VICEhttps://www.vice.com/fr_caRSS feed for https://www.vice.comfrTue, 18 Dec 2018 20:11:41 +0000<![CDATA[Prendre des breaks de weed pour buzzer encore plus fort]]>https://www.vice.com/fr_ca/article/ev37g7/prendre-des-breaks-de-weed-pour-buzzer-encore-plus-fortTue, 18 Dec 2018 20:11:41 +0000En pleine journée d’été, Annie a loué un kayak, enfilé une veste de sauvetage et, pagaie à la main, elle s’est mise à glisser sur les eaux qui entourent les îles de Sorel. Dans une réserve naturelle protégée et silencieuse, au milieu des nénuphars et des roseaux, elle s’est arrêtée pour une séance de relaxation particulière. Elle avait prévu le coup : son kit d’aventurier comprenait un briquet et un joint. À la surface de l’eau marécageuse, Annie a allumé son bat et a savouré pleinement la détente qui l’a envahie.

Après des semaines sans consommer de weed, le buzz était intense. « La méditation avec du cannabis dans le marais, c’est magique, confie-t-elle. Ça avait aucun bon sens. C’était le nirvana. Vraiment. »

Ce qu’il y a d’ironique dans tout ça, c’est qu’il n’y a pas si longtemps, Annie Gagnon, 43 ans, détestait le cannabis. Elle le dit elle-même : elle serait allée au front pour empêcher sa légalisation. Mais elle est atteinte d’arthrite et de fibromyalgie, ce qui lui cause des douleurs et des inflammations dans tout le corps. Côté médicaments, elle a tout essayé – sauf les opioïdes – et rien ne fonctionnait. Elle a été surprise que son médecin lui suggère d’essayer le cannabis, en juillet 2016.

Sa vie a changé du jour au lendemain. En l’espace de 24 heures, elle estime que ses douleurs ont diminué de presque 70 %. Ça a changé sa vision du cannabis. Elle qui voulait l’interdire fume maintenant en moyenne trois grammes par jour.

C’est beaucoup, trois grammes. À la longue, Annie se tanne de fumer autant, et surtout, ça lui coûte une fortune en approvisionnement auprès des producteurs autorisés – entre 600 $ et 900 $ par mois, soit l’équivalent d’un second loyer. Et puis, il faut dire qu’à force de fumer autant et souvent, l’effet perd de son intensité. Comme plusieurs consommateurs réguliers, Annie a commencé à s’éloigner temporairement de la substance. Elle s’est alors rendu compte que de prendre une pause lui permettait de rééquilibrer sa tolérance, et de retrouver la pleine mesure de l’effet thérapeutique du cannabis.

Kayak
Annie en kayak. Photo de courtoisie

Et elle adore ça. Quand elle fume après une pause, Annie s’arrange pour être seule, pour mieux profiter de chaque instant de son buzz. Elle appelle ça son « rituel ». Elle est seule, à la maison, et elle écoute Netflix. Ou elle médite. Ou elle va faire du kayak. Côté thérapeutique, c’est pour elle une merveille. « Je le sais que ça fait tellement de bien. Pour moi, c’est comme un café avec du chocolat noir. C’est aussi réconfortant. »

Dans les milieux de stoners, cette pratique s’appelle un tolerance break, ou t-break. Et pour les quatre personnes que nous avons interviewées, ça fonctionne très bien.

Les visages de la pause

Pour Nathaniel Bélanger, 20 ans, les t-breaks, c’est surtout une question de plaisir. À son premier buzz, le premier où il a tripé, comme n’importe quel novice, il s’est retrouvé à rire à n’en plus finir avec ses amis, pour probablement aucune raison. « J’avais passé vraiment une belle soirée », se remémore-t-il, le sourire dans la voix.

Mais, au fur et à mesure que sa consommation devenait plus constante, la lune de miel s’est estompée. Ses buzz étaient moins forts et, aussi, il sentait que ça endommageait ses poumons. Il confie en outre qu’il devenait plus anxieux, qu’il s’imaginait que ses parents le jugeaient de rentrer tard le soir, complètement gelé.

Il a arrêté quelque temps, un mois. L’anxiété s’est évaporée. Et quand il est retourné au cannabis, ça lui faisait davantage d’effet. « Même une couple de jours, ça fait une différence, même une journée. Ça dépend aussi de la puissance du stock que tu fumes », témoigne Nathaniel.

Pour Maxime, 39 ans, c’était aussi une question de plaisir, au départ. Fumeur régulier depuis ses 30 ans, il s’ennuyait de ses premiers buzz. Son premier, c’était en 1993, à un concert de Metallica à l’hippodrome de Québec. Ses amis et lui avaient acheté un gramme de hasch à un gars à l’école, l’avaient roulé dans une cigarette pour le fumer au show. « Je me souviens qu’on avait une boîte de biscuits et qu’on en avait lancé partout, parce qu’on était gelés et qu’on était cons. C’était la première fois qu’on était high, j’imagine que c’est pour ça qu’on a trouvé que c’était une bonne idée de lancer notre lunch dans les airs. On s’était bien amusés », raconte-t-il en riant.

Mais fumer régulièrement, ça n’avait plus cet effet, même plus d’effet du tout. Maxime était rendu à fumer une once par semaine. Il jetait 150 $ par les fenêtres, et il ne ressentait rien, à part une légère baisse de stress.

Il y a cinq ans, il a pris sa première pause. Il a arrêté pendant près de six mois, et a repris tranquillement. « Je fumais juste deux petites puffs, et j’étais mêlé comme si c’était la première fois », raconte-t-il. Il enchaîne les pauses depuis. Les trois ou quatre premiers jours suivant le jeûne, « c’est merveilleux, c’est comme si j’avais jamais fumé de ma vie ». Néanmoins, sa tolérance revient au galop presque instantanément. Au bout de deux semaines, il ne ressent plus aucune différence.

Ce n’était pas assez pour Maxime, qui s’est mis à fumer plus, puis à se tourner vers des concentrés beaucoup plus puissants, il y a un peu plus de deux mois.

C’est cette surenchère qu’a voulu éviter Richard, 30 ans, qui souffre d’un trouble de la personnalité borderline. Il a commencé à consommer du cannabis il y a un peu plus d’un an, dans le but de se sevrer de ses antidépresseurs. Trois ou quatre fois par jour, il prend des petites doses de produits comestibles, de 5 à 20 milligrammes. Mais pas tous les jours.

