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Les dictateurs ne savent jamais quand partir

Quelques conseils aux tyrans qui refusent de s'en aller au bon moment
27.2.12

Savoir s’arrêter, c'est compliqué. Comment avez-vous quitté le groupe irrésistiblement voué à l’échec dans lequel vous jouiez à 14 ans ? Comment avez-vous fait comprendre à votre moitié que toutes les bonnes choses ont une fin ? Peut-on encore vivre chez sa mère à 27 ans ?

Si vous pouvez facilement vous dépêtrer de ce genre de problèmes, pensez en revanche à tous ces dictateurs du Moyen-Orient : ils ne savent jamais partir au bon moment. Pour rendre service à ces pauvres âmes assiégées, on a donc sélectionné quelques images qui les aideront sans doute à prendre cette décision cruciale, mais décisive.

Au fond d'eux, ils savent très bien que c'est le moment d'y aller. Le truc, c'est qu'ils sont toujours rattrapés par leurs souvenirs agréables : draguer des femmes de chefs d'états autour d'une tasse de thé, sentir les délicats parfums de fleurs au cours d'une balade nocturne dans les jardins présidentiels ou encore, jouir d'un pouvoir de vie et de mort absolu sur des millions de gens.

Sur cette vidéo tournée lors des manifs de la Rue Mansour au Caire, on peut voir environ 10000 égyptiens « ingrats » et assez vénères se plaindre violemment de la mort suspecte de 70 d'entre eux. En gros, c'est le moment pour vous de décamper.

1 : Vous savez que c'est le moment de partir lorsqu'un gamin de 10 ans vous déteste tellement qu'il est prêt à risquer l'asphyxie pour lancer des trucs enflammés en direction de vos fidèles fanatiques.

2 : C'est aussi valable pour les pierres. Visiblement, ces ados veulent votre mort, mais en plus, ils vous souhaitent une mort atrocement douloureuse et humiliante. Donc, soyez raisonnable, barrez-vous.

3: Quand les gens se lèvent le matin en se créant un look en fonction des différents moyens que vous avez déjà employés pour les buter.

4: Il est plus que temps de prendre vos clics et vos clacs lorsque ce mec (ou n'importe quel autre mec), prêt à étouffer au milieu des gaz lacrymos, monte sur un bloc de béton pour entraîner la foule à attaquer vos plus ardents défenseurs.

5: Salut dictateur, vous comptez vraiment vous frotter à ce type qui est en train de vous viser à l'aide de son lance-pierre et de toute la haine qu'il porte en lui contre votre régime de merde ? La réponse est « non », je crois.

6: Si dans votre pays, plus de 9000 êtres humains ont été sérieusement blessés au cours des deux derniers mois et que les gens sont entrés dans cette dangereuse zone du « j'en ai plus rien à foutre de mourir du moment que toi, tu meures », il vous reste encore quelque temps – ou quelques heures – pour vous casser. Ne soyez pas insolent, faites-le.

7 : Jets de bombes lacrymogène sur votre gueule de patriote légèrement dépassé par les événements : jamais un signe de bonne augure.

Voilà quelques bonnes indications qui, si vous êtes encore au pouvoir, devraient vous pousser à faire vos valises sur le champ. Ne me remerciez pas, j'essaie juste d'interpréter les récents événements et mouvements populaires qui ont poussé quelques tyrans à déguerpir dans le désert, en avion ou en bateau. Là, il reste l'un d'eux qui tue des centaines d'hommes chaque jour du côté de Damas. Lui aussi devrait se casser assez vite s'il ne veut pas finir décapité par un cocktail Molotov et avoir une chance d'être jugé au tribunal de La Haye.