Histoires de présidentielles — #5 : Les scandales politiques ont-il un effet sur les élections présidentielles ?

Tout au long de cette année de campagne présidentielle en France, VICE News et l'INA se penchent sur les archives vidéos marquantes des présidents et candidats de la Cinquième République.

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26 Septembre 2016, 3:30pm

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Tout au long de cette année de campagne présidentielle en France, VICE News et l'INA se penchent sur les archives vidéos marquantes des présidents et candidats de la Cinquième République. Ça s'appelle « Histoires de présidentielles » et vous pouvez retrouver tous nos articles en cliquant sur cette page.


Dans ce cinquième épisode de notre série, nous nous penchons sur l'impact des grands scandales — qui seront avérés ou démentis — touchant des candidats avant des élections présidentielles.

Pour l'historien Christian Delporte, professeur d'histoire à l'Université de Versailles-St-Quentin-en-Yvelines, contrairement à ce que l'on pourrait penser : « Il y a une sorte de banalisation des affaires. D'une part, on a les Français qui ne votent plus. De l'autre, on a ceux qui pensent que les hommes politiques sont tous pareils », dit ce spécialiste en communication politique et médias. « La vie politique est tellement dégradée actuellement que ces affaires n'y rajoutent en rien. » Pour le chercheur, les élections municipales et législatives sont les seules à être influencées par les scandales, car « la proximité joue. Dans ces cas, l'argument du tous pourris n'est pas utilisé, parce que, parfois, les électeurs connaissent personnellement l'impliqué. »

Pour ce qui est des élections présidentielles, nous avons invité Jean Garrigues, professeur d'histoire contemporaine à l'Université d'Orléans, à revenir sur certains scandales emblématiques. Ce spécialiste en histoire politique vient de publier Élysée Circus*, avec Jean Ruhlmann, aux éditions Tallandier.

Jacques Chaban-Delmas et ses impôts

En janvier 1972, le Canard Enchaîné révèle que le Premier ministre de Georges Pompidou n'a pas payé un seul centime d'impôt sur le revenu entre 1967 et 1970. Durant cette période, il a été président de l'Assemblée nationale puis chef du gouvernement. Le dispositif fiscal utilisé était toutefois légal, grâce à « l'avoir fiscal », établi en 1965). Deux ans plus tard, candidat à la présidentielle de 1974, Jacques Chaban-Delmas n'accède même pas au second tour.

Campagne électorale de Jacques Chaban-Delmas en 1974.

L'analyse de Jean Garrigues : « Les attaques que Jacques Chaban-Delmas a subies, portant notamment sur ses liens avec le monde des affaires, et plus spécifiquement sur cette affaire du fisc, venaient probablement du camp de Valéry Giscard d'Estaing. On peut penser qu'elles ont contribué au résultat des élections de 1974, mais ce n'est pas la raison centrale de sa défaite. Elle serait plutôt due aux nombreuses défections politiques dans son rang, notamment des gaullistes, dont Jacques Chirac qui décide de se présenter. »


Valéry Giscard d'Estaing et les diamants de Bokassa

En 1979, Valéry Giscard d'Estaing est à l'Élysée depuis cinq ans. Le Canard Enchaîné, encore lui, publie alors en première page, un fac-similé d'une commande du dictateur centrafricain Jean-Bedel Bokassa, déchu trois semaines plus tôt.

Dans le document datant de 1973, l'empereur commande une plaquette de diamants de 30 carats pour l'offrir à Valéry Giscard d'Estaing. Celui-ci occupait, à ce moment-là, le poste de ministre des Finances.

L'opinion publique et l'opposition crient au scandale. Face aux journalistes, Giscard d'Estaing oppose d'abord un « démenti catégorique » sur la valeur des diamants, sans pour autant nier les avoir reçus.

Le 10 mai 1981,« VGE » n'est pas réélu et c'est François Mitterrand qui gagne l'élection.