Il s’est renseigné sur le sujet et veut éviter de développer une trop grande tolérance au cannabis. Il prend des t-breaks de deux ou trois jours, chaque deux ou trois semaines, de manière préventive. « Je n’ai jamais vraiment eu besoin d’augmenter les quantités. C’est toujours resté à peu près pareil. »

Mais, malgré ces précautions, il sait que lorsqu’il consomme après une période de jeûne, l’effet du cannabis va être décuplé les premiers jours. « La première journée, je ne peux pas prendre 10 milligrammes d’un coup, sinon je ne suis pas fonctionnel. Je suis vraiment éteint. Je suis obligé de prendre des plus petites doses. »

La science derrière le break

Les exemples mentionnés ici sont anecdotiques, certes, mais ils ne sont pas anodins. On ne connaît pas toute la science derrière les t-breaks de cannabis, mais on en connaît assez sur le cerveau et les drogues pour comprendre un peu ce qui se passe.

On sait que le cerveau peut développer une tolérance aux drogues, indique le Dr Didier Jutras-Aswad, qui est à la fois chercheur, professeur et psychiatre, et une référence en cannabis et en toxicomanie.

On manque de données pour savoir comment ça fonctionne avec le cannabis, mais c’est le principe général : grâce à certains mécanismes d’adaptation, le cerveau s’arrange pour faire fonctionner normalement ses neurones, même si tu les enfumes de THC. Ça explique pourquoi les consommateurs réguliers en viennent à développer une tolérance à certains effets du cannabis, comme la perte d’attention et de mémoire juste après avoir fumé.

Pour les t-breaks, on peut surtout présumer l’effet d’une pause chez les consommateurs réguliers de cannabis, avance prudemment le Dr Jutras-Aswad. Il explique que la science ne s’est pas penchée spécifiquement sur ce cas, mais qu’on peut en analyser le principe.

« De ce qu’on sait aussi des mécanismes adaptatifs du cerveau, lorsqu’on va arrêter une substance, après un certain temps, le cerveau revient à un fonctionnement normal. Ça semble tout à fait logique que quelqu’un qui se réexpose à une substance pourrait retrouver certains des effets perdus avec le temps », explique le docteur, en précisant que c’est le cas pour d’autres substances.

Les effets indésirables

Pour certains consommateurs, prendre des t-breaks représente un défi. Le Dr Jutras-Aswad souligne qu’un consommateur régulier sur trois va présenter des symptômes de sevrage en arrêtant le cannabis. Et chez les consommateurs « très, très réguliers », ça pourrait dépasser les 50 %.

Les symptômes vont de la légère anxiété, l’insomnie et la perte d’appétit à l'irritabilité et même les malaises gastro-intestinaux. Ces effets varient d’une personne à l’autre. Les données ne sont pas très solides à ce sujet, mais on pense que plus la personne consomme des produits élevés en THC, plus elle aurait des chances de ressentir des symptômes de sevrage.

Dans notre petit échantillon de personnes interviewées, on a plusieurs cas de figure. Annie Gagnon, qui consomme pour ses douleurs, n’a aucun symptôme de manque, même si elle arrête du jour au lendemain. Nathaniel Bélanger, qui consomme pour le plaisir, dit avoir été quelques fois sur les nerfs, avoir eu un peu plus de mal à dormir, sans plus.

Mais pour Maxime, qui était rendu à consommer des concentrés, l’effet de manque est plus intense. Il devient irritable et anxieux, et il ressent par vagues des pulsions qui le poussent à fumer. La première semaine, il ne mange pas, et peut perdre de 10 à 12 livres. Il a aussi expérimenté des terreurs nocturnes et des épisodes de paralysie du sommeil. « Ça n’a pas été le meilleur bout de ma vie, je ne te le cacherai pas. Je m’en serais passé. Le monde dit que le pot, c’est pas addictif, c’est un gros mensonge », dénonce-t-il.

Il demeure nuancé et convient que quelqu’un qui fume de temps en temps les vendredis soir ne s’expose pas à de grands risques. Mais Maxime souffre d’anxiété, d’un trouble bipolaire et d’un trouble déficitaire de l’attention avec hyperactivité : un mauvais cocktail pour y ajouter du cannabis, selon lui. Il considère sa consommation comme un problème. « Je me considère addict à ça », admet-il.

Son cas n’est pas si rare, selon ce que rapporte le Dr Jutras-Aswad. Environ 9 % des consommateurs vont développer une dépendance au cannabis. Le taux augmente chez ceux qui consomment dès l’adolescence : on parle plutôt de 16 % à 17 % de personnes dépendantes.

Mais beaucoup de données sur le cannabis datent d’il y a 10, 20 ou 30 ans, explique le psychiatre, et pourraient avoir changé, avec les taux de THC qui ont graduellement augmenté avec les années. « On pourrait émettre l’hypothèse que les taux de dépendance au cannabis pourraient aussi évoluer, avance-t-il. Il faudrait l’étudier. » De récentes études américaines pointent en ce sens, indique le psychiatre, mais des études supplémentaires seront nécessaires pour corroborer ces informations.

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Sa dépendance au cannabis, Maxime veut s’en défaire. Fumer quotidiennement du pot puissant, c’est trop pour lui. Et quand il arrive à passer l’étape du sevrage, soudainement, il va mieux. Avec sa psychiatre, il a convenu qu’il devait arrêter de consommer du cannabis. La première fois que nous lui avons parlé, il fumait encore un peu, mais il s’apprêtait à entrer au Centre de réadaptation en dépendances de Québec, parce qu’il n’arrivait pas à arrêter par lui-même.

Quelques semaines plus tard, au moment de publier l’article, l’homme de 39 ans n’avait pas encore mis son plan en branle. Avec les Fêtes qui arrivent à grands pas et les multiples rencontres familiales, Maxime ne se sentait pas prêt à être complètement sobre. « J’ai décidé de faire mon break après la période des Fêtes. Ça me stressait trop », a-t-il confié.

La nouvelle année, il la voit d’un bon œil. Il n’a pas pris la résolution d’être sobre – il voit le mot comme ayant une connotation trop négative, « personne ne tient ses résolutions ».

