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politique

Pourquoi le vote des femmes est le plus important au Québec

François Legault peine à rallier les femmes à son parti depuis ses débuts.

par Andréa Febres
27 août 2018, 9:21pm

Photo par Peter McCabe/La Presse canadienne

Les femmes auront très probablement le dernier mot quant au type de gouvernement en place cet octobre.

Selon un sondage Ipsos- La Presse paru jeudi dernier, la CAQ a entamé la campagne avec les meilleures chances de former le gouvernement, mais les hommes (38 %) sont toujours beaucoup plus nombreux à se ranger derrière le parti de François Legault que les femmes (33 %). Avec l’appui d’une Québécoise sur trois, la CAQ peut certainement se vanter d’être le parti le plus populaire auprès des femmes. Reste que François Legault serait presque assuré d’une majorité s’il arrivait à combler l’écart.

Le plus récent sondage Léger-Québecor, paru la semaine avant le début officiel de la campagne, rapportait le même écart (38 % chez les hommes, 33 % chez les femmes) dans les appuis pour la CAQ. Selon le sondeur Jean-Marc Léger, les électrices québécoises vont faire basculer le choix d’un gouvernement majoritaire ou minoritaire caquiste.

S’assurer l’appui des femmes est rendu d’autant plus important par son apparente volatilité. Ipsos rapporte que les électrices sont près de deux fois plus nombreuses que les hommes à dire qu’elles ne sont pas certaines de leur choix (30 % pour les femmes contre 16 % pour les hommes) et que, parmi les chefs des principaux partis, le candidat le plus populaire pour hériter du poste de premier ministre est… « Aucun d’entre eux ».

Pour Jean-Marc Léger, c’est Legault lui-même qui n’a toujours pas la cote auprès des femmes. Effectivement, quand on demande aux Québécois de dire qui ferait le meilleur premier ministre, Legault est pointé du doigt par environ un homme sur trois, mais seulement une femme sur cinq. En regardant les sondages préélectoraux de 2012 et 2014, on constate que cet écart se maintient depuis les débuts de la CAQ.

À l’évidence, Legault traÎne toujours l’image machiste qu’il s’est construite au fil des années avec des éruptions comme cette fois où il a dit : « C’est pas toi qu’y parle » à sa femme lors d’une conférence de presse, ou celle où il a suggéré que les femmes avaient peur du changement pour expliquer son impopularité auprès de celles-ci.

Même si Legault a fait profil bas depuis le début de 2018, le chef n’a pas nécessairement tenté de changer son image auprès des femmes. Au lieu de parler directement aux femmes dans ses discours, il a plutôt décidé de leur parler indirectement au travers d’enjeux sociaux qui leur sont proches.


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Selon Marc André Bodet, professeur en science politique à l’université Laval et membre du centre pour la citoyenneté démocratique, l’importance que la CAQ accorde à des enjeux comme les soins aux aînés, la conciliation travail-famille et l’éducation pourrait en effet plaire davantage à un électorat féminin. Le fait que la CAQ présente plus de femmes que d’hommes parmi ses candidats fait aussi en sorte qu’elle est plus difficile à critiquer quant à sa représentation directe des femmes.

Mais au final, ce qui pourrait faire pencher la balance serait l’émergence de la CAQ comme seule solution de rechange au PLQ. Puisque 71 % des femmes souhaitent un changement de gouvernement aux prochaines élections, soutenir la CAQ pour changer de parti au pouvoir devient un choix stratégique, peu importe qui la dirige.

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