Jean Garrigues : « Cette affaire représente la première fois, sous la Ve République, qu'un président se voit au coeur d'un scandale politico-financier. Néanmoins, ce n'est pas un scandale sur le rapport entre pouvoirs politiques et l'argent. Là, on est plutôt dans un cadre presque monarchique, où un chef d'État reçoit des cadeaux importants et ne les déclare pas. Le parti communiste a d'ailleurs attaqué VGE plusieurs fois sur son rapport avec l'argent.

Mais ce que cette affaire révèle aussi c'est la proximité avec le système de la Françafrique. L'affaire des diamants de Bokassa est un scandale qui ébranle VGE, mais ce n'est pas tout à fait un scandale politico-financier tel qu'on en connaît aujourd'hui, où il est question de corruption ou de financement illégal.

Je pense que le rôle de l'affaire dans son score à la présidentielle est marginal. D'autres facteurs ont été plus importants, comme la difficulté de Giscard d'Estaing à résoudre le chômage et l'inflation.

Pour rappel, on est en plein redémarrage après la crise économique de 1974. La méthode de conquête du pouvoir du camp Mitterrand a également joué un rôle dans les résultats de 1981. La division à droite y a contribué, notamment avec la candidature de Jacques Chirac.

Jacques Chirac a utilisé l'argument des diamants pendant la campagne. Sur les affiches de VGE, des militants gaullistes et socialistes ont mis des autocollants de diamants sur ses yeux. Je pense que c'est l'unique rôle que l'affaire a pu jouer. Après tout, elle a éclaté en 1979, trois ans avant l'élection. Six mois avant le scrutin, Giscard d'Estaing était encore donné favori. C'est donc une contribution qui n'est pas quantifiable. »


Jacques Chirac et l'affaire des HLM de Paris

Jacques Chirac est à la tête du parti politique RPR, de sa création en 1976 jusqu'en 1994. Il est également maire de Paris de 1977 à 1995 et une nouvelle fois candidat à la présidentielle lorsque son parti est cité dans une épineuse affaire : les HLM de la ville de Paris.

Elle débute en 1994, quand le fisc enquête sur une entreprise de Francis Poullain, un proche de Jacques Chirac. Une de ses sociétés aurait réglé des fausses factures pour bénéficier ensuite de marchés passés par l'OPAC (Office HLM de Paris).

L'affaire devient de plus en plus politique et va se jeter dans les eaux de l'affaire du financement occulte du RPR. Des membres du RPR, tels Charles Pasqua, Michel Giraud et Patrick Balkany sont cités ; l'ancien directeur de cabinet de Jacques Chirac, Michel Roussin, et l'homme d'affaires et membre clé du RPR Jean-Claude Méry sont mis en examen ; des perquisitions ont lieu au siège du RPR et au domicile de Jean Tiberi. Celui-ci, successeur de Chirac à la mairie de Paris, est également mis en examen.

L'affaire, qui n'avait pas pris toute son ampleur lors de l'élection de 1995, n'empêchera pas Jacques Chirac d'arriver à l'Élysée. Il bat alors non seulement Lionel Jospin, mais également le premier ministre Édouard Balladur, candidat de l'UDF.

Jean Garrigues : « Cette affaire est une preuve que les électeurs ne prêtent pas attention aux affaires. De son côté, le camp d'Edouard Balladur est également aux prises avec des problèmes du même type. Il y a plusieurs ministres de son gouvernement qui sont conduits à la démission, pour respecter la « jurisprudence Béregovoy-Balladur » : tout ministre mis en examen doit démissionner. Mais on voit bien que tout ça est marginal : Chirac gagne grâce au thème de la fracture sociale, mais aussi grâce à l'image très bourgeoise de Balladur.

On voit aussi la retenue de la part des médias, une réserve qui n'existe plus aujourd'hui. Même s'il y a les journaux qui ont sorti l'affaire des HLM de Paris, ainsi que les juges d'instruction et la justice en général qui jouent leur rôle. À cette époque, on ne va pas jusqu'au bout de l'investigation [journalistique]. La tonalité [des médias] est très respectueuse envers le pouvoir politique. »


La « cassette Méry »

Au tournant des années 1980-1990, les pouvoirs publics franciliens ont signé des contrats pour la rénovation de lycées de la région. De l'argent aurait, en réalité, été détourné pour remplir la caisse des partis politiques. Les soupçons se tournent vers le RPR de Jacques Chirac. L'affaire éclate en 1995, après son arrivée à l'Élysée . Elle dresse le portrait d'un système très proche de celui de l'affaire des HLM de Paris.