Il préfère voir 2019 comme « un nouveau défi avec la nouvelle année ». Son rendez-vous au centre de réadaptation est pris. Et puis, il commencera alors un nouvel emploi.

C’est, pour lui, un nouveau départ.

Justine de l'Église est sur Twitter.

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<![CDATA[90,5 % des déchets plastiques n’ont jamais été recyclés ]]>https://www.vice.com/fr_ca/article/59vapz/905-des-dechets-plastiques-nont-jamais-ete-recyclesTue, 18 Dec 2018 19:50:10 +0000 Selon Roland Geyer, le coauteur d'une étude sur les objets faits de plastique, le recyclage n'est qu'un « mirage réconfortant ». L'étude publiée dans la revue Science Advances affirme que 90,5 % des déchets plastiques n'ont jamais été recyclés. Le chiffre-choc a d'ailleurs été élu « statistique de l'année » par la Royal Statistical Society du Royaume-Uni.

Au Canada, près de 90 % des matières plastiques se retrouvent dans des incinérateurs, décharges, lacs, parcs et océans. C’est le cas aussi au Québec où seulement 18 % du plastique est recyclé. Ce même rapport précise que 42 % de ces déchets plastiques que l’on retrouve dans la nature n’ont servi qu’une fois.

Le bilan du rapport est alarmant : depuis 1950, l’humanité a produit 8,3 milliards de tonnes de plastique dont 8 millions sont déversées chaque année dans les océans.

Et cette production de plastique augmente chaque année : elle était de 2 millions de tonnes en 1950 et 400 millions de tonnes en 2015.

Le Canada est un triste champion en la matière. Un rapport la Commission de l’écofiscalité du Canada publié en octobre 2018 le prouve : le Canada détient le titre du plus gros producteur de déchets par habitant des pays de l’OCDE. En 2014, le pays en produisait près d’une tonne par habitant. Mais surtout, avec seulement 0,5 % de la population mondiale, le Canada produit 2 % du volume total de déchets engendrés dans le monde.

En juin 2018, lors du sommet du G7, une « Charte du plastique » a été signée par le Canada, la France, l’Allemagne, l’Italie et le Royaume-Uni et l’Union européenne. La Charte engage ses signataires à « recycler et réutiliser au moins 55 % des emballages de plastique d’ici 2030 et récupérer 100 % de tous les plastiques d’ici 2040 ».

« Ce n’est pas assez ambitieux, réagit Keith Brooks, directeur des programmes du groupe Environmental Defence, joint par téléphone. Notre proposition, c’est que le Canada atteigne zéro déchet plastique d’ici 2025. »

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« On parle souvent du plastique qui va dans les océans, mais les déchets plastiques se retrouvent aussi dans les Grands Lacs et dans le Saint-Laurent, poursuit Keith Brooks, il y a 10 000 tonnes de plastique déversées dans les Grands Lacs chaque année. »

Les coupables, selon Keith Brooks, ne sont pas les individus qui pour la plupart recyclent leur plastique avec soin, mais les entreprises qui produisent du plastique non recyclable et parfois toxique. « Nous devons interdire du Canada les pires formes de plastique qui existent, explique-t-il, et faire en sorte que les producteurs et importateurs de plastiques soient responsables de leur plastique après utilisation. Si on commence à mettre en place un système d’amendes pour ces entreprises, les choses pourraient vite changer. »

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<![CDATA[Santé Canada veut moins d’alcool dans la Four Loko et ses semblables]]>https://www.vice.com/fr_ca/article/8xp793/sante-canada-veut-moins-dalcool-dans-la-four-loko-et-ses-semblablesTue, 18 Dec 2018 19:00:00 +0000Le cas de l’adolescente Athena Gervais avait ébranlé la province en mars dernier, lorsqu’elle avait été retrouvée morte dans un ruisseau, derrière son école secondaire. On ignore toujours les circonstances précises de son décès, mais on sait qu’elle avait volé de la FCKDUP avec ses amis au dépanneur et qu’elle en avait bu sur l’heure du dîner. La boisson a depuis été retirée des tablettes. L’an dernier, la Four Loko, surnommée « black out in a can », a aussi a été retirée du marché québécois. La mort d’Athena Gervais a « repoussé indéfiniment » son retour en magasin.

Les boissons alcoolisées très sucrées, comme la Four Loko et la FCKDUP, ont suscité beaucoup d’inquiétudes, ces dernières années, chez les experts comme chez les citoyens.

Ces boissons vendues dans de grandes canettes ont une très forte concentration d’alcool, soit 11,9 %, ou l’équivalent de quatre consommations. Mais leurs parfums fruités et sucrés viennent masquer le goût de l’alcool, si bien qu’il est très facile – ou même, pour certains, tentant – d’en consommer sans s’arrêter. Et cela a mené à de nombreuses hospitalisations, au Québec comme aux États-Unis. L’an dernier, au Québec, un adolescent de 14 a été transporté d’urgence à l’hôpital après avoir englouti deux canettes en 30 minutes, un cas loin d’être isolé.

Santé Canada souhaite aujourd’hui limiter la concentration d’alcool de ces produits, qu’elle décrit comme un « risque grandissant pour la santé publique », particulièrement pour les jeunes.

Le cas d’Athena Gervais n’a pas été évoqué par Santé Canada, car le coroner n’a pas encore publié de rapport sur son décès. Cependant, l’agence a souligné le cas de Pierre Parent, un Drummondvillois de 30 ans qui avait développé une dépendance au Four Loko. Il est décédé l’an dernier après avoir ingéré un cocktail mortel de Four Loko, de caféine et de médicaments.

L’agence propose que ces boissons ne contiennent que l’équivalent d’une consommation et demie par cannette. Et ce, peu importe le format. Par exemple, une canette de 568 mL, format dans lequel se vendaient la Four Loko et la FCKDUP, ne pourrait contenir que 4,5% d’alcool.

Santé Canada propose d’autres formats acceptables :

  • jusqu’à 7,2 % alc. / vol. pour les contenants de 355 mL
  • jusqu’à 5,4 % alc. / vol. pour les contenants de 473 mL
  • jusqu’à 3,6 % alc. / vol. pour les contenants de 710 mL

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Le règlement s’appliquerait à toutes les boissons faites à base d’alcool purifié et aromatisé, à l'exception des produits vendus dans des bouteilles en verre, de 750 mL et plus.

