L’étude anti-site d’injection supervisée la plus populaire vient d’être discréditée

Cette étude avait été un outil scientifique important pour les détracteurs des sites d’injection supervisée.

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sept. 28 2018, 5:54pm

Photo via Todd Huffman sur Flickr

Les sites d’injection supervisée (SIS) font l’objet de plusieurs débats. Récemment, c’est le projet d’ouverture d’un SIS dans le quartier Saint-Roch, à Québec, qui a été victime d’une forte opposition. Même si la plupart des données sur le sujet sont unanimes quant à leur efficacité, l’attitude générale par rapport aux SIS relève du « pas dans ma cour ».

Une étude publiée plus tôt cette année dans l’ International Journal of Drug Policy venait prêter main-forte aux opposants des nombreux projets d’ouverture de SIS partout dans le monde. Les auteurs de cette méta-analyse (une étude sur d’autres études), Tom May, Trevor Bennett, et Katy Holloway, avançaient que les sites d’injection supervisée menaient à « un résultat significativement déplorable par rapport à l’utilisation ou injection problématique d’héroïne ». En d’autres mots, bien qu’ils contribuaient à réduire les crimes dans leurs secteurs, les SIS étaient peu efficaces devant d’autres enjeux comme les morts reliées aux overdoses et le partage de seringues.

Évidemment, cette nouvelle tombait à point pour les détracteurs de SIS. Mais, malheureusement pour eux, leur seul argument scientifique vient d’être rétracté.

Selon le journal qui l’avait initialement publiée, la méta-analyse comportait de sérieux problèmes méthodologiques. Les auteurs auraient admis qu’il y avait des failles dans la manière dont ils ont tenté de regrouper plusieurs aboutissements pour en créer un seul. Mais c’était cet aboutissement qui faisait la force supposée de l’étude. Le journal et les auteurs ont donc admis leurs torts et décidé de retirer l’article.

Une des erreurs majeures commises par les auteurs est d’avoir combiné les résultats sur la mortalité, les crimes reliés à la drogue et le partage de seringues, malgré le fait que chacun de ces problèmes soit affecté et géré différemment par chaque SIS.

L’étude rétractée venait ainsi contredire plusieurs autres études. Certaines études basées sur des données compilées pendant des dizaines d’années, arrivaient à la conclusion que les centres d’injection supervisée étaient grandement bénéfiques, autant pour les utilisateurs que les communautés.

Les gens qui s’opposent toujours à ce genre de projets devront donc trouver d’autres arguments pour justifier leurs positions.

Billy Eff est sur internet ici et .

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