À partir de 2000, le président est dans la ligne de mire de la justice, à cause de la fameuse « cassette Méry ». Celle-ci contient les confessions de Jean-Claude Méry, également visé mais décédé en 1999. L'homme d'affaires y racontait avoir remis 5 millions de francs en liquide en présence de Jacques Chirac, en 1986. De plus, le président aurait payé des billets d'avion en liquide, à hauteur de 2 millions d'euros. Les juges soupçonnent que cette somme provient de ces commissions occultes. Mais la justice se déclare en juillet 2001 « incompétente » pour interroger le chef de l'État : il ne peut être poursuivi que pour des actes pendant son exercice du pouvoir. De son côté, le chef de l'État dément une affaire « abracadabrantesque ».

L'année suivante, malgré d'autres affaires dans lesquelles il est cité (emplois fictifs de la mairie de Paris, un compte japonais, les frais de bouche, etc), Jacques Chirac est réélu à l'Élysée, face à Jean-Marie Le Pen.

Jean Garrigues : « Encore une fois, on voit une sorte de retenue de la part des médias, ce qui n'existe plus aujourd'hui. On est encore dans une phase où il y a une réserve vis-à-vis du pouvoir. Il y a des questions qui ne sont pas posées. Le contre-pouvoir ne joue pas son rôle à ce moment-là.

Il y a aussi un système de neutralisation et d'étouffement des affaires, avec la décision du Conseil Constitutionnel [NDLR - selon laquelle l'on ne peut interroger un président en examen que sur des actes concernant son exercice du pouvoir], présidé par Rolland Dumas — lui-même impliqué dans l'affaire Elf.

Mais c'est dur d'évaluer l'influence que ces affaires ont eues sur l'élection de 2002 et sur l'émergence du Front National et de Jean-Marie Le Pen. Est-ce que c'est dû à des facteurs purement politiques et aux thèmes de la campagne, axée sur la sécurité ? On peut se demander si les affaires de Jacques Chirac et le mécontentement vis-à-vis des partis traditionnels ont joué un rôle. »


Dominique Strauss-Kahn et l'affaire du Sofitel

L'un des favoris pour la primaire à gauche et pour la présidentielle de 2012, était donné gagnant face au président sortant Nicolas Sarkozy, selon un sondage du 14 mars 2011. Mais ce même jour, Dominique Strauss-Kahn est arrêté à New York. Le directeur du FMI est soupçonné d'agression sexuelle sur Nafissatou Diallo, femme de chambre de l'hôtel Sofitel de New York. L'ancien ministre des Finances du gouvernement Jospin était à quelques jours de déclarer sa candidature à la primaire socialiste, selon plusieurs journaux.

Le 10 décembre 2012, Nafissatou Diallo et Dominique Strauss-Kahn trouvent un accord financer. C'est la fin de la procédure pénale. Sur le plan politique, l'ancien maire et député de Sarcelles semble définitivement grillé. D'autant plus lorsqu'il est mis en examen, en mars 2012, dans l'affaire dite du « Carlton de Lille ».

Jean Garrigues : « Si Dominique Strauss-Khan s'était présenté malgré tout, il n'aurait absolument pas été élu. À cause de la nature du scandale et de l'ampleur médiatique : c'est le premier scandale politique mondialisé, en ce qui concerne l'histoire française. Et avec cette affaire, on est dans un champ du comportement privé.

Cette affaire touche au rapport entre les sexes, avec une dimension morale qui est encore plus forte que ce qu'on a connu jusqu'à présent. Il n'y a plus cette résignation ou cette compréhension de l'opinion publique par rapport aux affaires politico-financières, qui dit « On sait tous qu'ils sont corrompus », le « tous-pourris ». Ce n'est pas une affaire d'argent ou de corruption.