Éduc’alcool a aussitôt réagi, qualifiant cette solution de « demi-mesure décevante et insuffisante ». L’organisme réclamait plutôt que la quantité d’alcool dans ces canettes soit limitée à une seule consommation, pour qu’il y ait « un minimum de clarté et de simplicité pour les éventuels consommateurs, particulièrement les jeunes ».

Santé Canada juge pour sa part que sa mesure vient s’harmoniser avec certaines bières, boissons rafraîchissantes et autres coolers, qui contiennent eux aussi l’équivalent d’une consommation et demie. L’agence précise qu’une consommation et demie est une limite, et non pas une cible à atteindre.

À noter que le règlement n’est pas encore adopté. Il y aura des consultations publiques pour permettre aux Canadiens de se prononcer sur la question du 22 décembre au 5 février prochain. Les commentaires seront ensuite compilés. On compte adopter le règlement au printemps prochain, aux alentours d’avril ou de mai.

Justine de l'Église est sur Twitter .

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<![CDATA[Un braconnier est condamné à regarder « Bambi » une fois par mois en prison]]>https://www.vice.com/fr_ca/article/pa58ez/un-braconnier-est-condamne-a-regarder-bambi-une-fois-par-mois-en-prisonTue, 18 Dec 2018 16:57:50 +0000 On se rappelle tous le moment exact où notre petit cœur d’enfant s’est fait déchirer en mille morceaux pour la première fois. Le jour où on a appris que la vie était tristement éphémère. Pour la plupart des enfants nés après 1942, ce moment, c’est lorsque la maman de Bambi meurt.

Clairement, David Berry Jr., un braconnier du Missouri, n’a pas assez regardé Bambi lorsqu’il était enfant. Avec l’aide de son père, de ses frères et d’un autre homme, Berry a comploté pour chasser et a tué illégalement des centaines de cerfs, selon la Presse canadienne.

Si la plupart des chasseurs ont un certain respect pour les bêtes qu’ils abattent et s’assurent d’en consommer la chair, Berry et ses complices n’étaient intéressés que par la tête des animaux. « Les cerfs étaient des trophées de chasse capturés illégalement, surtout la nuit, pour leur tête, en laissant pourrir derrière les corps des cerfs », a dit Don Trotter, le procureur du comté de Lawrence.

L’enquête sur la famille Berry a débuté en 2015, après que quelqu’un a alerté le ministère américain de la Conservation. David Berry Sr. et son fils Kyle Berry ont d’abord été arrêtés en août dernier pour des cas s’étendant jusqu’au Canada. Eric Berry, un autre des frères de David Jr., a été pris la main dans le sac par les autorités, alors qu’il était en train de tendre des pièges à cerf.

Au total, la famille Berry ainsi que leur complice se sont fait retirer leurs permis de chasse (qui ne leur permettait pas de chasser les animaux tués) et ont dû payer plus de 51 000 $ en amendes et en frais d’avocats. David Berry Jr. a quant à lui été condamné à passer 120 jours en prison pour non-respect des conditions de probation, en plus d’un an pour son complot génocidaire contre les cerfs. Mais le juge dans l’affaire, Robert George, étant clairement un homme qui a le sens de l’humour, a également ordonné que Berry soit forcé « à visionner le film de Walt Disney, Bambi, le premier visionnement ayant lieu d’ici le 23 décembre 2018 et ensuite au moins une fois par mois ».

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Bien que le braconnage illégal soit une pratique assez courante, c’est probablement la première fois que le visionnement de Bambi est utilisé comme outil dissuasif. Mais c’est, après tout, ce que des agents de conservation de la faune ont qualifié comme étant le plus grand cas de braconnage de chevreuils dans l’histoire du Missouri.

Billy Eff est sur internet ici et .

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<![CDATA[La nouvelle charte canadienne des voyageurs obligera les compagnies aériennes à payer pour le mauvais service]]>https://www.vice.com/fr_ca/article/7xyqey/la-nouvelle-charte-canadienne-des-voyageurs-obligera-les-compagnies-aeriennes-a-payer-pour-le-mauvais-serviceTue, 18 Dec 2018 15:15:51 +0000Cet article a d'abord été publié sur VICE Canada.

Prendre un vol intérieur au Canada, c’est cher, long et, comme si ce n’était pas assez, on est à la merci d’une compagnie aérienne qui peut ruiner nos plans à la dernière minute.

Conscient de notre misère, le gouvernement fédéral tente d’adopter une charte canadienne des voyageurs. Le ministre des Transports, Marc Garneau, a annoncé lundi matin lors d’une conférence de presse « une réglementation claire, cohérente, transparente et équitable ».

« Un billet d’avion peut être une grande dépense pour une famille canadienne, et nous nous attendons à ce que la compagnie aérienne respecte sa part du contrat », a déclaré le ministre. « Un billet d'avion est un contrat de service; il impose des obligations à la compagnie aérienne et au voyageur. »

« Nous connaissons tous quelqu’un qui a eu une mauvaise expérience, ou nous avons vu des reportages aux nouvelles », a-t-il poursuivi. « Nous allons nous assurer que les compagnies aériennes traitent leurs passagers avec le respect qui leur est dû. »

Quand ce sera chose faite : on recevra un dédommagement si on ne peut pas prendre l’avion à cause d’une surréservation; les parents n’auront plus à payer un supplément pour être assis avec leurs enfants; on sera aussi dédommagé adéquatement et rapidement en cas de perte de bagages. Le ministre a aussi dit que la compagnie aérienne devrait fournir de l’aide (pour les repas et l’hébergement, par exemple) et, potentiellement, ajouter un vol quand on doit patienter absurdement longtemps.

De plus, les compagnies aériennes devront verser un dédommagement aux clients en 48 heures ou moins en cas de surréservation. Et si un client s’estime victime d’une violation de la charte, il disposera de 120 jours pour porter plainte. Si les compagnies aériennes ne la respectent pas, elles devront payer une amende, a aussi prévenu le ministre.

Le projet de loi sera publié dans la Gazette du Canada le 22 décembre, et les Canadiens disposeront de 60 jours pour donner leur avis.

