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drogues

Montréal a un problème d’héroïne

En 2018, ce sont près de 6 kg d’héroïne qui ont été saisis par la police de Montréal, soit deux fois plus que l’année précédente.

par Billy Eff
05 janvier 2019, 3:33am

En novembre dernier, à la division du crime organisé (DCO) du Service de police de la Ville de Montréal (SPVM), une enquête baptisée Asterios, entamée à la fin 2017, a conduit à l’arrestation de quatre des 12 membres des Minotaures, un présumé club-école des Hells Angels. D’après ce que rapportait La Presse, les policiers auraient saisi chez les Minotaures « 600 000 comprimés de méthamphétamine, 11 kg de cocaïne, 75 g d’héroïne, 50 lb de marijuana, un fusil AK-47 [et] trois armes de poing ».

Ce qui rendait inusitée cette saisie, c’est le fait que les Hells Angels ne donnent habituellement pas dans la vente d’héroïne. Un expert de la Sûreté du Québec avait affirmé lors des audiences de la Commission Charbonneau « n’avoir jamais vu une enquête de trafic d’héroïne impliquant les Hells Angels, [étant donné] que l’héroïne et les Hells Angels n’allaient pas ensemble ».

Dans les dernières décennies, au Québec, la vente d’héroïne a été le domaine des mafias italienne et turque. Cette nouvelle saisie du SPVM laisse croire que le marché de l’héroïne serait aujourd’hui fragmenté. Toutefois, il se peut que la vente d’héroïne des Minotaures soit un cas isolé, car, comme le rapporte le commandant David Bertrand du SPVM au Journal de Montréal, « ces suspects étaient déjà impliqués dans la vente d’héroïne et de cocaïne avant même de faire partie des Minotaures ». À partir de ces indices, la police croit possible que le marché ne soit plus exclusif. « On peut penser que ce marché n’est plus limité à une ou deux organisations », rapportait le commandant Paul Verreault au quotidien montréalais.

En 2018, ce sont près de 6 kg d’héroïne qui ont été saisis par la police de Montréal, soit deux fois plus que l’année précédente, et 11 fois plus qu’en 2015, d’après des renseignements obtenus par le Journal de Montréal. Cette hausse de la popularité d’une des drogues de rue les plus nocives inquiète les forces policières surtout parce que des revendeurs ont tendance à la couper avec du fentanyl.

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Le fentanyl est une drogue de la famille des opioïdes extrêmement puissante, près de 40 fois plus que l’héroïne. Elle est maintenant au cœur de la crise des opioïdes qui fait des ravages partout en Amérique du Nord.

Au Canada, les surdoses de ces dérivés de l’opium ont fait près de 4000 morts en 2017.

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