Cela rendait impossible sa candidature. De plus, Strauss-Kahn a fait l'objet d'une incrimination, — qui a ensuite été levée — pour harcèlement sexuel. Cela aurait fait passer Dominique Strauss-Kahn sur le coup de la sanction pénale : c'était une vraie menace. »


Nicolas Sarkozy et l'affaire du financement libyen

Succédant à Jacques Chirac, Nicolas Sarkozy arrive à l'Élysée en 2007 et fera face à de nombreuses polémiques sur le financement de sa campagne de 2007. Alors que l'affaire Bettencourt bat son plein, Mediapart publie en mars 2012 une enquête selon laquelle Mouammar Kadhafi aurait financé la campagne présidentielle de Nicolas Sarkozy à hauteur de 50 millions d'euros.

À une semaine du deuxième tour de l'élection présidentielle, le site publie un document qui prouverait ces accusations. Daté du 10 décembre 2006, le document est attribué à Moussa Koussa, ex-chef des services de renseignement extérieur et ancien ministre des Affaires étrangères de la Libye.

À lire aussi : Affaire Sarkozy-Kadhafi : le document invisible

Dénonçant un faux « grossier », Nicolas Sarkozy porte plainte en juillet 2013 pour faux et usage de faux contre Mediapart, mais la justice française décide le 30 mai 2016 que rien ne prouve qu'il s'agit d'un faux document.

En mai 2012, Nicolas Sarkozy n'est pas réélu : il obtient 48,36 pour cent des voix. Avec 51,64 pour cent, François Hollande devient le nouveau président de la République.

Jean Garrigues : « Je pense qu'il est impossible d'évaluer l'impact de l'affaire du financement libyen sur la défaite de Nicolas Sarkozy en 2012. Ce qui a joué fondamentalement c'est tout d'abord son échec face au chômage. Deuxièmement, c'est son image personnelle : le « bling-bling » en plus de son hyper-présidence, ou de l'homme qui serait au-dessus de la loi. Et cela joue même sur son électorat.

Lorsque la presse sort ces affaires, elle met au jour ses rapports avec le monde de l'argent et met au jour l'homme qui se veut au-dessus de la loi. Tout cela se raccordait aux sentiments collectifs de l'opinion publique. »


L'affaire Bygmalion et les comptes de campagne de l'UMP

Battu en 2012, Nicolas Sarkozy est cité dans plusieurs affaires. Ses comptes de campagne sont d'abord rejetés par le Conseil Constitutionnel. Puis Le Point révèle l'affaire Bygmalion. Selon l'hebdomadaire, l'ex-président de l'UMP Jean-François Copé avait surfacturé des services pour la campagne de Nicolas Sarkozy, en bénéfice de l'entreprise Bygmalion. Celle-ci était tenue par des proches du maire de Meaux.

Mais l'affaire devient vite l'affaire des comptes de campagne de Nicolas Sarkozy. Car la justice découvre un système de double comptabilité et de fausses factures, établi pour imputer à l'UMP les dépenses de la campagne du président sortant, et éviter ainsi de dépasser le plafond autorisé.

Revenu en politique et dans la course à la présidentielle, Nicolas Sarkozy dément toute responsabilité dans cette affaire et relève le fait qu'il n'a pour l'instant pas été condamné. Le parquet de Paris a requis, lundi 5 septembre, son renvoi en correctionnelle. Dès lors, la question de l'impact de cette affaire sur ses chances d'élection à la primaire de la droite se pose.

Jean Garrigues : « Même chez une partie de la droite, il y a une suspicion qui pèse dans la relation de Sarkozy avec l'argent et le financement illégal de la vie politique. On a déjà des attaques sur ce thème qui sont menées par ses adversaires. Comme François Fillon lorsqu'il dit qu'on n'aurait jamais imaginé le Général De Gaulle mis en examen. Jean-François Copé va à coup sûr l'attaquer à propos de Bygmalion — pour une question de revanche. Tout cela peut perturber la campagne de Nicolas Sarkozy.