« Notre gouvernement est satisfait des progrès accomplis pour renforcer les droits des passagers aériens canadiens, et se réjouit que les Canadiens aient encore l'occasion de s'exprimer au sujet de la réglementation proposée », a déclaré le ministre par voie de communiqué. « Une fois en vigueur, la réglementation mettra en œuvre une approche plus prévisible et plus équilibrée qui profitera à tous. »

Une charte des droits des passagers n’est pas une idée neuve. La charte des passagers de l’Union européenne impose des compensations financières en cas de surréservation, de l’aide (repas ou hébergement) quand une surréservation cause un long retard, ainsi que d’autres compensations quand un passager est forcé de changer de classe, par exemple de la classe affaires à la classe économique.

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Plus tôt cette année, le parlement a adopté le projet de loi C-49, qui a pavé la voie de cette charte et poussé l’Office des transports du Canada (OTC) à établir sa mise en œuvre. L’OTC a examiné les chartes des droits des passagers existantes, comme celle de l’Union européenne, et les procédures des compagnies aériennes relativement à ces questions. Bien que la plupart des règles à venir soient déjà des procédures en vigueur pour beaucoup de compagnies aériennes, nous savons tous à quel point elles se battent pour ne pas donner de compensation aux clients.

Malheureusement, la charte des voyageurs n’étant pas là à temps pour protéger ceux et celles qui voyageront pendant la période des Fêtes, on sait que le Noël de quelques-uns sera à nouveau ruiné par une compagnie aérienne.

Suivez Mack Lamoureux sur Twitter.

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<![CDATA[Tu veux rester sobre pendant les Fêtes? Voici comment]]>https://www.vice.com/fr_ca/article/mby4wa/tu-veux-rester-sobre-pendant-les-fetes-voici-commentMon, 17 Dec 2018 21:43:01 +0000 Quand le party de fin de session dégouline de bière, que le vin rouge arrose bien la dinde sèche et que le compte à rebours se termine en un sablage de champagne, ça peut être plus difficile de se rappeler les raisons pour lesquelles on a choisi de rester sobre.

Mais c’est possible de garder le cap. C’est ce que font depuis des années deux jeunes femmes que nous avons interviewées. Elles ont accepté de parler de leur expérience et de nous donner leurs trucs pour passer à travers le temps des Fêtes, sans se laisser tenter par la buvette.

Laurence Coulombe est âgée de 31 ans et œuvre dans le tourisme d’aventure, et c’est avec succès qu’elle a entrepris son virage à sec juste avant le temps des Fêtes, il y a six ans. De son côté, Mimosa Luigi, une étudiante en science biomédicale de 21 ans, a renoncé à l’alcool il y a cinq ans, lorsqu’elle s’est convertie à l’islam.

Voici leurs conseils pour rester à sec.

Prévenir vaut mieux que… passer la soirée à répéter que tu es sobre maintenant

Tu peux t’éviter un lot de tentations en prévenant tes amis que tu ne devrais pas finir la soirée par terre à écrire ton nom en vomi dans un banc de neige, parce que tu prévois de ne pas boire du tout. Les gens vont généralement respecter ta décision de rester sobre.

Enweye, juste un verre, pour Jésus!

L’important, et le plus évident, c’est d’apprendre à rester ferme sur ta position et à dire non, surtout si quelqu’un insiste. Laurence suggère de décliner en riant, sur un ton léger, tout simplement. Pour ne pas se laisser influencer par les arguments des autres, elle n’oublie jamais les raisons pour lesquelles elle a arrêté de boire.

« Ce serait vraiment dommage que le lendemain, tu regrettes juste parce que ton amie n’a pas été cool et qu’elle t’a vraiment poussée à boire. Moi, je l’haïrais, cette amie-là », s’esclaffe-t-elle.

Popper du champagne virgin

« Un moment donné, l’eau pétillante au citron, c’est bon, mais t’as fait le tour, lance Laurence en pouffant de rire. Apporte-toi quelque chose de différent de ce que tu bois dans la vie de tous les jours. Aide-toi. C’est la fête. Vas-y! »

Il y a de plus en plus d’options le fun pour les drinks sans alcool. Les tonics et les sirops à l’hibiscus, au pamplemousse, par exemple, permettent d’être créatifs dans ses mocktails. Les bières, les cidres et même les vins sans alcool se trouvent facilement sur les tablettes de boutiques spécialisées ou à la SAQ.

Laurence souligne qu’elle se fait un excellent virgin black velvet avec de la BockAle noire et du moût de pomme. Mimosa privilégie pour sa part le champagne sans alcool. « Je suis obligée de l’apporter! » rigole-t-elle.

Dans le cas d’un party de job, par exemple, une bonne chose pourrait être de s’impliquer dans l’organisation. Comme ça, tu t’assures qu’il y a de bonnes options virgin pour toi. Et peut-être que le verre de vin chaud te fera moins de l’œil.

S’entourer d’amis sobres

Si tu fais tes premiers pas dans la sobriété, c’est bon d’avoir un ami qui tente l’expérience avec toi. Relever un défi à deux, ça peut aider à rester sur le chemin de la motivation.

Participer à des événements avec des amis sobres, c’est aussi toujours une bonne idée, témoigne Mimosa. « Ça peut vraiment beaucoup aider à normaliser la chose, à ne pas se sentir isolés dans notre sobriété. Il y en a plein, des gens qui ne boivent pas. Quand on aborde la conversation, on est surpris de voir à quel point il y a des gens qui boivent pas pour toutes sortes de raisons. »

Et si tu n’as pas d’amis sobres, il reste toujours les groupes de soutien. Laurence n’a pas été très fan de son séjour chez les Alcooliques anonymes (AA), qu’elle décrit comme étant trop près du cliché du « vieux bonhomme dans un sous-sol d’église qui sirote un café gris en ressassant ses malheurs ». Elle a cependant passé environ un an à fréquenter le SoberLab, une initiative québécoise qui regroupe des personnes sobres un peu plus jeunes autour d’activités plus stimulantes, et elle recommande l’expérience.

Party ou pas party?

C’est correct, si tu sens le besoin de t’isoler au départ. Laurence raconte avoir passé ses deux premiers mois en Gollum à la maison. Ensuite, elle allait dans les partys et dans les bars, sans problème.

