Chérie, le COVID a rétréci mes testicules

Dans une récente étude menée sur des hamsters infectés au COVID-19, les chercheurs ont pu observer une diminution aiguë du nombre de spermatozoïdes, du taux de testostérone et de la taille des testicules.

Les résultats d’une étude publiée le 18 février pourraient bien faire transpirer la moitié de la population humaine dans leurs slips. L’étude en question suggère en effet que le COVID-19 a bel et bien des effets néfastes sur la santé des testicules. Et par effets néfastes, on entend : diminution de leur taille, du nombre de spermatozoïdes et du taux de testostérone.

Les recherches, menées au cours des derniers mois par des chercheurs de l’Université de Hong Kong, se sont concentrées sur des testicules de hamsters. Par voie intranasale, les scientifiques leur ont administré des doses variables de SARS-CoV-2, le virus responsable du COVID-19. Seuls certains rongeurs avaient été vaccinés contre le virus. Après avoir été infectés, ils ont été tués dans un intervalle compris entre 1 et 120 jours afin que leurs testicules puissent être examinées.

Chez les hamsters non vaccinés, les chercheurs ont constaté une « diminution aiguë » du nombre de spermatozoïdes et du taux de testostérone, quatre à sept jours après l’infection. Parallèlement, plusieurs « dommages » au tissu testiculaire — y compris inflammations, dégénérescence et nécrose — ont été observés dès une semaine après l’infection. Ces lésions ont persisté, même dans l’échantillon prélevé au 120e jour après infection.

Il a également été relevé qu’après l’infection, la taille et le poids des testicules avaient diminué. Notons que les hamsters qui avaient été vaccinés contre le virus n’ont pas présenté de dommages testiculaires.

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#BREAKING ; Il y a une semaine, Business Insider a publié l’histoire d’un homme qui affirmait que son pénis avait rétréci de 1,5 pouce (3,8 cm) après avoir contracté le COVID-19. Aujourd’hui, le département de microbiologie de l’Université de Hong Kong a découvert que le coronavirus pouvait provoquer le rétrécissement et la nécrose des testicules.

« Le SRAS-CoV-2 peut causer des lésions testiculaires aiguës et chroniques chez les hamsters, ce qui correspond aux signalements anecdotiques d’orchite clinique et d’hypogonadisme chez les mâles [humains] guéris du COVID-19 », ont conclu les auteurs de l’étude, dont la publication a été acceptée par leurs pairs de la revue Clinical Infectious Diseases.

« Un suivi à long terme du nombre de spermatozoïdes et du profil des hormones sexuelles des mâles convalescents COVID-19 est donc justifié. »

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Si les hamsters sont couramment utilisés dans les études sur le COVID-19, c’est parce que les réactions de leur organisme face aux virus respiratoires sont similaires à celles des humains. Richard J. Sugrue, professeur associé de virologie à la Nanyang Technological University de Singapour, a déclaré à VICE que les expériences sur les hamsters sont en mesure de « fournir des informations utiles sur la progression de la pathogenèse des virus ».

Toutefois, Sugrue fait remarquer que si les hamsters sont commodes pour étudier les infections virales, ils restent à bien des égards biologiquement différents des êtres humains.

« Tout résultat obtenu avec le modèle du hamster devra donc être traité avec prudence lorsqu’il sera appliqué à une maladie humaine », explique-t-il. « Le travail sur le modèle animal est une première étape. Les résultats recueillis doivent ensuite être validés à l’aide d’études cliniques sur du matériel humain. »

Cela fait quelque temps déjà que l’on constate que les testicules sont des sortes de sanctuaires pour des maladies telles que le VIH, Ebola ou encore Zika. Les virus peuvent y pénétrer et s’y attarder pendant des années, sans être détectés par le système immunitaire.

Le SRAS-CoV-2 cible l’enzyme de conversion de l’angiotensine 2, un type de protéine présent dans les testicules et que l’on pense être le récepteur du virus. D’autres virus de la famille du SRAS-CoV ont été soupçonnés de provoquer un dysfonctionnement et une inflammation des testicules. Toutefois, les rapports diffèrent quant à la sensibilité des cellules testiculaires au COVID-19.

D’autres recherches ont démontré que chez l’homme, le COVID réduisait considérablement le nombre de spermatozoïdes, du moins à court terme. Dans une étude comparant le nombre moyen de spermatozoïdes présents dans une éjaculation, le sperme des non infectés contenait un nombre de spermatozoïdes cinq fois plus élevé que ceux ayant été infectés.

La relation entre le COVID et les troubles de l’érection est également analysée. En Italie, une étude portant sur 100 hommes, dont 25 étaient COVID-positifs et 75 négatifs, a révélé une corrélation positive. De leur côté, des chercheurs de l’Université de Miami ont émis l’hypothèse que les troubles de l’érection coïncidant avec une infection au virus étaient le résultat d’une restriction du flux sanguin vers le pénis. D’autres mettent en avant l’impact psychologique de l’infection par le COVID (stress, dépression) comme potentielle cause de dysfonctionnement érectile.

Parmi tous les effets secondaires signalés — qui vont de la perte de goût à une fatigue permanente —, la façon dont le COVID affecte les organes génitaux masculins et la fertilité reste encore l’un des sujets les plus discutés.

On se souvient de la rappeuse Nicki Minaj et de son tweet viral suggérant que le vaccin pouvait entraîner l’impuissance, citant un ami de son cousin à Trinité-et-Tobago. À la suite du backlash international généré par ledit tweet, la Maison-Blanche avait proposé à Nicki de répondre à ses questions au sujet du vaccin COVID, tandis que le ministre de la Santé de Trinité-et-Tobago s’attachait à démentir ces affirmations.

En janvier, un homme a même raconté à Slate que son pénis avait rétréci de plus de 2,5 cm après avoir contracté le COVID. Pour le moment, il semble bien être le seul à avoir signalé cet effet secondaire rare. Cependant, dès 2020, d’autres individus de sexe masculin ont rapporté des douleurs testiculaires post-COVID, tandis qu’une étude de 2021 révélait que les douleurs testiculaires étaient plus fréquemment observées chez les patients hospitalisés pour COVID.

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