L'évolution des dossiers peut également le déranger, dans une question d'ordre judiciaire cette fois-ci, mais aussi d'ordre psychologique ou politique. Car son image dans l'opinion publique peut se dégrader. Je ne parle même pas de ce qui peut se produire si jamais son implication est juridiquement avérée. Dans les deux affaires dont il est ici question [financement Libyen et Bygmalion], il peut y avoir des revers. Par ailleurs, un ouvrage de Patrick Buisson [NDLR - ancien conseiller spécial de Nicolas Sarkozy] doit sortir. Patrick Buisson veut régler ses comptes avec Nicolas Sarkozy. Donc, il est possible que des choses sortent encore pendant la campagne.

« Mais il y a un noyau dur de fidèles de Nicolas Sarkozy, pour lesquels toutes ces attaques et affaires ne relèvent que du complot. On peut le voir dans les sondages et sur les réseaux sociaux. Reste à savoir combien ils sont, s'ils vont peser dans la primaire. S'agit-il d'un dernier carré ou d'un nombre important de militants ? Dans tous les cas, ils sont sûrement plusieurs milliers. »


Jérôme Cahuzac et le compte en Suisse

C'est la première affaire qui a ébranlé François Hollande, six mois après son élection. Mediapart révèle le 4 décembre 2012 que Jérôme Cahuzac, ministre du Budget et chargé de la lutte contre la fraude fiscale, aurait caché des centaines de milliers d'euros dans des paradis fiscaux. S'il nie d'abord les faits, le chirurgien de formation finit par démissionner de son poste suite à l'ouverture d'une information judiciaire pour « fraude fiscale », « blanchiment de fraude fiscale » et « déclaration mensongère ». Le 2 avril, il passe aux aveux et reconnaît détenir un compte avec 687 000 euros.

À lire aussi : L'affaire Cahuzac en 10 dates

Le dernier volet de ce qu'on appelle le « procès du mensonge » s'est ouvert le 5 septembre 2016 et son jugement est annoncé pour le 8 décembre. Le parquet a demandé trois ans ferme et une peine d'inéligibilité de cinq ans à l'encontre de celui qui était chargé de lutter contre la fraude fiscale dans un gouvernement qui se voulait exemplaire. L'affaire Cahuzac a été le premier événement qui a entaché la crédibilité du président actuel. François Hollande n'a pas encore déclaré être candidat à sa réélection.

Jean Garrigues: « L'affaire Cahuzac a été une étape marquante dans la perte de crédibilité de la représentation nationale. On peut absolument dire que l'affaire Cahuzac est la première affaire à entacher la crédibilité de François Hollande, à cause de la nature du scandale. D'abord parce que ça touche un gouvernement de gauche, un courant qui brandit la tradition de l'intégrité — intégrité qui est en réalité disparue depuis les années Mitterrand. Mais également parce que ça intervient après le discours du Bourget, où le candidat Hollande avait déclaré que son « ennemi c'est la finance », et finalement parce que le thème de la campagne avait été l'exemplarité. Il y a donc une contradiction totale. Et Jérôme Cahuzac était l'un des proches du président, il était une figure centrale du hollandisme.

Mais ce qui compte aussi c'est le mensonge public envers la représentation nationale. Et je ne parle même pas du paradoxe du ministre du Budget, qui est justement chargé de lutter contre la fraude fiscale. Le scandale a créé une dégradation de l'image des socialistes mais aussi de Hollande, à qui on a reproché de ne pas avoir sanctionné plus tôt le comportement de Cahuzac. Le président a été éclaboussé, mais pas seulement : c'est toute la classe politique qui a été éclaboussée.

Et tout cela contribue à l'argument du « tous pourris ». C'est peut-être l'affaire la plus profitable au « tous-pourris ». Parce qu'il y a eu un retentissement médiatique qu'on n'avait pas connu depuis les années 1990. »

* L'ouvrage recense les petites phrases qui ont marqué les campagnes électorales de la Ve République.


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