Mimosa concède que les plus gros partys, c’est plus difficile pour elle. Elle avance que les fêtes vraiment axées sur la brosse – par exemple, un party de fin de session – pourraient être à éviter, au besoin.

Et ça vaut même pour un party de Noël. « Si tu sens que le vibe est pas là, avant d’y aller, si tu angoisses parce que tu sens que tu vas avoir des problèmes avec ta question de sobriété, tu peux peut-être éviter celui-là. Ça arrive. On peut en manquer un. » C’est important d’écouter son instinct, insiste-t-elle.

Penser un Noël plus grand

Laurence garde de bons souvenirs de ses premiers jours de l’An, où elle était la seule de la famille à être fraîche et pimpante au lendemain des célébrations. « Trop motivée pour la crowd », pour reprendre ses mots.

Oui, Noël, c’est les excès, les brosses et les dérapes, mais c’est aussi les proches, la neige, les sports d’hiver. « Est-ce que tu veux passer tes deux semaines de vacances scrap, ou tu veux en profiter pour que chaque journée soit une belle journée, pour aller prendre des marches, faire de la rando, voir ta famille? » demande-t-elle.

Pense Noël à grande échelle. Sors faire un bonhomme de neige.

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Garder le cap malgré les écueils

Il peut arriver que, malgré toute ta bonne volonté, tu flanches et tu prennes un verre. C’est arrivé quelques fois à Mimosa. Elle reconnaît avoir été déçue d’elle-même, mais ajoute qu’il ne faut pas se laisser abattre. Un écart ou une rechute, ça peut arriver, et il vaut mieux en profiter pour se remettre en question.

« C’est de réaliser : est-ce que ça a vraiment apporté quelque chose dans la situation présente, comme je le pensais quand j’avais la tentation de le faire? Est-ce que ça m’a aidée dans un contexte social ou émotionnel? Je pense qu’en général, la réponse va être non. Il y a probablement d’autres manières de t’aider. »

Sur ce, sablons le moût de pomme pour 2019. Cheers!

Justine de l'Église est sur Twitter.

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<![CDATA[Le milieu antifasciste ciblé à Québec ]]>https://www.vice.com/fr_ca/article/59v44n/le-milieu-antifasciste-cible-a-quebecMon, 17 Dec 2018 21:37:48 +0000 Depuis un mois, les milieux antifascistes et anarchistes de Québec sont la cible d’attaques, d’actes de vandalisme et d’intimidation. La dernière agression remonte à la nuit de vendredi à samedi, lorsqu’un groupe s’en est pris à un individu qu’il a qualifié d’« antifa », avant de le rouer de coups.

L’incident a eu lieu vers 1 heure 10 à l’intérieur du bar LvlOp sur la rue Saint-Joseph. Selon le Service de police de la Ville de Québec (SPVQ), un groupe d’hommes a apostrophé une personne dans la vingtaine en lui demandant « s’il est un antifa » avant de l’attaquer à coups de poings et de pieds.

Le principal suspect, Louis Fernandez, 24 ans, a été arrêté par la police et accusé de voies de fait causant des lésions. La victime souffrait de blessures à la tête et a été transportée à l’hôpital. On ne craint pas pour sa vie.

Le SPVQ ne peut confirmer d’association entre le suspect et un groupe en particulier pour l’instant. Mais sur les réseaux sociaux, Fernandez entretient des relations avec plusieurs membres d’Atalante Québec, dont son leader, Raphaël « Stomper » Lévesque. « L’enquête se poursuit dans ce dossier et déterminera le caractère haineux ou non de ce crime », dit l’agente aux communications de la police de Québec, Cyndi Paré.

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Le SPVQ avance qu’il a toujours existé une certaine tension entre ces différents groupes. « Par contre, nous ne remarquons aucune montée significative pour l’instant. »

Simon Coutu est sur Twitter .

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<![CDATA[Les jeunes boivent moins, pas mal moins qu’avant ]]>https://www.vice.com/fr_ca/article/7xyqmy/les-jeunes-boivent-moins-pas-mal-moins-quavantMon, 17 Dec 2018 20:45:29 +0000Payton a 22 ans et étudie à l’Université McGill dans un programme de maîtrise en psychologie. Il y a trois ans, elle a chassé de sa vie l’alcool et les drogues dures. Elle se considère comme sobre, sauf pour le cannabis, qu’elle consomme encore. « La dernière fois que j’ai bu remonte à plus d’un an. J’ai cessé graduellement, je n’avais pas nécessairement un problème de drogue. Je n’étais pas accro. J’avais juste l’impression que ça n’apportait rien de bon dans ma vie. Ça fait environ trois ans que j’ai commencé tranquillement à me dire que je ne voulais plus boire et, depuis un an, je ne bois plus du tout », explique au téléphone la jeune femme aux cheveux bleus, alors que son chat miaule en arrière-plan.

Il y a plusieurs raisons qui ont poussé Payton à cesser de consommer. « Je souffre de dépression chronique et, lorsque je buvais quelques verres, je me sentais plus déprimée pendant à peu près une semaine. » Mais celle qui ressort le plus est une écœurantite de l’omniprésence de l’alcool dans la culture universitaire. Alors qu’elle étudiait à l’Université Bishop’s dans les Cantons-de-l’Est, elle a été frappée par les effluves éthyliques qui parasitaient la plupart des activités sociales de son établissement universitaire. « L’alcool a une grosse place dans la culture là-bas. La pression de boire parce que tout le monde le fait, juste pour socialiser, était tellement intense. » Et pour Payton, tout cet alcool contribuait à révéler des comportements inacceptables : certains gars profitaient de la vulnérabilité de certaines filles. « C’était comme dans les films où on voit des gars qui tentent de rendre les filles très saoules dans le but de profiter d’elles. » Pendant sa première année, lorsqu’elle sortait dans des bars sur le campus avec ses amis, elle ne voyait que les conséquences néfastes d’une consommation d’alcool excessive. « Je regardais autour de moi et j’étais vraiment dérangée par le comportement irrespectueux des gens entre eux, et c’était comme s’ils utilisaient l’alcool comme excuse pour ne pas prendre leurs responsabilités. »

Sobres, pas sobres

Au Royaume-Uni, la génération des 16-24 ans est la plus sobre de l’histoire du pays. Dans une récente étude sur 10 000 jeunes, près du tiers se sont dits sobres, du jamais vu. Dans son analyse, l’auteure principale, la Dre Linda Ng Fat, a noté que l’augmentation du nombre de jeunes qui choisissent de ne pas boire d’alcool donne à penser que la sobriété pourrait devenir plus acceptée, et que d’autres comportements plus risqués, comme la surconsommation d’alcool, pourraient devenir de moins en moins normalisés.

