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Etats-Unis

Un enregistrement audio surprend la police de Seattle en train de tirer sur une mère enceinte

Charleena Lyles, enceinte et mère de trois enfants, avait appelé la police pour signaler un cambriolage.

par Tess Owen
20 Juin 2017, 3:26pm

Le Département de la police de Seattle a publié ce lundi un fichier audio en lien avec la mort par balle de Charleena Lyles. Cette femme enceinte et mère de trois enfants avait appelé la police ce dimanche pour signaler un cambriolage.

Le fichier audio provient de la caméra de surveillance d'une voiture de police et contient la bande-son des interactions entre les deux officiers impliqués et Lyles durant ses derniers instants. On peut reconnaître la voix d'un enfant en arrière-plan et les échanges, étouffés, entre les policiers et Lyles alors qu'elle semble lister ce qu'on lui a volé, dont une console X-Box.

La discussion dégénère rapidement (les officiers diront plus tard que Lyles avait un couteau). On entend ensuite le son d'une altercation physique avec les officiers qui répètent « Hé ! Reviens ici. » Un enfant pleure bruyamment en arrière-plan. Lyles semble insulter les officiers, et un déluge de coups de feu s'ensuit.

Les proches de Lyles ont dit aux médias qu'elle faisait face à des problèmes de santé mentale durant l'année précédente. Ils ont aussi demandé pourquoi les officiers avaient eu recours à des armes mortelles avant d'utiliser d'autres moyens pour maîtriser Lyles. Elle était « minuscule » ont dit ses proches au Seattle Times.

« Pourquoi ne l'ont-ils pas tasé ? » se demande Monika Williams, la sœur de Lyles. « Ils auraient pu la mettre à terre. J'aurais pu la mettre à terre. » Lyles avait trois enfants, deux garçons et une fille, âgés de 11, 4 et 1 an. Ses proches ont aussi dit aux médias qu'ils pensaient que sa couleur de peau avait influencé la décision policière de tirer. Lyles était noire et les deux officiers blancs.

Mark Jamieson, un détective de la police de Seattle, a déclaré ce dimanche, lors d'une conférence de presse, que les enfants de Lyles étaient présents pendant le meurtre de leur mère, mais n'ont pas été blessés.

Jamieson a aussi retracé les événements qui ont mené à sa mort. « À un moment, cette femme de 30 ans était armée d'un couteau, » dit Jamieson. « Les deux officiers ont tiré avec leurs armes de service, atteignant l'individu. »

La police de Seattle a dit dans un communiqué qu'un seul officier aurait normalement été envoyé pour répondre à un cambriolage, mais le département a finalement choisi d'envoyer deux hommes en raison d'une « prise de précaution supplémentaire » liée au domicile de Lyles..

Dans un communiqué, le département de la police de Seattle (SPD) a expliqué pourquoi il avait diffusé les fichiers audio. « Bien que la publication d'informations peut être une source de tension pendant une enquête en cours, la SPD pense aussi que la transparence tout au long de cette enquête sur un incident mortel est essentielle pour conserver la confiance du public. »

En effet, la confiance du public en la police de Seattle ne va pas de soi. Le département de la police de Seattle est sous surveillance fédérale depuis 2012, après que des enquêteurs du département de la Justice aient conclu que les officiers avaient pour habitude d'utiliser la force et le contrôle au faciès. Le département de la police de Seattle et celui de la Justice se sont engagés à contraindre le département à mettre en place des reformes.

En avril dernier, l'observateur fédéral chargé de surveiller la mise en place de ces réformes a délivré un rapport louant les progrès faits par le département. Selon lui, la baisse du nombre d'incidents liés à l'utilisation de la force signale « une étape singulière et fondatrice vers une conformité totale et effective » et montre que Seattle adopte « un modèle du maintien de l'ordre adapté au XXIe siècle. »

La mort de Lyles a marqué les défendeurs des droits de l'homme au-delà Seattle. Deux jours avant la fusillade, l'officier accusé du meurtre de Philando Castile, un homme noir de St. Paul (Minnesota), avait été acquitté. Les derniers instants de Castile avaient été diffusés sur Facebook Live et la décision judiciaire a engendré des rassemblements à travers le pays.


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