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environnement

En Inde, des élèves paient leurs frais de scolarité en déchets plastiques

L'initiative vise à répondre aux problèmes environnementaux et à améliorer l’accès à l’éducation.

par Gavin Butler; traduit par Sandra Proutry-Skrzypek
11 juin 2019, 7:17pm

Image via YouTube/The Quint (à gauche) et YouTube/Gulf News (à droite) 

L'article original a été publié sur VICE Asie.

En Inde, Akshar Forum, une petite école pour enfants défavorisés fondée en 2016 dans le village de Pamohi, à Guwahati, permet désormais aux élèves de payer leurs frais de scolarité sous forme de déchets plastiques. L’objectif est de les former à « gagner leur vie en étant responsables devant le gouvernement », rapporte Homegrown. Il y a six mois, cela a pris la forme d'un programme de recyclage qui encourage les élèves à collecter et à trier les déchets plastiques secs dans la région, ce qui permet non seulement de répondre aux préoccupations environnementales, mais aussi d’améliorer l’accès à l’éducation.

« À l’origine, nous voulions créer une école gratuite pour tous, puis nous sommes tombés sur cette idée après avoir réalisé qu'un problème social et écologique plus vaste se posait dans cette région », a déclaré Parmita Sarma, cofondatrice d'Akshar, à la publication locale The Better India. « Je me souviens que nos salles de classe étaient remplies de fumées toxiques chaque fois que quelqu'un brûlait du plastique dans les environs. Ici, c'était la norme de brûler les déchets de plastique pour se réchauffer. Nous voulions changer cela et avons donc commencé à encourager nos élèves à apporter leurs déchets plastiques pour remplacer les frais de scolarité. »

L'idée est de « former les élèves à reconnaître comment vivre une vie respectueuse de l'environnement », selon le vice-président de l'école, Priyongsu Borthakur. Cela offre également aux familles la possibilité de donner une éducation à leurs enfants sans craindre que ce ne soit une charge financière. La plupart des ménages de Pamohi envoient leurs enfants travailler dans les carrières de pierres plutôt que dans les écoles locales. Akshar offre une solution abordable et écologique à ce problème, tout en rémunérant les enfants pour leur temps.

« Dans les carrières de pierres, ces enfants gagneraient entre 150 et 200 roupies [environ 3$, ndlr] par jour, souligne Parmita. Nous ne pouvons pas égaler cette somme, alors nous avons mis en place un modèle d'apprentissage par les pairs. Les enfants plus âgés donnent des cours particuliers aux plus jeunes et, en retour, ils sont rémunérés en faux billets de banque qui peuvent être utilisés dans une boutique voisine pour acheter de petites choses comme des collations, des jouets, des chocolats, etc. »

Akshar espère avant tout sensibiliser la communauté dans son ensemble sur les risques pour la santé et l'environnement qui découlent de la combustion des déchets plastiques, notamment en encourageant les jeunes et les moins jeunes à pratiquer le recyclage.

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« Pendant l'hiver, la plupart des familles créent des feux de joie à partir de déchets plastiques et se blottissent devant pour combattre le froid, dit Partima. Nous avons été choqués quand nous avons vu cela et avons décidé d’éduquer les membres de la communauté sur les dangers auxquels ils exposent leurs enfants. »

« L’initiative a été très bien accueillie et de nombreuses familles participant à la campagne de recyclage ont accepté d'installer des affiches devant leurs maisons et leurs magasins pour sensibiliser les gens. »

Gavin est sur Twitter et Instagram.

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