans masturbation, on se sent éveillé, propre et prêt à se prendre en mains, mais on se balade du matin au soir avec une barre Oh Henry! dans le pantalon. L'explication du professeur Pfaus :

« Si vous vous abstenez un certain temps, disons de 24 à 48 heures, vous pourriez remarquer une augmentation de la force et de la durée des érections. Par contre, chaque personne est unique : les conditions optimales pour l'un peuvent être une source de dysfonction chez l'autre. Chacun doit trouver ce qui fonctionne le mieux pour lui dans différentes circonstances. »

Si vous décidez de vous abstenir, déterminez d'abord la durée d'abstinence optimale pour vous. Et pour vous rendre jusqu'au bout sans attirer l'attention des gens dans la rue, vous pouvez régler le problème avec du Scotch Tape. Après tout, on est au 21e siècle et les rubans adhésifs pour fixer votre queue à votre cuisse existent, pourquoi ne pas en profiter?

VOUS POURRIEZ VOUS SENTIR SEXUELLEMENT FRUSTRÉ

Voilà la mauvaise et gênante conséquence de ne pas se masturber. Tout le contraire d'un bénéfice. Privés de contacts sexuels pendant plus de 48 heures, la plupart des hommes que je connais se changent en êtres stupides, libidineux, proches du chimpanzé. Un désastre.

La suite de distractions que procurent le travail et les passe-temps aide et vous pourriez bien vous en tirer si vous n'en manquez pas. Cependant, il va de soi que la privation de masturbation entraîne une augmentation de la libido. D'après mon expérience, on a avantage à ne pas pratiquer la chasteté seul, paradoxalement. Si vous vous lancez quand même, par défi personnel sadique ou pour les bénéfices ressentis, abandonnez dès que vous commencez à fixer tout ce qui bouge.

After all, there is no shame in masturbating. On the contrary: it is a natural expression of sexual life.

"Abstinence does not kill," says Professor Pfaus, "but deprives us of essential self-exploration. And we know that abstinence - from masturbation, but also from sexual relations and pleasures in general - is imposed by people obsessed with "purity" and "morality". People who do not support the pleasure of others. "