Au Canada, le portrait de la consommation est plus nuancé, et les données existantes indiquent une diminution, plus qu’une abstinence.

Les données compilées au fil des années par l’Enquête canadienne sur le tabac, l’alcool et les drogues montrent que la consommation d’alcool est en baisse depuis 1979 chez les Canadiens, et cette tendance était déjà soulignée dans le rapport de 1994. Entre 2013 et 2017, le pourcentage des 15-19 ans qui disent avoir consommé de l'alcool au moins une fois dans les 12 derniers mois est passé de 60 % à 57 %. Ce taux est cependant resté stable à 83 % chez les 20-24 ans.

Dans le rapport La consommation excessive d’alcool chez les jeunes Québécois : portrait et évolution de 2000 à 2012 de l’Institut national de Santé publique du Québec (INSPQ), qui s’intéressait aux habitudes des jeunes de 12 à 35 ans, il est indiqué que « les cohortes nées dans les années 1980 ont montré un risque plus accru de consommer de façon excessive et ce risque semblait plus faible chez les cohortes plus jeunes qui sont nées entre 1990 et 1995 ».

Sébastien Tessier, conseiller scientifique de l’INSPQ, ne voit pas de tendance vers la sobriété pour le moment au Québec. « Si je regarde les données d’enquête depuis le début des années 2000, je ne vois pas de variation notable dans les proportions d’abstinents chez les jeunes Québécois de 15 à 24 ans (15 % en 2000-2001 à 16 % en 2013-2014) », explique-t-il par courriel. « Ce que nous voyons, c’est que les nouvelles générations semblent moins portées à consommer de façon excessive. Nous verrons dans les prochaines années si le phénomène se poursuit ou non, mais pour l’instant, ce phénomène de cohorte n’a pas d’impact sur les prévalences de consommation excessive dans la population de jeunes Québécois. »

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Illustration par Mathieu Rouland

Au début du mois de décembre, l’Institut de la statistique du Québec a publié une grande enquête pour documenter la santé des jeunes au secondaire. Plus de 62 000 élèves ont participé à cette étude, répartie dans 465 écoles secondaires privées et publiques de la province. Il en ressort que « la consommation régulière d’alcool et de drogues, tant chez les garçons que chez les filles, [est] en net recul depuis 2010-2011 », passant de 12 % à 8 %. La consommation excessive d’alcool affiche aussi un déclin, passant de 41 % à 34 %, et touche autant les gars que les filles.

Pour Sébastien Tessier, ces nouvelles statistiques sont encourageantes, mais il est trop tôt encore pour dire si cette tendance est propre à une génération. Toutefois, « les diminutions observées semblent démontrer un certain changement de comportement face à l’alcool chez les jeunes du secondaire au Québec », avance le conseiller scientifique.

En Ontario, la situation se compare à celle du Québec. Un sondage de 2017 mené par le Centre de toxicomanie et de santé mentale auprès de plus de 11 000 étudiants a révélé que la consommation d’alcool, de tabac et de cannabis est historiquement basse depuis les années 70. Ce creux notable est mesuré depuis les années 90. Juste pour l’alcool, le nombre de jeunes en ayant consommé dans la dernière année est passé de 66 % entre 1999 à 43 % aujourd’hui. Selon le Dr Robert Mann, questionné par Radio-Canada, cette baisse s’explique par l’efficacité des campagnes de sensibilisation sur les effets néfastes de la consommation.

Il ressort que, bien que les jeunes adultes ne semblent pas encore pencher vers un mode de vie sobre, les jeunes du secondaire, eux, se désintéressent clairement de l’alcool.

Pas un changement de culture, mais...

Payton n’irait pas jusqu’à dire qu’il y a un changement de garde. La culture de l’alcool est toujours très présente à l’université. « Je crois qu’il y a une sous-culture, avec une minorité d’étudiants qui sont très dévoués à la sobriété. » Elle note toutefois que, pendant la semaine d’initiation, il existe maintenant une équipe « dry », sans alcool, ce qui n’existait pas lors de son entrée à l’université.

Dans son cercle d’amis, ce sont les espaces queers qu’elle fréquente qui ont tendance à être exempts d’alcool. « Peut-être que les personnes se sentent plus confortables, donc elles ne ressentent pas le besoin de boire? » Et ce n’est pas qu’elle cherche à tout pris les lieux sobres, c’est plutôt pour éviter les comportements déplaisants qui accompagnent la consommation : « Je pense que l’idée, pour la plupart des gens qui ne boivent pas, ce n’est pas d’éviter les espaces avec de l’alcool, c’est plutôt de ne pas être entourés de personnes qui boivent excessivement. Ce sont deux choses différentes. »

Ce désir de socialiser grâce à la sobriété, Jean-François Touchette, un étudiant au certificat en publicité de l’Université de Montréal, l’a vécu de manière foudroyante. L’homme de 40 ans qui était en retour aux études, et sobre depuis quatre ans, voulait profiter de la vie étudiante sans faire une croix sur son choix de vie.

Afin de rencontrer d’autres personnes comme lui, il a publié un message sur la page du groupe Facebook des nouveaux étudiants. « J’ai juste écrit : “Allo! Moi je suis un nouvel étudiant, et je consomme pas pis je ne bois pas d’alcool. Si jamais ça te tente de faire quelque chose, viens me jaser.” Finalement, je me suis ramassé avec 200 likes et plein de monde qui commentait. Sans m’en rendre compte, je venais d’ouvrir une discussion. Je commençais à recevoir plein de confidences. » Bombardé de messages et de témoignages de jeunes qui ne se retrouvaient pas dans la mentalité de consommation de la vie universitaire, l’étudiant a décidé de fonder une association officielle, Sobriété UdeM, pour permettre à tous de pouvoir être en contact, et surtout de s’organiser pour offrir lors des partys étudiants une option sans alcool plus intéressante qu’une bouteille d’eau, comme de la limonade à la lavande ou des mocktails avec des sirops de fruits faits maison. « Juste cet automne, avec les différents partys de rentrée, on a servi plus de 600 consommations. »

« J’ai eu beaucoup de soutien dès le départ parce que c’est bon pour l’image de l’université de faire une place à ça. Et qu’ils n’ont pas besoin de s’en occuper, il y a des gens qui sont prêts à le faire », explique-t-il sur la nécessité de proposer des options sans alcool dans les partys sur le campus.

