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      Arrêtez avec ce putain de Harlem Shake

      February 21, 2013

      Par Drew Millard

      Ci-dessus, une vidéo du véritable Harlem Shake. Celui qui mêle coordination, entraînement, rythme et talent. Celui que menace de faire à vos funérailles le rappeur Cam’ron dans « Down and Out » après vous avoir tué. L’authentique, quoi.

      Ceci n’est pas du Harlem Shake :

      Pour les rares gens qui n’auraient pas encore entendu parler de ce « phénomène » (ce type-là, donc), le Harlem Shake est aujourd’hui devenu un meme que l’on pourrait ranger dans la catégorie des danses musicales nulles, directement entre le Cooking Dance de Lil B et la Macarena. À l’origine, il était censé accompagner l’excellent morceau éponyme de trap du producteur Baauer, qui doit exulter au vu de la publicité que lui fait ce phénomène naissant. Et il le mérite. Baauer est un producteur talentueux capable de faire exploser une chanson, et tout ce qui améliore la visibilité d’artistes talentueux est généralement une bonne chose.

      Bref, revenons à notre shake. La recette d’une vidéo de « Harlem Shake » est en gros la suivante : une personne entre dans une salle bondée, mime la levrette ou gesticule comme un koala bourré sous amphétamines, et lorsque rugit le lion, tout le monde pète les plombs.

      En gros, le « Harlem Shake » est banal, pas drôle, peu rythmé et franchement, vraiment con. Je sais que c’est drôle pour ceux qui le font de mettre en ligne une vidéo de soi et de ses amis en train de se tortiller à qui mieux-mieux sur la même chanson que d’autres groupes d’amis ; ça donne l’impression d’être un peu moins seul dans ce monde cruel. Mais sérieux, arrêtez. Tout de suite.

      Je ne suis pas un mec asocial qui, par soif d’authenticité, va mettre un point d’honneur à se fâcher, bras croisés et mains sous les aisselles, dès que quelqu’un s’approprie le moindre petit truc. Je ne suis pas non plus un Oompa Loompa de la confrérie des rabat-joie. Je le jure. Mais quand je vois un mouvement sur Internet plein de Blancs (pour la plupart) qui exécutent une version dégradée d’une danse qui porte le même nom qu’une autre (qui, ne l’oublions pas, vient de Harlem, merde), qu’ils font cette danse sur de la trap, un style d’electro dont le nom (et certains éléments acoustiques) est tiré d’un style de hip-hop préexistant basé sur des facteurs sociopolitiques très précis, et que personne ne trouve tout cela un brin gênant, j’ai vraiment l’impression d’être d’une autre planète.

      Le « Harlem Shake » en tant que meme a gâché le « Harlem Shake » en tant que chanson. Il menace d’effacer le vrai « Harlem Shake » de la mémoire collective, ou du moins de le rendre difficile à trouver sur YouTube. Et si je vous vois, vous ou vos putains d’amis, en train de faire une vidéo de « Harlem Shake », je vais vous faire la pire brûlure indienne de tous les temps pendant que Sasha Hecht, ma collègue de Noisey et évangéliste de l’anti-Harlem Shake, vous poignardera avec une fourchette.

      Plus de choses que vous devriez arrêter de faire :

      -        massacrer les pangolins

      -        vous demander si porter une écharpe est gay

      -        envoyer des animaux crevés par la poste

      -

      Thèmes: Harlem Shake, un meme est un meme est un meme est un meme est un meme est un meme, trap music, Baauer

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