Ce qui ressort, c’est que son initiative d’abord personnelle, puis communautaire, a touché une corde sensible. « Tout le monde m’a dit : “Tu as vraiment mis le doigt sur quelque chose qui devrait être normal qu’on s’en préoccupe.” On a mis le doigt sur une affaire dont personne parlait. » Il croit que s’il avait proposé une initiative il y a dix ans, « ça aurait été encore plus extraterrestre comme idée ».

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Et il a raison. Les études ne prévoient pas l’avenir, mais les ados d’aujourd’hui représentent ceux qui sont le moins tournés vers la consommation, et ce, depuis des lustres. Ce n’est pas anodin que des espaces à tendance sobre soient réclamés dans les universités et qu’il y ait une forte demande pour des boissons sans alcool. Comme le marché des bières sans alcool qui est en expansion, avec certaines microbrasseries qui développent des IPA et des stouts exemptes d’alcool.

Les chiffres laissent entrevoir que la sobriété ne sera plus exceptionnelle chez les nouvelles générations, comme elle l’a été jadis, et que la norme pour un jeune adulte de 18 ans ne sera plus nécessairement de se torcher la face le vendredi soir avec ses amis.

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<![CDATA[Vladimir Poutine a peur du rap et voudrait que le gouvernement l’encadre]]>https://www.vice.com/fr_ca/article/d3be5m/vladimir-poutine-a-peur-du-rap-et-voudrait-que-le-gouvernement-lencadreMon, 17 Dec 2018 19:10:05 +0000 Lorsqu’il est question de tendances culturelles, la Russie a toujours fait les choses un peu différemment. Même en termes de musique, il est rare pour des artistes russes d’être capable de s’exporter internationalement. Toutefois, quelques phénomènes réussissent, souvent par leur absurdité inexplicable. En ce moment, le rap russe réussit tranquillement à gagner le cœur de fans occidentaux, qui ne parlent probablement pas la langue, mais qui apprécient tout de même la vague de cloud trap soviétique qui se propage sur les réseaux sociaux.

Mais le rap russe a un ennemi, et il est puissant : Vladimir Poutine. Pas particulièrement reconnu pour être fan de musiques actuelles (vous vous souvenez de Pussy Riot?), le président de la Russie a rencontré samedi des conseillers culturels afin de parler d’un enjeu pressant : la propagation du genre musical à travers le pays, qu’il considère comme étant « le chemin vers la dégradation de la nation ».

Depuis peu, plusieurs experts affirment que l’on assiste à une répression ciblée du rap en Russie, avec des rappeurs populaires comme Husky et IC3PEAK ayant récemment été arrêtés et leurs concerts se faisant annuler par la police, toujours pour des raisons nébuleuses.

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Le président Poutine est toutefois conscient qu’une censure complète du genre n’est pas une idée envisageable, mais il voudrait tout de même que le gouvernement soit impliqué d’une manière ou d’une autre. « Si c’est impossible d’arrêter [le rap], il devrait être gouverné et navigué d’une certaine façon », aurait affirmé Poutine, d’après l’Associated Press. Selon lui, le rap « s’appuie sur trois piliers : le sexe, la drogue et la protestation », et c’est par-dessus tout la glorification de l’usage de drogues qui constituerait la plus grande menace, pire encore que les mots vulgaires utilisés par les rappeurs.

Billy Eff est sur internet ici et .

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<![CDATA[Les prêtres ne sont pas tous des vieux ringards ]]>https://www.vice.com/fr_ca/article/3k97wn/les-pretres-ne-sont-pas-tous-des-vieux-ringardsMon, 17 Dec 2018 18:29:57 +0000 L'article original a été publié sur VICE France.

Malgré une image à la fois ringarde et répréhensible dues aux déviances condamnables des générations précédentes, Charles, David, Johan et Jérémy parlent ouvertement de cette vocation qui les lie autant à Dieu ainsi que des besoins courants des croyants, alternant bible et smartphone. Leur quotidien relève plutôt d’un don de soi total et d’une recherche du bonheur à travers Dieu, avec des journées parfois plus chargées que celles d’un médecin de campagne. Malgré une crise des vocations, la proportion de prêtres pour le nombre de pratiquants reste bonne. Pour le devenir, il faut passer par le séminaire : l’école des prêtres.

Le séminaire dure six ans, où chacun mûrit ce projet de vie radical, découvre et teste l’isolement, comme le célibat. La formation du prêtre comporte quatre dimensions : spirituelle, pastorale, humaine (diplomatie du quotidien) et intellectuelle (philosophie puis théologie). Il arrive souvent que certains réalisent ne pas être transcendés et abandonnent ou changent de voie en cours de cursus.

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Inversement au graphiste qu’il aurait pu être, Jérémy apprécie de pouvoir se confronter au monde extérieur et au cycle de la vie, du berceau au cercueil. Un enseignement rare lui offrant de relativiser certaines questions. Sur le célibat par exemple, Jérémy n’hésite pas : « Marié ou pas, la vie est difficile ! Toute vie a ses renoncements, cette forme de renoncement n’étant pas propre qu’aux prêtres : c’est un peu comme une mère de famille qui élève son enfant, elle n’est pas dans une contrainte destructive, rien n’est subi. »

Dans 10 ans Jérémy sera très probablement curé et sait qu'il y aura moins de prêtres. Beaucoup seront retraités ou morts. Le visage de l’église aura changé et il y aura de nouveaux défis et méthodes à adapter pour accompagner spirituellement les fidèles. Je quitte Jérémy, incollable sur les Citroen DS, les voitures de collection et les sketches des Inconnus, pour le laisser préparer l’homélie d’un enterrement dans une heure.

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